« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

4° Dimanche de l’Avent

Dimanche 21 décembre 2008

La joie imminente

Luc 1, (39-45) 46-55 (56)

(Série de Prédication I (Predigtreihe I) : Anciens évangiles )

Chers frères et sœurs en Jésus Christ,

Même si cela n’est pas de coutume dans notre culte, on pourrait aujourd’hui faire exception et proposer à tous d’apprendre cette louange par cœur ! Ce magnifique psaume, si souvent chanté et prié dans l’Eglise chrétienne à travers les siècles, est un vrai trésor de la Bible. Splendide, le fleuve de joie qui traverse cet hymne. Il ne fait aucune mention du Christ qui pourtant est la source de cette joie, mais loue avec reconnaissance l’intervention de Dieu dans l’histoire du monde.

Qui élève ainsi la voix de l’allégresse ?

Ce n’est pas quelqu‘un qui a surmonté toute difficulté de la vie, bien au contraire ! C’est quelqu’un qui s’engage sur une route que l’intervention de Dieu ne rend pas facile, mais infiniment plus dure. C’est Marie, cette jeune fille à qui l’ange apparaît et dit : «Voici, tu deviendras enceinte et enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera appelé Fils du Très-Haut », cette jeune fille que Dieu a choisie pour réaliser l’œuvre de salut par son fils, pour changer l’histoire du monde. C’est le chant de foi de celle qui se met entièrement à la disposition de Dieu.

Comment Marie exprime-t-elle cette grande disponibilité ? Voilà une jeune femme qui n’a rien demandé, elle va simplement faire la volonté de Dieu.
« Voici » dit-elle, « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. » Or, ce qu’elle vient d’entendre, c’est l’annonce d’un monde nouveau, une nouvelle bouleversante ? Et pourtant, elle a confiance, elle se fie, elle fait foi. C’est dans la certitude que toutes les promesses de Dieu vont s’accomplir qu’elle chante lorsqu’elle rencontre sa cousine Elisabeth.
«  Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur.»
Son âme et son corps vibrent. « Mon Sauveur » dit-elle. C’est ainsi qu’elle appelle ce Dieu qui a besoin d’elle et à qui elle se donne entièrement. Elle sait qu’au travers de cet enfant qu’elle porte, Dieu sauverait ceux qui croient en lui.

Pourquoi ce grand bonheur ? Parce que Dieu a jeté ses yeux sur la bassesse de sa servante. Le temps est accompli où le Fils de Dieu doit venir sur la terre. Mais qui sera sa mère ? Qui Dieu choisira-t-il ? Il a choisi une femme simple et humble, qui est passée inaperçue jusqu’à ce jour, une femme apparemment insignifiante.
Martin Luther, à qui l’on doit un admirable commentaire sur le magnificat, a écrit : « de même que Dieu a créé le monde du néant, ainsi il reste le même dans sa façon d’agir. Toutes ses œuvres, jusqu’à la fin du monde sont faites ainsi : à partir de ce qui est nul, insignifiant, méprisé, misérable et mort, il fait ce qui est précieux, honorable, riche et vivant. »
Marie en a fait l’expérience. Dieu l’a honorée dans sa bassesse, il l’a estimée digne de porter cet enfant qui sera le fils de Dieu. Elle est ainsi la première à entendre annoncer qu’un événement fondamental changera l’histoire de l’humanité, et c’est elle qui est porteur de cet événement. Cette jeune femme ne fait que croire et se réjouir : le Tout-puissant a fait pour elle des choses merveilleuses. Il sera ainsi plein de bonté pour toutes les générations à venir. Il agira avec une grande puissance. Il relèvera dorénavant tous les petits et renversera les forts. Il donnera des richesses à ceux qui ont faim et renverra les riches les mains vides.
Comment Marie pourrait-elle ne pas louer un tel Dieu ?

Ce 4° dimanche de l’Avent nous invite, nous aussi, à nous réjouir dans le Seigneur.
Dans quelques jours nous fêtons la naissance de celui qui a rempli Marie d’une telle joie. Sommes-nous prêts à accueillir cet enfant dans nos vies, ce sauveur du monde ?
Il revient dans nos vies marquées par les échecs et les manquements, nos vies remplies d’angoisses et de doutes, nos vies ébranlées par la souffrance et le deuil. Il est là dans les bons et les mauvais jours, dans les périodes de bonheur et dans les moments de chagrin et de solitude. En lui nous pouvons mettre toute notre confiance.

Si Marie est remplie d’une telle joie, ce n’est pas parce qu’un enfant lui est promis, mais parce que dans cet enfant Dieu porte secours au monde entier.

Un petit enfant marche à côté de son père. Son frère lui dit : tu es encore si petit ! Si tu veux voir ton père et lui parler, il faut que tu montes sur une chaise ! Mais l’enfant lui répond : si papa veut me parler, il se baisse ! C’est ce que Dieu a fait à Noël. Il s’est baissé jusqu’à nous pour nous parler, pour nous rencontrer. Ne faut-il pas que nous apprenions à devenir petits et humbles pour recevoir ce don de Dieu ? N’est-il pas vrai que, dans notre monde, ce qui compte c’est d’être grand, riche, et puissant ?

Nous cherchons à gagner toujours plus d’argent, nous aspirons à la perfection et recherchons les honneurs. Nous espérons de bons rendements, de grands exploits et une bonne performance. Mais Dieu aime ce qui est petit, faible et pauvre.

En Jésus-Christ, la puissance et la grandeur humaines perdent toute leur force.
A ce propos, c’est encore Martin Luther, dans le même commentaire, qui écrit : « quand le ballon est bien gonflé et que chacun s’émerveille de le voir très haut, quand les meneurs de jeu, sûrs d’eux-mêmes, estiment déjà avoir gagné la partie, Dieu pique le ballon, y fait un trou, et tout est fini !

Les fous !... ne savent-ils donc pas qu’au moment où ils rassemblent leurs forces et se gonflent, c’est alors justement que le bras de Dieu les abandonne ?
C’est pourquoi leur construction est éphémère. Elle finit par disparaître comme une bulle de savon, comme si elle n’avait jamais existé.

Ainsi la miséricorde de Dieu se révèle chez les humbles, les opprimés, les oubliés.
Et aujourd’hui Dieu a besoin de nous pour louer sa présence dans notre histoire et pour ranimer cette joie que Marie a chantée. Nous trouvera-t-il disponibles et accueillants comme elle ?

Apprendre par cœur la louange de Marie est certainement une bonne chose ! « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu, mon sauveur »
Mais chanter ces paroles et les remuer dans son cœur, voilà ce qui nous promet un joyeux Noël ! Amen.

Marlise Griesbacher

Cantiques :

Arc en Ciel         305        1-4        plus de nuit
            310        1-4        oh ! Viens Seigneur
               173        1-4        mon âme chante
            302        2+3        les humbles de la terre

¼ - Service des Lecteurs – SL – 53 – 21.12.2008 Marlise GRIESBACHER

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER, au Secrétariat
de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

 

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