« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

3ème Dimanche de l’Avent

Le précurseur du Seigneur

Dimanche 17 décembre 2006

Esaïe 40/1-11

(Série de Prédication V (Predigtreihe V) : liste complémentaire I )
 

Chers frères et sœurs,

C’est avec ces 11 versets que le prophète débute son « Livre de consolations ». Il nous apprend ainsi que la paix ne peut pas reposer sur des lamentations ou des récriminations permanentes. En effet, il estime que pour pouvoir entamer un processus qui mène à la paix, il s’agit d’abord de consoler celui qui souffre. Pour cela, il faut partager sa peine, lui donner l’occasion de l’exprimer, lui montrer qu’il n’est plus seul à devoir porter son fardeau.

Dans ce but, nous devons essayer d’apporter une parole de libération, de réconfort qui met à l’aise et qui donne un sens nouveau et un nouveau but à l’existence. Voilà ce qu’ESAÏE entend par le mot CONSOLER. Pour que nous puissions y parvenir, Dieu nous demande de parler AU CŒUR, de nous adresser avec amour et affection à ceux qui souffrent, de parler à tous les domaines de leur être le plus intime : à leur pensée et à leur raisonnement, à leur volonté et à leur discernement, pour leur rendre courage dans leurs tristesses, pour susciter et partager la joie.

Pour JERUSALEM, comme pour nous, Dieu annonce l’étape suivante du processus de paix : l’expiation de la faute, qu’il faut assumer dans ses conséquences, et surtout le pardon, la fin du temps de l’épreuve, parce que quelqu’un d’autre a payé pour nous. Par l’acceptation de ce pardon et par sa transmission, nous accomplirons sur cette terre notre mission de précurseurs du Prince de la Paix. Pour ESAÏE, il s’agit maintenant de préparer le nouvel Exode et de tirer le meilleur parti de nos « traversées du désert », d’arrondir les angles et d’aplanir les obstacles, en vue de permettre l’unité ; de construire des liens durables et de se faire accueillants, de réaliser et de devenir une chaussée pour notre Dieu et pour notre prochain. C’est ce qui permettra à toutes les créatures de former une seule communauté unie qui, ensemble, donnera enfin tout son poids, toute son importance à la PAROLE de Dieu, et qui, par ses paroles et ses actions, permette à la gloire divine de briller de tout son éclat et d’illuminer toute vie.

Dans ce texte, nous assistons à la transmission à plusieurs voix, du message de Celui qui est LA PAIX. Nous sommes invités, tout d’abord, à comprendre que nous ne sommes jamais seuls, et que, pour le peu de temps que nous passons sur terre, il est vital de le passer au mieux ; donc dans la paix, l’unité, l’écoute de la Parole de Vie. En effet, nous sommes périssables comme l’herbe, et, même nos qualités : la grâce, la beauté physique ou morale, la piété, la constance, la loyauté et les bienfaits qui en découlent sont comme la fleur des champs qui ne vit que : « l’espace d’un matin ». Pourtant cela n’empêche pas les fleurs d’exister et d’avoir leur importance. Comme un enfant le demandait, il y a une soixantaine d’années : « PUISQUE IL Y A LA GUERRE, POURQUOI DIEU S’OBSTINE- T- IL A FAIRE DES FLEURS ? »

On pourrait lui répondre, avec ESAÏE, que c’est pour attirer notre attention sur des choses qui demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, qui sont les gages et les prémices de la paix réelle et définitive qui entraînera la joie du Royaume de Dieu. Si la création est périssable, la Parole de Dieu, elle, demeure éternellement. Elle est, et restera toujours valable, sa mission est toujours la même : par elle, Dieu veut, non pas nous IMPOSER un point de vue, ou encore nous écraser. NON, il veut nous fortifier, nous faire vivre, nous relever, nous permettre de rester debout. Il veut nous garder, nous réconforter et nous élever pour nous établir dans notre dignité d’enfants et d’associés du Dieu de la PAIX.

Une vision futuriste clôt cet extrait, tout en chargeant chacun de nous de la même mission que celle dévolue à SION. Nous aussi, nous sommes messagers de bonnes nouvelles (ce que la version grecque des Septante traduit par « EVANGELISTES »), à nous aussi, il incombe de transmettre le message reçu. Nous aussi, nous sommes invités à nous fortifier, à retrouver notre dignité, à exulter de joie, à exalter la gloire du Seigneur et à élever notre voix, au nom de ceux qui n’ont ni voix, ni dignité aux yeux des hommes, mais qui, au même titre que nous, sont aimés de Dieu, au point que, pour eux aussi, Jésus est venu et a donné sa vie. Le prophète disait : « Notre Dieu vient », il s’approche et apporte puissance, guérison, aide et encouragement pour nous guider vers la maison paternelle. Il ne vient pas en tyran, mais comme le bon berger qui soigne tout son troupeau, qui enveloppe les agnelets dans le pan de son manteau, qui tient compte de chacun avec ses forces et ses faiblesses. Il est à nos côtés, fidèle, bienveillant et solidaire pour marcher avec nous, et prendre soin de nous avec douceur jusqu’à l’accomplissement définitif de sa Parole et  l’arrivée de son Royaume.

La route tracée ici par ESAÏE, la « VOIE SACREE » ne consiste donc pas tant à se retirer au désert, pour contempler Dieu, ni à lui élever des « Cathédrales » de prières ininterrompues, ni à faire résonner sa parole pour obliger l’humanité à croire. Toutes ces choses ont leur place et leur importance, mais la Voie Sacrée ouverte par Jésus consiste : par la vie donnée, par la foi et la fidélité, par l’écoute et l’accueil du prochain, par l’ouverture à l’Esprit de l’Evangile, à révéler en actes et en paroles, la surabondance d’amour préparée et servie par le Père.
Jusqu’au jour où, nous ouvrant ses bras paternels, le Seigneur nous dira : « Mission accomplie, tu as été fidèle dans les petites choses, je te donnerai beaucoup. Entre dans la Joie de ton Maître et dans la Paix de son Royaume ». Certes, nous sommes encore sur le chemin, mais sur ce chemin, nous ne sommes jamais seuls. Mettons-nous donc en route, en sachant que Dieu tiendra TOUJOURS parole lorsqu’il nous dit :

« NE CRAINS PAS, VA AVEC LA FORCE QUE TU AS, JE COMBATTRAI MOI-MEME POUR TOI ET AVEC TOI ; JAMAIS JE NE TE LAISSERAI TOMBER, JAMAIS JE NE TE LAISSERAI SANS SECOURS, CAR TU AS DU PRIX A MES YEUX, JE T’AIME ET JE SERAI AVEC TOI JUSQU'A LA FIN DU MONDE ».
AMEN.

                Emile BAUER, pasteur à Printzheim  

 

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER, au Secrétariat
de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

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