C. 20 : Noël, 1er Janvier : LOBE DEN HERRN, MEINE SEELE

C. 20.  Nouvel an – Nom de Jésus
            Neujahr – Name Jesu  (Wustmann)

        LOBE DEN HERRN, MEINE SEELE    BWV 143

                   Loue le Seigneur, ô mon âme

 

NOTES quant à la Cantate

Auteur du livret : inconnu                Date: 1735 (Leipzig II)

Lectures bibliques du 1er janvier :

A. Circoncision et don du nom de « Jésus », Luc 2/21, octave de Noël

Epître     :  Galates 3/23-29   La loi est le pédagogue qui mène au Christ, 
                                           par la foi nous sommes enfants de Dieu
Evangile :  Luc 2/21, Circoncision et don du nom de Jésus. 
                              Cet évangile est la plus courte lecture d’évangile 
                              de l’année de l’Eglise, puisque constituée 
                              d’un seul verset.  

B.Nouvel an

Epître :      Jacques 4/13-15, l’avenir du chrétien
Evangile :  Luc 4/16-21, l’an nouveau de la grâce de Dieu

Thème de la cantate :  

les sources du texte

        Le texte est structuré à partir du Psaume 146. Ce psaume est le premier du groupe 146-150, qui est composé de Psaumes à caractère doxologique, dans lesquels le peuple loue Dieu pour les grands évènements, comme ici le Nouvel an. Ce Psaume est aussi celui du 14e dimanche après la Trinité, sous le thème du Samaritain reconnaissant selon Luc 17/11-19. Ici il exprime la reconnaissance du peuple envers Dieu. Louange et reconnaissance sont deux thèmes du Nouvel an, que Bach met en œuvre dans cette cantate. Le fait que ce Psaume a le même début que le  Psaume d’action de grâces 103 : « Lobe den Herren meine Seele –Bénis l’Eternel, mon âme », accentue ici l’intention de reconnaissance envers Dieu.

        L’autre thème structurant de la cantate est celui du « Friedefürst – le prince de la paix », que Bach prend du cantique en 5 strophes « Du Friedefürst, Herr Jesu Christ », au premier et au dernier Choral, et qui forme comme deux parenthèses.

        Le thème du nom de Jésus, de l’évangile du jour Luc 2/21, figure dans le 1er Choral, celui de l’année de grâce, de Luc 4/19 dans la 3ème Aria. Mais ce dernier prend une figure originale : « Dass dies Jahr uns glücklich werde,…, bis zu jenem neuen Jahr – Que cette année nous soit heureuse,…, jusqu’à ce Nouvel an là », c’est à dire la fin du monde, ou plus exactement jusqu’au premier jour du nouveau temps qu’est l’éternité. Celle-ci, qui forme le quatrième temps du monde, commence avec un nouvel an, le nouvel an éternel, qui ne connaîtra plus de renouvellement comme nos nouvel-ans du temps actuel, qui est le 3ème. (On compte 4 temps du monde : 1. La 1ère éternité, avant la création ; 2. De la création à la naissance du Christ ; 3. De la naissance du Christ à la fin du monde et des temps ; 4. La deuxième éternité. De là la chronologie actuelle, du 3ème temps : à partir de la naissance du Christ, Anno incarnationis Domini, en résumé Anno Domini).

        Le thème du « Nothelfer - l’aide dans la détresse, l’intercesseur » et du « Friedefürst – le prince de paix », placent le Christ comme le Sauveur pour l’année à venir, par le nom duquel,  « Im Namen dein – par ton nom » on invoque Dieu efficacement. Les deux notions proviennent de l’évangile de Jean : 14/27 : « Je vous donne la paix », et 16/33 : « afin que vous ayez la paix en moi », et du verset 16/24 : « Demandez en mon nom ». Remarquer que le titre de « Nothelfer » a eu beaucoup d’importance au Moyen-Age et plus tard dans l’Eglise catholique à la Contre-Réforme, car il était employé pour les « 14 Intercesseurs », un regroupement de saints divers, dont la mission était d’aider dans les détresses des hommes et des bêtes. La Réforme luthérienne a mis l’accent sur la seule médiation du Christ, le seul intercesseur cité dans la Bible en Jean 1624 et dans l’épître aux Hébreux. C’est donc sous le seul nom de Jésus et de personne d’autre que Luther, et Bach à sa suite, place l’année.

        Le tableau des sources dans la cantate s’établit ainsi :

1. Chœur                    Ps 146/1
2. 1er Choral :  ( S )    Du Friedefürst, str 1
3. Récitatif   :    ( T )    Ps 146/5
4. 1ère Aria   :  ( A )    poème en VI  / 8f.7,8f.7, 7.7, vers réguliers
5. 2ème Aria :   ( T )    Ps 146/10a
6. 3ème Aria :   ( B )    poème en VI / 8f.7,8f.7, 7.7, vers réguliers 
7. Chœur + Choral       Du Friedefürst, str 3
                                  +  Ps 146/10b Alléluia

deux remarques

        Les deux Arias ont la même structure poétique, et ressemblent à un choral d’assemblée. S’agit-il de deux strophes d’un cantique ? Dans ce cas, la structure serait : un premier cantique, « Du Fridefürst, Herr Jesu Christ », fournirait les 1er et dernier choral, un deuxième cantique, dont l’incipit m’est inconnu,  fournirait les deux Arias médians. Les 4 versets du Psaume 146 sépareraient les 4 strophes de cantique.

        Jésus et Christ : Bach emploie toujours le nom de « Jésus » quand il parle de celui-ci, et non « Christ », et dans cette cantate on le constate. Ici il reprend l’incipit du chant tel quel, avec le titre de « Herr Jesu Christ », respectant le texte de l’original à son habitude. Mais à la strophe 3 du chant, qui devient son choral final, il change le titre dans l’incipit. Le chant de Hermann dit : « Gedenke, Herr, jetzt an dein Amt – Souviens-toi maintenant, Seigneur, de ton ministère », forme attestée par les trois livres de cantiques cités plus bas. Bach dit « Gedenk, Herr Jesu, an dein Amt – Souviens-toi, Seigneur Jésus, de ton ministère ». Cette forme est moins fluide et n’est peut-être pas originale. Le librettiste de Bach a-t-il employé une variante de texte connue de son temps, ou changé le texte pour y introduire le nom de « Jésus » ? 

Sources :  2 et 7. 1er Choral : Du Friedefürst, Herr Jesu Christ
                                                 Ludwig Helmbold ? (1532-1598)
                                                 ou plus probablement :
                                                 Jacob Ebert 1601 (1549-1614)
                                                 EKG 391, RA 386, EG 422

Bible :  Psaume 146, par fragments :
             1. Chœur :  146/1 ; 3. Récitatif : 146/5 ; 5. 2ème Aria : 146/10a ;
             7. Chœur et Choral : 146/10b

Voix :   ( S ) Soprano, ( A ) Alto, ( T ) Ténor, ( B ) Basse

Livres de cantiques cités : 

EKG 1951 Evangelisches KirchenGesangbuch Ekd Evangelische 
             Kirche Deutschlands, Eglise Protestante d’Allemagne
RA 1952   Recueil de cantiques de la Confession d’Augsbourg d’Alsace 
             et de Lorraine
EG 1995   Evangelisches Gesangbuch, EKD Evangelische Kirche 
             Deutschlands, Eglise Protestante d’Allemagne

Structure poétique : la mention figurant entre parenthèse et en italique, après le titre des différentes pièces, indique : 1°  par le chiffre romain, le nombre de vers dans le poème : VI par exemple signifie 6vers. 2° les chiffres arabes indiquent le nombre de syllabes dans le vers. Par exemple : 8 signifie vers de huit syllabes, avec fin masculine ; 9f signifie vers de neuf syllabes, avec fin féminine

Références :   Wustmann  1982,  page 38
                     Neumann    1947,  page 119 ; 1970, page+ 127
                     Schmieder          ,  page

 

TEXTE de la Cantate

                                             Structure poétique
               1.  CHOEUR             (verset biblique )

« Lobe den Herrn, meine Seele. »

« Bénis ton Dieu, mon âme »

               2.  1er CHORAL     ( S)      ( VII régulier )

Du Friedefürst, Herr Jesu Christ,               8
Wahr Mensch und wahrer Gott,                6
Ein starker Nothelfer du bist                     8
Im Leben und im Tod;                             6
Drum wir allein                                4
Im Namen dein                            + 4  = 8
Zu deinem Vater schreien.                      7f   vers libre

    Prince de paix, Seigneur Jésus,
    Vrai homme, aussi vrai Dieu,
    Secours puissant et bienvenu,
    En tout temps, en tout lieu,
    Nous invoquons,
    Jésus, ton nom,
    Pour invoquer ton Père.

               3.  1er RECITATIF         ( T )         ( verset biblique )

“Wohl dem, des Hilfe der Gott Jakobs ist, / des Hoffnung auf dem Herrn, seinen Gott, stehet.“

« Heureux si t’aide le Dieu de Jacob : /  ton espoir est en Dieu, ton Dieu, ton Maître »

               4.  1er ARIA         (  )         ( VI régulier )

Tausendfaches Unglück, Schrecken,         8f
Trübsal, Angst und schnellen Tod,            7
Völker, die das Land bedecken,                 8f
Sorgen und sonst noch mehr Not               7 /
Sehen andre Länder zwar,                          7
Aber wir ein Segensjahr.                            7

    Peurs, malheurs, tourments sans nombre,
    Crainte, effroi, rapide mort,
    Peuples qui, assis dans l’ombre,
    Pleurent sur leur triste sort,
    On les voit en d’autres lieux :
    Notre an est béni de Dieu.

               5.  2e ARIA         ( T )         ( verset biblique )

« Der Herr ist König ewiglich, /  dein Gott, Zion, für und für. »

« Le Seigneur est Roi pour toujours, /  ton Dieu, Sion, à jamais. »

               6.  3e ARIA         ( B )         ( VI régulier )

Jesu, Retter deiner Herde,                           8f
Bleibe ferner unser Hort,                             7
    Dass dies Jahr uns glücklich werde,          8f
    Halte Wacht an jedem Ort,                      7
    Führ, o Jesu, deine Schar,                       7
    Bis zu jenem neuen Jahr.                        7

    Jésus, Sauveur de ton peuple,
    Reste en tout temps notre abri,
       Que l’année nous soit heureuse,
       Garde en tout lieu tes amis ;
       Mène, Jésus, ton troupeau
       Jusqu’à l’ultime an nouveau.

               7.  CHŒUR ET CHORAL       ( verset biblique
                                                           + VII régulier )

                       Gedenk, Herr Jesu, an dein Amt,    8
                       Dass du ein Friedfürst bist,             7
« Halleluja »     Und hilf uns gnädig allesamt           8
                       Jetzt und zu jeder Frist;                 7
                       Lass uns hinfort                       4
                       Dein göttlich Wort                + 4 = 8
                       Im Fried noch länger hallen.          7f     vers libre

                          Ton ministère est, ô Jésus,
                          De prince de la paix ;
« Alléluia »          Sois le secours et le salut
                          Aujourd’hui, à jamais.
                          Fais que tes mots,
                          Comme un écho,
                          En nous en paix résonnent.

 

                             Texte allemand : Wustmann, page
                             Trad. Française : Yves Kéler, Allevard, 2.7.2008

 

 

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Pasteur retraité de l'Eglise luthérienne de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine.

 

 

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