« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

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                                   DIMANCHE INVOCAVIT 21 février 2010

                                                La tentation de Jésus

                                                    Hébreux 4/14-16

 

A.  1.  Aujourd’hui, au dernier dimanche de février, nous célébrons le 1er dimanche dans le Carême. Nous entrerons de plus en plus dans les souffrances du Christ. Aujourd’hui, nous passons de la glorification du Christ, dont le sommet est le dimanche de la Transfiguration que nous avons célébré il y a un mois, à l’humiliation du Christ. La tentation que le Diable veut lui faire subir est la première étape de cette volonté d’abaisser Jésus.

2.      Le Diable joue sur la double nature qui est en nous.

Saint-Paul déjà mettait le doigt dessus, quand il disait : « Je sens deux hommes en moi : Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas » (Rom 7/19). Le grand poète Jean Racine avait résumé cela dans son célèbre chant : « Mon Dieu, quelle guerre cruelle, je sens deux hommes en moi ! »

        Le Diable croit créer cette guerre dans le cœur du Christ, mais il n’y parviendra pas. C’est ce que dit l’épître aux Hébreux. «  Il a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre le péché. »

3.      Mais comment Jésus est-il parvenu à cala ? En devenant obéissant, par son incarnation dans une forme de serviteur. Cette obéissance a plusieurs étapes : il a obéi à Dieu qui l’envoyait dans le monde pour sauver les hommes. Puis en restant obéissant à travers son ministère sur cette terre. Enfin, en obéissant à l’ordre de mourir pour le salut que Dieu lui a donné

 

B.      L’obéissance à Dieu est le centre de la vie du Christ :

1.    Déjà comme enfant, au Temple à 12 ans, il rappelle qu’il doit s’occuper des affaires de son Père. Selon le premier commandement :

 

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« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, pardessus toute chose. »

        A la synagogue de Nazareth, à laquelle il se rendait « selon son habitude », comme le rappelle l’évangile. Il participait au culte de sa communauté et c’est dans cette synagogue qu’il a appris à connaître la parole de Dieu. En faisant cela, il obéissait au 3ème commandement : « Tu sanctifieras le jour du repos ».

2.   Cela lui permettra de répondre au Diable, en citant 3 paroles de la Bible. En effet, chaque réponse de Jésus au Diable est une parole de l’Ancien Testament. Toutes les trois sont prises dans le Deutéronome, c’est à dire dans la « 2ème Loi », ce qui est le sens de ce mot. Dans la Loi de Dieu, autrement dit dans le texte qui dit comment on obéit à Dieu.

        Cela a immédiatement une application pour nous : pour résister à la tentation du mal, il faut connaître la loi de Dieu et l’appliquer. Celui qui sait que le 6ème commandement dit : « tu ne voleras pas », et qui approuve cet ordre, obéira à ce commandement et ne volera pas. Nous aussi, nous pouvons résister à la tentation en appliquant la volonté de Dieu dans ses commandements. Et Saint-Paul dit : « Les commandements de Dieu ne sont pas difficiles. »

3.  Comme adulte aussi, Jésus fut obéissant dans son ministère : il est allé à la rencontre des gens pour leur prêcher la bonne nouvelle. Il a sauvé les malades, il a nourri 5000 personnes sur la montagne.

        Prêcher est une œuvre d’amour, mais aussi d’obéissance à Dieu, comme l’ont montré les prophètes de l’Ancien Testament. Dieu les envoyait pour ramener son peuple sur la bonne route, et certains n’ont pas obéi tout de suite. Que fait Jésus ? La même chose : il faut qu’il amène les gens sur la route qui les conduit au salut. « Je vous dis ces choses parce que mon Père m’a envoyé », dit-il.

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4.      Mais surtout, Jésus a été obéissant jusqu’à la mort

        C’était sa destination première : s’offrir en sacrifice méritoire pour laver le péché des hommes. Cette œuvre le centre de l’épître au Hébreux. Jésus y est présenté comme le grand-prêtre, qui est à la fois le sacrificateur et la victime du sacrifice. Le verset de 1’épître d’aujourd’hui le dit clairement : «  Nous avons un grand-prêtre souverain, qui a traversé les cieux. »

        Cela, il l’a accepté volontairement, par obéissance. Par là, il est devenu le Chef de l’Eglise, le premier né d’entre les morts, autrement dit, notre exemple : qui veut porter son nom de chrétien, doit devenir comme lui, obéissant à Dieu. 

C.   Cela nous pose une question : sommes-nous obéissants à Dieu, dans notre vie de tous les jours, dans notre vie privée, dans nos relations avec des gens proches ou lointains, que nous connaissons ou que nous ne connaissons pas ?

1.     Suis-je fidèle à ma femme, à mon mari ? Suis-je obéissant envers mes parents, et nous les parents, aimons-nous nos enfants, selon l’ordre que Saint-Paul en a donné ? Suis-je consciencieux dans mon travail, c’est-à-dire respectueux envers le client, ou envers ma société : est-ce que je traite incorrectement l’un ou l’autre ? Est-ce que je vole au chantier ou au bureau ? Tant de choses sont tentantes dans ce monde de consommation effrénée dans lequel nous baignons ! Et on me dit parfois : « Ah ! vous savez on est dans un monde moderne, c’est comme ça aujourd’hui, il faut faire avec, celui qui ne marche pas avec les autres est mal vu, etc… »

        Mais à toutes les époques il y a eu des tentations. On ne volait pas le dernier stylo fluorescent au magasin ou chez le copain, on volait les poules du voisin, on pillait les églises en pays ennemi pour décorer celle de son village, on vendait les enfants des nègres et des indiens pour faire vite beaucoup d’argent. A toutes les époques, des gens désobéissaient aux commandements de Dieu ou y obéissaient.

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        La tentation est de tous les temps, et la réponse que le Christ lui donne aussi. C’est d’ailleurs pour cela que le texte d’aujourd’hui nous est proposé : pour que nous fassions comme Jésus.

D.1.      Dieu veut que nous devenions ses serviteurs fidèles, en suivant Jésus-Christ, en l’imitant et en devenant à son image. Aujourd’hui, à l’entrée du Carême, suivre Jésus-Christ consiste à apprendre comme lui à résister à la tentation. Car si nous voulons faire avec lui des œuvres plus grandes encore, il faut se débarrasser de ces bricoles futiles et ridicules qui nous tentent, il faut s’élever avec le Christ au dessus de ces choses sans grande valeur, qui sont de vouloir posséder tout ce qu’on voit, de vouloir être pris pour le plus grand et pour le meilleur. A quoi sert-il à l’homme de posséder toute la terre, si cela fait du tort à son âme », demande Jésus. 

2.      Etre des serviteurs et servantes fidèle de Dieu, cela 

suppose l’obéissance à Dieu, et l’imitation de celui qui fut le serviteur le plus fidèle, Jésus-Christ.  Suivons donc le Christ, et marchons avec lui, à travers la souffrance et l’abnégation de la Passion, vers la résurrection de Pâques. En ce jour-là, le serviteur fidèle et obéissant ressuscitera avec le Christ, et sa justice sera reconnue devant Dieu et devant les hommes.  

                Amen.            

 

Chants :

 

Wochenlied : Ein feste Burg, oder : Ach bleib mit deiner Gnade

 

Psaume 91  NCTC 91, ARC 91, ALL 91

O mon âme, apprête-toi A suivre le Maître  RA f 8

C’est un rempart que notre Dieu  LP 229, NCTC 238-239, 

     ARC 543 (éviter ALL - Alléluia, dont le texte a été abîmé)

Demeure par ta grâce  LP 184, meilleure forme, NCT389, ARC 889, ALL 62/78

 

 

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