« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

LITT  H  A  AUSCHWITZ, UNE GRANDE MAISON

 

 

                      A AUSCHWITZ, UNE GRANDE MAISON

              In Auschwitz war ein grosses Haus

 

                          Chant des tziganes d’Auschwitz

 

                                                                                         Traduction en allemand

1. A Auschwitz, une grande maison,

    Dedans mon homme est en prison,

    Assis sur le banc, qui pleurait,

    Parce qu’à moi seul il pensait.

 

2. O toi, petit oiseau léger,

    Prends mes lettres, porte-les

    A ma femme, ma bien aimée :

    A Auschwitz je suis prisonnier.

 

3. A Auschwitz, terrible est la faim,

    Rien à manger, les jours sans fin,

    Pas une rognure de pain,

    Et un sale porc pour gardien.

 

4. Quand je reviendrai chez moi enfin,

    Je  tuerai ce porc de gardien.

    Quand je reviendrai chez moi enfin,

    Je  tuerai ce porc de gardien !

 

 In Auschwitz war ein großes Haus,
da drinnen war mein Mann gefangen.
Da ist er gesessen und hat geweint
und immer nur an mich gedacht.

 

 


O du kleines schwarzes Vöglein
nimm sie mit dir, meine Briefe
trag sie hin zu meiner Frau,
denn ich sitze hier in Auschwitz.

 

 

In Auschwitz, da war großer Hunger,
da gab es für uns nicht szu essen.
Nicht einmal ein Stückchen Brot
und der Aufseher ein Schwein.

 

 

Wenn ich einmal wieder heimkomm,
werd den Aufseher ich töten.
Wenn ich einmal wieder heimkomm,
werd den Aufseher ich töten.

 

Texte original Tzigane

Ausvičate hin kher báro
Odoj bešel mro piráno
Bešel, bešel gondoliňel
Te pre mande pobisterel.

O tu kalo čirikloro
Lidža mange mro liloro
Lidža, lidža mra romňake
Hoj som phandlo Ausvičate

Ausvičate báre bokha
Te so te cha
l amen nane
Ani oda koter maro
Le o blocharis bibachtalo.

 

Joj sar me jekhvar khere džava

Le blocharis murdarava.
Joj sar me jekhvar khere džava
Le blocharis murdarava.

   

   

         Texte        Ausicate hin kher baro, en tzigane

                          Tzigane, date ? auteur ?

                          Dans le fim « Latscho drom – Bonne route » 1993

                          Chanté par Margita Makulovà,

                          survivante des camps d’extermination nazis

                          In Auschwitz war ein grosses Haus

                          traduction allemande : date ? auteur ?

                          fr.: Yves Kéler 26.2.2014 Bischwiller

                                

 

Le texte

 

        On ne connaît pas l’auteur du chant, certainement tzigane vu la langue de l’original, ni sa date précise de composition. Le texte peut avoir été dicté par un tzigane à un autre prisonnier, juif en particulier (on a des exemples de chants en yiddisch sur les tziganes) Le traducteur en allemand n’est pas non plus indiqué. Le chant a été chanté par une rescapée des camps de la mort, Margita Makulovà, d’après le nom polonaise, dans le film « Latscho drom – bonne route » de Tomi Gatlif, France 1993.

         Le chant raconte les réflexions de la femme d’un prisonnier tzigane, dans la 1ère strophe. Est-il dans un bâtiment de pierre, comme les anciennes casernes autrichiennes à l’origine du camp ? Le mot «  kehr baro – maison grande », en allemand « grosses Haus –grande maison » peut le faire penser. Est-il dans le bâtiment de la prison du camp ? Peut-être. Il ne semble pas qu’il s’agisse d’une « baraque – Baracke », sinon l’auteur l’aurait précisé par ce dernier mot, courant en allemand à cette époque. La différence entre les deux types de construction, largement employés par le 3e Reich, était claire pour tous. Le sentiment est qu’il s’agit bien d’un bâtiment en dur.

         Dans la 2e strophe, c’est la mari prisonnier qui parle, à l’oiseau, « kalo cirikloro – bel oiseau Il parle de sa femme, « romna » en tzigane, ce qui est le féminin de « rom », l’homme (-ke est un instrumental de direction.) Sont-ils mariés à la mode tzigane, c’est-à-dire par consentement mutuel approuvé par la communauté, ou sont-ils mariés civilement à la mairie ? Ce n’est pas dit, mais il est probable que l’union est plutôt traditionnelle, comme elle l’était généralement à l’époque. Un des arguments pour les nazis qu’on avait affaire à des sous-hommes, qui, ignorent le mariage civil européen, signe de civilisation.

         Il parle ensuite de la «  grande faim – grosser Hunger », qui sévit dans les camps et du « porc de gardien. » Le terme qu’il emploie pour ce dernier est en tzigane « blocharis », probablement « gars du bloc. » Est-ce une dérivation de « Blockleiter – chef de bloc », appellation des kapos dans les camps ? Ou le mot est-il antérieur aux camps nazis ? Qu’il soit « ein Schwein – un porc » est une appréciation injurieuse courante en ces temps terribles.  

         Le chant finit en se concentrant sur le kapo, dont il dit deux fois qu’il le tuera s’il rentre chez lui : « Le blocharis murdarava – je tuerai chef de block. »

       Deux exemples d’emprunts à l’allemand dans la langue tzigane : « blocharis », qui dérive de « block », quartier dans le camp, mot abondamment employé par les nazis. Et « murdara », qui dérive de « morden » -tuer, qui a même racine que « meurtre » français, c’est-à-dire le la latin « mors – la mort. » La dureté impitoyable des nazis envers les tziganes, et tous les autres, fait que le prisonnier n’imagine pas un instant une possibilité de pardon. Tuer ces porcs est la seule fin possible

        Les tziganes avaient un mot pour eux pour désigner Auschwitz : « Ausvičate », prononcé « Aouswitchate », qui dérive davantage du polonais « Oswičie », que de l’allemand qui lui aussi est un dérivé de la forme polonaise de base. Il est probable que l’appellation tzigane existait avant la création du camp.

 

 

Texte original tzigane et traduction allemande

 

 

Auschwitz-Lied

Margita Makulová hat die Vernichtungslager der Nationalsozialisten überlebt. In dem Film “Latscho Drom” von Tony Gatlif singt sie das Auschwitz-Lied:

 

Ausvičate hin kher báro
Odoj bešel mro piráno
Bešel, bešel gondoliňel
Te pre mande pobisterel.

 

O tu kalo čirikloro
Lidža mange mro liloro
Lidža, lidža mra romňake
Hoj som phandlo Ausvičate

 

Ausvičate báre bokha
Te so te chal amen nane
Ani oda koter maro
Le o blocharis bibachtalo.

 

Joj sar me jekhvar khere džava
Le blocharis murdarava.
Joj sar me jekhvar khere džava
Le blocharis murdarava.

In Auschwitz war ein großes Haus,
da drinnen war mein Mann gefangen.
Da ist er gesessen und hat geweint
und immer nur an mich gedacht.

 

O du kleines schwarzes Vöglein
nimm sie mit dir, meine Briefe
trag sie hin zu meiner Frau,
denn ich sitze hier in Auschwitz.

 

In Auschwitz, da war großer Hunger,
da gab es für uns nicht zu essen.
Nicht einmal ein Stückchen Brot
und der Aufseher ein Schwein.

 

Wenn ich einmal wieder heimkomm,
werd den Aufseher ich töten.
Wenn ich einmal wieder heimkomm,
werd den Aufseher ich töten.

 

 

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