« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

LITT H IL Y A SONNENBURG

Es steht in Sonnenburg

 

1933 ?

 

 

 

 

 

IL Y A À SONNENBURG

 Es steht in Sonnenburg

Mélodie : ?

 

 

       

 

 

1. Il y a à Sonnenburg

    Un camp allemand :

    Prisonniers et gardes

    Y sont tous maigres.

 

2. Les affamés du dehors

    Surveillent ceux dedans,

    Pour qu’ils y restent,    

    Toujours à crever de faim.

 

3. Ils ont aussi des armes,

    Des fouets, des pistolets,

    Avec quoi ils partent

    Chercher des affamés.

 

4. Quand ils voient le Führer,

    Droits comme des murs,

    Ils lèvent le bras en l’air,

    Montrent les mains, durs,

 

5. Pour qu’il voie, la nuit, le matin, 

    Comment ils traitent leurs frères,

    Que leurs sanglantes mains

    Sont toujours vides.

 

6. Ils seraient avisés

    De sortir de ses chaînes

    Le maigre effrayé

    Et d’enfermer le gras !

 

7. Alors à Sonnenburg

    Le camp aurait un sens,

    (Cela aurait vraiment un sens)

    Si les gras nettoyaient

    Les bottes des maigres.

 


1. Es steht in Sonnenburg
ein deutsches Lager,‎
Insassen und Posten
sind beide mager.‎

2. Die hungrig draußen gehn
bewachen die drinnen,‎
daß die nicht aufstehn
und dem Hunger entrinnen.‎

3. Sie zeigen auch Waffen her,‎
Ruten und Pistolen,‎
damit gehn sie in die Nacht
Hungrige holen.‎

4. Wenn sie den Führer sehn,‎
dann stehn sie wie Wände
und strecken die Arme hoch
und zeigen die Hände.‎

5. Daß er sieht, wie sie Tag und Nacht‎
hinter ihren Brüdern her sind,‎
ihre blutigen Hände aber
immer noch leer sind.‎

6. Wären sie klüger, dann
rissen sie aus den Ketten
schleunigst den armen Mann
und holten den Fetten!

7. Dann hätte in Sonnenburg
das Lager einen Nutzen,‎
(dann hätt’ es wirklich einen Nutzen,‎)
wenn die Fetten (Reichen) den Magern
         (Armen)
die Stiefel putzen.‎

 

 

         Texte        Es steht in Sonnenburg

                          Berthold Brecht 1933

                          fr. : Yves Kéler 29.1.2015 Bischwiller

 

         Mélodie    ?

                         

 

 

Le texte

 

      Traduction d’un article WIKIPEDIA en allemand

 

        Le poème est né en 1933, il fut imprimé pour la première fois dans « Der Gegenangriff » et fut repris dans « Lieder Gedichte Chöre » (1934 aux Editions du Carrefour à Paris. Ce livre de chants politiques devait former un contre-pôle contre la récupération par les nazis des chants populaires traditionnels. On décrit polémiquement et  ironiquement ce qui se passe dans le camp de Sonnenburg (près de Küstrin, à l’Oder, aujourd’hui du côté polonais de cette rivière), str. 1-5. Dans les deux dernières strophes est proposé sarcastiquement que les sbires du KZ enferment plutôt les exploiteurs que les exploités : « Alors le camp de Sonnenburg aurait un sens » str. 7. Le cynisme du lutteur de classe Brecht, qui s’oppose à la torture des camarades et approuve qu’on chicane les exploiteurs.

 

        La caractéristique de ce poème est qu’il associe la critique des nazis à la propagande de la lutte des classes. Cela apparaît dans la signification du champ des mots « mager / Hunger – maigre/faim » (vers 4,5,8,12, 19, 23, 27) : les gardiens sont comptés parmi les internés comme « maigres », leur ennemi commun est le « gras », qu’on ferait mieux d’enfermer et affecter au nettoyage des bottes.

 

        Dans les strophes 4 rt 5, le salut hitlérien est indiqué comme preuve de la pauvreté persistante des suiveurs ou sbires nazis, à quoi s’ajoute la proposition sarcastique d’enfermer les gras. Dans ce sens, on pourrait également proposer de voir les strophes 1-3 comme une description de la situation dans le camp et les 4-7 comme proposition d’un usage sensé des camps de concentration. (Fin de citation)

 

        Le camp fut le 30 et le 31 janvier 1945 le théâtre d’un massacre de 819 prisonniers, dont 91 luxembourgeois incorporés de force. Les russes libérèrent le camp le 2 février et les quelques dizaines de survivants. Ils firent des photos des monceaux de cadavres, lesquelles firent le tour du monde.

 

        Beaucoup de libéraux allemands furent internés dans ce camp, dont von Ossietzki, qui fut longtemps traité de « Judensau – Cochon de juif », alors qu’il n’était pas juif.

 

 Remarque sur la dernière strophe

        Dans une des éditions du texte sur Internet, la dernière strophe comprend une répétition du 2e vers, qui veut accentuer le propos. Je ne crois pas qu’elle soit d’origine, vu qu’une telle accentuation n’est pas nécessaire. D’autre part le style de Brecht est concis et net.

 

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