« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

AMOUR DE JESUS
CONSECRATION
ASCENSION

         J’AI FAIT CHOIX DANS MON AME to
                Ich hab mir auserwählet

        Mélodie : Christus, der ist mein Leben

1. J’ai fait choix dans mon âme
    D’une petite fleur,
    Jésus, celui que j’aime,
    Et l’ai mise en mon cœur.

2. Dans mon âme elle embaume
    De son puissant parfum;
    Tous mes soucis s’envolent,
    Avec eux mes chagrins.

3. Si je devais les perdre,
    La fleur et mon Sauveur,
    Je perdrais sur la terre
    Ma joie et mon bonheur.

4. Il a fait sa demeure
    Dans la vallée des pleurs,
    Il a fallu qu’il meure
    Pour nous dans la douleur.

6. Il a quitté la terre,
    le jour de l’Ascension,
    Il est allé au Père
    Nous faire une maison.
    
    
         Texte        Ich hab mir auerwählet    
                          anonnyme
                          d’un manuscrit de Loster-Neuburg du 15e Siècle
                          dans : In Gottes und Marien Minne
                          Lieder aus der deutschen Mystik
                          (Dans l’amour de Dieu et de Marie,
                          Chants de la mystique allemande)
                          choisis par Severin Rüttgers,
                          Insel-Bücherei, Nr 81, p.35
                          Insel-Verlag, Leipzig, sans date, (après 2e Guerre)
                          fr.  :  Yves Kéler 26.5.2011 Bischwiller

         Mélodie    Christus der ist mein Leben
                          Melchior Vulpius 1609
                          RA 461, EKG 208, EG 516
                          Fr. : Demeure par ta grâce
                                 LP 184, NCTC 389, ARC 889, ALL 62/78

Texte original

1. Ich hab mir auserwählet
    Jesum, das Blümelein,
    Darzu hat sich gesellet
    Das junge Herze mein.

2. Es grünt in meinem Herzen,
    Sein Blühn ist manigfalt,
    Es kann mir wenden Kummer
    Und wendt mir all mein Leid.

3. Sollt ich das Blümlein meiden,
    Jesu, das Blümelein,
    Brächt* meinem Herzen Leiden
    Und meiner Seel ein Pein.

4. Er hat bei uns gewohnet
    Auf diesem Jammertal,
    Er ist von uns gescheiden
    In grosser Bitterkat.**

5. Er ist von uns gescheidet
    In grosser Wunnsamkeit, ***
    Zu seinem himmlischen Vater,
    Da wohnt er ewigleich.
    
    *       brächt : conditionnel présent de bringen, apporter
    **     Bitterkat, Bitterkeit, rime assonante avec Jammertal
    ***   Wunnsamkeit : Wundersamkeit, manière étonnante, miraculeuse


Le texte

        Ce poème est l’œuvre d’un jeune moine qui consacre sa vie à Jésus. Le texte allemand dit en effet : « Darzu hat sich gesellet  Das junge Herze mein – Est devenu son compagnon  Mon jeune cœur. »

        L’image de la fleur qu’est le Christ est courante au Moyen-Age. On la trouve dans celle de la rose que fait naître Marie, par exemple dans : « Es ist ein Ros entsprungen – Une rose a jailli. »

        Le chant se divise en deux parties, les strophes du début 1 et 2, et les strophes de la fin 5 et 6. La strophe 3 entre ces deux groupes fait transition. Les deux premières strophes expriment la joie d’avoir pris dans son cœur la petite fleur du Christ. La strophe de transition fait apparaître la douleur de perdre le « Christ, la petite fleur ». Les deux dernières strophes retracent la vie du Christ : la souffrance, puis l’élévation dans le ciel.

        Le double vers

                  « Er ist von uns geschieden          Er ist von uns geschieden
                     In grosser Bitterkeit -               In grosser Wunnsamkeit -

                     Il nous a quittés                       Il nous a quittés
                     Avec grande amertume »,        Avec grand  prodige »,

achève la strophe 5 et commence la strophe 6. Le premier emploi vise la souffrance de la mort, le deuxième le caractère miraculeux de l’Ascension.

        Le même double emploi apparaît dans les strophes 1 et 3 :

                 « Ich hab mir auserwählet       « Sollt ich das Blümlein meiden,
                    Jesum, das Blümelein -          Jesum, das Blümelein  -

                    Je me suis choisi                    Devrais-je perdre la petite fleur,
                    Jésus, la petite fleur »,           Jésus, la petite fleur ».

Ici aussi, le caractère des 2 emplois est différent : le premier est joyeux, le second est triste.


La mélodie

        L’original du Insel-Verlag n’en donne pas. Ce poème était-il un chant ? Possible ;

        Je propose la mélodie de « Christus, der ist mein Leben – Christ est ma vie », qui est de Melchior Vulpius 1609. Quoique plus récente, cette mélodie exprime bien le climat mystique et tendre de ce texte. Il faut employer la version des recueils allemands, RA, EKG et EG, de préférence, car elle contient une modulation à la 3e ligne, qui par la blanche incise dans la ligne, produit un effet de frein qui permet au texte de s’épanouir. Cette forme de la mélodie est meilleure que celle simplifiée qu’on trouve dans les recueils français :   

          avec modulation :                 sans modulation
     do, ré, ré, mi, fa,  ré, do           do, ré, mi, fa, mi, ré, do
      n   n   n    n    n    b   n            n   n    n    n    n   b   n

        La forme simplifiée, et plus plate dans son expression, provient d’une forme allemande, qu’on trouve indiquée encore dans EKG 1951, mais qui a été éliminée par RA 1952 et EG 1995. Cette forme simplifiée a été introduite en France par LP 1938, à partir du Recueil luthérien de 1923. En effet, ce chant est d’origine luthérienne française, repris du Recueil de la Confession d’Augsbourg de 1850. Il traduit, au XIXe siècle, le chant de Mélanchthon « Ach bleib mit deiner Gnade – Demeure par ta grâce », et en reprend la forme musicale allemande de l’époque.

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