EPIPHANIE
NOËL

 

               BRILLANTE ETOILE DU MATIN
            Wie schön leuchtet der Morgenstern

                           Révision de LP 90

       Mélodie : Wie schön leuchtet der Morgenstern

 

1. Brillante étoile du matin
    Que fait lever l’amour divin,
    Pure et sainte lumière ;
    Répands dans nos cœurs ta clarté,
    Viens dissiper l’obscurité
    Qui règne sur la terre.

    Refrain :
    Seigneur, Sauveur,
    Fils du Père, ta lumière salutaire
    Nous conduit et nous éclaire.

2. C’est toi, Jésus, qui m’as cherché
    Dans les ténèbres du péché,
    Plongé dans ma misère.
    Tu vis mes chaînes, mon malheur,
    Tu devins mon libérateur
    Par ta mort salutaire.           Refrain.

3. Quittant la céleste grandeur,
    Tu parus comme un serviteur,
    Pauvre et dans la souffrance.
    Tu fus meurtri pour mes péchés,
    Ta mort me rend la liberté,
    La joie et l’espérance.          Refrain.

4. Je veux, Seigneur, m’unir à toi,
    Par mon amour et par ma foi,
    Mais je sens ma faiblesse.
    J’accomplirai ta volonté :
    Répands sur moi, dans ta bonté,
    Ton Esprit de sagesse.          Refrain.

 

         Texte        Brillante étoile du matin, 4 strophes
                          1°  L.Roehrich, 1866, selon LP 90
                          2°  Psalmodies moraves, dans date,
                          selon Rec. Egl. Réformées 1895, n° 31
                          Informations concordantes, ou non ?
                          Rév : Yves Kéler, 1985

         Mélodie    Wie schön leuchtet der Morgenstern
                          Philipp Nicolaï, 1599
                          RA 61, EG 70
                          fr. : Brillante étoile du matin
                                LP 90, Alléluia 2005, 32/15
                                Oh ! Quel éclat sur nos matins
                                NCTC 183, ARC 367


Le texte

        est de L.Roehrich, 1866, selon LP 90. En revanche, le Rec. des Eglises Réformées en France 1895 dit « Psalmodie morave ». Les deux informations concordent-elles ? Roehrich aurait-il travaillé dans le cadre des Frères moraves, auxquels il a effectivement prêté son aide pour leurs éditions françaises ? Ou les informations divergent-elles ?. En tout cas, le chant se trouve pour la première fois, semble-t-il, dans le Recueil des Eglises Réformées de 1895. Le recueil des moraves de 1846 ne le donne pas. Le chant compte 4 strophes, dans lesquelles Roehrich (ou un autre auteur) résume les 7 strophes de Philipp Nicolaï. La traduction originale chez les Moraves comptait-elle les 7 strophes originales ? C’est possible, car on constate chez ces derniers la même tendance au raccourcissement des chants que chez les réformés et luthériens français au XIXe  Siècle.

       L’auteur a construit tout son chant sur l’évocation de « cette lumineuse étoile du matin », dont la source biblique est dans Apocalypse 22/16 et ss : v. 16 : « Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin ». V. 17 « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. ». Nicolaï emploie cette titulature dès la première strophe : « …schön leuchtet der Morgenstern - belle brille l’étoile du matin, … Du Davids Sohn aus Jakobs Stamm-toi, fils de David, du tronc de Jacob. » De même, il reprend l’image de l’épouse et du Christ, l’époux. Dans la dernière strophe, l’allusion à l’Apocalypse et au retour du Christ est évidente : « dass mein Schatz ist das A und O,… bleib nicht lange : Deiner wart ich mit Verlangen – que mon trésor est l’A(lpha) et l’O(méga), … n’attend pas longtemps : je t’attend avec désir ! » Comparons brèvement le texte du traducteur avec sa source de Nicolaï :

 

Roehrich / autre auteur

 

Str 1 : Brillante étoile                                     

          Pure et sainte lumière                          

 

 

           Répands dans nos cœurs ta clarté       

 

Str 2 : C’est toi, Jésus, qui m’as cherché        

          Dans les ténèbres du péché                           

 

Str 3 : Quittant la céleste grandeur                 

                   Philippiens 2

 

Str 4 : Je veux, Seigneur, m’unir à toi            

          Par mon amour et par ma foi               

 

 

 

   Nicolaï

 

str1:  der Morgenstern

str 2: Ei meine Perl, du werte Kron

str 3:  du leuchtend Kleinod

 

str 3: Geuss sehr tief in mein Herz hinein

 

str 5: Du hast mich ewig, vor der Zeit

         In Deinem Sohn geliebet

 

str5 : Dein Sohn hat mich sich selbst

         vertraut

 

str 5: Er ist mein Schatz, ich seine Braut

str6:  Dem Wundershönen Bräut’gam mein,

         In steter Liebe wallen

 

        L’auteur français ne traduit que peu la cascade d’images émerveillées de l’original. En revanche, il en développe la théologie dans les strophes 2 et 3, en employant Philippiens 2, l’abaissement du Christ.

       Tel quel, le chant est bon et bien construit : il développe les images lumineuses de «l’étoile du matin » dans la première strophe, et les reconduit par le refrain identique (Philipp Nicolaï a composé un refrain différent pour chaque strophe, qui sont des merveilles poétiques, vu la difficulté du genre). En sorte que cet émerveillement, qui est la ligne centrale du chant, est maintenu de bout en bout. Les strophes 2 et 3 développent l’abaissement de ce Christ glorieux, sa kénose selon l’expression grecque. La 4e strophe est une formule de consécration au Christ par la foi. Le mouvement d’abaissement est donc encadré par : une strophe sur le Christ, qui est le début objectif du mouvement, et une strophe sur le croyant, qui est l’achèvement subjectif de ce mouvement, qui s’échappe vers l’avenir à travers le refrain. 

Le texte de Pierre Valloton : « Superbe étoile du matin
:

        Le chant de Roehrich n’est pas une traduction de l’original, mais il en reprend le mouvement. Pour une traduction de qualité, il faut se reporter au chant de Pierre Valloton : « Superbe étoile du matin », qui se trouve sur ce site sous ce nom. Les commentaires en rapport avec ce chant peuvent éclairer celui de Roehrich.

Les révisions de NCTC-ARC et Alléluia 2005 :

        Dans NCTC et ARC, le texte de Roehrich / moraves avait été écarté et remplacé par « Oh ! quel éclat sur nos matins », de Louis Lévrier. Ce texte élimine d’emblée l’image biblique de l’étoile du matin d’Apocalypse 22/16, qui est le centre de ce chant, et le vide ainsi de son sens. Beaucoup de corrections inutiles et plates enlèvent l’essentiel de l’intérêt du chant. Entre autres, la troisième strophe parle de la Sainte Cène, qui n’a rien à voir ici. Le refrain réoriente ce chant de l’Epiphanie vers Noël, en introduisant la paille de la crèche et l’étable. On retrouve ici une des confusions courantes dans le domaine français entre Noël et l’Epiphanie. Roehrich, en reprenant de façon raccourcie le chant de Nicolaï, n’avait pas commis cette confusion : il reste bien dans l’Epiphanie. Alléluia 2005 reprend ce texte médiocre.

        Alléluia 2005 a voulu reprendre le texte de Roehrich / moraves, ce qui est une excellente idée. Mais pourquoi alors l’abîmer à nouveau par d’inutiles corrections ? En fait, on a repris une forme de « Psaumes et Cantiques » suisse, n° 272, qui s’avère être une médiocre révision de Roehrich. On a comprimé les 4 strophes en 3, sans raison. On a écrasé les deux strophes centrales, la 3e et la 4e en une seule, rabougrissant le beau développent de Philippiens 2. On a aussi affadi la première strophes et ses images de lumière . Enfin, on a placé une bénédiction étrangère au texte à la fin du refrain, y insérant de plus un laid « ô », qui tombe pile sur l’accent central du vers !

        Or le texte de Roehrich est facile à rectifier en en respectant l’expression et l’intention. Finalement, on obtient deux textes médiocres, l’un d’origine suisse, l’autre d’origine française.


La mélodie

        Elle est de Philipp Nicolaï lui-même, et montre, dans l’original, une étroite relation entre le mouvement du texte et la mélodie. Roehrich a bien senti cela, et on peut dire que chez lui texte et mélodie ont une relation harmonieuse. La mélodie monte en 2  lignes et descend en une, dans un mouvement ferme et ample, formant une belle courbe qui se répète. Le refrain change de rythme et introduit des accélérations et des effets d’écho, qui contrastent avec la première partie. Ces effets d’écho, courants au 16e Siècle, se retrouvent dans « Wachet auf », du même Nicolaï, et dans les Psaumes huguenots. Il faut respecter l’alternance des blanches et des noires, qui donne un chant très vivant. Surtout, ne pas traîner, comme on l’a fait parfois : pour obtenir un chant solennel on a eu un chant pompeux, sinon pompier. Ne pas non plus employer la mélodie égalisée en noires, qu’on trouve encore, par exemple dans « O Père qui es dans les cieux », NCTC 236, Alléluia 2005 23/02. Cette forme aplatit le texte et lui enlève son envol.  

Emploi du chant

        Il est le chant de la fête pour l’Epiphanie, au 6 janvier. Comme la plupart des paroisses ne célèbrent pas cette fête à sa date, mais le dimanche après l’Epiphanie (1er D. après l’Epiphanie), on le chante ce dimanche-là, comme chant de semaine. Le chant est repris au dernier dimanche après l’Epiphanie, à la Transfiguration, fête marquée l’image du Christ lumineux.

        Les strophes allemandes 5 et 6 peuvent servir respectivement à Cantate et aux trois derniers dimanches de l’année de l’Eglise : la 5e est un hymne à la musique en l’honneur du Christ, et la 6e est un appel au Christ pour qu’il revienne.

 

Qui Suis-je?

 

Pasteur retraité de l'Eglise luthérienne de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine.

 

 

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KELER Yves

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