« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

Ste CENE

    NOUS CONFESSONS ET NOUS CROYONS to
          Wir glauben all und bekennen frei

                        Michael Weisse

      Mélodie : Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort
                    Herr Gott, dich loben alle wir         
                    = Vous saints ministres du Seigneur

1. Nous confessons et nous croyons,
    Que dans ce pain que nous mangeons
    D’après les mots qu’il nous a dits,
    Est le vrai corps de Jésus-Christ.

2. De même aussi nous confessons,
    Que dans ce vin que nous buvons,
    Selon les mots qu’il nous a dits,
    Est le vrai sang de Jésus-Christ
   
   
         Texte        Wir glauben all und bekennen frei
                          Michael Weisse 1531

            dans      Evangelisch-lutherisches Gesangbuch
                          Selbstständige Evangelisch-Lutherische Kirche
                          Hubert & Co. , Göttingen, 2. Auflage 1988
                          fr. : Yves Kéler 27.4.2012

         Mélodie    Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort
                          Eglise ancienne, Martin Luther, 1543
                          RA 170, EG 193
                          fr: : Par ta parole, Dieu Sauveur, ABD 528
                                 Seigneur, c’est toi notre secours
                                 NCTC 237, ARC 544
                                 Affermis-nous par ton Esprit
                                 NCTC 390, ARC 884, ALL 62/74

             ou         Herr Gott, dich loben alle wir
                          RA 142, EG 300 = Ps 134 Bourgeois
                          fr. : = Vous saints ministres du Seigneur Ps 134
                                 LP 60,
                                 =Bénissons, Dieu, le seul Seigneur
                                 NCTC 134, ARC 134, ALL 134

Le texte

        Ce chant provient des frères moraves, plus exactement du livre de cantiques que Michael Weisse, prédicateur des frères de Bohème, fit éditer à Wittenberg en 1531, livre que Luther appréciait beaucoup. Ce dernier en a pris le « Nun lasset uns den Leib begrabn –Portons ce corps en son tombeau », pour en faire le chant de base de l’enterrement.

        Ce chant de communion a la forme d’une confession de foi, dont l’incipit rappelle celui du chant de Luther « Wir glauben all an einen Gott – Nous croyons tous en un seul Dieu », dérivé du Credo de Nicée-Constantinople. La deuxième strophe reprend la formulation de l’entrée du 2e Article, qui ne répétait jamais « Wir glauben – Nous croyons ». Cette triple répétition que nous trouvons dans les crédos actuels n’existe pas dans les originaux grec et latin. Le 2e et le 3e Article commencent pas « kaï -et ». Le début unique pour les trois articles est « Wir glauben – Nous croyons ». De plus, le mot « Desgleichen – de même » reprend les mots de l’Institution de la Cène pour le vin : « Desgleichen nach dem Abendessen – De même après le souper ». La base de la forme du texte est à la fois la confession de la foi et l’institution de la Cène.

        Ce chant proclame la présence réelle du Christ dans les espèces, mais selon la consubstantiation et non la transsubstantiation. Dans la 2e strophe, la mention « ...der Wein in seiner Art -... le vin selon son sa forme », c’est-à-dire « le vin resté du vin », auquel le sang du Christ est associé, et non « apparemment du vin » transformé en sang du Christ, cette mention le confirme.

        La communion sous les deux espèces pour tous les fidèles est également affirmée : « Und uns und alle Gläubigen zugut – pour le bien de nous et de tous les croyants. » Le vin est donné à tous, et non au seul prêtre. On retrouve avec grande précision la théologie hussite du sacrement.

Structure et mélodie

        La structure du chant est très particulière et remonte peut-être à un original tchèque. En effet les frères moraves avaient une très riche hymnologie en langue tchèque, peu connue chez nous, sauf par certains des chants passés du livre de Michael Weisse, imprimé en allemand à Wittenberg, dans le patrimoine luthérien.

        Cette structure est V 9.5.7/9.7. Elle n’a pas d’équivalent dans les chants allemands classiques et elle est difficile à chanter par une assemblée actuelle. Je propose de transposer le chant sur une mélodie d’hymne latine en IV 8.8, 8.8, et de garder le parallélisme voulu entre le pain et le vin, la présence réelle, la formulation du credo, et la référence à l’institution par le Christ.

Les mélodies « Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort » et « Vous saints ministres du Seigneur » sont des mélodies classiquement associées à l’expression des éléments cultuels et liturgiques, la première en allemand, la seconde en français d’abord, sa langue d’origine, en allemand ensuite. Cette dernière, appelée « Herr Gott, dich loben alle dir », a été employée pour le chant de la St Michel du même nom, de Philippe Mélanchthon.


Texte original et traduction littérale

1. Wir glauben all und bekennen frei,
    Dass nach Christi Wort
    Dies Brot der Leib Christi sei,
    Der für unsre Sünd und Missetat
    Litt am Kreuz den bitern Tod

       Nous croyons et confessons librement
       Que, d’après la parole du Christ,
       Ce pain est le corps du Christ,
       Qui pour notre péché et notre faute
       Souffit à la croix la mort amère,
      

2. desgleichen der Wein in seiner Art
    Sein unschuldig Blut,
    Das am Kreuz vergossen ward,
    Uns und allen Gläubigen zugut,
    Die ihm folgen in Demut.

       De même (que) le vin, resté du vin,
       Est son sang innocent
       Qui sur la croix fut répandu
       Pour nous et pour tous les croyants
       Qui le suivent humblement.
      

 

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