« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


NOËL



         TU MENES, DIEU, L’ETERNITE t.
           Gott, der Du Ewigkeiten lenkst

  Mélodie : Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort



Chants de Goerges Kempf n° 1 :   Augustus  (Auguste) page 5

Référence biblique:

Gott, der du Ewigkeiten lenkst
« Es begab sich aber zu der Zeit,
dass ein Gebot vom Kaiser Augustus ausging,
dass alle Welt geschätzt würde »   Lukas 2/1

En ce temps-là parut un édit de César Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre.  Luc 2/1   


1. Tu mènes, Dieu, l’éternité,
    Tu brides les autorités,
    Pour toi le temps n’a pas de fin
    Tu es le Tout-puissant, le Saint.

2. Tu veux, quand est venu le temps,
    Que naisse à la Vierge un enfant,
    - C’est ta promesse -, à Bethléem,
    Tout près de ta Jérusalem.

3. Tu fais de l’empereur romain
    Un instrument entre tes mains.
    Tu fais servir sa tyrannie,
    Comme un burin sculptant la vie.
   
4. Nous fûmes nous aussi pillés,
    Volés, brûlés et imposés.
    Fais, Dieu, que dans tant de malheurs
    S’avère un plan né de ton cœur.

5. Délivre-nous, Dieu, de la peur
    Et montre que tu es Seigneur .
    Dans la détresse fais-nous voir
    Que tu nous guides vers l’espoir.

6. Dieu Père, à toi soit tout honneur,
    A Jésus-Christ, ton Fils Sauveur,
    A l’Esprit saint, la Trinité,
    Sans fin et pour l’éternité.
   

         Texte         Gott, der du Ewigkeiten lenkst
                          Georges Kempf, *1916
                          In den Weihnachten zu singen, années 1950
                          fr. : Yves Kéler 5.10.2012 Bischwiller

         Mélodie:     Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort 1543
                          Martin Luther 1483-1546
                          RA 158, EKG 142, EG 193,
                          fr. : NCTC 237, deest ARC, ALL 47/08

                          (Komm, Gott Schöpfer, Heilger Geist)

Le texte

        Ce poème de GK est une méditation sur les puissants de ce monde, et plus particulièrement les dictateurs. Derrière Auguste se profilent les dictatures modernes, et, pour l’alsacien qu’il est, Hitler, et accessoirement Staline. Ce qui est un peu rude pour Auguste, qui, quoique produit de la guerre civile et de la lutte avec Marc-Antoine, ne peut pas être comparé au Führer en matière de folie meurtrière. Ne parle-t-on pas de la grâce d’Auguste, qui pour obtenir la paix, fit grâce à certains qu’il aurait pu châtier ?

        GK développe la thèse que le recensement, qu’il appelle une forme de « Tyrannei –tyrannie » est l’œuvre d’un dirigeant qui se fait instrument de Dieu sans le savoir. Grâce à Auguste, le recensement conduisit Joseph et Marie à Bethléem, où devait naître le Messie, fils de David. GK reprend la thèse du 2e Esaïe qui fait de Cyrus l’Oint de Dieu pour exécuter son plan de ramener les Juifs de Babylone à Jérusalem. La 2e strophe le dit : « Du wollst,…dass uns die Magd einen Sohn gebar zu Bethlehem nach dem Verspruch – tu veux…que la Vierge fasse naître le Fils à Bethléem selon la promesse. » De même dans la strophe 3 : « Des hast Du auch den Herrn der Welt als Engel Dir zum Dienst gestellt – C’est pourquoi tu as placé à ton service le maître du monde comme un ange. » Il emploie l’image de « la tyrannie qui devient burin entre les mains de Dieu. » Cette thèse rappelle celle de la « felix culpa – l’heureuse faute » d’Adam, de laquelle est sorti un bien : la connaissance.

        Après cette interprétation de l’histoire, il applique celle, récente du IIIe Reich, à l’Alsace et à l’Europe, sinon au monde, si on veut élargir l’espace. La 4e strophe dit : « Noch werden wir und alle Land geschatzt, geplündert und gebrannt – Nous aussi et tous les pays nous sommes imposés, pillés et brûlés. » Les pays conquis par les nazis furent recensés  : communistes, juifs, tsiganes, etc… et envoyés dans les camps et vers la mort. Et imposés lourdement. Les ressources européennes furent pillées pour faire croire aux Allemands que le régime assurait la prospérité, alors qu'il se ruinait en dépenses de guerre. De ce fait, les destructions furent énormes.

        « Que d’un mal sorte un bien », comme dit la Bible. La strophe 4 dit : « Lass uns erfahren durch alle Not In ihrem Befehl Dein Herzgebot – Fais-nous découvrir à travers toute détresse Dans leurs ordres un commandement de ton cœur. » C’est tout ce qu’il reste à souhaiter après une épreuve pareille. La strophe 5 poursuit le trait : « Mach uns von allen Ängsten los – Délivre-nous de toutes les peurs ! » Ceux qui ont vécu tant de misères ont dépassé la peur, mais ne veulent pas que les choses recommencent. GK finit pazr une note optimiste : « Hilf in der wirren Not uns sehn, Wie Deine Engel mit uns gehn – Fais que dans le trouble et la détresse nous voyons Que tes anges nous accompagnent. »

        Le Gloria de la strophe 6 nous ramène au début : Dieu est le Dieu de l’éternité, il « règne sans fin ni mesure du temps. »

        Cette introduction plutôt sombre conduit au 2e chant, concernant Quirinius, sous le gouvernement duquel le recensement va se faire, et l’histoire commencer. Le climat devient tout suite plus optimiste, car l’histoire que Dieu entame avec son Fils et l’éternité (Dein Tag - ton jour, str. 2)va prendre un cours nouveau et devenir l’histoire du salut.

La mélodie

        J’ai choisi pour ce texte la mélodie de Luther inspirée du Dies irae : « Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort – Maintiens-nous ta Parole, ô Dieu. » Le chant de Luther avec cette mélodie éponyme date de 1543, date du siège de Vienne par les Turcs. L’Europe est dans une situation critique : si les Turcs gagnent, l’Europe est envahie par eux et l’Islam. La situation est grave, et catholiques et protestants se liguent contre le risque . La mélodie, avec son arrière plan pénitentiel, est appropriée au chant de Kempf, né de circonstances européennes tragiques.


Texe original

1. Gott, der Du Ewigkeiten lenkst,
    der Du des Mächtigen Arm beschränkst,
    des Zeit noch Ziel noch Ende kennt,
    Vater, der sich allmächtig nennt:

2. Du wollst, als Dein Tag kommen war, 
    dass uns die Magd den Sohn gebar *
    zu Bethlehem nach dem Verspruch **
    uns zu befreien von von Adams Fluch.

3. Des hast du auch den Herrn der Welt
    als Engel Dir zum Dienst bestellt.
    Du schaffst gar, sass die Tyrannei 
    Ein Meissel Deiner Hände sei.

4. Noch werden wir und alle Land
    geschatzt, geplündert und gebrannt. ***
    Lass uns erfahren durch alle Not
    In ihrem Befehl Dein Herzgebot.

5. Mach uns von allen Ängsten los,
    und Du alleine, Herr, sei gross.
    Hilf in der wirren Not uns sehn,
    wie Deine Engel mit uns gehen.

6. Gott Vater, Dir sei ewig Preis,
    und Deinem Sohne gleicherweis,
    dem Geist in der Dreieinigkeit:
    Du herrschst ohn Ziel und Mass der Zeit.
   
    * gebar, au lieu de gebär : attraction de la rime de « war »
    ** Verspruch : voir chant
    *** de "schatzen", imposer, taxer

 

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