« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

PENTECÔTE

                VENI SANCTE SPIRITUS ET EMITTE
                          Stephan Langton  + 1228
                     Heilger Geist,  du tröster mein
                    Kolmm, o Geist der Heiligkeit

1. Veni, sancte Spiritus,             Viens, Esprit de sainteté,           
    Et emitte caelitus                   Pose sur nous ta clarté,             
    Lucis tuae radium.                 Ton rayon d’éternité.

2. Veni, pater pauperum,           Vers les pauvres, Père, viens,
    Veni, dator munerum,            Source des trésors, oui viens,
    Veni, lumen cordium.             Doux éclat de nos cœurs, viens. 

3. Consolator optime,                 Toi, le vrai consolateur,
    Dulcis hospes animae,            L’hôte aimant de chaque cœur,
    Dulcis refrigarium.                 Donne à nos vies ta fraîcheur.

4. In labore requies,                  Doux repos dans nos travaux,
    in aestu temperies,                Calme quand les jours sont chauds,
    In fletu solacium.                   Baume quand les cœurs sont gros,

5. O lux beatissima,                    Bienheureuse est ta clarté
    Reple cordis intima                 Qui remplit l’intimité
    Tuorum fidelium.                    Du cœur de tes rachetés.

6. Sine tuo numine                     Sans ta force il n’est plus rien
    Nihil est in homine,                 Qui soit bon dans les humains,
    Nihil est innoxium.                  Rien de pur, tout serait vain.

7. Lava quod est sordidum,         Lave ce qui est souillé,
    Riga quod est aridum,            Donne l’eau à l’assoiffé,
    Sana quod est saucium.          Panse ce qui est blessé.

8. Flecte quod est rigidum,          Fais plier ce qui est droit,
    Fove quod est frigidum,          Fais brûler ce qui est froid,
    Rege quod est devium.           Mets le faux à son endroit.

9. Da tuis fidelibus                      Accorde à tous tes croyants,
    In te confidentibus                  Pleins d’espoir, le cœur confiant,
    Sacrum septuarium.               Tes sept dons, saints et puissants.

10. Da virtutis meritum,              Rends mérite à la vertu,
      Da salutis* excitum              Conduis-nous jusqu’au salut,
      Da perenne gaudium.           Dans le royaume attendu.
                      * ou: salubrem

    Amen. Alleluia.                       Amen. Alléluia. 

         Texte            Veni Sancte Spiritus et emitte
                              Stephen Langton , vers 1200
                              frs : Yves Kéler 16.9. 2008

          Mélodie :     Heilger Geist, du Tröster mein
                              15e S. , Brème 1633
                              RA 123, EG 128

Le texte

        Il est de Stephen Langton  * 1150, Langton, Angleterre, + 9.7.1228 Slindon, Essex. Il fut cardinal et archevêque de Cantorbury de 1207 à 1228. Il a fixé le système des chapitres dans les Bibles grecque et latine. Il est aussi un des principaux rédacteurs de la Magna Charta, la Grande Charte, de 1215, dans laquelle le pouvoir du roi est limité par la loi. Cette charte endigua l’absolutisme royal et fut une des premières manifestations de l’état de droit contre l’arbitraire du roi et ses seigneurs.

        Le texte est en trois vers. Il est inspiré de l’antienne de la Pentecôte : « Veni sancte Spiritus, reple corda fidelium tuum – Viens, Saint-Esprit, emplis le cœur de tes fidèles. » Sa seconde source est le Veni Creator de Hraban Maur, composé en 809. Cette composition en trois vers est relativement rare. On appelle ce type une « séquence = suite », car ces pièces étaient placés sur la finale des nombreuses fleurs de notes de l’Alléluia. Et formaient une suite à cet Alléluia. De là cette structure particulière, différente de l’hymne à 4 vers. (comparer avecle "Dies irae dies illa", sur le site, sdous "chants latins).

        Le texte a un côté intimiste, plus personnel, que Martin Moller a relevé dans sa traduction (voir plus bas), quand il écrit dans l’incipit : « Heilger Geist, du Tröster mein – Saint-Esprit, toi mon Consolateur ». Stephen décrit les mouvements de l’Esprit dans notre esprit et dans nos cœurs de fidèles. Il est dans la ligne du Veni Creator, qui vise les fidèles de l’Eglise seuls. De ce fait, beaucoup de mots qui montrent cette relation de confiance entre l’Esprit et les croyants : Pater pauperum, lumen cordium, hospes animae, dordis intima tuorum fidelium, Da tuis fidelibus In te confidentibus.

les sept dons de l’Esprit

        Du Veni Creator, Stephen Lagton a repris les 7 dons de l’Esprit, que Haraban Maur avait pris de Esaïe 11/2 et I Coorinthiens 13/13. Par là il s’inscrit dans une longue tradition :. En effet, il existe plusieurs chants dérivés du Veni Creator avec le thème des sept dons. Citons les plus connus : « Veni Sancte Spiritus, reple » du 11e Siècle, que Luther a repris sous le nom de « Komm, Heiliger Geist, Herre Gott ». Et le « Nun bitten wir de Heiligen Geist – Nous invoquons le Saint-Esprit », du 12e Siècle, que Luther également a étendu en y ajoutant trois strophes.

        Stephen Langton appelle les sept dons :  « Sacrum septuarium – le septuple sacré », qui transpose le « digitus septiformis dexterae paternae – le doigt septiforme de la droite du Père ». Mais Stephen ne transpose pas sans plus les mots de Hraban Maur, qui sont :

1.  lumen : la lumière, la sagesse ;
2.  sensibus : les sens, l’intelligence ;
3.  director : le conseiller» ;
4.  virtus : la force ;
5.  sciamus – noscamus : la connaissance du Père et du Fils ;
6.  credamus : la foi ;
7.  amor : l’amour.

        Il place 2 mots dans le texte :
1.  lumen
4.  virtus,

mais les autres sont dans les idées du texte :

      2. sensibus est dans « cordium – des cœurs » ;
      3. director est dans innoxium – impur, incorrect,
                    c’est-à-dire mal dirigé, mal conseillé.
      5. le « sciamus-noscamus » est aussi indirectement
                    dans « devium – dévié de la vérité, erroné »,
                    ce que Martin Moller dans sa traduction rend par
                    « Bring zurecht, die irrig sein – ramène au bon chemin
                    ceux qui se trompent".
      6. le « credamus » de la foi est dans « fidelibus in te confidentibus –
                    aux fidèles qui se confient en toi »,
      7. et l’amour se retrouve dans « cordis intima – l’intérieur du cœur ».

   
La mélodie

        L’actuelle est datée du 15e Siècle, sans indication d’origine géographique. La forme actuelle est de Brème en 1633.

A.  LA TRADUCTION FRANCAISE

        Voir plus bas : les rimes latines et allemandes. Le même problème se pose en français. J’ai fait le même choix que Martin Moller :  placer trois rimes à chaque strophe.

B.  LES TRADUCTIONS ALLEMANDES

        Il en existe deux :

1. Martin Moller 1584, du côté protestant, qu’on trouve dans RA 123 et EG 128, avec des variantes de texte. Cette traduction est moins proche du texte latin donné ici. Il est possible que Martin Moller avait un texte latin différent de ce dernier. On trouve en effet des variantes dans les sources données. Dans RA et EG, les mêmes strophes ne concordent pas. Il semble qu’une ou deux strophes de la traduction de Martin Moller manquent.

2. Heinrich Bone 1847, du côté catholique, qu’on trouve dans LAD 509, Louange à Dieu, recueil du diocèse de Strasbourg. Cette traduction est plus proche du texte latin donné ici. Le nombre des strophes et leur concordance correspondent à l’original latin.

1.  la traduction de Martin Moller 1584 ( RA 123, EG 128)

1. Heilger Geist, du Tröster mein, 
    Hoch vom Himmel uns erschein
    Mit dem Licht der Gnaden dein.

2. Komm, Vater der armen Herd,
    Komm mit deinen Gaben wert,
    Uns erleucht auf dieser Erd.

3. O du süsser Herzensgast,
    Der du Trost die Fülle hast,
    Uns erquick in aller Last.

4. Herr, ganz tröstlich blick uns an,
    Wenn wir in Anfechtung stahn
    Und mit Tränen gehn die Bahn.

5. O du selge Gnadensonn,
    Füll das Herz mit Freud und Wonn
    Allen, die dich rufen an.

6. Ohn dein Beistand, Hilf und Gunst
    Ist all unser Tun und Kunst
    Vor Gott ganz und gar umsonst.

7  latin deest

7. Lenk uns nach dem Willen dein,     = 8 latin
    Wärm die kalten Herzen fein,
    Bring zurecht, die irrig sein.

8. Gib uns, Herr, wir bitten dich,         = 9 latin
    Die wir glauben festiglich,
    Deine Gaben mildiglich,       (die 7 Gaben des Geistes)

9. Dass wir leben heiliglich,                = 10 latin
    Danach sterben seliglich,
    Bei dir bleiben ewiglich.

les rimes latines et allemandes

        Le texte latin a trois vers. Les deux premiers riment entre eux, le troisième est libre. Mais tous les troisièmes vers libres riment entre eux de strophe en strophe. Les mots finissent tous en –ium. En latin il y a beaucoup de mots finissant par – ium, soit au nominatif ou accusatif neutres, ou à l’accusatif masculin de la première déclinaison, soir au génitif des parisyllabiques de la 3ème conjugaison. Mais en allemand, il est difficile de trouver autant de rimes identiques. Martin Moller a choisi de prendre trois rimes identiques par strophes.

les variantes de EG:  

       EG donne des variantes de la traduction pour les strophes 6 et 7 :

Strophe 6 = 9 latin:     Gib dem Glauben Kraft und Halt,
( = 8 de RA)                Heilger Geist und komme bald
                                    Mit den Gaben siebenfalt.

Strophe 7 = 10 latin :  Führ uns durch die Lebenszeit,  
(= 9 de RA)                Gib im Sterben dein Geleit,
                                    Hol uns heim zur ewgen Freud.

        La strophe 6 das EG est meilleure que celle de RA, en revanche la strophe 7 de EG est moins bonne que la strophe 9 de RA

2.   la traduction de Heinrich Bone 1847  (LAD 509)

1. Komm, o Geist der Heiligkeit,
    Aus des Himmels Herrlichkeit
    Sende deines Lichtes Strahl.

2. Vater aller Armen du,
    Aller Herzen Licht und Ruh,
    Komm mit deiner Gaben Zahl;

3. Tröster in Verlassenheit,
    Labsal voll der Lieblichkeit,
    Komm, o süsser Seelenfreund.

4. In Ermüdung schenke Ruh,
    In der Glut hauch Kühlung zu,
    Tröste den, der Tränen weint.

5. O du Licht der Seligkeit,
    Mach dir unser Herz bereit,
    Dring in unsre Seele ein.

6. Ohne deinen Gnadenschein
    Steht der arme Mensch allein,
    Kann nicht gut und sicher sein.

7. Wasche, was beflecket ist,
    Heile, was verwundet ist,
    Tränke, was da dürre steht.

8. Beuge, was verhärtet ist,
    Wärme, was erkaltet ist,
    Lenke was da irre geht.

9. Heilger Geist, wir bitten dich,
    Gib uns allen gnädiglich
    Deiner sieben Gaben Kraft.

10. Gib Verdienst in dieser Zeit
      Und dereinst die Seligkeit
      Nach verbrachter Wanderschaft.

      Amen. Alleluia.

les rimes de Heinrich Bone

        Heinrich Bone a aussi rencontré le problème des rimes latines signalé plus haut. Il l’a résolu en gardant les rimes libres de l’original rimant entre elles. Mais ne disposant pas d’assez de mots allemands rimant entre eux, il a fait rimer chaque fois deux finales de strophes. J’ai mis la chose en évidence par une alternance d’ italiques maigres et gras.

                                                   Yves Kéler,  15.9.2008

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