« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

 

 

LA CELEBRATION DU CULTE :

 

REMARQUES QUANT A L’EXECUTION DES CULTES

 

ET AUX MALADRESSES A EVITER

 

 

        Ce titre révèle l’intention de proposer quelques réflexions sur la manière plus ou moins correcte ou heureuse de mettre en forme et en usage les différentes parties du culte. Mes observations depuis de longues années dans les cultes célébrés en France, Suisse, Belgique et Allemagne, m’ont conduit à plusieurs conclusions.

 

        Ces remarques relèvent de deux choses : 1. le bon sens, et 2. l’exécution correcte des parties du culte, en revenant aux ordres classiques aujourd’hui souvent abandonnés et oubliés. Se rappeler que le paroissien est intelligent et comprend bien, et que beaucoup de ces maladresses le dérangent, à juste titre.

 

 

1. Situation actuelle du protestantisme français en matière de culte

 

        L’une des difficultés pour parler du culte protestant français aujourd’hui, est que celui-ci s’est fortement désorganisé depuis la 2e Guerre mondiale, par l’abandon des liturgies classiques. On a voulu les renouveler, mais au lieu de cela, on les a en grande partie vidées de leur contenu. Le plan général est encore là, mais le contenu et la structure des parties et des pièces ont été abandonnés à l’improvisation. Le manque de connaissances des questions du culte caractérise le protestantisme français actuel. Une telle évolution ne se constate pas en Allemagne, ni dans les pays anglo-saxons.

 

        Ces connaissances faibles marquent les liturgies proposées et les recueils de cantiques. Et entraînent ces maladresses et inconséquences que l’observateur peut constater. Trois points sont à considérer pour comprendre cette situation :

 

1. Les pasteurs ne connaissent pas suffisamment les choses du culte.

 

2. Les facultés et les Eglises n’enseignent pas aux pasteurs ce qu’est le culte, dogmatiquement et liturgiquement, ni son élaboration et sa réalisation. Alors que la Théologie pratique est une des branches de l’enseignement théologique. La connaissance théorique et pratique du culte est un des fondements de l’activité des pasteurs, puisque la célébration dominicale est le fondement de la vie paroissiale. Beaucoup de ces fondements sont ignorés, autant chez les réformés que chez les luthériens. Exemple : qu’est-ce qu’une prière cultuelle, combien de types de prière dans le culte, combien de types d’intercessions, comment établit-on une prière d’intercession ?  

 

3. La plupart des Eglises n’ont pas de liturgie du culte, malgré des textes officiels existants, mais ignorés à la fois par les directions et les pasteurs. Les directions des Eglises sont indifférentes à ce qui se passe dans la paroisse de base et le culte, et abandonnent les choses aux pasteurs, dont personne ne vérifie la compétence. Aucun ordre liturgique cohérent n’est proposé, ni de livres de Liturgie, appelés aussi « Agendes » (du latin Agenda, les choses à faire). Deux exemples flagrants : la liturgie officielle de l’ERF est celle de 1963. La plupart des pasteurs ne la possèdent pas, et elle n’a jamais été réimprimée. De même pour l’EELF, dont la liturgie remonte à 1953. Les documents publiés depuis sont fragmentaires et désordonnés. En sorte que le pasteur est livré à ses initiatives et spéculations. Les recueils de cantiques français actuels souffrent des mêmes incohérences et éléments mal établis : les parties liturgiques sont un vaste fourre-tout sans ordre, et où le meilleur côtoie le médiocre, sinon le pire. Ce qui est logique puisque ces recueils reflètent l’état et l’action des Eglises et de leurs directions, et les connaissances faibles de leurs réalisateurs.

 

        Cet article que je vous adresse veut pallier quelque peu les problèmes et vous proposer une réflexion sur les questions du culte. Et une aide pour célébrer mieux les offices.

 

 

 

A.  LITURGIE DE L’ENTREE DU CULTE,

de la salutation aux lectures bibliques

et à la Confession de foi

 

 

Le Chant d’entrée et le Psaume d’entrée

 

        Le chant d’entrée est au départ un Psaume, le Psaume du dimanche, prévu pour chacun d’entre eux. Dans l’Eglise ancienne, ce psaume ouvrait le culte. Il se chantait souvent dans la procession d’entrée, en alternance selon le mode grégorien. De là les noms latins des dimanches, qui sont le premier mot de l’antienne du Psaume.[1] Le prêtre et ses acolytes marchaient devant, le peuple suivait. Les officiants montaient à l’autel et l’assemblée s’installait dans la nef.  Quand tous étaient à leurs places, le prêtre arrêtait le Psaume en entonnant le Gloria Patri, repris par l’assemblée et achevé par un Amen.

 

        De cette tradition est resté le Psaume d’entrée chez les réformés. Mais chez ceux-ci aujourd’hui, le Psaume d’entrée tend à disparaître. Chez les luthériens, le Psaume est dit après la salutation d’entrée et le cantique d’entrée, selon les règles d’emploi des psaumes : en alternance si possible et avec antienne, et achevé par le Gloria. Là aussi, cette règle, fixée par le Concile de Nicée-Constantinople en l’an 381, tend à se perdre. On chante n’importe quoi après le Psaume. Or le canon du concile visait à ce que le Psaume vétérotestamentaire juif devienne la louange de l’Eglise chrétienne. Car le Père s’y exprimait, le Fils y était annoncé et l’Esprit l’inspirait. Le Gloria récapitule l’adoration des trois personnes.

 

        Si on ne veut pas chanter toujours le même Gloria classique grégorien, il existe des formes strophiques en nombre. Sur mon site internet «  chants-protestants.com », le lecteur trouvera bon nombre de ces textes. Rubrique : Liturgie du culte / les glorias des Psaumes.

 

        Deux traditions sont nées : 1° la réformée, qui après les paroles de salutation et l’invocation, place le Psaume d’entrée. Celui-ci se chante debout, conformément à la tradition du Temple juif et de la Synagogue, et sans Gloria, selon cette tradition de Calvin, qui a supprimé ce chant liturgique inexistant dans l’Eglise primitive.

          2° La luthérienne, qui fait précéder le Psaume par un cantique, avant la salutation.  

 

 

1.   Ouverture du culte : salutation

 

Position de l’officiant :     devant l’autel, en avant du chœur, au pied des marches

Position de l’Assemblée : dans la nef :

                                            debout chez les luthériens, assis chez les réformés

                                           t

 

        Ce qui s’appelle « salutation » est le votum d’entrée « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. », trinitaire, ou la salutation apostolique de Paul : « La grâce et la paix vous soit données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ (dans la communion du Saint-Esprit. Amen.) » Chez les luthériens, l’affirmation trinitaire signifie que Dieu est là, avant notre arrivée, et que nous sommes dans sa présence. Chez les réformés, la salutation d’entrée est suivie de l’invocation : « Seigneur sois au milieu de nous », qui rappelle que Dieu est là et que nous le sollicitons tout particulièrement en ce dimanche.

 

       Or actuellement, dans beaucoup d’endroits, cette salutation est précédée d’un discours, appelé « paroles d’accueil », généralement intempestif, du pasteur.

 

        Les « paroles d’accueil »

 

        Ces paroles sont inutiles et souvent désagréables et pénibles. Le fidèle vient pour adorer et entendre la parole de Dieu, pas pour un baratin introductif du pasteur. Dans ce dernier cas, on est dans la mondanité : on veut se montrer correct, « bien élevé », et bien accueillir, mettre à l’aise. C’est une préoccupation de salon bourgeois, pas une préoccupation cultuelle. Si le pasteur, et d’autres avec lui, veulent accueillir les paroissiens, il se tient à la porte et salue chacun. Il devient inutile d’encombrer le début du culte avec cela.

 

        Quand il est dit «  Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », c’est Dieu qui accueille. A cette salutation, l’assemblée répond et dit ou chante « Amen » (une fois : cet Amen est la confirmation que l’assemblée est d’accord.) Quand le pasteur dit ses « paroles d’accueil », c’est lui qui accueille, ce qu’il n’a pas à faire : le lieu ne lui appartient pas. Le pire est la formule : « Je vous salue au nom du Père, du Fils et du saint-Esprit. » Le pasteur n’est pas chargé par Dieu de nous saluer en son nom ! C’est à la fois absurde et prétentieux. Pour certains fidèles, ces discours inutiles sont ennuyeux, et souvent irritants.

 

         Pas non plus de pré-prédication : certains annoncent les thèmes du culte et font déjà un développement qui devient une petite prédication. Inutile : ces thèmes apparaîtront au cours du culte dans les lectures et dans la prédication. Il n’est pas utile d’anticiper.

 

        La solennité du culte

 

        De fait, il y va de la solennité du culte, qui est d’abord une œuvre de l’homme pour Dieu. Le vocabulaire le dit : « culte » vient du latin « colere », rendre gloire à un dieu, agraire au départ, car le mot signifie aussi « cultiver un champ », pour que la production de celui-ci soit bonne. Le mot « service divin » ou « office », vient de l’hébreu « servir Dieu, l’adorer. » Service dérive du latin « servitutium » servitude, mais est employé au 3e siècle par Jérôme dans la Vulgate au sens de « devoir à accomplir envers Dieu », donc « service divin. » Le but premier du culte est la glorification de Dieu, l’écoute de sa parole vient en second, mais dans le sens de rendre gloire à celui qui parle, d’où la tradition de se lever pour l’évangile, puisque là le Christ parle, qui est le chef de l’Eglise. Le Ps. 92, qui est une méditation sur le culte, dit au v. 5 : « Je chante l’œuvre de tes mains. » Le culte doit être digne de Dieu, et exprimer d’emblée ce qu’il est. D’où la salutation d’entrée, qui nous place d’abord devant le Seigneur. Le culte doit aussi être digne de l’homme, qu’il faut considérer comme un paroissien responsable et pas un mineur spirituel. Ces discours du pasteur à l’assemblée relèvent en fait de l’autoglorification de la paroisse, et indirectement du pasteur : « Nous sommes là, et nous allons vous montrer ce que nous sommes ! »

 

 

        Il existe deux manières d’ouvrir le culte :

 

 

 

 

Position du pasteur :

 

debout, devant l’autel (ou la table de communion)

 

ou : debout, en avant de l’autel, au bas des marches qui conduisent au chœur. Ceci depuis le Psaume d’entrée, la confession des péchés, jusqu’au Gloria in excelsis après les paroles de grâce, avant la salutation et la prière. C’est la partie d’entrée qu’on appelle « messe des catéchumènes », les non baptisés, avant que commence le culte des baptisés, appelé « messe des fidèles. »

 

Position de l’assemblée : dans la nef, debout comme le pasteur

 

 

1.     la manière classique occidentale, qu’on retrouve dans la messe et le culte luthérien :

 

     Chant d’entrée, ou Psaume chanté, sans annonce préalable, le n° du livre est affiché en principe.

 

     P.  Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

     A.  Amen (dit ou chanté)

 

     P. Nous célébrons aujourd’hui le 8e dimanche après la Trinité (ou : le 9e dimanche après la Pentecôte), placé sous le thème des « Fruits de l’Eprit. » Nous antiphonons (disons en alternance) le Psaume 48.

 

     (Inutile d’expliquer ce qu’on va faire, si le I et le II sont bien écrits sur la feuille. Le paroissien est intelligent et comprend. Le pasteur ou l’officiant commence, la paroisse suit.)

 

     Psaume du dimanche, antiphoné,  mieux que lu par le seul pasteur ou officiant).

     Gloria Patri, dit ou chanté :

                        « Gloire soit au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit, comme au 

                           commencement, aujourd’hui, toujours, et d’éternité en éternité. Amen. »

 

 

2.  la manière réformée classique

 

        Salutation : Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, le Père, et la 

                            communion du Saint-Esprit vous soient données.

        Assemblée : Amen

        Invocation : Invoquons le nom du Seigneur :

        Assemblée : Seigneur, sois au milieu de nous, dit ou chanté.

        Extrait d’un Psaume : Adoration, (reste de l’ancienne antienne du Psaume)

        Chant d’un Psaume, destiné à la louange de Dieu, le Père.

 

        Dans ces deux manières, Dieu est mis en avant, l’homme est à son service.

 

        « Je vous invite à »

 

        A bannir, à bannir ! Cette formule de salon s’est infiltrée depuis deux générations dans le culte protestant français et contamine actuellement le culte en Alsace, où il n’existe plus que peu de cultes allemands ou bilingues. En allemand, il ne vient à personne l’idée de dire « Ich lade sie ein zu beten – Je vous invite à prier. » Cette formule est ridicule en allemand. Il faudrait dire « Ich bitte sie zu beten – je vous prie de prier », ce qui est absurde.

 

        Cette formule française dénote le cléricalisme du pasteur, qui « fait », lui, le culte, en disant aux fidèles ce qu’ils ont à faire, au lieu de présider le culte de l’assemblée de la paroisse, laquelle sait ce qui se fait. Il faut donc bannir cette formule. Surtout quand elle est répétitive : compté dans un culte : 19 reprises !

 

        Les formules classiques, proprement cultuelles, sont rodées depuis des siècles :

 

avant le chant : « Nous chantons du N° x-y »

                            ou : le pasteur dit le titre du chant, sans plus, le N° étant affiché

 

avant la prière : « Prions », ce qui est la vieille formule latine « Oremus – prions ». Il n’est pas nécessaire d’ajouter : Dieu, ou le Seigneur, c’est-à-dire le destinataire de la prière. Celui-ci apparaîtra avec le début de la prière : « Père saint et miséricordieux… », ou : « Seigneur Jésus-Christ… », ou : « Esprit de Dieu, … »

 

avant le mot d’ordre : « Ecoutez le mot d’ordre pour cette semaine », ou : « pour cette fête. »

 

avant la confession de foi : « Confessons notre foi », ou : « Avec l’Eglise universelle, confessons notre foi chrétienne. » Ou encore la belle forme de Constantinople du 10e siècle : « Aimons-nous les uns les autres et d’un même esprit confessons notre foi. »

 

 

Position de l’officiant

 

        Pour toute la liturgie d’entrée, le pasteur est devant l’autel ou la table de communion. Devant, car l’autel ou table sont au centre du lieu de culte. Il symbolise la présence de Dieu, du Christ et du Saint-Esprit au milieu de l’assemblée cultuelle. Le pasteur dit la salutation devant l’autel et non pas par-dessus l’autel, car il parle au nom des trois personnes de la Trinité, devant lesquelles il est placé (Voir le : « Seigneur, sois au milieu de nous ! »)

 

        Le pasteur est placé sur l’axe qui va de l’autel à l’assemblée, qui est l’axe qui va de Dieu à son peuple. Cet axe est à double sens, car par lui vont aussi les prières et acclamations de l’assemblée vers Dieu, vers l’autel qui symbolise la présence de Dieu et de là vers le ciel où il réside réellement.

 

        Le pupitre ne sert qu’aux lectures. Il porte une Bible, celle de la paroisse, en grands caractères bien lisibles, signalant que la lecture se fait dans le livre de l’Eglise, pas dans celui du pasteur ou du paroissien. Bannir les feuilles volantes et les textes mal faits de certaines traductions.[2]

 

        La lecture de la Bible ne se fait pas depuis l’autel. Celui-ci est réservé aux prières, confessions de foi et à la Cène. Le pupitre placé sur l’autel ou la table, du côté arrière, sert à l’officiant à poser la litugie de la Cène (S’il sait celle-ci par cœur, il peut même enlever ce pupitre.)

 

Position de l’Assemblée

 

        L’assemblée est dans la nef, face à l’autel et face au pasteur, debout ou assise selon le cas. Elle ne sort des bancs ou chaises que pour monter à l’autel pour la Cène.

 

 

        Une autre véritable manie s’est introduite depuis 30-40 ans dans les Eglises, surtout françaises, de présider la liturgie au pupitre en ignorant l’autel. Cela traduit le pastoro-centrisme actuel : la parole du pasteur domine, pas celle de Dieu. Cela remonte aussi au relatif désintérêt des réformés pour l’autel et la table de communion, souvent délaissés. C’est aussi une imitation du modèle catholique, qui depuis Vatican II cherche à rapprocher le prêtre du peule et à réduire le centralisme de l’autel. Mais les conséquences de cette manière ne sont pas bonnes.

 

        Dans deux Eglises que je connais, on a mis, dans l’une, l’autel de biais (!) à gauche et l’orgue à droite, de biais, et placé le pasteur au centre ; dans l’autre, déplacé le bel autel de pierre Louis XV vers le fond du chœur, et placé un pupitre au centre pour le pasteur. Celui-ci est mis en vedette (étymologie : en avant, bien en vue et voyant bien), l’autel est relégué, ainsi que sa signification.

 

 

 

2.   Le Psaume du dimanche et son répons

 

        Le Psaume est actuellement le parent pauvre des cultes français, à la fois chez les réformés et chez les luthériens. Or il est la base d’entrée du culte chrétien, car il reprend la louange de Dieu dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau, puisque les chrétiens l’ont employé dans cette fonction. L’emploi du Psaume a donc un fondement dogmatique, car il affirme que le Dieu de l’Ancienne alliance et celui de la nouvelle est le même.

 

        Chez les réformés, le Psaume est le chant d’entrée après la salutation. Cela remonte à Calvin, qui avait éliminé tout autre chant que le Psaume, sous prétexte que l’Eglise primitive qu’il voulait ressusciter ne chantait rien d’autre. A partir du début du 19e siècle, après la Révolution et l’Empire, la suprématie du Psaume et du Psautier, appelé « Psaumes de David », a disparu, qui faisait chanter 4 extraits de Psaume au culte, selon le modèle de la Tablature des Psaumes de 1562 à Genève. On a voulu chanter aussi des cantiques, d’où, à partir de 1820, les nouveaux Recueils sont appelés « Psaumes et cantiques. » Dans cette conception, les Psaumes, réduits à la moitié de leur nombre et très amputés dans leur texte, restent placés en premier, ce qui signifie qu’ils resteront les chants d’entrée du culte. Tous les recueils réformés jusqu’à Alléluia ont gardé la même disposition. Mais cette règle du Psaume d’entrée n’est plus respectée dans beaucoup de paroisses. En sorte que dans certains cultes et certaines paroisses, les Psaumes disparaissent de l’usage habituel.

 

 

Position debout pour chanter

 

        Chez les luthériens, le Psaume est le début même du culte, selon la tradition conservée durant le Moyen Age et gardée par Luther. Il se prononce debout. Depuis, on le fait précéder d’un cantique d’entrée, mais ceci n’est pas nécessaire.

 

        D’autre part, le Psaume alterné, qui pourrait rétablir la prière du Psaume, n’est presque pas pratiqué. Les manuels en usage, comme NCTC ou ARC, ne sont pas équipés des textes adéquats. Alléluia, qui donne une vingtaine de Psaumes alternés, ne dit pas à quel dimanche ils sont destinés. Par exemple, on n’apprend pas que le Psaume 118 I  est destiné à Pâques et le 118 II à la Pentecôte. Cela montre bien la désaffection du Psaume dans le culte protestant et l’incompréhension de son emploi.

 

        Chez les luthériens, le Psaume a deux formes : la forme chantée de cantique rimé, et la forme dite de Psaume antiphoné après la salutation. Les Psaumes en forme strophique sont très nombreux (plus de 600 textes en allemand, contre 150 du Psautier français, desquels seule la moitié est employée.) Ils sont chantés à tout endroit du culte. En revanche, le Psaume antiphoné est placé au début du culte. Mais on peut introduire un Psaume alterné comme graduel ou comme sortie du culte.

 

 

 

C’est pour cela que les réformés chantent debout.

 

        Initialement, le culte réformé de 1562 comptait quatre fragments de Psaume, qui sont des unités de chant de 4 à 5 strophes en moyenne. Les 150 Psaumes étaient découpés en 300 unités de chant, réparties sur 25 semaines, soit un semestre. Deux fois 25 dimanches font 50, auxquels on ajoute 2 cultes particuliers, Pâques et Pentecôte, ce qui fait 52. Ce système est purement mathématique, étant détaché de toute année ecclésiastique, que Calvin avait supprimée.

 

        Calvin, qui a supprimé la messe romaine, a gardé la position debout pour le Psaume, car elle remonte au Temple, à la synagogue et à l’Eglise primitive. Quand les Psaumes ont été partiellement ou totalement éliminés, on a continué de se lever pour le chant (ce n’est pas parce qu’on chanterait mieux debout, légende récurrente ! Les luthériens chantent très bien assis. Tout est question de savoir chanter et de chanter bien au culte.)

Constitution du Psaume alterné :

 

        Le Psaume antiphoné est constitué de 4 parties : l’antienne (ou antiphone) dite par tous + le texte du psaume alterné entre l’officiant et l’assemblée + l’antienne reprise par tous + le Gloria Patri, dit ou chanté par tous. On peut reprendre l’antienne après le Gloria, selon la manière de la iturgie des heures. L’antienne est une phrase extraite du Psaume du jour ou d’un autre ou même d’un texte biblique non psalmique. Elle est dite par tous. Elle précède et suit le texte alterné. Le Gloria Patri = « Gloire soit au Père, gloire au Fils,… » achève le texte par la doxologie trinitaire.

 

        De ce fait, l’ordre du Psaume alterné complet est le suivant :

 

                                     Antienne             dite par tous

                                     Texte                  dit en alternance officiant/assemblée

                                     Antienne             dite par tous

                                     Gloria Patri         dit ou chanté par tous

                                     (Antienne, qu’on peut reprendre ici)

 

 

EXEMPLE DE PSAUME ANTIPHONE

 

 

        Voici l’exemple du Psaume du dimanche de la Transfiguration

 

 

PSAUME  18  Epiphanie, 6e dimanche, La Tranfiguration du Seigneur

 

          Premier Psaume  (pas de deuxième Psaume pour ce dimanche)

 

 

 

                           PSAUME 97 / 1-4 + 9 + 10-12               Trad Segond 1949 

                                                                                                 modifiée   

 

 

Antienne 1 :  Habacuc 3/4 :   La gloire de Dieu est comme l’éclat de la

                                              lumière : des rayons  partent de sa main.

                                              Là réside sa force.

Antienne 2 :  Psaume 97/9 :  Dieu est le Seigneur, le Très-haut, sur toute

                                              la terre, souverainement élevé par dessus

                                              tous les dieux.

Antienne 3 :  II Corinth. 4/6 : Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein

                                              des ténèbres, a fait briller la lumière

                                              dans nos cœurs.

 

Ant 1     La gloire de Dieu est comme l’éclat de la lumière :

              des rayons partent de sa main. Là réside sa force.

                                             

1    I   L’Eternel règne, terre réjouis-toi,

      II  Iles nombreuses, soyez en fête !

2    I   Les nuages et l’orage l’entourent,

      II  La justice et le jugement sont le socle de son trône.

3    I   Le feu marche devant lui,

      II  Et dévore alentour ses adversaires.

4    I   Les montagnes fondent comme la cire devant l’Eternel,

      II  Devant le Seigneur de toute la terre.

9    I   Car lui, il est le Seigneur, le Très-haut sur toute la terre,

      II  Souverainement élevé par-dessus tous les dieux.

 

Ant 1     La gloire de Dieu est comme l’éclat de la lumière :

              des rayons partent de sa main. Là réside sa force.

 

10  I   Vous qui aimez l’Eternel,

      II  Haïssez le mal !

      I   Dieu garde la vie de ses fidèles,

      II  Il les délivre de la main des méchants.   

11  I   La lumière est semée pour les justes,

      II  Et la joie pour les cœurs droits.

12  I  Justes, réjouissez-vous en l’Eternel,

      II  Et par vos louanges, célébrez sa sainteté !

 

Ant 1     La gloire de Dieu est comme l’éclat de la lumière :

              des rayons  partent de sa main. Là réside sa force.

 

Chanté ou dit : Gloire soit au Père, gloire au Fils, Gloire au Saint-Esprit,

comme au commencement, maintenant, toujours,

et d’éternité en éternité. Amen.

 

Ant 1     La gloire de Dieu est comme l’éclat de la lumière :

              des rayons partent de sa main. Là réside sa force.

 

 

        Le Gloria Patri a une longue carrière. Il remonte au Concile de Nicée-Constantinople en 381, qui voulait intégrer la louange vétérotestamentaire, destinée au Dieu unique juif, en l’occurrence Iahvé, dans la louange chrétienne, rappelant que cette louange devient celle, trinitaire, du Père déjà présent., du Fils annoncé, et du Saint-Esprit, tous trois présents et actifs dans l’Ancienne alliance. Le chant du Gloria est donc important, car il met le Psaume, ainsi que les fidèles, dans la bonne perspective trinitaire de l’Eglise.   

 

 

Où trouver les Psaumes antiphonés pour chaque semaine de l’année ?

 

        En dehors des livres cités, ils se trouvent sur mon site www.chants-protestants.com, sous « Liturgie du culte » rubrique : Psaumes antiphonés.

 

 

Autres emploi des Psaumes

 

        Le Psaume antiphoné peut-être pratiqué à d’autres moments du culte. Comme graduel entre les lectures. Là la forme dite responsorium sera privilégiée. (voir sur mon site www.chants-protestants.com : Liturgie du culte, responsorium). Aussi comme action de grâce dans la Sainte Cène, ou après celle-ci sous la forme du Cantique de Siméon. Ou comme Psaume de sortie, avant le chant de sortie propre. L’important est d’avoir les textes à la main. En cela, Alléluia, malgré ses limites, peut servir. Il est utile d’imprimer une collection de Psaumes alternés qu’on laisse dans l’Eglise, pour qu’ils resservent.

 

        Pour cette adoration antiphonée, le pasteur est dans l’axe de l’autel, et l’assemblée aussi, afin que la louange aille directement vers Dieu. Cette louange se fait debout, car on est dans cette attitude devant Dieu.

 

 

 

3.  La confession des péchés et les paroles de grâce et leurs répons

 

        Après la salutation et la glorification de l’entrée viennent la repentance et la grâce.

 

        L’un des problèmes de beaucoup de pasteurs et officiants est qu’ils ont peur de parler du péché, comme si cela était une tare. Le psychologisme, qui est une mode actuelle, est passé par là, avec sa manie de la culpabilisation et de la déculpabilisation : il ne faut pas culpabiliser le fidèle. Or tout homme est par nature pécheur, il n’a pas à l’ignorer, et il est enclin au mal, ce qui est naturel. Le péché est un état normal du chrétien, appelé « péché originel ». L’important est de le reconnaître et de le confesser, pour que Dieu nous pardonne. D’une part, le péché, nous reste « collé à la peau », par nature, d’autre part, par la déclaration de pardon pour le mal que nous faisons il nous est enlevé. Nous sommes des pécheurs pardonnés, « toujours pécheurs, toujours pénitents, toujours justes », selon la célèbre phrase de Luther.

 

        Il faut donc le dire clairement : « Seigneur, notre Dieu, nous venons à toi parce que nous sommes des pécheurs, nous nous repentons et demandons ton pardon. » Ce contenu doit figurer sous la forme qu’on voudra et avec toutes les variantes possibles dans la confession des péchés. Or plus d’une fois celle-ci devient une méditation plus ou moins floue de nos imperfections, de nos insuffisances et même de nos peurs, qui ne sont aucunement des péchés mais des faiblesses humaines. Ou la lecture d’un texte plus ou moins fumeux. L’affirmation du péché doit être claire, pour que le fidèle s’y retrouve. Et pour que le pardon qu’il reçoit corresponde à quelque chose de réel en lui. Il pourra ainsi en libérer sa vie, et chasser toute culpabilisation.

 

        C’est pourquoi la parole de grâce aussi doit être clairement exprimée. Comme son nom l’indique, elle est une parole extraite de la Bible qui nous dit que Dieu pardonne au cœur repentant. Il faut donc l’introduire correctement et l’encadrer avec clarté : « Ecoutez les paroles de la grâce, que le Seigneur nous (vous) adresse : (citation du texte biblique.) « A tous ceux qui se repentent et qui regrettent leurs péchés, j’assure ici (en tant que ministre ordonné de l’Eglise) le pardon (l’absolution) de leurs péchés. Car le Seigneur dit : « Venez à moi, vous qui êtes fatigués et chargés, je vous donnerai du repos. » Que cette parole du Seigneur Jésus, vous donne l’assurance de votre pardon, qu’elle vous console et vous fortifie pour votre vie à venir. Amen. » 

 

         Ici, la même remarque que pour la confession des péchés : rester biblique et dans l’axe de l’évangile du salut, et abandonner les citations de tel ou tel auteur qui souvent n’intéressent personne.

 

         Les répons à ces deux parties sont dès la Réforme chez les luthériens le Kyrie et le Gloria in excelsis. Ces deux pièces, dans la messe dès l’Antiquité, suivaient initialement le Psaume d’entrée, comme 2 chants de louange successifs. En effet, le confiteor (confession des péchés et pardon) était placé en avant du culte, avant le Psaume, et formait une introduction ( parfois dehors, devant l’église, avant l’entrée de l’assemblée dans celle-ci). On dit que Martin Bucer a fait entrer le confiteor dans le corps du culte, en plaçant la confession avant le Kyrie et les paroles de grâce avant le Gloria in excelsis, transformant ces deux chants en des répons. Quoiqu’il en soit, si la succession « Confession des péchés – Kyrie – Paroles de grâce – Gloria in excelsis » est bien structurée, elle a de l’ampleur et de la solennité. Le Kyrie et le Gloria ont de nombreuses variantes qui permettent de changer durant l’année. Malheureusement, les livres français actuels sont fort pauvres et font croire à l’ennui répétitif des mêmes formules, ce qui est évité par l’emploi des variantes mélodiques. 

 

        Il est possible d’employer des paroles de Psaumes pour répons, ce qui est une tradition réformée : Il faut les chercher dans l’ancien Recueil Louange et Prière de 1938-64, dans lequel la suite normale des pièces est indiquée. Pour la confession : « Seigneur, du fond de ma misère » LP 506, « Mon Dieu, je n’espère qu’en toi » LP 508. Pour les paroles de grâce : « Oh ! qu’heureux est celui » LP 511, « Dieu tout-puissant dont la grâce m’accorde » LP 512. Des fragments de cette liturgie psalmique ont survécu dans les recueils et l’usage actuel, mais en désordre.

 

        Si on emploie cette liturgie réformée, il faut la conserver intacte, parce qu’elle est psalmique et forme une unité de sens et de style. Il ne faut pas y mélanger des fragments de la liturgie luthérienne, ou encore des morceaux de cantiques.

 

Spontanéité des répons

Position de l’officiant

Position de l’Assemblée

 

        Les répons sont par définition spontanés. Le mot « répons » provient du latin « responsio », réponse du peuple aux paroles de l’officiant. Responsio suppose qu’officiants et fidèles connaissent les parties du culte et que la réponse de ces derniers est évidemment directe, d’est-à-dire « spontanée.»

 

        Or combien de fois voit-on et entend-on le pasteur dire : «  Nous chantons du spontané x ou y », et lire encore le début de ce répons : « Gloire soit au Père, gloire au Fils, Gloire et Saint-Esprit », et l’assemblée, enfin libérée de cette pénible tutelle, chanter sans spontanéité ni fraîcheur la pièce annoncée ?

 

        On retrouve ici aussi ce cléricalisme qui fait penser que les gens ne savent pas et qu’il faut tout leur dire. En fait, le pasteur, en refusant les ordres de culte classiques que les paroissiens connaissent, perturbe les choses : les fidèles, ne sachant pas quoi faire, attendent de recevoir l’ordre de faire quelque chose.

 

       L’autre malheur est qu’en supprimant les formes connues et en faisant chanter n’importe quoi et l’hétéroclite, on amène les fidèles à ne rien connaître correctement, et aussi à ne pas comprendre le sens de ce qu’il chantent. Exemple vécu : faire chanter après la confession des péchés : « Bénissez le Seigneur » est in-sensé, le problème ici n’est pas de bénir Dieu, mais de demander pardon.

 

       Dire que les liturgies classiques sont monotones est carrément faux. Car ces liturgies classiques sont arrêtées sur l’année de l’Eglise et contiennent des foules de variantes de mélodies et de textes. A chaque temps de l’année ecclésiastique on change les mélodies, alors que les textes fondamentaux ne changent pas. Dans d’autres cas, à chaque temps les textes et avec eux les mélodies des graduels changent. Pour chaque pièce, il y des variantes musicales. De même, selon le temps, des chants propres prennent leur place à divers endroits. Dans les paroisses que j’ai connues, les textes de chaque temps changeaient pour le graduel, et les mélodies des pièces inamovibles changeaient ; il existe ainsi quantité de Glorias, de Kyrie, etc…De cette façon, à chaque dimanche quelque chose change et pourtant la structure générale reste. Autrement dit, le cadre ne bouge pas, mais chaque dimanche est différents à cause les changements particuliers. Le problème d’aujourd’hui, c’est que toutes ces pièces permettant la variété ont disparu des recueils de cantiques et des liturgies employés, ou bien sont présentées en désordre sans indication d’emploi.

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4.  La prière de collecte et d’illumination

Salutation

 

          Après le Gloria in excelsis, on passe à la deuxième partie du culte : la « messe des fidèles. » Avec cette partie, les catéchumènes qui étaient présents depuis le début à la « messe des catéchumènes », devenaient des « auditeurs », qui ne participaient pas à Cène. Ce mot a survécu pour désigner la première année du catéchisme.

 

          Pour introduire cette nouvelle partie, l’officiant monte à l’autel. Auparavant, l’officiant n’était pas à l’autel, mais devant celui-ci, pour le confiteor et le Psaume. Maintenant, il monte vers Dieu, comme tous les prophètes et rois l’ont fait, comme Jésus aussi pour prier, à Jérusalem au Temple, ou sur une montagne. De derrière l’autel cette fois, il salue le peuple par « Le Seigneur est/soit avec vous ! », dit ou chanté, par-dessus l’autel, pour englober dans sa bénédiction les 3 personnes divines. Dans la forme, le « Seigneur qui est avec nous » est Jésus, présent jusqu’à la fin du monde. Mais le Père et le Fils étant aussi Seigneurs, la formule englobe les 3 personnes. Le geste du pasteur est d’écarter ses bras à l’horizontale pour saluer l’assemblée.

 

        La réponse de l’Assemblée est : « et avec ton esprit », c’est-à-dire : et aussi avec toi et ton esprit, afin que tu présides bien ce culte. La réponse peut être dite ou chantée.

 

Les deux prières qui suivent sont de nature différente :

 

La collecte est la « prière de l’Eglise », qui achevait les prières personnelles des fidèles. Ces prières se plaçaient au départ après le psaume d’entrée, puis après la pénitence (Confession des péchés – Kyrie – Paroles de grâce – Gloria in excelsis). Là se plaçaient d’abord les prières personnelles, qui duraient un certain temps, silencieuses ou à haute voix. Pour achever cette partie, le prêtre ou l’officiant commençait à chanter, et quand les fidèles entendaient ce chant, ils cessaient leurs prières et entraient dans celle du prêtre en chantant avec lui « par Jésus-Christ, notre Seigneur, qui avec toi et le saint-Esprit, vit et règne, un seul Dieu, aux siècles des siècles. » Et là un puissant Amen concluait les prières du peuple et du prêtre. Cette prière « collectait » les prières de tous. L’habitude des prières individuelles s’est perdue chez nous (en Roumanie elle est toujours pratiquée), mais l’habitude de l’Amen commun s’est conservée. Malheureusement, cette prière de collecte se perd de plus en plus. La faute en est au cléricalisme des pasteurs, qui croient qu’ils font eux le culte, au lieu de faire le culte de l’assemblée. Ils disent donc l’Amen, au lieu de le « laisser au peuple » comme dit la formule classique. De fait, on enlève à la communauté son droit d’expression. Le clerc triomphe, ce qui est un des maux du protestantisme.

 

        La collecte se prie à l’autel, qui représente la présence de Dieu, du Christ et du Saint-Esprit dans le bâtiment et au milieu de la communauté. Un autel servant à faire des offrandes, la collecte est considérée comme une offrande des lèvres et du cœur. De ce fait, le pasteur se place derrière l’autel, au milieu de celui-ci, face au peuple. L’autel est donc au centre de la communauté, comme les trois personnes divines, auxquelles l’officiant et l’assemblée offrent leur prière. Pour symboliser cette destination à Dieu et cette offrande, l’officiant élève les bras écartés vers le ciel.

 

        Bien entendu, il y a l’opinion qui veut qu’on prie au pupitre, ce qui est devenu courant, car nos cultes sont devenus des lectures de textes, dont il faut poser les livres ou les classeurs quelque part pour avoir les mains libres. Pour les mêmes raisons, beaucoup de pasteurs ne disposent pas de pupitre : ils restent rivés derrière l’autel qu’ils transforment en pupitre de lecture, et d’où ils font aussi les lectures bibliques, quand ce n’est pas la prédication, ce que j’ai vu. De même, certains « font » l’ensemble du  culte depuis le pupitre. Or ce n’est pas la fonction du pupitre d’accueillir la prière : il est là pour les lectures. Les anciens n’avaient d’autre livre que la Bible, posée sur le pupitre, le reste était fait directement sans livre, ou plus tard, avec des « Agendes », depuis le devant de l’autel. On retombe dans l’ancien travers de certains cultes réformés, dans lesquels le pasteur montait sur la chaire au début du culte et n’en redescendait qu’à la fin. Le culte devenait une lecture continue à écouter par le fidèle, toute action liturgique en avait disparu.

 

 

        La prière d’illumination ne vise pas le culte mais seulement la lecture biblique. On demande à Dieu d’éclairer la lecture et l’écoute de la parole. En soi l’idée est bonne. Mais il faut savoir que Calvin, qui a détruit toute la liturgie de la messe et l’a remplacée par un culte prétendument biblique selon l’Eglise primitive, a éliminé la collecte, née dans l Antiquité, et l’a remplacée par une prière visant les lectures. Or la collecte vise l’ensemble du culte et change avec l’année de l’Eglise. Chaque dimanche a sa collecte propre, avec ses variantes selon le dimanche célébré, mais le thème différent de chaque dimanche est présent. Avec l’illumination point. C’est la répétition toute l’année du même thème : « Ouvre nos oreilles pour que nous entendions ta parole et la pratiquions. »

 

        L’illumination est donc fondamentalement pauvre en comparaison de la collecte et me semble être un des points faibles dans la célébration du culte protestant actuel. Car elle envahit tout le domaine protestant et aussi l’Eglise luthérienne, et se substitue dans beaucoup de paroisses à la collecte, puisque la plupart des pasteurs ne font pas la différence, ne la connaissant pas. Du coup, la prière du culte est fortement dévalorisée, l’assemblée reste assise, alors que pour s’adresser à Dieu elle se lève évidemment.

 

        Il faut se souvenir que dans le culte il n’y a que deux prières, la collecte et la prière universelle, qui demandent quelque chose à Dieu. La collecte est une demande pour nous dans l’Eglise, et l’universelle est une prière pour l’Eglise et le monde. La confession des péchés et le Psaume ne sont pas des « prières » dans ce sens de base. Ils sont, l’une une demande de pardon des péchés, l’autre une adoration. Dans la liturgie réformée, l’assemblée se lève pour la prière d’intercession, qui est la seule « oraison » du culte réformé. Dans le culte luthérien, il y 2 vraies prières, la collecte et l’intercession, pour lesquelles on se lève. C’est pourquoi je dis que l’illumination est pauvre, car elle n’est qu’une prière accessoire pour les lectures, mais pas la prière du culte et du peuple de Dieu   

 

        La prière d’illumination, qui vise les lectures seules, se fait au pupitre, puisque la Bible est posée dessus et qu’on va incessamment la lire. Dans le sens de préparation à la lecture, l’illumination existe aussi chez les luthériens, chez lesquels elle se fait souvent sur la chaire, avant la lecture du texte de prédication.

 

 

Position de l’officiant :     pour la collecte, derrière l’autel, qui se trouve entre l’officiant

                                            et le peuple. L’assemblée chante l’Amen final.

                                            pour l’illumination : au pupitre des lectures, avant celles-ci

Position de l’Assemblée : chez les luthériens, debout

                                            chez les réformés : assis

 

        Pourquoi assis ? Parce que la prière d’illumination n’est pas une « prière », au sens de « l’oraison », prière du peuple. Elle ne vise que la lecture et l’ouverture de notre oreille et cœur. La collecte nécessite d’être debout, car la paroisse s’adresse directement et solennellement à Dieu comme à son Seigneur.

 

 

5.  Mot d’ordre et lectures bibliques, graduels

 

Après la glorification d’entrée avec le Psaume, et la partie pénitentielle, et après la prière d’entrée, collecte ou illumination, le prochain ensemble est le bloc des lectures.

 

Mot d’ordre 

 

        Il réunit l’intention du jour, c’est-à-dire le thème du dimanche, et il introduit aux lectures, dont il forme souvent un résumé préliminaire. C’est ainsi qu’on le trouve dans tous les lectionnaires anciens. Il doit être proclamé solennellement, et achevé par un Amen.

 

        Quand il suit la collecte, il est dit et entendu debout immédiatement après celle-ci. Après quoi l’assemblée s’assied pour la lecture de l’épître. Quand il suit l’illumination, il est entendu assis.

 

        Certains confondent le mot d’ordre avec le votum d’entrée et le placent au début du culte ; ou avec le mot d’envoi, et le mettent avant la sortie du culte. Ces positions sont inadéquates : au début du culte, le fidèle ne sait pas encore vers quoi on va. A la fin du culte, son annonce est dépassée et n’est qu’un mot de sortie.

 

Position de l’officiant : derrière l’autel :   l’assemblée est debout après la collecte,

                                                                       puis s’assied pour l’épître

 

La succession des lectures au pupitre : A.T ; Epître ; Evangiles

 

        La Bible n’est pas classée dans l’ordre chronologique des textes, mais répartie selon la Trinité : l’A.T. pour la parole du Père, les 4 évangiles pour celle du Fils, les Epîtres pour celle du Saint-Esprit. Pour couvrir l’ensemble des paroles de chaque personne de la Trinité, l’usage est de lire un extrait de chaque partie, selon un plan de lectures qui remonte à l’Antiquité, qui est devenu en Occident le « Plan latin occidental », d’où les 3 lectures.

 

       Ce plan concorde avec l’Année de l’Eglise. Il a été conservé par les catholiques (avec un certain nombre de changements malheureux, en France notamment) et les luthériens. Les réformés, qui avaient supprimé l’Année de l’Eglise avec Calvin, ont depuis reconstitué un plan inspiré de la liturgie luthérienne, mais dans un système bâtard et pas précis. Les Eglises Réformée et luthérienne de France ayant détruit leur plan de lectures bibliques, ont adopté celui de l’Eglise romaine, qui ne correspond plus à l’ordre protestant de l’année. D’où un réel désordre, appelé par quelques bons esprits « variété protestante », terme qui masque cette situation.

 

        Les 3 lectures se succèdent au culte, non dans l’ordre trinitaire signalé, mais dans l’ordre historique de leur apparition dans l’Eglise primitive. D’abord l’A.T., directement hérité des juifs, puis les épîtres des apôtres, dont beaucoup sont plus anciennes que les évangiles, par exemple le corpus paulinien. En 3e, les évangiles, nés après l’an 70.

 

Position du lecteur : au pupitre. Les lectures ne se font pas depuis l’autel ou la table de

                                                       communion, qui sont prévus pour les prières et la

                                                       Sainte Cène

 

L’Ancien Testament

 

        Cette lecture montre comment l’ancienne alliance prépare la nouvelle. C’est une forme de typologie. Quand les trois textes : A.T., Ep. Et Ev. , sont bien harmonisés entre eux, ils forment un bel ensemble très parlant. C’est un point à considérer : il arrive que la lecture d’A.T. (ou l’épître) soit mal harmonisée. Cela provient dans certaines listes, de la survivance des 2 thèmes différents sur le même dimanche : on a gardé une lecture du thème 1 et une autre du thème 2, qui ne vont pas bien ensemble. Il faut alors changer la lecture. Les « Listes homilétiques des séries I à VI » donnent les textes variants. Ces listes existent dans les livres allemands tels le « Gottesdienstbuch – Livre pour le culte », ou le « Pfarrerkalender – Agenda pastoral. » On peut les trouver sur l’Internet sous « Sonntagsperikopen der EKD – Pèricopes des dimanches de l’Eglise protestante en Allemagne. »

 

Position du lecteur :          debout

Position de l’assemblée :  assis

 

L’épître

 

        Elle est la parole d’un apôtre, et exprime l’œuvre du Sain-Esprit dans l’Eglise. Les Epîtres vont des Actes des Apôtres à l’Apocalypse, (Philémon, II Jean et III Jean, et Jude, ne sont pas employées traditionnellement.) L’épître est lue avant l’Evangile, car historiquement on sait que celles-ci étaient lues au culte au temps de St Paul, mort en 54, alors que le plus ancien Evangile, celui de Marc, remonte au début des années 70. 

 

        L’épître s’écoute assis, car elle est parole d’homme et forme un enseignement. Anciennement, maître et élèves étaient assis pour l’enseignement. (L’Islam, qui s’est inspiré des liturgies chrétiennes de l’époque, a conservé cette façon d’enseigner : le commentateur et l’assemblée sont assis.)  

 

Position du lecteur :          debout

Position de l’assemblée :  assis

 

L’évangile

 

Position du lecteur :          debout

Position de l’assemblée :   debout

 

        On a longtemps chanté l’Alléluia de l’Evangile comme répons à l’épître, ce qui erroné, car l’Alléluia prépare la lecture de l’Evangile. L’épître n’a pas de répons propre. De plus en plus, on associe l’Alléluia à l’évangile et on tend à dire : « Acclamons le Christ, parole de Dieu. » Les catholiques le font depuis longtemps. Mais il n’est pas nécessaire de pratiquer leur théâtrale entrée de la Bible dans le culte, présentée comme une idole. La Bible n’est jamais qu’un tas de feuilles de papier reliées, elle contient la Parole de Dieu et du Christ, mais le livre n’est pas la parole. Ce qui n’interdit pas d’avoir une belle Bible sur le pupitre plutôt qu’un bouquin misérable et partiellement abîmé.

 

        Ceci dit, il faudrait revenir à une lecture plus solennelle de la Parole de Dieu, souvent bâclée et mal lue par des pasteurs ou des lecteurs bredouillants. Il n’est pas normal que le texte de la Parole soit ainsi jeté sans considération à la tête des gens. Il faut apprendre à lire clairement en public, c’est tout un art. Il faut le faire pour les pasteurs autant que pour les laïcs. Anciennement, on chantait le texte, ce qui est assez facile à faire avec un peu d’exercice. Cela obligeait à moduler le son et à bien distinguer les syllabes. Cette cantilation peut se faire en groupes, auxquels on l’apprend et qui s’y exercent, pour lire d’autant mieux la Bible au culte. C’est un exercice que je recommande vivement, l’ayant pratiqué avec beaucoup de profit.

 

        L’Evangile étant la parole du Christ, Chef de l’Eglise, se dit et s’écoute debout, puisque le chef parle. C’est une tradition qui remonte à l’Antiquité et qui plonge ses sources dans les rituels des peuples anciens, païens également. On est debout devant le Dieu, quand on paraît ou quand on l’écoute, par respect pour lui. Les luthériens se placent en héritiers de cet ancien point de vue : la parole est « présentée » et proclamée par un lecteur qui fait fonction de « prophète » (celui qui parle devant quelqu’un et pour lui.) Les réformés ont supprimé la « présentation », comme dans la Cène. L’évangile est donc lu plutôt pour l’instruction et l’information du fidèle, et celui-ci peut l’écouter assis.

 

        Après l’évangile, soit l’Alléluia est repris, soit est chanté le « Laus tibi, Christe –Louange à toi, Christ. » Celui-ci figure dans nos livres actuels sous la forme du « Louange à toi, ô Christ », qui dérive de l’allemand « Lob sei dir, o Christe », mais dans une forme absurde : on a voulu garder la mélodie allemande et plaquer dessus un texte français, carrément inchantable. Si on veut garder la mélodie allemande, il faut changer le texte et dire : « Louange à toi, Seigneur Jésus-Christ. » Cela va très bien, je l’ai souvent pratiqué.

 

        La meilleure forme est celle de Bersier 1892 Liturgie de l’Etoile, qu’on trouve dans LP 517, sur le texte : « Louange à toi, ô Christ », les notes étant : 4 fois  do bémol, une fois  si bécarre, une fois do bémol. Il est dommage que cette excellente forme, tirée d’un modèle grégorien, n’ait pas été reprise dans les livres ultérieurs.

 

Le graduel

 

        La suite de 3 lectures peut paraître longue. C’est ici que le graduel peut aider. Il s’agit d’un chant « des escaliers », chanté pendant que le lecteur montait du niveau du sol, où ont été lus l’A.T. et l’épître, à la chaire ou au jubé, situés en hauteur, ou encore à un pupitre surélevé, d’où sera lu l’évangile. Cette altitude montrait la dignité de l’évangile, considéré comme supérieur aux deux premières lectures. Pendant que le lecteur montait les escaliers, l’Assemblée chantait un « graduel », placé généralement entre l’épître et l’évangile, pour préparer ce dernier.

 

        Aujourd’hui, le graduel peut également se placer après l’Ancien Testament. Il est composé de chants courts, une à deux strophes d’ordinaire. Il est possible de détacher une ou deux strophes du début du chant avant la prédication, et de les placer en graduel entre l’épître et l’évangile. Ce chant peut encore encadrer l’évangile, car on peut chanter la suite après la lecture de celui-ci.

 

6.   CONFESSION DE FOI,

 AVANT OU APRES LA PREDICATION

 

        La confession de foi peut se placer avant ou après la prédication. La confession résume le contenu des 3 lectures bibliques, qui sont prises dans les trois parties de la Bible. C’est pour cela que le Crédo en grec de Rome vers 150 a été appelé « apostolique », parce qu’il résume l’enseignement des apôtres basé sur les 3 parties de la Bible.

 

        Soit on lit les 3 lectures et on les couronne par le Crédo, immédiatement. Soit on lit les 3 lectures, et on commente l’évangile, ce qui est la prédication, et on place, après ce commentaire, la Confession de foi, pour clore le bloc des lectures bibliques. Dans ces deux manières, le bloc des lectures devient le bloc central du culte de parole.

 

        La confession doit créer l’unité de l’Eglise. La formulation orthodoxe de Constantinople au Moyen-Age était : « Aimons-nous les uns les autres et d’un même cœur confessons notre foi. » L’accent est mis sur l’amour fraternel, et sur la vraie doctrine, « ortho-doxia », qui conduit à la vraie glorification, également « ortho-doxia ». Le mot « doxia » a le double sens d’enseignement, doctrine et de glorification. Le mot d’orthodoxie a ce double sens, employé par les orientaux, mais aussi par les protestants confessionnels.

 

        De ce fait, la confession doit être dite par tous, comme une offrande des lèvres, selon le vœu de Saint-Paul. Il lui faut aussi un texte qui puisse être dit ensemble, par cœur ou dans le recueil de cantiques ou sur une feuille. Nos livres français actuels sont très pauvres en textes. Seuls le Crédo apostolique et le Nicée-Constantinople s’y trouvent.

 

       De plus, dans ARC et ALLéluia, l’Apostolique a le texte du catéchisme de Calvin de 1542-45, qui n’est pas celui de la liturgie du même, de 1543. En effet, le Catéchisme répète « je crois » au 3e article : «  Je crois au Saint-Esprit, je crois à la sainte Eglise universelle. » Ce qui introduit 4 fois « je crois » dans un texte trinitaire, ce qui est théologiquement incorrect. Il faut supprimer le 2e « je crois » du 3e article, comme Calvin le fait au culte.[3]

De ce fait s’introduit dans le protestantisme français un désordre sur ce point : les uns disent le Credo sans la répétition, ce qui est original et juste, et les autres avec, ce qui ne l’est pas. Il faudrait qu’on revienne partout à la forme originale de la Confession de foi. Car celle-ci symbolise l’unité de l’Eglise.

 

        D’ailleurs le même problème se pose pour le Notre Père, pour lequel il y a 2 finales différentes : pour les catholiques, « Pour les siècles des siècles », pour les protestants « Aux siècles des siècles. » Comme NCTC, ARC et ALLéluia ont chaque imprimé le texte catholique, à chaque culte il y a le désordre à la finale du Notre Père. Nous en parlerons dans la suite de cet article . 

 

        Il faut aussi veiller à la correction théologique des textes. Souvent, des confessions « modernes » contiennent des propositions non chrétiennes, du type « amélioration du monde » ou «  fraternité de tous les hommes. » Ces thèses sont « rationalistes idéalistes », optimistes pour le monde et l’humanité, alors que le monde est appelé à être détruit et les hommes à « sortir de cette race pécheresse. » Ce qui n’interdit pas de travailler à l’amélioration d’un monde pécheur.

 

        A éviter, c’est-à-dire à bannir : « Je vous invite à vous lever pour vous associer à la confession de foi que je vais lire. » Le « Je » est haïssable ici ! Les paroissiens se sentent peu concernés par ces textes, qui sont souvent « idéologiques », et choisis par le pasteur sans concertation préalable. Le plus souvent ils ne sont pas imprimés pour les paroissiens, qui ne peuvent pas s’y associer en priant avec l’officiant, ensemble avec lui ou en alternance. Ils ne voient pas le sens de cet exercice, contraire à la théologie de la confession de foi.

 

Position de l’officiant :    derrière l’autel, la confession étant une offrande à Dieu pour sa

                                           gloire.

Position de l’assemblée : debout à l’honneur de Dieu

                                                                                                              Yves Kéler 31.12.2015

 

 

Pour ces questions concernant le culte, je renvoie à mon livre sur  le sujet

 

LE CULTE PROTESTANT

Yves Kéler

Eurocopie 2006, Strasboug

 


 

 

EXTRAIT DES « DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE », DNA,

 

concernant la lecture et la compréhension des textes bibliques

 

 

DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE

                          29.11.2015

 

COURRIER DES LECTEURS

 

 

Eglises et acoustique
Danielle Vincent.
Sainte-Marie-aux-Mines

« Il serait important que pen-
dant les offices l'assemblée
comprenne ce que dit le prêtre
.
Or dans la plupart des cas on ne
comprend pas grand-chose:
micros et haut-parleurs, souvent
mal réglés, provoquent des
échos assourdissants dans des
édifices qui n'ont pas été cons-

. truits pour cette technique
d'amplification de la voix
. À
l'époque il n'y avait pas de
haut-parleurs
: pourtant les
églises étaient remplies et on
comprenait chaque mot. Tout
simplement parce que l'orateur
montait en chaire et qu'il était
placé au-dessus de l'assemblée,
du côté latéral. [ ... ) Des scrupules
d'humilité ne doivent pas jouer
ici. Il faut que l'Évangile soit
annoncé et qu'il soit entendu .
.
Pour cela, il faudra changer les

 

habitudes. Pourquoi, simple-
ment ne pas remonter en chaire
alors qu'elles sont là, très belles
, .
judicieusement placées sur le
côté mais aujourd'hui vides?
» .

 

 

Églises et acoustique
(suite)

lean-Pierre Creutzmeyer.
Colmar, en réaction
à un
courrier paru le 29 novembre

« Dans les années 1950-1960, à
Notre-Dame de Paris, un prédi-
cateur, le Père Riquet, s'adres-
sait à une cathédrale comble
lors de ses célèbres sermons-
conférences de carême, sans
avoir à disposition une sono
techniquement aussi efficace
que celles dont disposent ac-
tuellement les prédicateurs
. Et
pourtant, du fond de la nef,
chacun pouvait non seulement
entendre mais aussi compren-
dre ce qui était dit. Cela ne tient
donc pas toujours à la sono!
J'accuse ici la qualité même des
orateurs
: leur diction, l'intelli-
gence de leur message et la

conviction de l'envoi.

Quand une assemblée entend le
message avec peine, et surtout
ne comprend rien de ce qui se
dit, elle somnole béatement. Il
n'y a qu
'à la voir dans la nef
pendant un de ces discours
soporifiques
. C'est un problème
récurrent: depuis longtemps
,
les nefs se vidaient pendant les
sermons ou pendant l'homélie,
car le message transmis mala-
droitement était d'une banalité
affligeante
. »

 

 

 

 

 

 

 

 


 

4 ANNEXES

 

 

 

  1. Un poème de Bernard Rodenstein, de la Fondation ESPOIR de Colmar, tout à fait d’actualité

 

  1. ARTICLE DE

 

Bertrand STRICKER, pasteur ECAAL retraité, Saverne

 

 

Il nous faut redécouvrir le sens et le rôle de la loi

 

 

3.    CULTES EN ALSACIEN AUTOUR DE STRASBOURG

 

 

4.    DOCUMENTS PEDAGOGIQUES D’YVES KELER

 

à céder

 

 

 

 


ANNEXE 1

 

Un poème de Bernard Rodenstein, de la Fondation ESPOIR de Colmar,

tout à fait d’actualité

 

 

  1. UNE JEUNE FEMME DE VINGT-CINQ ANS

 

Une jeune femme de 25 ans,

Portant dans son ventre un enfant, 

Enfant de l'amour et du désir,

Sous les briques vient de périr.

 

Son tort : s'être mariée de son plein gré

A l'homme qu'elle a librement rencontré

Et que sa famille a jugé par trop impur

Eux-mêmes se trouvant purs et durs.

 

Par «amour» pour leur enfant, leur parente,

Ils se sont ligués à pas moins de trente,

Munis de briques et de haine,

Pour vider le sang de ses veines.

 

Des monstres ? Des barbares ? Des fous,

Capables de porter de tels coups ?

En vérité des êtres ordinaires

Sous le coup d’une idéologie primaire,

 

Celle des religions totalitaires,

De l'adoration de dieux sanguinaires

Qui rien en dehors d'eux ne tolèrent.

Et tuent avec entrain qui n'obtempère.

 

Le désir de pureté,    

Objet de nombreuses piétés, 

Recèle en lui d'énormes cruautés,

Obstacles à la beauté de l'humanité,

 

Celle qui reconnaît humblement

Que s'aimer tendrement

Et en toute relativité,

Est le rempart de notre dignité.

 

 

Bernard Rodenstein, juin 2014 Espoir à Colmar

 

 

ANNEXE 2

 

ARTICLE DE Bertrand STRICKER,

 

pasteur ECAAL retraité, Saverne

 

 

Il nous faut redécouvrir le sens et le rôle de la loi

 

 

           

Redécouvrir le sens de la Loi

1.1.- Le constat fondamental :                                                                                

Nous nous interrogeons comment nous devons célébrer le 500ème  anniversaire de la Réforme. De nombreuses suggestions sont faites et de multiples projets qui ne manquent pas d’intérêt, s’élaborent. Mais avant toute chose n’est-il pas urgent que nous entendions d’une manière renouvelée l’affirmation centrale que Martin Luther énonce dans la première de ses 95 Thèses ?

« En disant « repentez-vous ! », notre Seigneur et Maître Jésus-Christ a voulu que notre vie entière fût repentance…Et cette repentance dure jusqu’à l’entrée du Royaume des Cieux ».

L’appel à la repentance est au cœur du message de Jean-Baptiste. Par elle Dieu lui a demandé de «  préparer le chemin du Seigneur ». Elle est au cœur du message de Jésus lui-même. Elle est la condition pour « entrer dans le Royaume de Dieu ». Sans la repentance nous ne pouvons saisir le prix de la grâce, nous en consoler et nous en réjouir. Cela ne signifie  pas que nous devons faire pression sur les fidèles pour qu’ils se repentent et se convertissent. Ce serait succomber à une certaine forme de moralisme et de légalisme, Ce serait céder à la tentation de faire de l’action psychologique et à la limite de manipuler nos auditeurs. Il s’agit bien plus de permettre à nos fidèles de redécouvrir le sens de la Loi, car c’est elle qui a pour effet de produire la repentance dans le cœur de l’homme. « Elle est le pédagogue qui mène à Christ »  nous dit l’apôtre Paul (Galates 3,24). Ce pédagogue nous ne savons plus l’écouter, ni le comprendre ou plus précisément nous ne savons pas traduire en termes actuels son enseignement. Au sein de l’Eglise la Loi est de nos jours trop souvent négligée ; elle est relativisée ; elle est oubliée et même ignorée.

En effet, l’apôtre Paul qui affirme d’une part dans l’épître aux Galates « C’est par la loi que je suis mort à la loi » (Galates 2,19), déclare d’autre part dans l’épitre aux Romains : « Ce n’ai connu le péché que par la loi » (Romains 7,7; cf. tout le passage sur le rôle de la loi aux versets 7 à 12 !) 

1.2.- Une évolution inquiétante de notre piété, de la pratique de notre foi :

1.2.1.- Dans nos Eglises Luthériennes, jusqu’au milieu du 20ième siècle, on est convaincu que toute Sainte-Cène devait être précédée  d’un temps de « préparation comportant un examen de conscience établi à partir du sommaire de la loi et reprenant chacun des commandements du Décalogue » (Liturgie de l’Eglise Evangélique Luthérienne de France 1965) ; cf. aussi la dernière liturgie publiée en allemand dans le cadre de notre Eglise d’Alsace et de Lorraine, celle de Karl Maurer où le « Beichtgottesdienst » a toute sa place. Mais, considérant qu’il était erroné et faussement culpabilisant d’associer aussi étroitement confession des péchés et Sainte-Cène, on a peu à peu renoncé à cette pratique et abandonné en fait toute forme de « culte de repentance » en tant que telle (« Beichtgottesdienst »)

2.2.2.- La repentance s’exprimait aussi par la manière dont était vécu et pratiqué le Vendredi-Saint. Pour les mêmes raisons que nous venons de citer, elle ne tient plus une place particulière dans nos cultes de ce jour tant au niveau de la liturgie que de la prédication.

2.2.3.- Le désir de donner la première place à Pâques, à l’affirmation de la résurrection (à l’instar d’une certaine théologie en vogue de nos jours !) a eu pour effet de minorer, voire de  négliger consciemment ou inconsciemment la célébration du Vendredi-Saint en tant que telle. Certes la résurrection est la pierre d’angle de notre foi. « Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine… », affirme l’apôtre Paul (1 Corinthiens 15,17), mais ce même apôtre  déclare aussi avec autant de force, comme nous l’avons déjà souligné: « Je n’ai connu le péché que par la loi » (Romains 7,7). « Aujourd’hui les gens veulent ressusciter sans mourir. Ce qui est une aberration par rapport à la foi chrétienne»  souligne à juste titre le pasteur Philipe Rousseaux.

N’oublions pas que Pâques a un double fondement :              

a) Pâques repose sur le témoignage des apôtres, sur la proclamation que « le Christ est ressuscité, qu’il est vraiment ressuscité ! Alléluia ! »

b) Pâques ne devient une réalité vivante dans le cœur du croyant que dans la mesure où par le Christ il meurt au péché et vit d’une vie nouvelle, donc dans la mesure où il vit dans un esprit de repentance et de foi au pardon.

Si l’Eglise n’appelle pas ses fidèles à cette repentance,  sa proclamation de la résurrection n’est qu’une vaine gesticulation incantatoire !

2.1.4.- A partir d’une certaine conception de la grâce nous avons refoulé toute idée d’un jugement et l’interprétation lénifiante actuelle de l’Apocalypse est stupéfiante ! Savons-nous encore dire le jugement que la Parole de Dieu prononce sur nos vies ?

2.2.5.- Il faut s’interroger sur la place que les dix commandements ont aujourd’hui dans notre enseignement catéchétique par rapport à l’importance que leur donnait Martin Luther aussi bien dans le Petit que dans le Grand Catéchisme, et également au regard de la pratique qui existait dans le cadre de nos catéchismes paroissiaux jusqu’à une date toute récente. Le pasteur consacrait jadis au minimum deux à trois leçons à l’explication de chaque commandement. Ces derniers temps la situation a encore empiré pour une simple raison d’ordre pratique : comme on n’arrive souvent à rassembler les enfants qu’une fois tous les 15 jours ou une fois par mois, il n’est plus possible, par manque de temps, de mener avec eux une réflexion approfondie sur chacun des commandements.

2.2.5.- Dans nos Eglises Protestantes il était également d’usage de prêcher sur les dix commandements. Martin Luther l’a fait très souvent. Dans notre Eglise cette pratique avait surtout sa place dans les services de préparation à la Saine-Cène et dans le cadre de  la « Christenlehre », ces cultes spéciaux qui avaient lieu tous les dimanches en tout début d’après-midi et auxquels tous les jeunes étaient tenus d’assister jusqu’à l’âge de 18 ou 21 ans ou même jusqu’au mariage. On sait aussi que les pasteurs qui furent à l’origine du Réveil Luthérien de la deuxième moitié du 19ième siècle prêchaient souvent sur les 10 commandements.

2.2.6. Il est caractéristique de cette évolution générale de notre piété qu’il existe par exemple beaucoup d’études et d’exégèse  du Notre Père, mais à ma connaissance il n’y a plus eu d’étude théologique et spirituelle des dix commandements en français depuis l’excellent livre d’Alphonse Maillot qui date de 1976 : « Le Décalogue, une morale pour notre temps » (un commentaire nullement moralisant contrairement à ce que le sous-titre peut laisser croire ,exemple flagrant de  l’évolution qui s’est faite  quant à notre compréhension de « la morale » et de la connotation négative qu’elle a prise !!) 

Il ne s’agit bien évidemment pas de restaurer ces pratiques anciennes que nous venons d’énumérer sous 2.2., mais de redonner dans notre vie ecclésiale toute sa place à la Loi sous une forme renouvelée.

 

3. Restaurer le sens de la Loi

3.1.  – Distinguer entre les valeurs chrétiennes et celles incarnées par les Droits de l’Homme. A écouter certains discours ou prises de positions de l’Eglise ou encore certaines prédications on a l’impression que la Loi au sens biblique du terme se réduit à l’observation de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.                                                         La Loi au sens biblique du terme est toute autre chose que cette charte diluée dans la généralité, abstraite et anonyme. Elle est une interpellation que Dieu m’adresse personnellement et à laquelle il me demande de répondre personnellement. Et par son contenu et ses exigences la Loi est plus et autre chose que les Droits de l’Homme. .

3.2.- Distinguer entre moralisme et une saine et juste affirmation de la Loi.  Il existe, en effet, aujourd’hui très souvent une regrettable confusion entre les deux et, de peur d’être taxés de « moralisateurs » nous évitons dans nos prédications de développer les exhortations éthiques contenues dans les textes scripturaires. On vide l’enfant avec le bain !

3.3.- Lever le malentendu que crée si facilement l’affirmation de « l’amour inconditionnel de Dieu ».  De nos jours cette expression fait florès dans nos prédications et il faut se demander si cette affirmation ne risque pas de devenir l’annonce d’un Evangile bien léger, bien « light et soft» comme on aime dire de nos jours ? N’y- a-t-il vraiment aucune condition à l‘amour de Dieu ? Ne donnons-nous pas l’impression qu’aux yeux de Dieu, comme on dit,  « tout le monde est beau et tout le monde est gentil » ? Non, il y a une condition  c’est tout simplement, en langage classique, la repentance et celle-ci doit s’exprimer de l’une ou l’autre manière dans nos sermons pour qu’ils soient l’annonce de l’Evangile dans sa plénitude.

3.4.- Reconnaître que la Loi est intrinsèquement bonne. Elle est « le bien et la vie» (Deutéronome 31,15-16) Elle est le chemin et la condition de la liberté…cf. le début des dix commandements : « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la demeure de l’esclavage » ! Certes nous pouvons en pervertir l’usage, en faire une observance hypocrite et asservissante, bref un usage légaliste et moralisateur.

3.4.- Retrouver l’émerveillement devant la beauté, la justesse et la vérité de la Loi tel qu’il s’exprime dans tant de psaumes de la Bible jusqu’à atteindre son summum dans les 176  versets du psaume 119 ! Où est ce désir, voire ce plaisir de « méditer la loi jour et nuit » qui s’exprime dans nombre de ces mêmes psaumes ? Ne voyons-nous donc plus, ne comprenons-nous plus combien la Loi est « sainte, juste et bonne » (Romains 7, 12) ? L’apôtre Paul aurait-il pu souligner davantage le rôle éminemment positif et essentiel de la loi dans la démarche chrétienne, loin de tout légalisme ? Nous, pasteurs, ne devons-nous pas nous laisser secouer par les interpellations véhémentes de Martin Luther dans son introduction au Grand Catéchisme, reprochant aux pasteurs de l’époque leur manque de zèle pour étudier et approfondir les commandements?

 3.5.- Redonner toute sa place à la Loi dans notre enseignement catéchétique.

Suite à la sécularisation il s’est opéré un divorce entre l’éthique chrétienne et les valeurs qui dominent notre société. Il suffit de se mettre à l’écoute des enfants fréquentant le catéchisme pour se rendre compte combien ils vivent aujourd’hui dans un milieu qui prône des valeurs se situant à cent lieues  de celles de la Bible. Ce constat d’une déchristianisation galopante, voire d’une paganisation de notre société, rend nécessaire de donner dans notre enseignement catéchétique toute sa place à la Loi comme pédagogue conduisant à Jésus-Christ et de ne pas conférer  à celle-ci qu’une fonction purement parénétique comme le préconisent d’éminents théologiens aujourd’hui. Plus précisément c’est tout l’Ancien Testament qui veut préparer nos cœurs à accueillir la personne du Christ.

3.5.- Discerner le rôle de la Loi pour la vie en société.

Tout le monde se désole que tant de nos jeunes n’aient plus de repères et que dans notre société il y a une perte du sens moral. Les psychologues et les psychanalystes nous expliquent que c’est « l’autorité de la loi » qui structure en nous ce que Freud appelle le « ça », ce chaos où bouillonnent nos pulsions, que c’est la Loi qui fait de nous des humains ! Il faut dès lors se poser la question : nous, chrétiens, ne sommes-nous plus conscients du cadeau si juste, si bon, si vital que Dieu nous fait par le don de la Loi, que c’est bien d’elle que le monde a besoin pour évoluer vers moins de violence, plus de justice, plus de démocratie et plus d’humanité ? La Loi ne sauve pas l’homme, elle ne le peut pas, mais  elle l’humanise! En ces temps où l’on constate une augmentation inquiétante des  incivilités, une déshumanisation grandissante de notre société, il nous faut redécouvrir la valeur sécurisante  de l‘interdit, le rôle structurant essentiel de l’autorité et de la Loi en vue d’un meilleur vivre ensemble en société  On ne peut que s’étonner que les Eglises demeurent si indifférentes au débat sur la réhabilitation de la morale à l’Ecole ! 

 Oui, je rêve d’une Eglise qui appelle à « une réforme deutéronomique » à l’instar de celle qui eut lieu en Israël du temps du roi Josias, une réforme qui permette au peuple de Dieu de redécouvrir le sens et la portée de la Loi, comme un chemin de vie et de liberté.

Je prie Dieu de nous donner un nouveau Martin Luther qui sache formuler pour notre temps, d’une manière simple et claire, les affirmations essentielles de la Loi.

« Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives…et que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse… (Deutéronome 30, 15-16).

 

 

 

 


ANNEXE 3

 

 

Annonce destinée aux paroisses d’Alsace, en particulier autour de Strasbourg

 

 

CORDIALE INVITATION à un des cultes en dialecte

Im Ràhme vun « A Friehjohr fer unseri Sproch »

 

Elsässichi Gottesdienscht 2016

 

 Pfàrrer Georges Bronnenkant

isch begleit vum Pianischt Georges Ernwein

 

 

Liturgie vum Archiprêtre Michel Wackenheim uf Texte vun André Weckmann

Ewersetzti Lieder, gedicht un kumponiert vum Pàschtor Jean Louis Decker

Botschàft un Gebeter in gereimte poetischi Versle un Liedle

Grosses Gemälde vum Bruemter Kunschtmoler Charles Goetz

 

Thema: Glauwe àn de gerollte Stein vorem Jesusgràb

             oder Kàmpf geje de Unsinn vum Sisyphstein

 

 

Dimanche 10 janvier  à 10hres: Eglise Protestante de BETSCHDORF

Samedi     16 janvier à 18h30 :  Crypte de la Cathédrale de Strasbourg

Dimanche 17 janvier à 10hres : Maison de Retraite BETHEL  

                                                               àOberhausbergen

Dimanche 31 janvier à 10h15 :  Eglise d’ECKWERSHEIM

Dimanche 7 février à 10hres :    Salle Paroissiale de PFULGRIESHEIM

Dimanche 21 février à 10hres :  Eglise Protestante de WOLFISHEIM

Dimanche 6 mars à 10hres :       Eglise Protestante de NEUHOF-

                                                              STOCKFELD

Dimanche 13 mars à 10hres :     Eglise d’ITTENHEIM

Dimanche 20 mars à 10hres :     Eglise Protestante de

                                                              SOUFFELWEYERSHEIM

Dimanche 17 avril à 10hres :     Eglise Protestante de

                                                             MITTELHAUSBERGEN

Ascension 5 mai 16 à 10hres:     Eglise Protest. du Château de BRUMATH

Dimanche 22 mai 16 à 10hres:   Eglise Protestante d’ECKBOLSHEIM

Dimanche 29 mai 16 à 10hres:   Eglise Protestante de HOERDT12 juin à Dimanche 12 juin 16 à 9h45:      Eglise Protestante de SOULTZ sous FORÊT

 

            Professeur de musique à la retraite, Georges ERNWEIN consacre une bonne partie de son temps à des activités musicales. Président de l’Association des Musiciens d’Alsace (A.M.A.), il est souvent sollicité comme organiste et pianiste accompagnateur pour des concerts au profit d’oeuvres humanitaires. Il est également organiste des paroisses protestantes de Wolfisheim et d’Eckbolsheim dont il dirige la chorale. Choriste dans les choeurs de Saint-Guillaume, il en assure parfois les répétitions en l’absence du chef.

 

            Sous la conduite de Georges Ernwein, je répète beaucoup les nouveaux solos que je chanterai par cœur pour mieux être à l’aise, proche  et convaincant.

n

Affectueusement. Georges Bronnenkant. Tel : 03.88.20.09.97

 

 


 

ANNEXE 4

 

ANNONCE,

 

 CONCERNANT LES PASTEURS ET CATECHETES EN ALSACE-LORRAINE

 

 

        Je dispose d’une vingtaine de classeurs plats et minces, type Leitz-Centra, comprenant des images et des photos de taille 21x29, parfois plus grandes, qui me servaient à la catéchèse. Ils m’évitaient de transporter des diapos et un projecteur, sinon encore un écran. Et le format du classeur permettait de le placer facilement dans mon sac. 

 

        Je cède ces classeurs gratuitement. Ils sont à la disposition de tous, et déposés à la Médiathèque Protestante, 1a, quai St-Thomas, 67481 STRASBOURG, tél : 03.88.25.90.15.


 

 

Chers collègues,

 

        tout d’abord je veux vous souhaiter une bonne année nouvelle. Je vous propose le cadre, béni, à vous de le remplir et de le laisser remplir par Dieu.

 

        Il y a eu une pause dans mes envois depuis l’été, due au fait de plusieurs tâches urgentes et chronophages, auxquelles j’ai donné la priorité. Je vous propose une réflexion sur l’exécution du culte, suite à ma constatation de nombreuses maladresses et même erreurs commises un peu partout. L’expérience, et aussi les connaissances, des anciens doivent servir aux plus jeunes. C’est donc avec un esprit de service dans la tâche commune que je vous adresse ces réflexions.

 

        Je me suis arrêté après la Confession de foi après l’évangile, et formé ainsi une 1ère partie. La 2e vous parviendra plus tard.

 

        Vous souhaitant bon succès dans votre travail, je vous prie d’agréer mes salutations fraternelles en Jésus-Christ.

 

Yves Kéler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 



[1] Un exemple. Le dimanche Oculi, 3e dans le carême, tire son nom de l’antienne du Psaume 25, psaume du jour : « Oculi mei semper ad Dominum – Mes yeux sont toujours vers le Seigneur. »

[2] L’une des meilleures Bibles de lecture et de prédication sur la chaire est la traduction de la Société biblique Genève 1979, qui est une révision de Segond. Elle est bien corrigée, claire et bien compréhensible, et conserve l’élégance du style de Segond. Il existe une édition en grand format, destinée à l’église.

[3] Dans le catéchisme de 1542, Calvin veut mettre en évidence le mauvais raccord entre « Credo in Spiritum Sanctum » et « sanctam catholicam ecclesiam », dû au fait que cette partie concernant l’Eglise, la communion des saints et la résurrection de la chair est un ajout ultérieur. Déjà dans l’Antiquité on a cherché à mieux raccorder les termes en insérant ici un « Credo in. » Mais cette correction n’a pas été retenue, dans l’expression liturgique de ce Credo, qui ne servait qu’au baptême et pas au culte, dans lequel était chanté le Credo de Nicée.

        Dans les formes originales des 2 Credo apostolique et nicéen, le mot « Credo », unique, est placé au début du 1er article et commande les deux autres articles. Ceux-ci sont raccordés au 1er article par un simple « et », qui signifie que la foi est « une » et que tous les éléments du texte ont la même valeur dogmatique. Plus tard seulement, dans les traductions en langues vulgaires, s’est installé un deuxième et un 3e « Je crois », au début de chaque article. Mais pas un quatrième. Ceci n’apparaît que dans des formes catéchétiques.

 

       Calvin introduit dans le culte le Crédo apostolique à la place du Nicéen (ce que Luther n’a pas fait), mais dans sa forme liturgique, sans la répétition pour l’Eglise. J’ai retrouvé la raison de l’emploi de la forme du Catéchisme chez les Réformés. Elle remonte à la fin du 19e s. , à l’époque où les Réformés ont réintroduit le Crédo dans le culte duquel il avait disparu. Il apparaît pour la première fois en dans le « Recueil pour les Eglises réformées de France » de 1859. De là il est repris en 1895, puis en 1938 dans Louange et Prière, puis en 1979 dans NCTC et en 1989 dans Arc, et enfin ALLéluia en 2005. Toujours avec le même texte du Catéchisme de Calvin. Personne ne semble avoir remarqué le problème !  

 

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