« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


2ème Dimanche après l’Epiphanie

Le Christ, Prince de la joie

Dimanche 15 janvier 2006

1 Corinthiens 2/1-10

(Traduction Segond)

(Série de Prédication IV (Predigtreihe IV) : nouvelles épîtres)
 

 

Chers amis,

Nous avons sans doute tous l’Apôtre Paul en mémoire, comme le plus grand missionnaire de tous les temps. Il apporta l’Evangile de Jésus-Christ en Asie Mineure et en Europe, et notamment en Grèce dans la ville de Corinthe, où il fit un premier séjour d’environ un an et demi. S’il ne nous le disait pas lui-même, dans notre passage de sa lettre, nous ne pourrions certainement pas l’imaginer prêchant aux Corinthiens, dans un « état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement ». Mais cet aveu nous le rend encore plus sympathique. Car aujourd’hui encore beaucoup de prédicateurs se reconnaissent, eux aussi, dans ces difficultés rencontrées par l’Apôtre.

Comment se fait-il que l’annonce de la Parole de Dieu puisse mettre un prédicateur dans une telle situation de faiblesse et de souffrance ? Nous pensons sans doute : S’il est vraiment convaincu de l’utilité et de la vérité de son message, il doit lui être facile de l’annoncer avec joie, et non pas, avec crainte et tremblement. Mais l’Apôtre Paul ne manquait certainement pas de conviction personnelle. Sa rencontre, sur le chemin de Damas, avec Jésus-Christ ressuscité, a entraîné dans sa vie, un changement radical, une conversion irréversible et une vie nouvelle entièrement fidèle à Jésus-Christ.

Les difficultés viennent en vérité, du fait, que les attentes des Corinthiens sont totalement différentes du témoignage de Dieu, que Paul doit leur annoncer. « J’ai jugé bon, écrit-il de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » Mais les Corinthiens, eux, préféraient des discours logiques et des démonstrations intelligentes sur Dieu ou sur la Supériorité de l’enseignement de Jésus. Que pouvait bien leur apporter la prédication de la croix, qui est, « un scandale pour les juifs et une folie pour les grecs ? » Comme on peut rencontrer aujourd’hui, parfois des gens, qui accueillent volontiers le message de la résurrection du Christ, mais pas la prédication de la croix. Car l’affirmation de la résurrection laisse place à l’espérance d’une éventuelle vie après la mort, alors que l’affirmation de la mort du Christ pour nos péchés, nous met en question. Ainsi, un touriste qui visitait avec un groupe une église protestante, s’indigna presque de voir sur l’autel un crucifix représentant encore un Christ en croix. Avec une certaine agressivité il demanda au guide : « Pourquoi gardez-vous encore le Christ en croix ? Il est donc ressuscité, il n’est plus sur la croix. » Mais le guide lui répondit : « Pour qu’on n’oublie jamais, qu’avant de ressusciter il a dû mourir pour nous ! » Ce sont sans doute les mots « pour nous » qui choquent le plus, parce qu’ils nous mettent directement en cause.

Avant sa conversion sur le chemin de Damas, Paul était, lui aussi, scandalisé, par le fait, qu’un crucifié puisse être considéré par ses disciples, comme Messie et Sauveur d’Israël.

Dans le livre du Deutéronome il est dit, que celui qui est pendu au bois est maudit. Mais, après sa rencontre avec Jésus-Christ ressuscité, Paul a découvert dans la crucifixion une toute autre signification. Désormais la mort de Jésus, qu’il considérait comme maudit et abandonné de Dieu, lui reste comme un aiguillon dans le cœur. Comme il connaissait parfaitement l’Ecriture et entre autres les chants du Serviteur de l’Eternel, il a certainement fait le rapprochement avec ce que disait le prophète Esaïe au chapitre 53 : « Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé, et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » C’est là la sagesse que Dieu lui a révélée par le Saint Esprit, comme il écrit : « A nous, Dieu nous l’a révélé par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » Et Martin Luther emboîtera le pas à l’Apôtre Paul, dans son explication du troisième article de la Foi chrétienne, où il dit : « Je crois, que je ne puis par ma raison et mes propres forces croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni venir à lui, mais que le Saint Esprit m’a appelé par l’Evangile et m’a éclairé de ses dons… »

En annonçant Jésus-Christ crucifié aux Corinthiens, Paul les remet tous en question. Ils se croyaient arrivés à la perfection par une sorte de syncrétisme religieux et philosophique que l’on appelait la Gnose ou la Connaissance. On retrouve aujourd’hui quelque chose de semblable dans le New Age ou « Nouvel Age » ; mais aussi dans l’un ou l’autre mouvement prétendant s’inspirer de l’enseignement de Jésus, comme d’une doctrine révolutionnaire pour refaire le monde. En réalité, toutes ces philosophies ou ces idéologies pensent pouvoir se passer de Dieu et décider elles-mêmes, ce qui est bien et mal. Ainsi on ne revient qu’au malheureux point de départ qui s’appelle la chute ou le péché originel.

Quand Paul nous dit, que Jésus est mort sur la croix pour nous, cela nous apprend que notre vie dépend de Jésus. Et cela nous oblige à réfléchir sur notre propre situation, sur nos illusions, et, sur nos rapports avec Dieu. Et ces questions ne sont pas toujours rassurantes.

Evidemment, chers amis, par toutes ces réflexions nous semblons être bien loin de Noël, qui n’est derrière nous que depuis trois semaines, loin du chant des anges, loin de l’adoration des bergers de Bethlehem ou des mages d’Orient. Mais déjà l’ombre de la croix et de la mort se profilait sur Noël : pas de place pour le Christ dans l’hôtellerie, jalousie de Hérode le Grand, qui se solde par le massacre des enfants de Bethlehem et la fuite en Egypte.

Et pourtant nous nous réjouissons à Noël de la sollicitude de Dieu, pour ce monde qu’il aime, bien qu’il va à la dérive. Mais Jésus, qui, aux noces de Cana a fait sien le souci d’un jeune couple qui manquait juste de vin, pourrait-il laisser ce monde dépérir complètement ?

C’est pour le sauver, qu’il est venu dans ce monde ; c’est pour nous sauver, qu’il a accepté de mourir sur la croix. En le ressuscitant des morts Dieu a fait de lui le Prince de la Joie, le Prince de notre joie malgré toutes les obscurités et malgré la mort elle-même. AMEN.

                    Martin DEUTSCH, pasteur

Cantiques :    NCTC        174    175    181    183
        ARC        228    230    536    539

 

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER, au Secrétariat
de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

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