085 REMARQUES QUANT A LA CELEBRATION DU CULTE (II)

ET AUX MALADRESSES A EVITER

2e partie

 

Chers collègues,

 

        tout d’abord je veux vous souhaiter une bonne année nouvelle. Je vous propose le cadre, béni, à vous de le remplir et de le laisser remplir par Dieu.

 

        Il y a eu une pause dans mes envois depuis l’été, due au fait de plusieurs tâches urgentes et chronophages, auxquelles j’ai donné la priorité. Je vous propose une réflexion sur l’exécution du culte, suite à ma constatation de nombreuses maladresses et même erreurs commises un peu partout. L’expérience, et aussi les connaissances, des anciens doivent servir aux plus jeunes. C’est donc avec un esprit de service dans la tâche commune que je vous adresse ces réflexions.

 

        Je me suis arrêté après la Confession de foi après l’évangile, et formé ainsi une 1ère partie. La 2e vous parviendra plus tard.

 

        Vous souhaitant bon succès dans votre travail, je vous prie d’agréer mes salutations fraternelles en Jésus-Christ.

 

Yves Kéler

 

                                                                                                                   Le 15.1.2017

Chers collègues,

je veux d’abord vous souhaiter une excellente année nouvelle.

 

Vous avez constaté que je ne me suis pas manifesté depuis le mois de février 2016. Cela est dû à un gros travail d’édition de livres en cours. J’ai en chantier un livre sur Paul Gerhardt, le 2e grand auteur de chants allemands après Luther au XVIIe siècle à Berlin ; Puis un livre sur les chants et poèmes des camps de concentration nazis, qui est en cours d’édition et devrait sortir cette année. (Vous serez prévenus.) J’ai préparé aussi un livre sur les poèmes et chants de guerre d’Allemagne et d’Alsace-Lorraine. Enfin j’établis un livre sur les chants et poèmes du IIIe Reich et de la 2e Guerre mondiale. Ce qui fait beaucoup de travail. De plus, cet été , lors du remplacement chez Paulo Morlachetti à Nice, J’ai subi un léger AVC, duquel je me suis bien rétabli depuis. Occasion pour moi pour remercier ici Paulo et son épouse Inès de leur sollicitude à mon égard. Tout cela explique mon silence internet.  

J’ai prévu de reprendre la suite de l’envoi précédent, qui figure en pièce jointe sous le titre de 

 

«  LA CELEBRATION DU CULTE :

REMARQUES QUANT A L’EXECUTION DES CULTES

ET AUX MALADRESSES A EVITER  »

2e Partie :

 

De la prédication à la sortie du culte sans Sainte Cène

 

Vous en souhaitant bonne réception, je vous salue cordialement et fraternellement dans le Seigneur.

                                       Yves Kéler

 

 

 

 

 

 

 

De la prédication à la sortie du culte

 

5.   LA PREDICATION,

 

EXPLICATION ET APPLICATION DES LECTURES

 

L’INTERLUDE, LES ANNONCES, LE « 3ème  CANTIQUE »

 

 

 

                        Elle est précédée de la lecture du texte. Il existe des formules, ou des prières pour introduire et achever cette lecture. Dans certaines paroisses, le pasteur s’agenouille dans la chaire et prie pour lui pendant la fin du cantique. Dans d’autres, il prononce une prière, libre ou usuelle, avant la lecture. Après, on retrouve les classiques : « Ta parole, Seigneur, est la vérité. Sanctifie-nous par ta parole.(Amen) », ou bien « Ta parole est une lumière sur nos sentiers. Conduis-nous dans ta lumière. Amen. »

 

                 a)    la salutation apostolique :  

 

                        Une autre tradition est de saluer l’assemblée depuis la chaire avant d’annoncer la référence du texte. Cette salutation ne doit pas reprendre celle de l’entrée du culte : elle est la salutation de l’apôtre qui va annoncer la parole au nom du Christ, le pasteur étant dans cette fonction le successeur des apôtres et la paroisse la succession de l’assemblée de l’époque. Pour montrer ce fait et varier en même temps, on peut utiliser la salutation initiale, interne ou finale de la lettre de l’apôtre de laquelle a été lue l’épître du dimanche. Si le texte de prédication est tiré d’une épître, on peut l’introduire par exemple ainsi : « L’apôtre Paul, dont nous allons lire un extrait de sa lettre aux Galates, adresse à ses lecteurs, et à nous aujourd’hui, la salutation suivante : «  (Frères et sœurs), que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ… ». L’assemblée comprend mieux que la lettre de Paul a une valeur permanente et que la communauté qui la reçoit aujouird’hui est la même que celle qui l’a reçue pour la première fois. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est dans la Bible, parole de Dieu identique à travers les siècles pour ses locuteurs et pour ses auditeurs. Voici le tableau de ces salutations apostoliques

 

 

 Tableau des salutations apostoliques depuis la chaire

 

Romains 1/7 :   A tous ceux qui sont bien-aimés de Dieu, appelés à être saints : 

                          La grâce et la paix vous soient (sont) données de la part de Dieu, notre Père, 

                         et de son Fils Jésus-Christ. Amen. ( salutation reprise dans beaucoup de ses

                         épîtres ) 

             6/24 :   Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ sooit avec vous tous. Amen.

           15/33 :   Que le Dieu de paix soit avec vous tous. Amen.  

 

Corinthiens  I 1/2 :   A ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, (appelés à être saints), à

                          ceux qui invoquent (en quelque lieu que ce soit) le nom de notre Seigneur

                          Jésus-Christ, (leur Seigneur et le nôtre), que la grâce et la paix vous soient

                          données de la part de Dieu, notre Père, et du Seigneur Jésus-Christ. Amen.  

       I  16/23 :    Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous. Amen.  

      II  13/13 :    Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion du

                          Saint-Esprit soient avec vous tous. Amen.               

 

Galates, Philippiens, Philémon :  Gal 6/18, Phili 4/21, Philé 25 : Frères (Gal), Que la grâce de

                          notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Amen.

                                 

Ephésiens 6/23 :  Que la paix et la charité dans la foi vous soient données de la part de Dieu,

                          le Père, et du Seigneur Jésus-Christ. Amen.

                 6/24 :  Que la grâce (de Dieu) soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur

                             Jésus-Christ d’un amour inaltérable.

 

Colossiens 1/2 :  Grâce et paix soient avec vous de la part de Dieu, notre Père. Amen.

 

Thessaloniciens  I 1/2 : voir Romains 1/2

        II  3/16 :    Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de

                          toute manière. Que le Seigneur soit avec vous tous. (Amen).

 

        I 5/28 et II  3/18 :    Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous (tous). 

                                         

Timothée  I et II 1/2 :  Que la grâce, la miséricorde et la paix vous soient données de la part

                          de Dieu, notre Père, et de Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Tite  1/4 :         Que la grâce et la paix vous soient données de la part de dieu, notre Père, et de

                         Jésus-Christ, notre Sauveur.(Amen).

        3/15 :        Que la grâce soit sur vous. (Amen).

 

Hébreux 13/35 :  Que la grâce soit avec vous tous. Amen.

 

Pierre   I  1 /2 :  Que la grâce et la paix vous soint multipliées. (Amen).

            I  5/14 : Que la paix soit avec vous tous qui êtes en Christ. (Amen).

            II  1/2 :  Que la grâce et la paix vous soint multipliées par la connaissance de Dieu et

                          de Jésus, notre Seigneur. (Amen).

 

Jean     II  1/3 :  Que la grâce, la miséricorde et la paix vous soient données de la part de Dieu,

                          le Père et de la part de Jésus-Christ, le Fils du Père, dans laz vérité et la

                          charité. (Amen).

Jude          v. 2   Que la miséricorde, la paix et la charité vous soient multipliées. (Amen).

 

Apocalypse  1/4 :   Que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui

                           était et qui vient,…, et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-

                           né d’entre les morts, et le prince des rois de la terre. (Amen). 

 

              Ce tableau, tiré recto-verso sur une seule feuille,  peut être placé dans le classeur que le pasteur emploie pour la célébration du culte, ou dans la Bible placée sur la chaire.

 

              Ce tableau, tiré recto-verso sur une seule feuille,  peut être placé dans le classeur que le pasteur emploie pour la célébration du culte, ou dans la Bible placée sur la chaire.

 

                b )   la chaire        (voir aussi partie VI, paragraphe : l’emploi des meubles )

 

                        Le lieu depuis lequel le prédicateur s’adresse à l’assemblée a une réelle importance, à la fois pratique et symbolique.

 

                       Actuellement, une certaine désaffection pour la chaire apparaît. Cela tient certainement au fait que la prédication est bien moins valorisée aujourd’hui. De ce fait, elle est moins bien préparée par le pasteur qu’anciennement, et souvent plus faible de contenu et de forme, se voulant plus familière et « plus proche des gens », ce qu’on veut exprimer spatialement en ne montant pas en chaire. Beaucoup prêchent donc volontiers depuis le pupitre. Or, ce qui est dit au pupitre après telle ou telle lecture est plutôt un commentaire bref à un texte qu’une prédication pleine. On peut d’ailleurs combiner les deux, en particulier dans un culte bilingue : un commentaire d’évangile au pupitre dans une langue, une prédication en chaire dans l’autre. Ou bien un commentaire pour les jeunes au pupitre et une prédication pour les adultes en chaire.

 

                        L’argument pratique qu’on verrait ou entendrait mieux le pasteur depuis le pupitre que depuis la chaire ne paraît pas pertinent. Sauf évidemment dans le cas, rare, d’une chaire très mal placée, c’est-à-dire trop haute ou trop éloignée. Le plus souvent, les gens vous disent :  « On vous voit mal ! », ou :  « on vous comprend moins bien d’en bas que depuis la chaire ». Ces remarques sont généralement exactes, puisque faites par les personnes concernées. Car le micro, dont on pense qu’il permet de mieux comprendre depuis le pupitre, ne résout pas seul le problème de la communication: si l’élocution n’est pas bonne, on perdra l’avantage de l’abat-voix de la chaire et on sera moins bien compris. Par ailleurs, la rhétorique est différente sur la chaire et au pupitre. On pourra parler de façon plus ample et plus prégnante sur une chaire. Pour ces raisons auditives et visuelles d’une part, oratoires d’autre part, la chaire reste, à mon avis, meilleure.                     

 

                        Mais la chaire a aussi une importance symbolique : elle est le lieu de l’enseignement et de l’exhortation, alors que le pupitre est le lieu de la proclamation de la Parole. Certains pasteurs, ayant peur d’assumer ce rôle d’enseignant et de berger, ne montent plus en chaire. Le refus de la chaire est lié à la crise d’identité du pasteur. Les paroissiens le ressentent, et l’expriment dans leur remarque qui contient un reproche: « le pasteur ne monte pas sur la chaire ».

                

                        L’architecture de la chaire  a  son importance.  On peut constater  que les 

plus agréables d’emploi  sont les plus anciennes,  en particulier  celles du 18ème  Siècle.   Elles

sont adaptées à la fonction. On devine que les artisans de ces époques « sentaient » les choses, probablement parce que tout se faisait sans micro, et qu’on était plus sensible au problème de la propagation du son naturel. La rampe est à la bonne hauteur, permettant de bien s’appuyer, l’angle de vue est bon, l’abat-voix est efficace. Les chaires anciennes comportent une paroi de bois derrière le prédicateur, appelée « dorsal », laquelle fait office, avec l’abat-voix, de caisse de résonance, et se révèle efficace. Cette disposition est rare dans les réalisations modernes. Les chaires modernes sont souvent moins bien senties, obéissant plus au désir d’intégration visuelle dans l’architecture du bâtiment qu’au sens pratique. Cette remarque ne doit évidemment pas être généralisée : il y a de mauvaises chaires anciennes et d’excellentes neuves.

 

                        Le décor de la chaire est aussi intéressant. Dans certaines églises anciennes, on trouve dans le dos du prédicateur une représentation du Bon Berger, portant une brebis, au nom duquel le pasteur parle. C’est le cas à Bischheim. On trouve aussi, en particulier dans les chaires remontant à des simultanéums, une colombe suspendue au ciel de l’abat-voix, allusion au St Esprit qui doit inspirer le prédicateur. Chez les protestants, on trouve peu les symboles des quatre évangiles sur la nacelle, courants chez les catholiques. Bouxwiller et Geudertheim en sont des exemples. Parfois une peinture, comme à Sessenheim, représentant Jésus prêchant depuis la barque, et racontant la parabole du Semeur et des quatre terrains, allusion à la paroisse sur laquelle est répandu le bon grain.     

 

                  c )  fonction de la prédication :    

 

                        La prédication remplit plusieurs fonctions :

 

   Elle est explication de la Parole de Dieu, au sens matériel et spirituel :

 

                   -   le texte proposé doit être compris : il ne s’agit pas de faire de l’explication de texte, mais d’en faire apparaître le sens littéral, de façon que le fidèle voie pourquoi cet extrait de la Bible lui est proposé. Selon le cas, on indiquera le contexte historique ou social, le sens même de certains évènements cités, la géographie, le sens original de certains mots. Ne pas donner plus qu’il n’est nécessaire, mais faire comprendre qu’à travers telle partie du texte biblique la viva vox Dei va s’adresser au fidèle.

 

                   -   le contenu spirituel du texte doit aussi être compris. Il faut que le chrétien  sa-che clairement quel est le salut que Dieu lui offre et quel est le contenu de la foi. C’est l’aspect théologique, dogmatique et catéchétique de la prédication, laquelle, en bonne théologie de la Réforme, doit reposer sur les bases objectives qu’on trouve dans le texte biblique.  

 

                        Cela suppose évidemment un travail sérieux d’exégèse. Bengel, auteur du célèbre « Gnomon » dont les phrases ont été longtemps intercalées entre les versets bibliques des bibles allemandes, disait à ses étudiants : « Applica te ad textum, applica textum ad te », applique-toi, c’est-à-dire « colle-toi », au texte, applique, « colle » le texte à toi.

       

  Elle est application du texte, de deux manières :

 

-        exhortation à se tourner vers Dieu, car lui, avec le Christ et l’Esprit, est le seul

Sauveur. Le prédicateur est au service de Dieu pour amener la communauté vers celui-ci, selon l’ordre de la Loi rappelé par Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton Cœur,…» ce que Luther avait résumé dans la célèbre phrase :  « Du sollst Gott über alle Dinge fürchten, lieben und vertrauen »,  « tu craindras, aimeras et feras entière confiance à Dieu », puisqu’il est ton Rédempteur.

 

-        exhortation à agir au nom de Dieu  dans ce monde :  la prédication appelle à

 l’action, selon l’appel de Dieu lui-même de faire régner la justice et le droit, le droit de Dieu et celui des gens. Le christianisme est une foi active et volontaire. Là aussi, la Loi, rappelée par Jésus, est claire : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le christianisme a une exigence éthique qui fait partie de son essence,  que Saint Paul a résumée dans cette phrase : « Nul n’est dispensé d’accomplir la Loi de Dieu ». 

   

                        On pourrait résumer ainsi le programme de la prédication : celui qui a bien compris ce que Dieu lui offre : pardon, salut, vie nouvelle, comprend ce que Dieu lui deman-de : l’aimer par dessus toute chose, et aimer son prochain comme soi-même.

 

     d )    la rhétorique :

 

                         Là aussi un travail important : l’art oratoire, auquel j’ai déjà fait allusion plus haut. Car il faut transmettre ce message de façon convaincante. Je trouve qu’on ne travaille plus cet art de la rhétorique. Le prédi-cateur est étymologiquement un « prae-dicator », traduction du grec « pro-phètès », celui qui parle devant quelqu’un et en son nom, ici en l’occurrence Dieu, le Christ et le Saint-Esprit. Et pas dans le vide, mais à des gens de chair et d’esprit. L’Ancien Testament appelle le prophète le crieur, le hurleur, ce qui signifie une technique oratoire pour se faire comprendre. Nous avons déjà parlé de ces aspects techniques dans le chapitre des lectures bibliques. La prédication ne consiste pas à remplir 15 à 20 minutes d’un verbiage pieux, mais à « convertir » l ‘auditoire dans l’esprit du prophète de l’A.T. et du N.T. Cela exige beaucoup de travail et d’obstination : il faut être clair et compréhensible, imagé et animé, faire les gestes adéquats, et le tout de manière naturelle. Si le prédicateur n’a pas conscience qu’il parle au nom de Dieu, à des auditeurs qui ont besoin du message de Dieu, il ne peut convaincre : les fidèles entendront l’homme, mais pas le porte-parole de Dieu. 

 

      e)    préparer la prédication :

 

       La prédication, parce que le texte choisi est en harmonie avec  le Psaume,  les

 lectures et les cantiques du jour, s’insère dans le thème du dimanche ou de la fête. Elle résu-me tout ce qui a précédé, et ouvre sur ce qui suivra. C’est pourquoi il est plus facile de penser et de rédiger la prédication après qu’on a préparé tout le reste du culte, annonces comprises, en ayant dès le début de cette préparation le texte de prédication en tête. Après tout ce travail de recherche et de mise en place des textes liturgiques et des cantiques, on sait à peu près ce qu’il faudra dire. On voit où Dieu nous pousse à aller. Il y a en fait un aller-retour continuel entre prédication et liturgie, puisqu’en fonction de l’élaboration de la prédication, on choisira certains des chants et des prières. Bien entendu, la démarche inverse existe de commencer par la prédication et de préparer la liturgie ensuite. Certains pasteurs disent qu’ils ne peuvent pas travailler autrement. En tout cas, il importe que la prédication ne soit pas un bloc erratique dans le culte, mais un morceau organiquement lié à l’ensemble, et qui fait apparaître l’intention de Dieu, exprimée dans le thème du dimanche.

 

                 f )   l’interlude : 

 

                        Après la prédication, on trouve fréquemment un jeu d’orgue méditatif, ou d’un autre instrument, permettant au paroissien de « repasser dans son cœur » ce qu’il a entendu, et de se détendre un instant avant que son attention soit à nouveau sollicitée.

 

                        Ensuite, deux possibilités :

 

              l’offrande et les annonces, ou vice-versa, puis le 3e chant, puis l’intercession

              le 3e chant, l’offrande et les annonces, ou vice-versa,  (un chant intermédiaire), 

                        l’intercession   

 

                g )     l’offrande

 

         1° :  l’origine de l’offrande : elle est une partie constitutive du culte chrétien 

                                                          et a trois origines, semble-t-il.                         

 

1.  la collecte interne à la communauté, pour les propres frères et sœurs en difficulté, et celle  

     destinée aux frères et sœurs des églises en communion, qui va vers l’extérieur. Cette collecte vise d’abord des personnes. Il s’agit là d’une collecte de solidarité immédiate entre les membres de l’Eglise locale et de l’Eglise universelle. Le meilleur exemple de cette solidarité interne et externe est donné par l’Eglise de Jérusalem. L’institution des diacres, qui donnent à manger aux veuves, c’est-à-dire aux femmes pauvres et à leurs enfants, suppose que les plus riches donnaient la nourriture qu’on servira. St Paul parle de la collecte faite par les Eglises grecques pour les pauvres à Jérusalem, qui sont probablement les mêmes personnes, collecte qu’il va parter lui-même. Les dons provenaient de l’intérieur comme de l’extérieur. Dans chaque cas, interne ou externe, en nature ou en argent, la collecte est liée au culte ou aux réunions spirituelles des chrétiens, illustrant ainsi la combinaison faite par Jésus de l’adoration de Dieu et de l’amour du prochain dans le Sommaire de la Loi.   

 

2.   la collecte pour les besoins intérieurs et extérieurs de la communauté.  Celle-ci vise des dépenses de caractère matériel et pratique, ce que nous appelons aujourd’hui dépenses de fonctionnement. Les Actes (19/9) disent que St Paul avait utilisé la salle d’école de Tyrannus pendant deux ans pour y enseigner tous les jours. On ne dit pas si cet emploi était gratuit, mais on ne peut exclure un loyer, que qui payait ? Les envois de courrier signalés, les déplacements des personnes, cela coûtait quelque argent qu’il fallait bien trouver.

 

       Dans la Bible, des collectes spéciales, destinées aux réparations de bâtiments, sont signalées , dont celle du roi Joas et du prêtre Jehojada dans II Rois 124-16, pour la réparation du Temple. Ce texte donne une série d’intéressantes précisions techniques, cultuelles et spirituelles, qui nous montrent quelles règles la collecte aujourd’hui doit suivre. « Le sacrificateur Jehojada prit un coffre, perça un trou dans son couvercle, et le plaça à côté de l’autel, à droite, sur le passage par lequel on entrait à la maison de l’Eternel. Les sacrificateurs qui avaient la garde du seuil y mettaient tout l’argent qu’on apportait dans la maison de l’Eternel. » On apprend que les collectes destinées à d’autres usages du culte sont séparées de celle-ci, et que les prêtres laissent la mise en œuvre des travaux et l’usage de l’argent de la collecte spéciale aux laïcs et aux bâtisseurs. Marc 12/43 dit que « Jésus, ( qui continuait d’enseigner dans le Temple 35 ), s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Une pauvre veuve y mit deux petites pièces ». Ce tronc permanent devait servir aux offrandes habituelles des fidèles, qui  étaient probablement destinées aux dépenses diverses du fonctionnement du Temple.

 

3.   Les dons pour la célébration de la Sainte Cène, appelés prosphora : ce qu’on apporte

devant, en grec ; oblatio, qui en est la traduction littérale, en latin. Nous en reparlerons plus  loin  à propos  des espèces  de la Sainte Cène. On sait que très tôt, par exemple par I Corinthiens 11/20-34, les fidèles apportaient ce qui se mangeait lors des agapes et de la Cène. Au cours du 2e Siècle, cet usage a pris une forme plus liturgique, et se concentra sur le pain et le vin, et évolua aussi vers plus de dons en argent, sans exclure le reste. Les dons en nature étaient placés au pied de l’autel ou à côté, pain et vin plutôt sur les tables latérales, avec de nombreuses variations locales.

 

       Progressivement, les dons pour la Sainte Cène elle-même sortirent de la sphère des fidèles, en ce sens que le pain et le vin devinrent des éléments liturgiques et sacramentels, dont la préparation et la disposition sur l’autel passa aux mains des clercs, quand ce n’était pas des moines. De ce fait, les offrandes de la Cène, les prosphora ou oblationes, passèrent du statut d’offrande (oblatio) à celui de sacrifice (sacrificium), pour terminer dans la théologie du sacrifice de la messe et de la transsubstiation, surtout dans l’occident latin romain. Et l’offrande des fidèles au culte, de plus en plus ramenée à de l’argent, a été déplacée vers d’autres parties du culte, ou même reléguée, après la fin du culte et à la sortie de l’église par exemple, en sorte qu’on peut voir aujourd’hui toutes sortes de variantes selon les régions et les confessions.

 

               2° : La collecte de l’offrande : deux grandes traditions se sont formées : 

                                

                   -  celle de collecter à la sortie du culte, avec une corbeille posée ou tenue par une

                       personne, ou par le moyen d’un tronc fixe.

                   -   celle de le faire au cours du culte par des collecteurs.                           

                   -  celle que les fidèles apportent leurs dons dans un tronc posé sur l’autel : en Alsce tortue, on trouve cette tradition ancienne (à Mackwiller p. ex.), reprise à la Wantzenau, l’offrande remise, le fidèle passe derrière l’autel pour rejoindre sa place.

 

            Dans le 2e cas dernier cas, deux variantes principales :

 

1.   on collecte après la Confession des péchés et les paroles de grâce et le Gloria, c’est-à-dire

      entre la messe des catéchumènes, qui s’achève par ce Gloria, et celle des fidèles, qui commence par la salutation et la prière collecte. La collecte peut se faire pendant un jeu d’orgue ou un cantique dérivant du gloria. On pourra placer là la prière d’action de grâce, et de consécration de l’offrande à un but particulier, si c’est le cas. (voir plus bas, sous 4°)

 

2.   on collecte après la prédication et avant l’intercession. On peut faire une prière d’action 

      de grâce et de consécration, avant de commencer la prière universelle. Dans celle-ci, on peut prier pour les personnes ou organismes à qui l’offrande est destinée.

 

       Dans certaines paroisses, dans le pays de Bade, en Allemagne, par exemple, il y a deux offrandes : une durant le culte, le plus souvent après le gloria, l’autre à la sortie. L’une des deux est destinée à la paroisse, l’autre à une destination extérieure. Dans certaines paroisses, il y a toujours à la sortie une deuxième collecte pour la mission. 

 

             3° : la destination

 

        De fait, la tradition des collectes et des offrandes se résume à trois destinations, sensibles aujourd’hui  dans les  plans comptables des paroisses et des Eglises :  1. l’Eglise locale,  2. l’ Eglise régionale et/ou nationale,  3. l’Eglise universelle. Ces trois destinations englobent chaque fois :  1. le service du culte et la prédication de la Parole,  2 : le service des frères et des sœurs et aussi des prochains non chrétiennes,  3 :  les fonctionnements généraux. Soit : Dieu, les hommes, la matière. En principe, on annonce les collectes spéciales  le dimanche ou la fête précédents, et leur résultat le dimanche suivant, ainsi que dans le bulletin paroissial.

 

       Dans certaines paroisses on fait cela chaque dimanche : cela ne présente d’intérêt que si on veut amener les gens à donner plus, mais dans ce cas, il faut aller plus loin que donner des chiffres qui en soi ne disent rien. Il faut mette en œuvre toute une pédagogie de l’argent et du don dans la paroisse, qui passe par le culte, la prédication et les annonces. Et par des explications dans le bulletin paroissial. Ces dernières peuvent se faire tout au long de l’année, mais en particulier lors de la publication, en début d’année, des comptes de l’année écoulée et du budget de l’année nouvelle.     

 

                 la collecte de l’offrande pendant le culte :

 

        Nous avons vu que l’offrande est une partie intégrante du culte et a une portée spirituelle véritable : elle ne se contente pas d’être une récolte d’argent. Il est important de l’intégrer dans le culte, comme cela se fait de plus en plus aujourd’hui. Il faut donc veiller à ce que cette intégration soit faite correctement. Où l’on retrouve la réflexion et la pédagogie. Les collecteurs, conseillers presbytéraux ou laïcs adultes ou enfants, doivent être instruits de l’importance de leur rôle et de la façon dont ils exercent leur ministère dans le culte, car c’en est un. Qu’ils se concertent pour ne pas aller tous au même endroit, surtout s’il y a beaucoup de monde, et n’oublient personne. Pendant cette collecte, un jeu d’orgue ou une strophe de cantique, brefs, peut se faire, à condition que ces interludes n’excèdent pas le temps de la collecte. Ensuite, que les collecteurs apportent l’offrande à l’autel ou à la table de communion, qu’ils attendent que tous soient arrivés, puis se tournent vers l’autel, ou  l’assemblée, selon la tradition locale, en signe de présentation à Dieu. Si la collecte n’a pas pu être annoncée, ou si certains des assistants du culte étaient absents le dimanche précédent, on peut faire une rapide information. Puis, on passe à la prière d’action de grâce et de consécration à sa destination, faite par le pasteur ou l’un des collecteurs.

 

         Que signifie prière de consécration ? Demander à Dieu que cette offrande soit bien cnsacrée à son objet. En voici un exemple : « Seigneur, notre Dieu, bon et généreux, nous te rendons grâces parce que tu nous donnes le moyen de faire cette offrande et de te la présenter. Tu sais que nous la destinons à la mission de Madagascar et à l’Eglise de NN. Fais que ces dons trouvent un bon usage et qu’ils servent au travail de cette Eglise dans la Grande Ile. Fais qu’elle serve aussi à ta gloire et à l’avancement de ton règne dans le monde. Amen ».  

 

        Après cette prière,  les collecteurs déposent les corbeilles  ou  « chaussettes à manche »  ( Geldstrumpf ou-bittel ) sur l’autel, à une place qu’on aura bien entendu préparée pour éviter un encombrement ou un spectacle de désordre. Au cas où l’autel est petit et déjà fortement chargé de choses, tels services de baptême ou de Ste Cène, ou Nouveaux Testaments à la confirmation, on peut poser les corbeilles les une sur les autres, ou déposer l’offrande devant, ou si cela gène pour célébrer le culte, sur le côté, en tous cas à proximité immédiate de l’autel, puisqu’il s’agit d’un sacrifice à Dieu. Je trouve regrettable et spirituellement faux de déposer la collecte dans un coin ou à la sacristie, pendant que le pasteur dit les annonces sans plus. On peut, s’il faut gagner du temps, faire la collecte pendant les annonces, mais comme dans le cas d’un interlude ou d’un chant, arrêter celles-ci au moment où les collecteurs arrivent à l’autel pour la prière d’action de grâce et de consécration. Les annonces devront être correctement préparées et mesurées quant au temps.   

 

 

                h )   les annonces :

 

                        Il faut évidemment partir des choses les plus proches, pour aller aux plus lointaines, selon le même principe qu’on va retrouver pour la prière d’intercession :

 

                        Rappel des casuels de la semaine écoulée. Cela souligne que les baptêmes, les cultes de mariage et d’enterrement sont des actes de l’Eglise, qui concernent la communauté rassemblée le dimanche, et pas simplement des cérémonies privées, comme trop de gens le ressentent.

                        Annonce du culte du dimanche ou de la fête à venir, en les caractérisant:  « Dimanche prochain , nous célébrerons le 3e dimanche après la Trinité, consacré au message de la réconciliation ». Chaque dimanche ayant sa personnalité, on ne fête pas simplement le retour du dimanche dans la semaine. Cette précision du nom du dimanche a une valeur pédagogique : les paroissiens intègrent l’année de l’Eglise. Comment le feraient-ils s’ils n’entendent jamais les noms de dimanches, comme on peut le constater dans certaines paroisses ? Les noms figurant aussi dans les « Plans de lectures bibliques », ceux qui s’en servent les retrouvent au culte. Cela combine l’individualité du fidèle et son appartenance à la communauté réunie pour le culte, ainsi que son appartenance à toute l’Eglise.

 

                        Annonce des activités de la semaine, des collectes spéciales, du résultat des collectes spéciales du dimanche précédent : plus l’information financière circule, mieux c’est. Enfin les cultes et manifestations plus lointains.

 

                        Il est bon de noter les annonces et de les rédiger de façon claire et concise dans un cahier mince, type calligraphe de 32 pages, qu’on peut éventuellement placer dans son classeur de culte. L’intérêt de la chose est d’éviter le bredouillis pénible de l’annonceur qui cherche ses mots et se répète. Si les notes sont tapées à la machine et bien lisibles, on peut facilement passer le texte à un laïc. Cela permet aussi de conserver en archive les cahiers successifs, datés, et d’avoir une chronique de l’action paroissiale effectuée.  

      

 

                h )   les annonces :

 

                        Il faut évidemment partir des choses les plus proches, pour aller aux plus lointaines, selon le même principe qu’on va retrouver pour la prière d’intercession :

 

                        Rappel des casuels de la semaine écoulée. Cela souligne que les baptêmes, les cultes de mariage et d’enterrement sont des actes de l’Eglise, qui concernent la communauté rassemblée le dimanche, et pas simplement des cérémonies privées, comme trop de gens le ressentent.

                        Annonce du culte du dimanche ou de la fête à venir, en les caractérisant:  « Dimanche prochain , nous célébrerons le 3e dimanche après la Trinité, consacré au message de la réconciliation ». Chaque dimanche ayant sa personnalité, on ne fête pas simplement le retour du dimanche dans la semaine. Cette précision du nom du dimanche a une valeur pédagogique : les paroissiens intègrent l’année de l’Eglise. Comment le feraient-ils s’ils n’entendent jamais les noms de dimanches, comme on peut le constater dans certaines paroisses ? Les noms figurant aussi dans les « Plans de lectures bibliques », ceux qui s’en servent les retrouvent au culte. Cela combine l’individualité du fidèle et son appartenance à la communauté réunie pour le culte, ainsi que son appartenance à toute l’Eglise.

 

                        Annonce des activités de la semaine, des collectes spéciales, du résultat des collectes spéciales du dimanche précédent : plus l’information financière circule, mieux c’est. Enfin les cultes et manifestations plus lointains.

 

                        Il est bon de noter les annonces et de les rédiger de façon claire et concise dans un cahier mince, type calligraphe de 32 pages, qu’on peut éventuellement placer dans son classeur de culte. L’intérêt de la chose est d’éviter le bredouillis pénible de l’annonceur qui cherche ses mots et se répète. Si les notes sont tapées à la machine et bien lisibles, on peut facilement passer le texte à un laïc. Cela permet aussi de conserver en archive les cahiers successifs, datés, et d’avoir une chronique de l’action paroissiale effectuée.  

      

-  soit :   les bras levés,                i )    le chant intermédiaire entre les annonces et la prière d’intercession:

 

                        Dans certaines paroisses, comme Woerth, on suit le plan 2° signalé au para-graphe e) : un hymne préparatoire à la prière d’intercession suit les annonces, permettant au pasteur de descendre de la chaire et d’aller à l’autel ( en fait un graduel ), et à la paroisse de se concentrer à nouveau sur le culte après les annonces « dispersantes ». Cet hymne varie selon l’année de l’Eglise :

 

 

Hymnes préparatoires à l’intercession

 

      Avent   :      Tochter Zion RA 546/1=EG 13,     Voici ton Maître, carnet Kéler Avent 9  

      Noël     :      O du fröhliche RA 550/1=EG 44,  

      Epiphanie :  Wie bin ich doch so herzlich froh, 7e strophe de Wie schön leuchtet der

                                 Morgenstern, RA61=70,            Brillante étoile du matin LP 90/1

      Passion :      O Lamm Gottes unschuldig RA rot 42=EG 054    Agneau vict.pure LP 534

      Pâques  :      Christ ist erstanden RA92=EG99   Christ est ressuscité NCTC 207=ARC477

                                                                                  Autre texte : Carillons 89

      Ascension :  Christ fuhr gen Himmel RA 113=EG 12O   Christ, le Ressuscité, vers son est

      Pentecôte  :  idem                                                               Père est remonté  CARillons 103

      Trinité      :   Ehr sei Gott Vater alle Zeit  RA 156/7 = EG 273/6

                           Lasst uns lobsingen RA44 = EG 056,Texte Kéler «Louons le Père»ABD 592

      Fin des     :   Gloria sei dir gesungen, 3e str de Wachet auf, ruft uns die Stimme RA 153/3

      Temps      :    = EG 147/3    Seigneur, reçois nos louanges, 3e str de Entonnons un saint 

                                                   cantique LP 135/3 = NCTC 186/3 = ARC 254

                           Amen wir fröhlich sprechen  RA RA 497, deest EG    

 

 

 

                        On peut, dans les périodes longues, telles la Trinité en particulier, choisir différentes strophes, en distinguant 1° : les dimanches avant la Saint-Jean, 24 juin

                                                         2° : les dimanches de St Jean à St Michel, 29 septembre

                                                         3° : les dimanches après la St Michel

                                                         4° : les trois dimanches avant la fin              

                                                         5° : le dimanche de l’éternité

 

   

                   j )  le 3ème chant, chant après la prédication :

 

                        Il a un caractère plus méditatif, plus personnel éventuellement. Le choisir en fonction de ces critères, en relation avec les thèmes du dimanche et de la prédication. Chaque rubrique du livre de cantiques en contient. Voici un exemple pour le temps de l’Avent, en allemand et en français :

 

 

3ème chant, pour le temps de l’Avent

 

RA 17,   EG deest :     Kommst du, kommst du, Licht der Heiden               ( 2e  +  3e Avent)

RA 15 = EG 544/1-4:  Sieh, dein König kommt zu dir                                 ( 3e  +  4e Avent)

RA 16 = EG 543  :      Warum willst du draussen bleiben                             ( 1er + 4e Avent)       

RA 17 = EG 11    :      Wie soll ich dich empfangen:                                    ( 2e Avent         )

                                    Wochenlied du 2e Avent, ayant 10 strophes, et dont on peut prendre, a-

                                     près la prédication de ce dimanche, ou d’un dimanche suivant de 

                                     l’Avent, les strophes  4-6  ou 7-10, lesquelles forment deux « groupes

                                     de sens » qui  permettent cet emploi. Cette manière de faire est typique

                                     du choral allemand.

 

ABD 501               :      Ouvrez les portes, haussez-les, str 3-5                     ( 1er + 4e Avent)

                                       

NCTC 160, deest ARC :  Veillez, enfants des hommes                                ( 3e Avent       )

 

LP 211 = ARC 309 :     Viens, ô Jésus, régner sur cette terre                       ( 2e + 4e Avent)

ARC 311, deest NCTC :  Comment te reconnaître :                                     ( 2e Avent        )

                                         Dérivé mutilé, en 4 str, de Wie soll ich dich empfangen, qui en a 10.

 

LP 297 = ARC 313 :     O Dieu des grâces éternelles                                   ( 2e + 3e Avent )

 

 

 

                        Bien entendu, selon la prédication, on peut, dans le temps de l’Avent, choisir un chant dans une autre rubrique. C’est ce qui motive le classement du chant «  O Dieu des grâces éternelles », que Louange et Prière 297 place sous «  vie chrétienne », dans la rubrique « Avent » par ARC. De toute façon, le temps de l’Avent ouvre sur le reste de l’année à venir, et permet une référence à toute période suivante. Rien ne doit jamais être figé, même s’il faut respecter des règles précises.

 

 

 

                  6.   LA PRIERE D’INTERCESSION   OU   UNIVERSELLE 

 

                   ET  LE  NOTRE  PERE

 

 

 

                        La prière d’intercession, appelée aussi prière universelle, est la 4éme prière du culte : on y prie pour les autres. Il ne faut donc pas recommencer une confession des péchés   ( 2ème prière ), déjà faite au commencement du culte, ni une oraison ou une collecte, où l’on prie pour soi ( 3ème prière). L’objectif est clair : les autres.

 

                        a )  la structure de l’intercession et le Notre Père :

 

                        Dans l’invocation et l’entrée de la prière, on peut rappeler un des thèmes de la prédication, si ce thème est ce dimanche-là important. Cette partie d’entrée aura la fonction d’une action de grâces après la prédication (Dans certaines régions, il existe une prière de ce type, directement après la prédication et avant le 3e cantique, indépendante donc de l’intercession qui suivra ). Elle peut comporter aussi une demande « pour soi ». Mais cette entrée ne doit pas dépasser une certaine longueur, afin qu’on puisse passer à l’intercession et que celle-ci reste le centre de la prière.     

 

                        La prière d’intercession se développe en trois parties, un peu comme la collecte :

 

                     l’introduction, avec l’invocation, et une brève anamnèse ou demande

                     les diverses intentions

                     la finale, qui rappelle celle de la collecte : 

-           « par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, … Amen », ce dernier dit par l’assemblée ou par le pasteur et l’assemblée  

                             ou chanté comme après la collecte.

          Le Notre Père suit directement, sans invitation, les gens sachant qu’on

          enchaîne.

-        «  par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui nous a appris à te dire :    

          Notre Père… »

 

                        L’enchaînement du Notre Père après l’intercession est souvent fort maladroit  dans beaucoup de paroisses. Soit on enchaîne sans transition après le Amen : les paroissiens savent depuis des années que le Notre Père est dit en commun. Inutile de les traiter en igno-rants et de rappeler par une lourde introduction : « et toutes nos prières, nous voulons, etc… », ou pire : « je vous invite à prier le Notre Père ensemble ! », toutes phrases qui perturbent le recueillement de la prière. Soit on emploie la phrase de transition citée plus haut : «  qui nous a appris à te dire : », classique, sobre et claire.  Le mieux est la première manière, qui ne fait aucun problème. Pour que la seconde apparaisse et serve de rappel à l’assemblée, on peut l’employer de temps à autre. Cette formule : « Comme ton Fils nous a appris à le faire, est une reprise de la formule d’introduction du Notre Père dans la Sainte Cène, après l’épiclèse : « Rassemble toute ton Eglise dans ton Royaume, afin que puissions un jour te prier comme ton Fils nous a appris à le faire : Notre Père

 

                        La fonction du Notre Père après l’intercession n’est pas de rattraper ce qui n’a pas été dit, étant entendu par ailleurs que l’intercession n’a pas la prétention de tout dire, sinon on y passerait quelques heures, sans être parvenu à la fin ! Le Notre Père veut rendre l’intercession universelle, ce qui est précisément relevé dans le nom de « prière universelle » qui lui est donné. C’est pour cette raison que, dans la célébration de la Cène, le Notre Père est déplacé après l’épiclèse et la didaché, pour rappeler le caractère universel de la Cène célébrée par tous les chrétiens du monde.

 

                        C’est la même raison qui fait qu’on sonne la cloche, avec une seule cloche d’ailleurs, appelée « Vàter unser Glock – cloche du Notre Père », comme on le fait pour la Confession de la foi. D’un village à l’autre et, en ville d’une église à l’autre, on entend la sonnerie, et les malades qui ne peuvent se rendre au culte peuvent prier le Notre Père en commun avec l’assemblée cultuelle. Cette sonnerie est une illustration de la communuion des saints, elle rend audible la communion dans le Notre Père. L’Angélus a la même fonction universelle. Dans beaucoup de villages, il est encore sonné à midi et à 18 heures.

 

              b )     les demandes ou intentions :

 

                        Les demandes se développent en cercles concentriques, comme ceux qui se forment quand on jette une pierre dans l’eau, allant du centre vers la périphérie, du plus proche au plus lointain. On commence à prier pour l’Eglise et la paroisse réunie au culte. Avec la belle formule ancienne : «  Prions en paix pour l’Eglise, Lasset uns in Frieden beten für die Kirche…»  La paroisse qui prie est au centre du cercle, elle se « jette à l’eau » en priant, et sa prière forme des cercles de plus en plus larges :

 

A.    L’Eglise :

 

1er cercle :  les paroissiens, enfants, parents, ceux qui sont là, ceux qui habitent la paroisse, les

                  absents…

2e cercle :   les malades, les vieux, les voyageurs,  les prisonniers, ceux qui ne peuvent pas ve-

                   nir au culte…

3e cercle :   les responsables de l’Eglise, pasteurs,  organistes, sacristains conseillers presbyté-

                   raux, présidents et dirigeants de nos Eglises…

4e cercle :   l’Eglise au loin, les Eglises de France, les Eglises en Europe, dans le monde, les

                   missions, les nouvelles Eglises… 

 

B.    Le monde :

 

5e cercle :   la commune, le village, la ville, le département, le pays…

6e cercle :   les dirigeants politiques, économiques, les responsables des autres, médecins,

                   juges, militaires, ici et dans le monde…

7e cercle :   les affamés, les chômeurs, les réfugiés, les persécutés pour la justice…

8e cercle :   les ennemis, les persécuteurs, les criminels, les prisonniers, les rejetés de toute 

                   sorte,

 

                        Selon le dimanche, on peut bien entendu développer l’un ou l’autre de ces cercles. On peut en enlever, tout en gardant le plan, qui permet de garder un fil conducteur. Il existe beaucoup de prières d’intercession imprimées, auxquelles, selon cette règle, on peut ajouter ou retrancher. Badische Agende donne une remarquable série de ces prières «  à tiroirs ». Garder un style clair, s’exprimer en phrases plutôt courtes, éliminer le jargon, rester concret : il faut que le paroissien puisse suivre la prière et la faire sienne.

 

     c)   les trois types de prière d’intercession ou universelle :

 

                       Il y a trois types de prière universelle, avec de jolis noms grecs :

 

  la prosphonèse = pro-noncée par un seul officiant, ou plusieurs successivement.

  l’ekténie = prière é-tendue, prononcée par un officiant, ou des officiants successifs, qui in-

      vitent l’assistance à prier en disant :  «  nous te (t’en) prions,  Seigneur »,  à quoi celle-ci

      répond en parlant ou chantant : « Seigneur, exauce-nous », ou « prends pitié », ou « Kyrie 

      eleison ».

  la prière diaconale = avec diacre, dans laquelle deux officiants, le diacre = serviteur, qui

      peut être un laïc, et le pasteur alternent: le diacre dit pour quoi on prie, le pasteur dit

      la prière annoncée, l’assemblée répond : « Seigneur, exauce-nous », ou une autre réponse.

     

      Par exemple : diacre   : prions pour l’Eglise, pour la prédication de l’Evangile :

                             pasteur : Seigneur Dieu, nous te prions pour ton Eglise :

                                            garde-la dans la foi, le courage, l’engagement,  et la patience dans

                                            toutes les souffrances.    

                                            Fais avancer ton règne et fortifie les prédicateurs de ta parole.

                                            Par Jésus-Christ, nous te prions :

                             assemblée : «  Seigneur, exauce-nous ».

      De fait, dans la prosphonèse il y a un seul « membre ou groupe actif »: l’officiant, ou les officiants selon le cas ; dans l’ekténie, il y en deux : l’officiant et l’assemblée ; dans la prière diaconale, il y en trois : le diacre, l’officiant et l’assemblée.

 

                        A la fin de la prière, il faut faire dire ou chanter l’ Amen par toute l’assemblée, selon la règle plusieurs fois rappelée : «  l’Amen est au peuple ».

 

d)   le Notre Père :

 

                        Il est la prière de référence des chrétiens et de l’Eglise, de lui sortent toutes les prières, en lui elles aboutissent. Cela ne l’empêche pas d’être une prière comme une autre. C’est pourquoi il faut réfléchir aux attitudes : l’intercession se fait debout et on passe ainsi naturellement et sans transition au Notre Père. Absurdité constatée çà et là : on laisse les gens assis pour l’intercession, puis on leur donne l’ordre de se lever pour le Notre Père ! Au nom de quoi ? Le Notre Père aurait-il une dignité supérieure aux autres prières ? Que non : il n’est pas un texte sacré, il est un modèle, défini comme tel par Jésus lui-même. La preuve : il y a deux textes différents, que, si on avait voulu les sacraliser ou liturgiser , on aurait unifiés. Si donc on est assis pour l’intercession, qu’on le reste aussi pour le Notre Père. Cela vous paraît-il curieux ? Alors, qu’on se lève pour toute prière, comme cela s’est toujours fait , également dans les Eglises réformées, pour lesquelles la liturgie de 1963(la verte) dit qu’on se lève, comme le faisait déjà Calvin  !

 

                        On peut chanter le texte ; Il existe de belles versions grégoriennes, difficiles à pratiquer d’emblée avec une paroisse non exercée, mais relativement faciles à apprendre. Il existe des versions plus récentes, telle celle de Rimski-Korsakov, du 19e Siècle russe, et des modernes, telle celle de Roger Trunk, qui sont excellentes. Là aussi, enchaîner sans transition ou lourde cheville. Il suffit d’annoncer avant la prière, ou pendant les annonces, qu’on chantera le Notre Père. Ou l’entonner, sans autres, comme c’est courant dans certaines églises : l’assemblée suit sans problème.

 

                        Le Notre Père, comme la Confession de la Foi, a valeur universelle. C’est pourquoi il est accompagné par la sonnerie des cloches.

 

 

7 .   LA SORTIE DU CULTE :

 

MOT D’ENVOI, CHANT DE SORTIE, BENEDICTION, MUSIQUE

 

 

                a )    l’ordre de la partie finale du culte :   

 

                        La partie finale du culte est appelée « sortie », parce qu’elle fait écho à « l’entrée » et nous rappelle que le culte est une halte sur le chemin vers le Royaume. Nous sommes entrés chez Dieu, il nous a rassemblés, il nous renvoie dans le monde, nous sortons avec sa bénédiction. Les Allemands résument cela dans l’expression « Sammlung und Sendung », « rassemblement et envoi », qui apparaît comme titre d’une rubrique les livres de cantiques. Cette partie doit être convenablement pensée et structurée, car, à la sortie, il s’établit un dialogue à deux niveaux :

     

                 entre le pasteur et l’assemblée                              entre la communauté et Dieu

 

            P + A :            Intercession + Notre Père                   nous nous adressons à  Dieu

                   :                     Mot d’envoi                                     Dieu s’adresse à nous

 

            A       :                   Chant de sortie                              nous nous adressons à Dieu

            P        :                     Bénédiction                                      Dieu s’adresse à nous

 

Il faut la mener de façon dynamique, sans parlote dérangeante, pour lui donner du mouvement, comme on l’avait fait pour l’entrée. Introductions courtes aux parties :

 

            pour le mot d’envoi :  rien, il se suffit par lui-même, par le ton employé

            pour le chant de sortie : dire l’incipit = début du texte, par exemple : « Sur le chemin

                                                   où tu m’appelles », orgue et paroisse entonnant directement

            pour la bénédiction : rien, elle se suffit par elle-même, ou au plus : « recevez la

                                              bénédiction du Seigneur ».

 

 Inutile « d’inviter à se lever » ou à autre chose : les gens sont debout depuis la prière d’intercession, dans la position de ceux qui attendent l’ordre de Dieu de partir dans le monde. 

 

                        Dans certaines paroisses, il y a des ordres particuliers. On trouve le « Benedicamus = bénissons le Seigneur » et le « Deo gracias = rendez grâces à Dieu », dits ou chantés :

 

P.       Lasset uns danksagen dem Herrn, unserm Gott !          Ps 118/1 et Ps 136/1                                                                       

                    Rendez grâces au Seigneur, notre Dieu ! 

                A.   Wir danken dem Herrn, denn er ist freundlich, und seine Güte währet ewiglich!

                                    Nous rendons grâces au Seigneur, car il est charitable, et sa bonté dure

                                    éternellement !

 

Le Benedicamus et le Deo gratias sont d’habitude avant la bénédiction. Pour éviter la rencontre avec le chant de sortie (qui trouve son origine dans un développement du Deo gratias), on place alors celui-ci après la bénédiction. On obtient l’ordre suivant : 

                                                                 

                                            Intercession + Notre Père

                                                     Mot d’envoi

                                                     Benedicamus + Deo gratias

                                                     Bénédiction

                                                     Chant de sortie

 

 

                 b )   le mot d’envoi :    

 

                        Appelé Schlussspruch en allemand = verset final, il provient généralement  d’un psaume, et est accompagné de deux, trois ou quatre Halléluia. Car il peut se chanter, et selon la mélodie, il y aura un nombre variable de Halléluia, ce qui peut se retrouver dans le texte non musicalisé. Quand on dit simplement ce verset, on conserve les deux Halléluia qui terminent la demi-phrase.  Pendant le Carême,  les Halléluia tombent. Voici un exemple :

 

        ( Halléluia),  Rendez grâces au Seigneur, notre Dieu, Halléluia,

                             Car éternel est son amour, Halléluia, (Halléluia)

 

                        Le texte est souvent lié au mot d’ordre et au thème du dimanche. A cause  d’une certaine confusion née de ce rapprochement, certains placent le mot d’ordre à cet endroit. Mais c’est le même problème que quand on met le mot d’ordre au début : on lui enlève sa place naturelle avant, ou après, les lectures. Et on appauvrit le culte en se privant d’une pièce qui est bien à sa place.

 

                        Le verset final est aussi, dans sa forme, à mettre en parallèle avec le chant du Halléluia + Psaume + Halléluia qui suit la lecture de l’épître pour introduire l’évangile. Chaque dimanche et fête a son Schlussspruch propre. Attention : si on pratique le Halléluia développé après l’épître, il faut veiller à ce que le Schlussspruch ne reprenne pas le même texte : vu la variété des textes proposés dans les liturgies, telles Badische Agende et Erneuerte Agende, cela peut arriver.          

 

                        Le mot d’envoi a une forme proclamative et dynamique, il faut l’adresser avec énergie et sur un ton festif à l’assemblée, laquelle en écho entonne le chant de sortie. Celui-ci se ressent nettement du Schlussspruch, quand celui-ci est « lancé » fermement dans l’assemblée.

 

                  c)    le chant de sortie :        

 

                        Plusieurs possibilités s’offrent :

 

- les classiques chants de sortie, qui figurent dans les livres de cantiques.

 

- la dernière strophe du cantique d’entrée, si elle s’y prête. Le cantique formera comme une grande parenthèse enserrant le culte. Exemple : NCTC 204 Le Sauveur est ressuscité, dontla 4e strophe : « Gloire à toi qui nous rends vainqueurs », peut faire une strophe de sortie. Ou bien la 5e strophe de « Ouvrez les portes, haussez-les » ABD 501, qui est la traduction de « Macht hoch die Tür », chant du 1er de l’Avent dérivé du Psaume 24, psaume d’entrée propre de ce dimanche. Cette strophe dit : « Oh ! viens, Jésus, mon Rédempteur : Voici, je t’ai ouvert mon cœur ». Elle achève bien le culte, et ouvre sur toute la semaine.

 

              Il est à remarquer que cette manière de faire est plus difficile dans le domaine français, avec les livres tels NCTC et ARC ou ALL. Car, au contraire des Psaumes huguenots qui ont de nombreuses strophes, les cantiques y sont conçus dans l’idée d’être chantés d’un seule traite, et se réduisent à une longueur de trois à cinq strophes en moyenne. Le plus souvent, la dernière strophe ne peut pas être séparée, car elle dépend des précédentes et ne peut se suffire à elle seule. En revanche, dans le domaine allemand, de nombreux cantiques s’y prêtent , car ils ont jusqu’à dix ou douze strophes composées par groupes de trois ou quatre, dont la dernière forme conclusion de l’ensemble et peut donc facilement devenir un chant de sortie.  

 

- on peut faire de même avec la dernière ou les deux dernières strophes d’un des cantiques qu’on a chantés  au cours du culte, en particulier du 3e chant, après la prédication. Nous avons déjà vu que pour le graduel on peut chanter avant l’évangile la première ou les deux premières strophes du « 2e chant » qui précède la prédication, et encadrer ainsi l’évangile. De  la même manière on peut encadrer la partie finale du culte, après la prédication, en utilisant le 3e chant pour ce faire. Veiller bien entendu à ne pas employer ces structures identiques dans le même culte, sauf exception toujours possible dans certains cultes particuliers qu’on structurera volontairement de cette façon.

 

- tout autre chant ou strophe de chant dont le thème s’accorde avec celui du dimanche, en particulier les chants caractérisant les périodes festives, telles que Noël, Pâques, etc…  

 

- dans les périodes festives, on peut choisir un chant qui restera durant toute la période, par exemple le même  pour les 4 dimanches de l’Avent,  le même pour Noël  et les 2 dimanches qui suivent.

 

- ou encore un chant qui par son thème  annonce le dimanche qui suit, et fait le pont entre les deux. Par exemple, au 1er Avent : « Ouvrez les portes, haussez-les » ABD 501, traduction de « Macht hoch die Tür ». La cinquième et dernière strophe prépare le deuxième dimanche de l’Avent.

 

- on peut prendre aussi, dans beaucoup de chants allemands et quelques français, la dernière strophe, qui parle d’aller vers l’éternité et vers la mort, marquant ce qu’on a déjà dit, que le culte est une étape et que nous repartons vers le Royaume.

 

            Voici quelques exemples pour le temps de la Passion :

 

            RA 73 = EG 88     Jesu, deine Passion, str 6                              Oculi

            RA 74 = EG 78     Jesu Kreuz, Leiden und Pein, str 11              Rameaux

            RA 76 = EG 85     O Haupt voll Blut und Wunden, str 10         Vendredi Saint        

            RA 77 = EG 77/8  O hilf, Christe, Gottes Sohn                          Passion en général

            RA 80 = EG 556   Seele, mach dich heilig auf, str 7                   Judica

 

-on peut choisir aussi les „Wir danken dir“ Lieder, les chants « Nous te rendons grâces », qui

 sont dérivés du Deo gratias de la fin du culte. Ils commencent par cette phrase : « Wir

 danken dir, Herr Jesus Christ, dass du… »,  « Nous te rendons grâces, Seigneur Jésus-Christ,  

 parce que tu … », et continuent par l’évocation d’une action du Christ.

 

        Voici les exemples de RA et EG :  Wir danken dir, Herr Jesus Christ, …

 

            RA 99 = EG 79        … dass du für uns gestorben bist                   Passion

            RA 109 = EG 107    ...  dass du vom Tod esrtanden bist                Pâques

            RA 120 = EG 121   ...  dass du gen Himmel gfahren bist              Ascension

            RA 268  = EG deest ...  dass du unser Erlöser bist                   Eternité (dernier Trinité)

           RA 371/3 = EG 462 ...  dass du unser Gast gewesen bist                Ste Cène

            RA 301 = EG deest ...  dass du das Lämmlein worden bist    Ste Cène dans la Passion   

 

Beaucoup de traductions de ces chants figurent sur mon sitre www. Chants-proyestants. Com. Dans les tables, employer la table d’entrée par le titre original.

   Ce vaste choix permet de varier et de s’adapter à chaque temps de l’année.

 

 

               d )    la bénédiction :

                       

        sa place :

 

                        En général, elle achève le culte. Dans certains lieux, on donne la bénédiction avant le chant de sortie : cela se défend parfaitement. Dans ce cas, le pasteur va de l’autel vers la porte de l’Eglise, pendant le chant, et se trouve en place pour saluer les gens. Ce qui rappelle l’ancienne tradition : de même qu’on est entré en cortège, le pasteur marchant devant, de même on sort, le pasteur précédant. Cette forme devrait être respectée dans tous les cultes d’installation et d’inauguration. Le mot employé pour installation en allemand , « Einführung » = « conduite dans », illustre bien le mouvement d’entrée et son corollaire de sortie.

                        La bénédiction est donnée, soit directement et sans introduction, soit introduite par la formule : « Recevez la bénédiction du Seigneur ». Si pour une raison ou une autre, l’assemblée était assise: annonces, remerciements, discours d’une personne autre que le pasteur, elle se lève à ce moment-là. Ne pas « l’inviter à se lever » : une paroisse normale sait qu’on se lève pour la bénédiction.

 

        son texte :

 

            trois sortes de texte existent :

 

a )  les bénédictions trinitaires :  en voici deux exemples : 

 

                       « Que le Seigneur (Dieu) tout-puissant vous bénisse et vous garde,

                       le Père, le Fils et le Saint-Esprit.  ( on peut faire ici le signe de la croix)

                       Allez dans la paix du Seigneur. Amen ».               

 

                       Ou encore la bénédiction de l’Eglise latine :

 

                       « Que la bénédiction du Dieu tout-puissant,

                       le Père et le Fils et le Saint-Esprit  ( signe de croix)

                       descende sur vous et demeure pour toujours. Amen ».

                                        ( Benedictio Dei omnipotentis, Patris et Filii et Spiritui Sancti,  

                                          descendat super vos et manet semper. Amen. ) 

 

 

La bénédiction de l’Eglise latine :

 

                 Cette bénédiction est très intéressante : c’est celle que le pape prononce depuis le balcon de St Pierre à Rome, centre du monde catholique, « Urbi et Orbi », sur la Ville (Rome) et le monde. Il la prononce en latin, langue inspirée comme l’hébreu et le grec, d’après le Concile de Trente : cela fait de la traduction de Saint Jérôme, la Vulgate, un texte inspiré au même titre que la Torah hébraïque et le NT grec, et du latin la langue obligatoire du culte romain et des encycliques papales. De ce fait, cette bénédiction a dans l’esprit romain une valeur universelle. Elle peut d’ailleurs être prononcée par tout prêtre dans cet esprit universel. Or nous, les protestants, sommes les héritiers de l’Eglise ancienne, grecque et latine, au même

titre que les catholiques. Dire cette ancienne bénédiction nous rappelle que la grâce de Dieu

est à tout le monde, et que tout le monde peut la prononcer, selon la règle du sacerdoce universel.

 

 

b)   les bénédictions vétéro-testamentaires :   l’exemple le plus connu est la bénédiction dite

                                                                « aaronique », parce que prononcée par les prêtres juifs, les fils d’Aaron, selon Nombres 6/24-26:

 

                      « Que l’Eternel (le Seigneur) te bénisse et te garde !

                         Que l’Eternel (le Seigneur) fasse luire sa face sur toi et t’accorde sa grâce,

 

                         Que l’Eternel (le Seigneur) tourne sa face vers toi et te donne sa paix. »

 

            On peut la mettre au pluriel : «  vous bénisse ». Elle comporte la triple invocation de Dieu, ce qui rappelle le nombre trois, symbole de la puissance et de la victoire de Dieu ( comparer avec : « ressuscité le troisième jour » ). On y ajoute généralement : « Allez dans la paix du Seigneur. Amen. »

      

c)  les bénédictions apostoliques :      elles reprennent l’exemple des  apôtres dans leurs 

                                                               lettres : une salutation d’entrée qui renvoie à une bénédiction de sortie, comme signalé dans le chapitre « entrée du culte ». Voici celle de la fin de II Corinthiens (13/13 ) :

 

                         Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ,

                          L’amour de Dieu, le Père,

                          Et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. Amen    

 

                     Concordance entre la salutation d’entrée et la bénédiction :

                    

                         Nous avons déjà abordé ce point pour les salutations d’entrée. Il y en a trois types, comme pour la bénédiction : la trinitaire, l’apostolique, la vétéro-testamentaire. Il est bon de rester dans le même type pour les deux choses. Si on a commencé le culte par une salutation vétéro-testamentaire, que la bénédiction le soit aussi. Ce n’est pas une loi évidemment, mais c’est logique, et cela permet de varier d’un dimanche à l’autre de façon cohérente, au lieu de faire se suivre des textes hétérogènes.

 

                      Qui bénit ?

 

                         La bénédiction est donnée par le pasteur, ou l’officiant : lecteur, prédicateur laïque, responsable laïque de l’Eglise. Cela suppose la formulation en « vous bénisse et vous garde », et non en «  nous bénisse et nous garde ». Le nous exprime une prière : il correspond à une prière de bénédiction, une épiclèse, comme on en trouve une dans la Sainte Cène. Le « nous » n’exprime pas le don « physique » de la bénédiction de Dieu sur le fidèle et la pa-roisse, par l’intermédiaire du pasteur. Il est clair que le « vous » s’impose.

 

 

La bénédiction finale : fonction pastorale ou cléricalisme ?

 

                        Certains contestent cela par des arguments « pseudo-démocratiques » ou « anti-romains », disant que le pasteur n’est pas plus qu’un laïc : mais pourquoi est-il devenu pasteur, disent les paroissiens ? Ces gestes et paroles rappelleraient Rome, alors qu’on les trouve dans l’Ancien Testament déjà ! Ou encore, quand c’est un lecteur, qu’il n’est pas pasteur : mais, s’il préside le culte, cela fait partie de son mandat, puisqu’il remplace le pasteur et que sa présidence du culte a autant de valeur que celle du pasteur. Le pasteur ou l’officiant n’est pas plus qu’un homme, comme l’empereur et le général en chef, mais il remplit une fonction, comme ces deux derniers. C’est le sens du mot officiant : remplir un office, une fonction. Dans le culte, chacun a sa fonction : l’organiste, le sacristain, les collecteurs, les lecteurs, le paroissien, etc… Ce qu’on demande à chacun, c’est de remplir sa fonction correctement, « recte » comme dit la Confession d’Augsbourg. Donc au pasteur d’être le pasteur, chargé par son office, son mandat, de bénir les fidèles de la part de Dieu.

 

        les gestes :

 

                        Deux gestes accompagnent la bénédiction :

 

les paumes des mains en direction de l’assemblée :

 

            C’est le geste aaronique, cité dans Nombres 6/26. Il consiste à « poser » la berakat = bénédiction et le Nom de Dieu, sur le peuple, physiquement. C’est pour cette raison que, dans la bénédiction individuelle : baptême, confirmation, mariage, maladie, etc…, on pose les mains, c’est à dire on les « impose » sur la personne, afin qu’il y ait un contact physique. Comme ce contact direct avec une assemblée n’est pas possible, on lève les mains par dessus la masse, symboliquement, mais réellement. Les prêtres juifs divisaient leurs doigts levés en trois groupes : le pouce, l’index et le majeur, l’annulaire et l’auriculaire, ce qui devait, dit-on, rappeler des cornes, symbole de la force de Iahvé, et rendre Dieu visible. Ce geste de lever les bras, paumes orientées «  vers le peuple », accompagne parfaitement le texte de la bénédiction aaronique. De plus, il nous relie à l’ancienne alliance et au culte du Temple.

 

-  soit :   le signe de la croix :

 

            Dans l’Eglise, on a développé des bénédictions proprement chrétiennes, telles celles des apôtres déjà citées, et des formules trinitaires plus élaborées, elles aussi citées plus haut, accompagnées seulement du signe de la croix. C’est le cas pour la seconde citée: « Que la bénédiction de Dieu le tout-puissant, le Père et du Fils et du Saint-Esprit descende sur vous et demeure pour toujours » : on fait simplement le signe de croix, qu’on commence dès la mention du Père.

 

           On peut combiner les deux gestes, commençant par la forme aaronique et terminant par la chrétienne. On peut de toute façon varier d’un dimanche à l’autre ou d’une période à l’autre.

 

                                                                   Yves Kéler

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Qui Suis-je?

 

Pasteur retraité de l'Eglise luthérienne de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine.

 

 

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KELER Yves

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