« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

 

3e partie LES MALADRESSES A EVITER  LA SAINTE CENE

 

Chers collègue et correspondants, voici la 3e partie de mon travail sur les maladresses à éviter dans la célébration des cultes, cette fois concernant la Sainte Cène. Cet envoi a été retardé par les ennuis de santé qui m’affectent depuis 2016. Cette fois il s’est déclaré un cancer du cuir chevelu, heureusement d’un type qui ne produit pas de métastases. J’ai donc été opéré, pelé d’une partie de la peau et greffé. Dieu merci, tout s’est bien passé et je suis en convalescence. J’ai pu travailler chaque jour un peu pour achever cet article dont je vous souhaite bonne réception. Je vous souhaite aussi une belle période de l’Avent et des cultes de Noël réjouissants.           Yves Kéler

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LA SAINTE CENE

 

Remarques préliminaires

 

La Sainte cène est depuis longtemps le parent pauvre du culte protestant en France. Beaucoup d’initiatives erronées et malheureuses ont été entreprises, contrairement aux liturgies des Eglises, qui ont entraîné une dénaturation de la liturgie de la Cène et de la pratique de la communion. Vu le faible substrat dogmatique de la plupart des paroisses et de leurs pasteurs, ces derniers ont pris toutes sortes d’initiatives irréfléchies et dont les conséquences n’ont pas été calculées. Le cléricalisme joue ici un grand rôle. Chaque pasteur se croit investi du rôle de dominateur de sa paroisse et impose ses idées, le plus souvent en fonction de l’air du temps. Par exemple, la manie antimilitariste des milieux chrétiens modernes a entraîné la suppression de l’expression « Dieu des armées » dans le Sanctus de la Cène, remplacée par « Seigneur du monde », ce qui est autre chose que la seigneurie sur les armées d’anges et de puissances célestes dont parle Esaïe. Ou encore la suppression du vin, sous prétexte de lutte contre l’alcoolisme. Les évêques de l’Antiquité résolvaient le problème en ne donnant pas la coupe aux alcooliques. Ou bien encore la pratique des gobelets individuels par souci d’éviter les contagions, phantasme hygiéniste moderne et bien-pensant. De même, la crainte psychologiste de « culpabiliser »  le paroissien a entraîné la disparition du culte de la Cène de la pénitence et de la confession solennelle des péchés avec l’absolution. Nous reviendrons en détail sur chacun de ces points infra. Dans la suite de cet article, je voudrais proposer des solutions sensées à ces problèmes et rendre à la célébration de la Cène sa splendeur et sa dignité.

 

Les grandes divisions de la liturgie de la Cène

 

La Cène classique se décompose en parties, comme suit :

 

1. La confession des péchés préparatoire et l’absolution, avec les chants en rapport

2. Le chant d’entrée de la Cène

3. L’offertoire et la préparation de la table et des espèces

4. La salutation d’entrée et le dialogue eucharistique

5. La préface et le Sanctus

6. La prière eucharistique

7. Les paroles d’institution

8. L’anamnèse ou mémorial, l’Epiclèse ou prière au Saint-Esprit

9. Les mémoriaux

10. L’Agnus Dei

11.La fraction et le Sancta sanctis

12 La prière d’humble accès et l’invitation

13. La communion

14. L’action de grâces

15. Le chant final de la Cène

 

        La suite du culte : mot d’envoi et bénédiction

 

1. La confession des péchés préparatoire et l’absolution :

 

       Dans la question des sacrements, Luther est sorti du schéma médiéval imposé au 13e siècle des 7 sacrements et les a réduits aux sacrements nécessaires au salut institués par le Christ : le baptême et la Cène. Il écrit : « Sacramenta sunt tres : baptisma, altari et poenitentia – Les sacrements sont 3 : baptême, de l’autel et pénitence. » Les deux premiers avaient bien été institués par le Christ, et sont devenus des moyens de grâce dans l’Eglise. Il hésitait pour la pénitence, car il n’est pas prouvé que le Christ l’aurait instituée, parce qu’elle existait auparavant dans le judaïsme. La pénitence chrétienne a son fondement dans Jean 20/19 – 23. Luther décida de la rattacher à la Cène, pour préparer le fidèle à communier dignement, conformément à la prescription de St Paul. Ce qui lui fit dire ailleurs : « Sacramenta sunt duo : baptisma et altari – les sacrements sont deux : baptême et Sainte-Cène. Il attachait une grande importance à la pénitence et composa lui-même une prière de confession devenue classique : » Ich armer, sündiger Mensch, bekenne vor dem allmächtigen Gott, fads ich manigfaltig desündigt habe, nicht allein durch … sondern auch durch…- Je confesse ici devant Dieu, moi qui suis un pauvre pécheur, que j’ai, hélas, grandement offensé ce Dieu très saint, non seulement par des péchés grossiers et manifestes, mais encore par incrédulité, impiété, jalousie et haine, et par d’autres fautes secrètes et cachées que mon Dieu connaît mieux que moi-même. Je regrette tous ces p échés,… » Cette confession était prononcée en commun par toute l’assemblée, et dans quelques rares paroisses elle existe encore, dite par le pasteur seul, parfois à genoux devant l’autel.

 

       Viennent ensuite les questions posées par le pasteur à l’assemblée : Est-ce bien là la confession de vos péchés ? alors répondez OUI. L’assemblée répond OUI. 2 Regrettez-vous ces péchés et demandez-vous leur absolution par Dieu, croyez-vous que mon absolution est celle de Dieu ? alors répondez OUI. L’assemblée répond OUI 3. Voulez-vous avec l’aide de Dieu et de son Saint-Esprit mener désormais une vie conforme à la volonté de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ ? alors répondez OUI. Ce dialogue pénitentiel est suivi de l’institution de la pénitence par le Christ dans la nuit de Pâques : « Notre Seigneur Jésus-Christ ressuscité, le soir de Pâques dans la Chambre haute, dit à ses disciples : « La paix soit avec vous. Recevez le Saint-Esprit. Allez et annoncez à tous le pardon de leurs péchés. Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés, ils leur seront pardonnés. (Ceux à qui vous ne les pardonnerez pas, ils leur seront pardonnés.*) Conformément à cet ordre du Seigneur Jésus, (en tant que ministre ordonné de

*Cette partie peut-être omise

l’Eglise) je vous déclare pardonnés et libres de tous vos péchés, afin qu’ils vous soient pardonnés aussi parfaitement que le Seigneur Christ l’a mérité par sa mort et sa résurrection, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »

 

       Cette absolution met en évidence que le pasteur agit en fonction d’un ordre du Christ et que son absolution est celle de Dieu, au nom de qui il parle, comme ministre ordonné pour la prédication de la parole et l’administration correcte des sacrements. Sa parole n’a pas de valeur hors de ce cadre. De même que dans les paroles d’institution de la Cène il prononce les paroles du Christ qui donnent valeur aux siennes, de même ici il se réfère obligatoirement au commandement instituant la pénitence chrétienne. C’est le sens de la phrase : « Croyez-vous que mon absolution est celle de Dieu ? » Les paroles du pasteur ne sont pas les siennes, elles sont celles Dieu auxquelles lui donne une voix compréhensible aux hommes. Ce n’est donc pas du cléricalisme comme certains le comprennent, mais de l’humilité dans le ministère. Le ministère exprime l’œuvre de Dieu envers l’homme, c’est là sa fonction.

 

      Cette pénitence était anciennement placée avant la célébration de la Cène. Depuis la 2e Guerre mondiale, on la place souvent à l’entrée du culte, à la place de la confession habituelle et des paroles de grâce. Cela résulte du fait qu’on a refait du culte de parole et de la Cène une unité. Souvent, on renvoyait les non-communiants avec une bénédiction. Ensuite commençait la liturgie de la Cène, avec un chant de Sainte Cène et la pénitence. Pour la forme de la pénitence actuellement, au début du culte, on procède ainsi. Le pasteur, et souvent toute l’assemblée, s’agenouille pour la confession des péchés et le chant qui suit, d’ordinaire le Kyrie, puis se lève pour la proclamation de l’absolution. Après celle-ci, un chant peut être chanté, généralement le « Gloria in excelsis – Gloire soit à Dieu au plus haut des cieux », expression de la grâce de Dieu chantée par les anges à Bethléem, et ouvrant le règne de la grâce avec la naissance du Christ.

 

      Cette pénitence avant la Cène joue un grand rôle curatif de pardon généralisé et réciproque, entre autres entre le pasteur et sa paroisse, et permet au fidèle de se savoir pardonné, et de savoir que ses vieux péchés sont effacés et qu’il n’a pas à les traîner avec lui. Il est libéré, devant Dieu et ses frères et sœurs, et n’a plus de raison de ses sentir coupable et de culpabiliser, comme on dit aujourd’hui par ce mot horrible et pas français. Il s’agit d’une véritable thérapie fraternelle agie par Dieu et le Christ.

 

2. Le chant de Sainte Cène

 

Avant la Cène se place un chant préparatoire. Les recueils allemands possèdent une rubrique importante de ces chants. Ra 1951 en donnait 15, EG en contient 16, tous des chefs d’œuvre de l’hymnologie protestante allemande. En France, vu la faiblesse hymnologique récurrente,  les recueils ne contiennent guère de bons chants de Saint cène. ARC est particulièrement pauvre : des 12 chants proposés, peu ont une réelle valeur, une bonne part est d’origine catholique et oublie le vin. Alléluia contient 18 pièces de meilleure facture dans l’ensemble.

    

       Le chant de l’assemblée fait participer celle-ci à la célébration de la Cène, trop souvent réduite au monologue pastoral.

      Sur mon site internet : www.chants-protestants.com,  sous « Chants français » le lecteur trouvera des chants pour la Cène ou chants de Sainte Cène. J’en donne un choix à la fin de cet article. Voir infra.2.

 

3. L’offertoire

 

      Il permet d’apporter sur la table les vaisselles et les dons, pain et vin, pour la célébration.

 

       Dans beaucoup de paroisses on a pris la mauvaise habitude de placer les espèces sur la table dès avant le culte, le pain prédécoupé ou les hosties, là où cette tradition a été maintenue, sur la patène ou dans une corbeille, le vin dans la ou les coupes. De ce fait on n’emploie plus les réserves, le pain ou les hosties dans le ciboire et le vin dans la cruche. Classiquement, les vaisselles ne sont pas d’emblée sur la table ou l’autel, mais attendent sur une table latérale dans le choeur, à hauteur de l’autel, et elles sont apportées de là et placées sur la table, la patène pour le pain à gauche depuis l’assemblée, à droite du corps du Christ sur la croix. Les coupes sont placées à droite depuis l’assemblée, c’est-à-dire à gauche de la blessure du Christ de laquelle coule son sang. Ceci est très clair quand un crucifix est placé sur l’autel, rappelant que sur ce dernier nul ne peut faire un nouveau sacrifice sanglant, ceux du Temple ayant été annulés par l’unique et suffisant sacrifice sanglant du Christ sur la croix. La théorie catholique du sacrifice de la messe, fait répéter le sacrifice du Christ sur l’autel, offert par le prêtre à Dieu, en contradiction avec l’épître aux Hébreux 10/1-18, qui fixe cette unicité du sacrifice du Christ annulant tout sacrifice ancien ou futur sur l’autel chrétien. (C’est pourquoi la liturgie réformée classique dit : « En commémorant ici le sacrifice unique et saint de notre Seigneur Jésus-Christ … »

 

       A l’offertoire, comme son nom l’indique, on va offrir à Dieu les dons qui vont permettre de célébrer le repas de l’autel, le pain et le vin. (A ce moment, on peut aussi apporter à l’autel l’offrande collectée de l’assemblée, qui est une dérivation ancienne de l’offertoire et placer celle-ci en position seconde vers l’arrière de la table.) Le geste est suivi d’une prière d’offrande, qui peut varier selon l’année de l’Eglise. L’offertoire peut être suivi d’un chant bref, une strophe, pour marquer la transition avec la salutation et le dialogue eucharistique.

 

4 Le dialogue eucharistique

 

       Il consiste à répondre à l’ordre de l’officiant d’élever les cœurs vers le Seigneur :

       Le Seigneur soit avec vous. Ass : et avec ton esprit.

        (Sursum corda) Elevez vos cœurs : au sens spirituel et physique, c’est pourquoi 

        l’assemblée se lève.

         Nous les élevons(ou : les tenons) vers (ou : près du) le Seigneur

        Rendez gloire au Seigneur, notre Dieu :

        Cela est juste et digne.

 

        Cette élévation des cœurs est plus qu’une consécration à Dieu et pour sa glorification. Elle préfigure les noces célestes. Nous allons célébrer ici sur terre ce que nous célébrerons un jour dans le Royaume. Rendre gloire à Dieu est juste à cause de son œuvre et digne de sa majesté et de notre être La réponse introduit à la préface, qui est la préface à la prière eucharistique dans laquelle nous rendons grâces à Dieu.

 

5. Préface (de la prière eucharistique)

 

« Il est digne et juste, c’est notre joie de te rendre grâces, Dieu tout puissant, Père éternel, Créateur du ciel et de la terre, par Jésus-Christ, (ton enfant) ton Fils, notre Seigneur,

 

partie mobile

Qui a porté la croix et y est mort pour nous sauver de nos péchés. Par lui, tout homme est réconcilié avec toi, Dieu, et a accès à ta grâce rédemptrice et à ton salut.

 

glorification de Dieu

C’est pourquoi nous te louons et te bénissons avec les anges ou : en communion avec toutes les puissances céleste, les anges et les rachetés les saints) de toute ton Eglise et chantons à ta gloire l’hymne éternelle de ta louange :

 

Sanctus

 

Saint, Saint, Saint est l’Eternel des armées, La terre entière est remplie de sa gloire. Hosanna au plus haut des cieux, Hosanna dans les cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna, Hosanna, Hosanna dans les cieux. »

 

La préface se divise en trois parties : L’introduction, la partie mobile concernant l’œuvre du Christ, qui change selon l’avancement de l’année de l’Eglise (Il existe ainsi une partie mobile par dimanche ou fête), la finale de glorification, qui introduit le Sanctus.

 

Dans l’introduction, 3 titres sont donnés à Dieu, probablement pour rappeler la Trinité : les classiques sont donnés plus haut, mais il peut y avoir des variantes. La formule « ton enfant » provient de la Didaché, qui l’emploie méthodiquement.

 

Le Sanctus n’est pas dans les premiers formulaires de l’Antiquité. Il n’est pas encore chez Hippolyte de Rome en 249. Il faut attendre Cyrille de Jérusalem (347-48) pour le trouver. Cette pièce a été intercalée dans la prière eucharistique qui était une prière continue jusque-là. De ce fait, la première partie de cette prière a été appelée « préface », la 2e ayant gardé le nom d’origine. Cette tradition du Sanctus est très belle et un beau Sanctus relève la célébration.

 

      Pour le Sanctus, il faut veiller à en chanter un dont le texte soit complet. Depuis la fin du Moyen Age, la tradition s’est établie dans l’Eglise romaine de rattacher le Benedictus des Rameaux au Sanctus au sens strict d’Esaïe 6, en introduisant celui-ci par le cri de la foule « Hosanna au plus des cieux », par lequel l’ensemble s’achève également. Actuellement on entend souvent des Sanctus d’origine catholique amputés du Benedictus, tel le N°ARC 863 Saint, Saint, Saint est le Seigneur. Cela provient de l’ancienne tradition que le Benedictus était chanté après la communion, comme chant eschatologique demandant au Christ de venir bientôt, selon ce que le Christ lui-même indique en Luc 13/9, en lien avec le thème du Maranatha. Quand cette imprégnation eschatologique avait quitté la messe, on décida de rattacher le Benedictus au Sanctus. C’était la situation en Allemagne au temps de Luther. Cette séparation des deux pièces ou leur attachement apparaît également dans les messes des grand musiciens, tels Richter, Mozart, Schubert, qui les composent de telle façon qu’on puisse employer l’une ou l’autre manière. Je donne plus bas une liste 1. Les Sanctus complets dans les recueils français actuels, nonobstant la suppression de « l’Eternel des armées. »

 

      Un autre affaiblissement du Sanctus est de supprimer le titre de Iahvé dans Esaïe 6 : « Dieu des armées ». Encore un exemple de l’invasion d’idéologies du monde dans le culte chrétien. Ici c’est l’antimilitarisme obtus et inculte, alors que ce titre signifie que Dieu est le maître des puissances célestes, qui le glorifient autour de son autel céleste, décrit aussi dans Ezéchiel 1.

 

6. Les paroles d’institution

 

      Ici nous rappelons pourquoi nous célébrons la Cène : C’est un commandement du Seigneur : «  Faites ceci en mémoire de moi, chaque fois que vous en boirez. »

 

      Les paroles véritables employées par le Christ, ne nous sont pas parvenues. Nous les connaissons par le truchement des apôtres, la forme la plus ancienne étant celle de Paul dans la 1ère Lettre aux Corinthiens, chapitre 11 (52 après J.C.). Les autres figurent dans les 3 synoptiques, Jean ne les donne pas. Chaque forme varie et reflète celle employée dans la communauté de l’écrivain. Peut- on les restituer ? Il semble, si on compare les textes, que pour le pain, la forme première était : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. » Le complément : « Rompu pour vous en rémission des péchés ; » proviendrait de la parole sur le vin. Elle forme une répétition pas nécessaire.

 

 La parole pour le vin a deux formes de base : « Buvez en tous : Ceci est mon sang de l’alliance. » ou chez Paul : « Cette coupe  est la communion au sang de notre Seigneur Jésus-Christ. » Il semblerait que dans les milieux pauliniens il y ait eu beaucoup de juifs d’origine, que l’idée de boire du sang horrifiait. Chacune de ces formes exprime la présence réelle du Christ et de son sang, la 1ère étant probablement la plus ancienne, que Paul a voulu atténuer dans la formule pour le sang, par respect pour la tradition des Juifs.

 

      Ces paroles simples ont été amplifiées et redoublées. En sorte que la forme de Paul est celle qui rallie le maximum de fidèles. C’est une bonne forme.

 

La présence réelle du corps et du sang du Christ, ou du Christ dans le pain et le vin

 

Se pose alors la question : « Qu’est-ce que le Christ a voulu dire ? » Que ce bout de pain, c’est lui ? Cela relèverait du cannibalisme que les chrétiens ont rejeté de tout temps. Que ce pain présent au milieu des fidèles représente sa présence parmi eux, non pas charnelle, mais spirituelle. Au Moyen Age, on n’a pas compris que la présence réelle du Christ peut être spirituelle. D’où la transsubstantiation. Il a fallu transformer ce pain en Christ, ce qui n’a pas de sens, car Christ à la Cène ne s’est pas mangé lui-même, le pain est resté du pain, la valeur ajoutée était la présence, comme au repas avec les Douze, où sa personne et le pain étaient bien là, mais pas confondus.

 

      C’est ce que Luther a bien compris et exprimé par la thèse de la consubstantiation. Le pain est là, physiquement, et le Christ aussi,  spirituellement.

 

   La solution est donc fort simple.  Charles Hauter, professeur de dogmatique à la Faculté de Strasbourg, disait que les anciens ne connaissaient pas cette idée d’une présence réelle spirituelle. « Le vocabulaire leur manquait. »

 

Que faire des espèces posées sur la table ? Pour être conforme aux paroles du Christ, il faut prendre le pain au moment de l’institution, pour reconstituer la scène. Le pasteur prononce les paroles au nom du Christ et présente à sa place le pain d’abord, puis la coupe de vin. L’assemblée se retrouve dans la Chambre haute. C’est ce qu’on appelle « théologie de la présentation ». Les réformés dans la théorie de la « représentation », ne présentent donc pas les espèces et les laissent sur la table. Calvin a varié dans ses explications : tantôt il se rapproche de Luther, affirmant la présence réelle du Christ, tantôt il s’en éloigne : les espèces ne portent pas le Christ, mais il est là spirituellement dans la communauté qui célèbre. De prendre ou de ne pas prendre les espèces en main ne change rien à la présence réelle spirituelle du Christ.

  

      Ces gestes et ces paroles doivent être dits et faits avec solennité, vu la présence du Christ. A ce moment il ne faut pas rompre le pain, si celui-ci a déjà été découpé, sinon oui. Plus loin on pourra le briser en morceaux pour la communion. Les paroles d’institution s’achèvent par le commandement du Christ : « Faites ceci en mémoire de moi chaque fois que vous en mangerez. »

 

7. L’anamnèse et l’épiclèse

 

Après l’institution, le pasteur repose les espèces et rappelle l’ordre du Christ.

 

C’est le mémorial, mot latin pour le grec anamnèse, rappel, mémoire : « C’est ainsi que nous commémorons les souffrances et la mort (salvatrice) de notre Seigneur Jésus- Christ, que nous nous réjouissons de sa résurrection (glorieuse), et que nous nous consolons de son départ auprès du Père, où il intercède pour nous et nous permet de prier ainsi :

 

Epiclèse (Invocation du Saint-Esprit)

 

       « Envoie sur nous, Seigneur, ton Saint-Esprit, et remplis de lui toute la maison de ton Eglise. Sanctifie ce pain (+) et sanctifie ce vin(+), afin qu’ils deviennent pour nous communion au corps et au sang de ton Fils,

Sanctifie-nous dans notre corps et dans notre esprit (+), afin que nous recevions tes dons dans la vraie foi et pour notre salut. »

 

(le signe (+) désigne les signes de croix que l’on peut faire sur les éléments et sur nous-mêmes, en signe de consécration à Dieu. Ces signes de croix n’ont aun caractère obligatoire : ils sont un enrichissement du sens. Dans certaines paroisses, l’assemblé se croise avec le pasteur.)

 

Didaché : Et comme les épis épars dans les campagnes sont maintenant réunis dans ce pain,

et comme les grappes, jadis éparses sur les collines sont maintenant réunies dans ce vin , sur cette table, ainsi, Seigneur, réunis un jour tous tes rachetés de toutes les extrémités de la terre dans ton Royaume, afin qu’un jour nous puissions te prier comme ton Fils nous a appris à le faire :

 

Notre Père, qui es aux cieux…

 

9. Les mémoriaux (rappel de personnes pour lesquelles on prie)

 

      Ces mémoriaux sont des intercessions, anciennement pour l’empereur et les gouvernants du pays et de l’Eglise, depuis pour toutes les personnes chères dans l’Eglise et le pays, les présidents des Eglises et ceux du pays, puis par ordre décroissant, diverses personnes, les malades, les mourants et même les morts. A la fin de ces intercessions, le Notre Père est dit, ou chanté, en tant que prière universelle. Sa finale protestante est « Aux siècles des siècles », la forme catholique étant pour les siècles des siècles. Arc et Alléluia donnent la forme catholique, selon le principe d’ignorance qui préside à ces bricolages de recueils.

 

Didaché : Et comme les épis épars dans les campagnes sont maintenant réunis dans ce pain,

et comme les grappes, jadis éparses sur les collines sont maintenant réunies dans ce vin, sur cette table, ainsi, Seigneur, réunis un jour tous tes rachetés de toutes les extrémités de la terre dans ton Royaume, afin qu’un jour nous puissions te prier comme ton Fils nous a appris à le faire :

 

Notre Père, qui es aux cieux…

 

10. L’Agnus Dei

 

      Avant la fraction, l’Agnus Dei est chanté : anciennement il était chanté pendant la préparation des corbeilles de pain ou des patènes, et la préparation des coupes et la répartition des espèces entre les distributeurs. Le peuple chantait autant de fois que nécessaire jusqu’à l’achèvement de la préparation. La dernière fois était chantée la strophe de la paix : « donne-nous ta paix. » Depuis l’introduction des hosties prédécoupées au Moyen Age, on a ramené le chant à trois fois : C’est la situation que Luther a trouvée et qu’il a suivie. L’Agnus forme une prière d’humilité avant la communion, d’où son importance.

    

     Il faut chanter la forme ancienne, donnée par Louange et Prière, qui dit : « oh ! prends pitié », et non celle de Alléluia : »prends pitié de nous », car cette dernière forme induit un glissando sur deuc notres sur la syllabe »prends » du plus mauvais effet. « Méfiez-vous des améliorateurs ! » disait un de mes profs.

 

     Il est très dommage que dans beaucoup de paroisses le pasteur ait supprimé l’Agnus au profit de son bavardage, car l’Agnus est un moyen de faire participer l’assemblée à la liturgie de la Cène. Il faudrait le rétablir, dans la forme de Martin Luther, qui l’a remarquablement traduit en allemand. La forme classique anonyme du 19e s. française est bonne.

 

La fraction

 

      Ici l’attention se porte vers les espèces. Le pasteur prend du pain ou une hostie, la montre , ou l’élève, et la brise, et dit : «  Ce pain que nous rompons est la communion au corps de notre Seigneur Jésus-Christ. », selon I Corinthiens 10.

 

De même, il prend la coupe, la présente et dit : « Cette coupe que nous bénissons est la communion au sang de notre Seigneur. » Ce faisant il tient la main gauche au-dessus de la coupe en signe de bénédiction.

 

Ces deux paroles proviennent de Paul, 2e aux Corinthiens 10/16. Dans ce passage, Paul cite d’abord la coupe, c’est pourquoi dans certaines liturgies on trouve cet ordre : « La coupe de bénédiction que nous bénissons… », « Le pain que nous rompons :.. .»

 

Le Sancta sanctis : les choses saintes sont pour les saints

 

     Ici se place une parole solennelle du pasteur : « Les choses saintes sont pour les saints » qui indique que c’est l’homme faible qui reçoit les dons puissants et saints de Dieu. A cette parole l’assemblée répond ou dit en commun avec le pasteur : « Un seul est saint, Jésus, le Christ, à la gloire de Dieu le Père. Amen. » Cette glorification de Christ Sauveur ramène au Père, seul Dieu tout-puissant, maître de tout ce que nous faisons et de ce qui s’opère dans la Cène.

 

Maranatha

 

Les fidèles qui communient et toute l’Eglise attendent le retour du Christ. Cette attente s’exprime ainsi : « Viens, Seigneur et unis-nous, fais de nous des frères et des sœurs. Maranatha ! Le Seigneur vient. Oui, Seigneur viens bientôt. »

 

Prière d’humble accès (Non sum dignus)

 

       Une dernière prière d’humilité avant la communion pour accéder à la table. Elle est faite de 2 versets bibliques successifs :

 

« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres chez moi, mais dis un mot et ton serviteur sera guéri », qui est la parole du centenier de Capernaum. Un temps de silence.

 

Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je célébrerai la Cène avec lui. » Cette réponse du Christ provient de l’Apocalypse.

 

Invitation

 

       Suit l’invitation, après un temps de silence : « Venez, car tout est prêt ! » parole du Maître du grand festin. Un grand geste d’accueil, les bras écartés, ponctue cette parole.

 

L’assemblée s’approche et, selon la coutume récente*, entoure l’autel. Que les premiers arrivés se placent directement derrière l’autel pour permettre aux suivants de se placer sans vaine bousculade en un cercle aussi net que possible.     * d’après la 2e Guerre Mondiale.

 

On peut aussi, selon la tradition ancienne, surtout si on ne peut contourner la table ou l’autel, se placer en une ligne devant l’autel, après chaque ligne servie, la prochaine se met en place, et ainsi de suite.

 

       Si les communiants sont nombreux, lors de rassemblements par exemple, il est pratique de faire une communion ambulatoire : les fidèles montent vers l’autel et sont accueillis par deux distributeurs de chaque espèce. Leur communion finie, les fidèles rejoignent leurs places.

 

Communion

 

La communion commence par celle des officiants. Ceux qui vont distribuer communient les premiers, selon la règle qu’on ne peut donner que si on a reçu. Pour ce faire, ils se placent derrière l’autel ou la table, bien au milieu. Le pasteur donne la communion à ses acolytes, puis l’un de ceux-ci la donne au pasteur. (Dans l’Eglise réformée au 16e siècle, le pasteur ne donnait pas la Cène aux fidèles. Les diacres, élus pour cela, le faisaient. Le cléricalisme au 18e s. a détruit cette forme de la distribution. Le pasteur s’est retrouvé seul a donner le sacrement.)

 

        Tous les distributeurs viennent à l’avant de l’autel et se rendent vers les fidèles en face d’eux (ou ceux-ci montent individuellement vers eux) et donnent d’abord le pain. Le mieux est que deux personnes soient là pour le pain et partent chacune dans l’autres sens. Les deux qui ont la coupe suivent. Cela est plus rapide, et permet ensuite à ces distributeurs de prendre une coupe et de la donner en renfort de ceux qui sont chargés de la coupe.

 

        Si le pasteur est seul avec deux distributeurs du pain, il peut donner le vin avec deux coupes. Pendant que la 1ère est donnée à un 1er communiant, il donne la seconde au 2e communiant devant lui, et reprend la 1ère coupe, qu’il a le temps de nettoyer, pour la donner au 3e communiant et ainsi de suite. Cela se passe très bien, et les paroissiens apprécient de ne pas rester debout trop longtemps.

 

Le mieux est qu’il y ait deux distributeurs pour la coupe, qui s’écartent comme pour pain. 4 distributeurs de chaque espèce permettent de commencer la communion devant l’autel et simultanément derrière.

 

       Après la communion en cercle, on peut faire se donner la main aux communiants et former un cercle autour de l’autel. Le pasteur rappellera en quelques phrases la portée de cette communion et achèvera par la formule de renvoi : « Allez dans la paix du Seigneur ! »

 

L’action de grâces

 

Après le repas l’action de grâces est nécessaire. Il faut toujours la prévoir, il arrive que certains pasteurs l’omettent et tronquent ainsi la célébration, A éviter.

 

Chant d’action de grâces

 

Après la prière se place un chant. Classiquement c’est le Cantique de Siméon, « Laisse-moi désormais ». Les Réformateurs l’ont mis en œuvre, Luther en composant son «  Mit Fried und Freud ich fahr dahin- En paix je pars vers Dieu, Calvin en faisant composer à Marot le célèbre texte « Laisse-moi désormais, Seigneur aller en paix » avec une mélodie de Loys Bourgeois. Depuis, d’autres chants d’action de grâces sont nés. Je donne plus bas une liste de ces chants.

 

Le Deo gratias

 

       Il est une prière dialoguée ou chantée, à laquelle s’attache tout de suite la bénédiction de l’assemblée :

 

Le pasteur :     Bénissons le Seigneur !

L’assemblée : Grâces soient rendues à Dieu.

Le pasteur :    Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

L’assemblée : Amen.

 

Sortie du culte

 

Jeu d’orgue ou d’instruments.
 

 

1. LISTE DES SANCTUS COMPLETS DANS LES RECUEILS RECENTS

nonobstant la suppression de «l’Eternel des armées »

 

Louange et Prière 1938

 

LP 531 SAINT, SAINT, SAINT est le Seigneur notre Dieu      de Bortnianski = ARC 862

 

Arc en Ciel 1989

 

ARC 864 Saint, Saint, Saint est le Seigneur                              de Roger Trunk= ALL 63/46

 

ARC 861=LP 530 Dieu saint, Dieu saint,Dieu très saint           de Steinau, attribué longtemps      

                                                                                                                      à Bach

 

Alléluia 2005

 

ALL 63/31 Saint est Dieu le Père, forme trinitarisée                 de Wittenberg 11e s.

 

Dans chacun de ces textes, on peut rétablir facilement « l’Eternel des armées

 

 

2. CHANTS POUR LA PREPARATION A LA SAINTE CENE, AUSSI POUR L’OFFERTOIRE

 

 Chant 1

 

 REJOUISSEZ-VOUS, FRERES, CHRIST EST ICI PRESENT               

 

Erfreut euch, liebe Seelen, Ein Wunder ist geschehn

 

Mélodie : Lob Gott getrost mit Singen                                   

             = Dans toutes nos détresses

 

1. Réjouissez-vous frères,

    Ici Christ est présent,

    Jésus, le Fils du Père,

    Là, dans le sacrement.

    Son corps sur cette table,

    La coupe de son sang,

    Sont les dons admirables

    De son amour puissant.

 

2. C’est ici que se trouve

    Le saint Agneau des cieux,

    Dont le sang versé couvre

    Nos fautes devant Dieu.

    Il est la nourriture

    Du cœur et de la foi,

    Par quoi le Christ m’assure

    Qu’il entre sous mon toit.

 

3. Quand notre vie s’achève,

    Quand vient l’amère mort,

    Vers Christ le cœur s’élève

    Pour qu’il nous mène au port.

    Nous recevons la Cène,

    Le gage du salut,

    Pour que Dieu nous amène

    Dans son royaume au but.

 

4. Jésus, je te rends grâces,

    L’honneur et le merci,

    Pour les dons que dispensent

    Ton corps, ton sang, ta vie,

    Placés sur cette table

    Pour fortifier la foi,

    Me rendre aussi capables

    De me donner à toi.

 

5. Viens, comble notre attente

    D’avoir ton sacrement.

    Rends-nous ta vie présente

    Toujours, à chaque instant.

    Et quand viendra notre heure,

    Que nous mourions en paix,

    Qu’en ta demeure sainte

    Nous te voyions de près.

 

6. Pardonne nos offenses,

    Car grande est ta bonté.

    Dans ton amour immense

    Tu peux nous protéger.

    Tu es présent là-même :

    Fais prospérer nos vies.

    Bénis ceux que tu aimes,

    Nos biens et le pays.

 

 

1. Erfreut euch, lieben Seelen  

    Ein Wunder ist geschehn,

    Von Engeln zu erzählen,

    Im Geiste nur zu sehn:

    In Brots- und Weinsgestalten

    Ist Jesu Fleisch und Blut

    Auf dem Altar enthalten,

    Das höchste Seelengut.

 

2. Verdeckt ist hier zu finden

    Das wahre Gotteslamm,

    Das aller Menschen Sünden

    Getilgt am Kreuzesstamm.

    Es ist der Seelen Speise,

    Wie uns der Glaube lehrt,

    Ernährt uns auf der Reise

    Und bleibt doch unverzehrt.

 

3. Wenn wir das Leben schliessen

    Und vor dem bittern Tod

    Mit Würdigkeit geniessen

    Dies wahres Himmelsbrot,

    Dann darf uns nichts erschrecken;

    Es ist ein Unterpfand,

    Dass Gott uns wird erwecken

    Ins bessere Vaterland.

 

4. O Jesus, deiner Liebe

    Sei Ehre, Lob und Dank!

    Du hast aus ihrem Triebe

    Zur Speise und zum Trank

    Dein Fleisch und Blut gegeben

    In Brotsgestalt verhüllt,

    Das unser innres Leben

    Mit Gnadenkraft erfüllt.

  

5. Entzünd in uns Verlangen

    Nach diesem Sakrament

    Ach lass es uns empfangen,

    Wann Leib und Seel sich trennt,

    Dass wir in Frieden fahren,

    Von allen Sünden rein,

    Zu deinen Engelscharen

    Und ewig bei dir sein.

 

6. Erbarme dich der Sünder,

    Denn deine Huld ist gross.

    Sieh, Vater, deine Kinder,

    Nimm sie in deinen Schoss.

    Du bist hieselbst zugegen,

    Beglücke jeden Stand,

    Gib allen deinen Segen

    Uns und dem Vaterland

 

 Texte

Erfreut euch, liebe Seelen, Ein Wunder ist geschehn
Anonyme ? Ateur non indiqué origine catholique

Strophes 1 à 5 dans
Laudate : recueil catholique
Gesänge aus dem katholischen Andachtsbuche
Laudate, im Gebrauch bei den Volksandachten
im Bistum Augsburg, Augsburg 1904,
Für das heilige Fronleichnams FestNr 114

 

Ce chant est un chant de messe catholique, qui affirme la présence réelle physique du corps du Christ et de son sang sur l’autel. Dans la théologie de consubstantiation luthérienne, le Christ est aussi présent réellement mais façon spirituelle, associé aux espèces. Ce chant peut être chanté dans cet esprit-là.

 

Chant 2

 

O NOURRITURE SAINTE
O allerhöchste Speise
O esca viatorum

Mélodie : O Welt, ich muss dich lassen

 

 

 

1. O nourriture sainte,

    Sur le chemin qu’emprunte

    Mon cœur, vrai pain du ciel,

    Entre en ma vie et calme

    Ma faim et mes alarmes,

    Corps saint du Christ Fils éternel.

 

2. Comme un courant d’eau douce,

    Que coule en moi la source,

    Sang pur, de mon Seigneur;

    Guéris la soif de l’âme,

    Rends-lui la paix, le calme,

    Par ton breuvage, Christ Sauveur.

 

3. Nous te faisons confiance

    Sous ta faible apparence,

    Dans ton humilité.

    A travers cette Cène

    Christ, au ciel tu nous mènes

    A contempler ta majesté.

   

 

1. O allerhöchste Speise

    Auf dieser Pilgerreise,

    Du wahres Himmelsbrot!

    Wollst unsern Hunger stillen,

    Das Herz mit Gnad erfüllen,

    Uns retten von dem ewgen Tod

 2. O süsser Brunn des Lebens,

    Fliess nicht für uns vergebens,

    Du meines Heilands Blut.

    Lösch aus den Durst der Seelen,

    So wird uns nichts mehr fehlen,

    O allerhöchstes wertes Gut!

 

3. Mit Glauben und Vertrauen

    Wir dich bedeckt anschauen

    In dieser Niedrigkeit;

    Ach, lass es einst geschehen,

    Dass wir im Himmel sehen

    All deine hehre Herrlichkeit!

 

     

Texte

O allerhöchste Speise , origine catholique,
d’après Esca viatorum
Auteur de la traduction non signalé :
apparaît dans
Katholisches Lehr – Gebet und Gesang-buch
Mainz 1728
dans Laudate
Gesänge aus dem katholischen Andachtsbuche
Laudate, im Gebrauch bei den Volksandachten
im Bistum Augsburg, Augsburg 1904, Nr 119
fr. : Yves Kéler, 15.2.2014 Haguenau Hôpital civil

 

Mélodie

O Welt, ich muss dich lassen
Heinrich Isaac, 1495/1505/1539
RA 481, EG 521
fr.: O monde, viens, contemple
LP 123
Tu vas donc au supplice
LP 122
O Jésus, notre frère
NCTC 187, ARC 450, ALL 33/01

 

 

Chant 3

 

         NOURRIS-NOUS, DIEU NOTRE PERE
             Speis uns, Vater, deine Kinder

                       trad. de Georges Pfalzgraf

 

 

             Nourris-nous, Dieu notre Père :
             En toi seul ton peuple espère !
                 Ta bonté nous environne
             Par le pain que tu nous donnes.
               A travers tes dons terrestres
            Fais-nous voir les biens célestes
                  Et ta grâce inépuisable   
                  Reçue à ta sainte table.

 

        Texte :          Speis uns, Vater, deine Kinder
                             D’après Johann Heermann, 1585-1647
                             RaA 370, pas dans EG
                             Frs : Georges Pfalzgraf, 1980

       Mélodie :       Schmücke dich, o liebe Seele
                             Johann Crüger, 1649
                             RA 370, EG 218
                             Frs : Pare-toi pour une fête
                                     LP 205
                                     Pare-nous pour cette fête
                                     NCTC 230, ARC 581

 

Chant 4

 

LES METS BÉNIS SONT POSÉS SUR LA TABLE

Es war das heilge Osterfest zu ehren

 

Jeudi saint

 

Mélodie : Ps 8 Dieu tout-puissant = Mon coeur  rempli

 

 

 

 

1. Les mets bénis sont posés sur la table.

    Réunis là pour célébrer la Pâque,

    Tous les disciples parlent doucement

    Dans leur respect du Maître à ce moment.

 

2. Jésus leur dit : « J’ai désiré de faire

    Avec vous cette Pâque de nos pères.

    Vous reviendrez en ces lieux célébrer

    La Cène avec les frères rassemblés. »

 

3. « Car je n’ai plus un long temps sur la terre.

    Vous tous, mes compagnons de ministère,

    Buvez de ce calice après le pain. »

             

4. « Voici mon corps que sur la croix l’on perce,

    Voici mon sang que pour vos vies je verse.

    Pour votre paix je me donne à la mort. »

 

 

 

Texte allemand

 

 

 

 

1. Es war, das heilge Osterfest zu ehren,

    Der Tisch des Herrn besetzt mit Trank und                    

              Speise.

    Die Jünger sassen rings und sprachen leis, 

    Den hohen Ernst des Meisters nicht zu störn.

   

2. Da sprach der Herr: « Wohl war es mein

              Begehren,

    Dieses Fest zu feiern nach der Väter weise.

    Noch einmal sehet ihr mich in eurem Kreis,

    Das heilge Mahl des Bundes zu verzehrn. »

 

3. « Denn kurze Frist nur hab ich noch zu leben,

    Doch seid ihr meiner Seligkeit Genossen.

    Nehmt, Freunde, diesen Kelch,

    Und nehmt dies Brot.

 4. Das ist mein Leib, den ich für euch gegeben,

    Das ist mein Blut, das ich für euch vergossen.

    Für euer Leben geh ich in den Tod,

    Wie’s Gott beschlossen hat in seinem Rat.

 

 

 

         Texte        Es war, das heilge Osterfest zu ehren,

                          pas d’indication d‘origine

                          fr. : Yves Kéler 2.7.2016 Bischwiller

 

         Mélodie    idem

 

Le texte

 

        Ce texte court décrit la préparation de la dernière Pâque de Jésus et donne les paroles d’institution de la Cène. Je ne connais pas son origine.

         Il peut servir de graduel au Jeudi saint, ou  de chant d'offertoire,  et à toutes les célébrations de la Cène, en dehors des temps festifs comme Noël et Pâques

 

 

         Texte        Es war, das heilge Osterfest zu ehren,

                          pas d’indication d‘origine

                          fr. : Yves Kéler 2.7.2016 Bischwiller

 

         Mélodie    Dieu tout puissant, ô Seigneur adorable

                          Ps 8, Loys Bourgeois 1542

                          LP 5/Ps8, NCTC 8, ARC 8, ALL 8

                          RA alld 255, EG 271

                          = Mon cœur rempli des biens que Dieu m’envoie

                          Magnificat, de Bénédict Pictet 1705         

                          LP 88, RA f 17 rouge

                          J’exalte Dieu et chante d’allégresses

                          NCTC 154, ARC 171, ALL 14/01

 

Le text

        Ce texte court décrit la préparation de la dernière Pâque de Jésus et donne les paroles d’institution de la Cène. Je ne connais pas son origine.

         Il peut servir de graduel au Jeudi saint, ou  de chant d'offertoire,  et à toutes les célébrations de la Cène, en dehors des temps festifs comme Noël et Pâques

 

 

Chant 5

 

JE VIENS, MON SAUVEUR, A TA TABLE

I come, o Savior, to the table

 

Friedrich Christian Heyder :

 

Mélodie Wer nur den  lieben Gott lässt walten

 

 

1. Je viens, mon Sauveur, à ta table :

    Mon cœur est faible et abattu.

    Ton pain de vie seul est capable

    De rétablir l’espoir perdu.

    Refrain :

    Seigneur, que ton corps et ton sang   

    Pour moi soient le bien le plus grand !

 

2. Ton cœur plein de bonté désire

    Que les pécheurs voient le salut,

    Qu’à la foi par toi ils aspirent :

    Ainsi vers toi je suis venu.       R.

 

3. Pourtant, Sauveur, je suis indigne,

    Car j’ai le cœur d’un grand pécheur.

    Mais toi l’Agneau, le cep, la vigne,

    Tu ne fermeras pas ton cœur.   R.

 

4. Je suis abattu, je suis triste,

    Mon âme est lourde de péchés,

    Reçois-moi, que ta main m’assiste,             

    Puisque je suis ton invité.         R.

 

5. Quel plus beau don, quel héritage :

    C’est le fondement de la foi !

    C’est l’espoir, la force, en partage,

    L’alliance de la grâce en toi.     R. 

 

                                         Kéler Yves,

 

 

             Texte    I come, o Saviour, to  the table

                          Friedrich Christian Heyder1677-1754 texte alld

                          Traducteur en anglais anonyme

                          Lutheran Hymnal 2006 N° 618

                          fr.d’après l‘anglais : Yves Kéler, 21.1.2008 Bischwiller

 

      Mélodie      Wer nur den lieben Gott Lässt walten  

                          Georg Neumark 1641, 1657 (1621-1681)

                          RA 454, EG 369

                          fr. : Je te contemple, o splendeur sainte

                                  LP 129

                                  Splendeur et gloire sur la terre

                                  NCTC 189, deest ARC, ALL 33/18

                                  Seigneur, reçois, Seigneur pardonne

                                  NCTC 270, ARC 407, ALL 43/04

 

Chant 6

 

JESUS T’INVITE A LA FETE
       Schmücke dich, o liebe Seele

 

Mélodie : Schmücke dich, o liebe Seele

 

1. Jésus t’invite à la fête :
    Viens, mon âme, viens, sois prête !
    Sors de l’ombre, avance, fière,
    Va vers Christ et sa lumière.
    Ton Seigneur t’offre une place
    A son grand repas de noces ;
    Ce Roi qui régit la terre
    Te sert d’une main princière.

 

2. Oh ! que j’ai faim de ta grâce,
    Du pain de vie que tu places
    En mes mains, rompu, fragile,
    Pour moi, vivant Evangile !
    Oh ! que j’ai soif de ta grâce !
    Fils de Dieu, ton vin surpasse
    En fraîcheur les flots de l’onde,
    En parfum les vins du monde.

 

3. Saint désir, brûlante flamme,
    Prends mon cœur et prends mon âme.
    Car comment pourrais-je croire
    En ta mort expiatoire ?
    Ce repas, dans son mystère,
    Vient m’ouvrir à sa manière
    Le secret de la clémence
    Du Dieu de toute puissance.

 

4. Non, l’esprit ne sait comprendre
    Que ton corps ne peut décroître.
    Tu nourris pourtant tant d’hommes
    Sans que ton pain se consomme.
    Qui peut concevoir ce signe
    Que ces grappes de la vigne
    M’offrent le sang de l’alliance,
    Le vin de la délivrance.

 

5. Jésus, soleil de ma vie,
    Jésus, mon Roi, mon Messie,
    Jésus, en toi tout commence,
    Jésus, toi, mon espérance,
    Devant toi je me présente :
    Viens, réponds à mon attente,
    Donne-moi ta coupe à boire,
    Romps pour moi ton pain de gloire.

 

6. Jésus, ton amour fidèle
    S’offre en cette mort cruelle.
    Tu as quitté ta lumière
    Pour t’éteindre sur la terre,
    Et donner à tes disciples
    Ce breuvage incorruptible,
    Ton calice expiatoire
    Qu’ils boiront à ta mémoire.

 

7. Jésus, je ne suis pas digne
    De ton pain et de ta vigne ;
    Jésus, pardonne au coupable
    Qui s’approche de ta table.
    Pain d’amour, je te réclame,
    Mon Roi, rassasie mon âme
    De la vraie manne immortelle
    Dans tes noces éternelles.
   
   
         Texte        Schmücke dich, o liebe Seele   
                          Johann Franck 1649/1653 (1618-1677)
                          RA 300, EKG 157, EG 218
                          fr. : Yves Kéler, 1981

         Mélodie :  Schmücke dich, o liebe Seele
                          Johann Crüger, 1649
                          RA 370, EG 218
                          fr. : Pare-toi pour une fête
                                 LP 205
                                 Pare-nous pour cette fête
                                 NCTC 230, ARC 581

     

Chant 7

 

JESUS, TU NOUS CONVIES

 

Georges Parmentier

 

Mélodie : Valet will ich dir geben
                          Jésus sort de la tombe

 

 

1. Jésus, tu nous convi-es,
    Joyeux, reconnaissants,
    Gens de mauvaise vi-e
    Et tous les « mal pensants »,
    Mécréants exécrables
    Ou pharisiens pédants,
    Ou gens « bien convenables »
    Qui valent tout autant !

 

2. Jésus, toi tu m'écoutes,
    Tu n'es pas regardant,
    Tu nourris pour la route,
    Tu vas, nous précédant.
    Parole qui transforme
    Les riches, les mendiants.
    Alors la vie prend forme
    Par ton enseignement.

 

3. Jamais tu ne refuses
    Les calomniateurs
    Qui sans honte t'accusent
    D'être « un glouton buveur,
    Possédé, incapable ! »
    Car ta table n'est pas
    Pour les irréprochables,
    Puisqu'il n'y en pas !

 

                  Texte                 Jésus qui nous invite
                                            Georges Charpentier
                                            après 1989
                                            rév : Yves Kéler 9.1.2008

 

                  Mélodie             Valet will ich dir geben
                                            Melchior Teschner 1623
                                            RA 483, EG 523
                                            Jésus sort de la tombe
                                            LP 144, NCTC 203, ARC 483, ALL 34/11    

 

Chant 8

 

JESUS, QUI COMME UN SAINT AGNEAU to
            Herr, der du als ein stilles Lamm

 

     Mélodie : O Jesu Christ, meins Lebens Licht
                   Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort

 

                1.  Christ vient vers moi

 

1. Jésus, qui comme un saint agneau,
    Cloué en croix sur un poteau,
    Portas le poids de mon péché
    Et mourus pour moi sacrifié,

 

2. Je fête ta mort, Médiateur :
    Tu me nourris, mon Rédempteur,
    Du pain du ciel, du vin de joie,             Jean 6/31, 50
    Qui sont ton corps, ton sang pour moi.

 

3. Ici je suis ton invité :
    Ton corps me donne satiété,
    Ton sang, que tu versas pour moi,
    M’apportent paix, confiance et foi.

 

4. Amour qui n’a pas son pareil,
    Miracle unique sous le ciel,
    Inconcevable et pourtant vrai,
    Partout à l’œuvre, au loin, au près !

 

              2. Je vais vers le Christ

 

5. Jésus, Fils de l’Homme, aide-moi
    A m’approcher, Seigneur, de toi,
    Avec respect, très humblement               
    Et non pas pour mon jugement.               I Cor 11/29
   
6. Fais que, chargé et fatigué,
    Mon cœur parvienne à te trouver ;
    Qu’il puisse en toi se fortifier
    Et qu’il mesure ta bonté.

 

7. C’est ton commandement encor.              I Cor 11/25-26
    Qu’ici soit proclamée ta mort.                  ordre de mémoire,
    Fais que, l’ayant devant mes yeux,          anamnèse
    Je la comprenne d’autant mieux.

 

8. Christ porte ma malédiction,
    Il meurt pour mes transgressions ;
    Par lui j’ai la bénédiction,
    Par lui j’obtiens la rédemption.

 

9. Seigneur, mon Dieu, je crois en toi,
    Je sais que tu bénis ma foi ;
    Quand tu t’approches, toi, de moi,
    La grâce arrive à travers toi.

 

              3.  Le Christ vient dans mon cœur

 

10. Moi, terre et cendre, ne vaut pas           prière d’humble accès
      Que tu pénètres sous mon toit.              Luc 7/6
      Tu ne veux pas me repousser :
      Viens vers mon cœur et veuille entrer.

 

11. Ce cœur pour toi est grand ouvert,          Je me tiens à la porte
      Prends-y le gîte et le couvert !               et je frappe Apoc 3/20
      Jette à la porte mes péchés,
      De tes vertus, Christ, viens l’orner.

 

12. Tu viens : je suis gardé par toi.
      Je suis en toi, et toi en moi.                  Cant des Cant 2/16
      En toi j’achèverai mon cours :
      Tu me rendras vie à ton tour.

13. Ton corps, ton sang, donne à celui


      Qui t’aime un avenir béni,
      Un gage pour l’éternité,
      Le sceau de l’immortalité.

 

14. Ta Cène, Maître, me convainc
      Que mon salut, nul doute, vient
      Par ton sang, par l’absolution,
      Par ton pardon, ton affection.

              4. L’amour de Dieu et du Christ

 

15. Combien riche est l’amour que Dieu
      Verse en mon cœur depuis les cieux !
      Ici je goûte sa faveur,
      Son amitié et sa douceur.

 

16. Combien, Christ, ton amour est grand
      Se montre dans le Sacrement.
      Rien ne peut rompre cet amour :
      Tu m’aimes, je t’aime en retour.

 

17. Je t’aime plus que tout, Seigneur :
      Quand pressent monde, mal, erreur.
      Quand corps et âme s’effraieraient,
      -Je t’aime-, avec toi je serais.

 

              5.  Les fruits de la Cène,
                   La fin de la vie

18. La Cène ainsi me fortifie                       communion
      Sur mon chemin et dans ma vie.
      Je peux tenir tête au Malin,
      Qui veut précipiter ma fin.

 

19. Elle ôte à mon cœur son orgueil,            prière d’action
      Veut l’unité, la paix, l’accueil,                de grâces
      Console et affermit mon cœur,
      Son bon vouloir, sa profondeur.

 

20. Fais que ce cœur passe à l’action,
      Et montre-lui la direction.
      Je veux ainsi mener à bien
      Mon long chemin de pèlerin.

 

21. Quand toi, le Prince de la vie,
      M’auras conduit au paradis,
      Christ, donne-moi, Vrai Fils de Dieu,
      La Sainte Cène dans les cieux.
   
   
         Texte           Herr, der du als ein stilles Lamm
                             Auteur non identifié
                             Sammlung Geistlicher Lieder
                             Bouxwiller 1783, n° 271
                             fr. : Yves Kéler 9.8.2010

 

         Mélodie:  :   O Jesu Christ, meins Lebens Licht
                             Nürnberg 1676, 1854
                             RA 480,EG 72 (= O Jesu Christe, wahres Licht )
                              fr : L’Eternel seul est ma lumière
                                   LP 315, NCTC 291, ARC 152,

                ou         Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort
                             Eglise ancienne, Martin Luther, 1543
                             RA 170, EG 193
                             fr: : Par ta parole, Dieu Sauveur, ABD 528
                             Seigneur, c’est toi notre secours
                             NCTC 237, ARC 544
                             Affermis-nous par ton Esprit
                             NCTC 390, ARC 884, ALL 62/74

 

Le texte

 

        Ce chant de Sainte Cène particulièrement long se divise en 5 parties. Celles-ci expriment le mouvement du fidèle dans l’église vers l’autel et son retour dans les bancs. Le communiant parle à la première personne : il intériorise ce qui se passe au cours de la communion.

 

 

        1. str 1 à 4 : le mouvement du Christ qui vient à moi :  les 2 premières strophes sont une anamnèse de la mort du Christ sur la croix pour nous. L’aspect objectif est relevé : je suis l’invité du Christ, je suis chez lui, c’est lui le Sauveur. Mon salut dans la Cène vient de l’extérieur de moi, vers moi, il ne vient pas de moi. La 4e strophe est une exclamation devant ce salut offert et devant cette communion dont je sens le mystère sans le comprendre. Que cela est fait pour moi est relevé dans chaque strophe : « für mich, mir gibst, labet mich, mir unbegreiflich – pour moi, tu me donnes, me rassasie, incompréhensible pour moi. » Cela explique le "pour moi" dans les trois premières strophes.

 

        2. str 5 à 9 : le mouvement du fidèle vers le Christ : str. 5 : le fidèle cherche à parvenir au Christ qui est là, présent. Str. 6 : Il a ce Christ devant lui, dans les deux espèces du pain et du vin. Str.7 : l’ordre de faire mémoire est rappelé, et str. 8la raison de la mort du Christ. Str 9. rappelle la confession de la foi, et rappelle ce que dit la Confession d’Augsbourg : « Sacramentum recipitur in fide – le sacrement est reçu dans la foi. » (dans cette strophe 9, les deux derniers vers sont en « nous », au lieu d’être en « moi ». Ils achèvent cette 2e  partie. Je les ai transposés à la 1e personne, le hiatus entre les deux personnes étant sensible en français).

 

         3. str. 10 à 13 : le Christ vient dans mon cœur : cette partie commence par l’allusion à la prière d’humble accès, dans la strophe 10, et, dans la str. 11, par le rappel de la porte ouverte, selon Apoc. 3/20.  La strophe 12 cite le « toi en moi, moi en toi », tiré de Cant. des Cant. 2/16. On retrouvera cette allusion mystique dans la strophe 16. L’allusion à l’amour entre le Christ et le fidèle se poursuit dans la strophe 13, qui développe les fruits de cet amour.

 

         4. str 14 à 17 : L’amour de Dieu et du Christ : Ces 4 strophes développent l’amour de Dieu (15) puis du Christ (15), amour qui se révèle dans le sacrement (16). La strophe 17 est une déclaration d’amour au Christ, et achève cette partie consacrée à l’amour.

 

         5. str.18 à 21 : les fruits de la Cène, la fin de la vie : les strophes 18 et 19 reprennent les thèmes de la prière d’action de grâces : « Que cette communion au corps et au sang du Christ produise en nous des fruits de vérité, de patience dans l’affliction, de force dans la tentation, d’amour fraternel et de paix… » La strophe 20 rappelle à l’action pour Dieu et le prochain, et la 21 clôt le chant par une allusion aux noces éternelles de l’agneau.

 

Le plan liturgique : emploi du chant

        On remarque que le plan du chant suit l’ordre de la Cène : pénitence et absolution, préface, avec le rappel de l’œuvre du Christ, institution, anamnèse, humble accès, communion, prière d’action de grâces.

        On pourra donc employer ce chant par fragments, selon la partie de la Cène qu’on voudra accentuer. Soit avant la Cène, comme préparation : ici les parties 1 à 4. sont indiquées. Soit après la Cène : là, la 5e partie est adaptée.

 

 

Chant 9

 

CHRIST INVITE A LA CENE

Wir sind zum Mahl geladen

 

Mélodie : Wir sind zum Mahl geladen

Von Gott will ich nicht lassen

 

 

1. Christ invite à la Cène,

    Sa table est là, dressée,

    Comme avec ses disciples

    De pain et vin pressé.

    Il appelle un chacun,

    Sans lignes, sans frontières,

    A lui dans sa lumière

    Pour les sauver enfin.

 

2. Du Nord-Sud il invite

    Pauvres et riches, tous.

    Pour lui tous sont ses hôtes,

    Egaux les peuples tous.

    Qui vient est accueilli,

    Qui ne vient pas et reste

    Méprise par son geste

    L’amour de son Messie.

 

3. Que nous mangions ensemble

    Et séparés par rien,

    Car Christ tous nous rassemble

    Et réunit les siens,

    C’est que lui, le Sauveur,

    Nous donne à tous sa grâce

    Ici devant sa face

    Tel le corps du Seigneur.

 

4. Seigneur, le Christ nous monte

    Les lieux de son salut.

    Sa paix en nos cœurs entre

    Et ne les quitte plus.

    Et l’avenir est là

    Dans le pain de la table.

    Le vin qui est semblable

    Achève en nous la foi.

 

1. Wir sind zum Mahl gerufen.

Der Herr ruft uns zu Tisch

Wie einstmals seine Freunde

Zu Wein und Brot und Fisch.

Er ruft uns Menschen alle,

Er zieht die Grenzen nicht.

Denn die im Dunklen leben,

Holt er zu sich ins Licht.

 

2. Aus Süden und aus Norden

lädt er sie, arm und reich.

Für ihn sind alle Gäste,

aus allen Völkern gleich.

Wer kommt, der ist geladen.

Wer nicht kommt, der bleibt fern,

mißachtet durch sein Fehlen

die Güte unsres Herrn.

 

3. Daß wir gemeinsam essen,

heißt, daß uns nichts mehr trennt,

daß einer sich zum andern

und so zum Herrn bekennt.

Sein Leben und sein Lieben

ist der Gemeinschaft Kern;

Gemeinschaft ist das Leben:

Wir sind der Leib des Herrn.

 

4. Der Herr weist uns die Orte

im neuen Leben an.

Dort bricht durch uns der Friede,

der allen gilt, sich Bahn.

Die Zukunft steht uns offen

bei Wein und Brot und Fisch.

Der Herr, dem wir heut danken,

deckt morgen auch den Tisch.

 

         Texte        Wir sind zum Mahl gerufen

                          Kurt Rommel 1967

                          in Shalom 1974 Burkhadthaus Verlag

                          fr. : Yves Kéler 25.12.2015 Bischwiller

 

         Mélodie    Wir sind zum Mahl gerufen

                          Herbert Beuerle 1968

                          in Shalom 1974 Burkhadthaus Verlag

 

         Mélodie   Von Gott will ich nicht lassen

                          Lyon 1557, geistlich Erfurt 1563

                          pour le chant de Ludwig Helmbold

                          de ce nom 1563

                          EKG 283, RA 448, EG 365

                          fr. : Il est pour le fidèle LP 354, LP 404

                                 NCTC 281, ARC 640, ALL 48/01

 

 

Chant 10

 

CHRIST INVITE A SON REPAS
              Herr, du lädst zu Feier an

                        Réécrit sur

   Mélodie : Wollt ihr wissen, was mein Preis

 

1. Christ invite à son repas
    Ceux que l’on n'attendait pas :
    Aucun ne doit être absent
    Ou regarder seulement
    Au festin de sa grâce !

 

2. C’est ton véritable corps,
    Qui a traversé la mort,
    C’est ton véritable sang
    Dans ce vin au goût puissant,
    Christ, que tu nous partages !

 

3. Qui ne reconnaîtra pas
    Qu’ainsi le Seigneur est là
    Mange sa condamnation,
    Mais toi, dans ta compassion,
    Tu ne veux pas nous perdre.

 

4. Si tu te sens oppressé
    Par le poids de tes péchés,
    Des souffrances, des douleurs,
    Des angoisses, de la peur,
    Son amour les efface.

 

5. Avec nous tu te fais un
    Par le pain et par le vin.
    Tu nous mènes dans la foi
    A la communion en toi,
    A la paix souveraine.

 

6. Communion qui nous unit
    En ton corps, en ton Esprit.
    Ta présence au sacrement
    Fait de nous un corps vivant,
    Celui de ton Eglise.

 

7. C’est ta mort que nous prêchons,
    Comme ta résurrection :
    Christ, appelle tous les tiens
    A la joie de ton festin,
    A la Cène céleste !
    
    


         Texte        Herr, du lädst zur Feier ein
                          Johannes Juncker 1980*

            dans      Evangelisch-lutherisches Gesangbuch
                          Selbstständige Evangelisch-Lutherische Kirche
                          Deutschlands und anderer Länder SELK
                          Hubert & Co.  Göttingen, 2. Auflage 1988, Nr 477
                          réécriture en français : Yves Kéler  14.5.2012
                    
         Mélodie:    Wollt ihr wissen,  was mein Preis ?
                         
RA 507,

                          dans livre d'orgue du RA

 

 

Johannes JUNKER, né en 1932 à Lomnitz (Rratisbonne), Missionnaire en Afrique du Sud, pasteur à Hagen (Westphalie), chargé d’affaires de l’Eglise Luthérienne Indépendante en Allemagne (SELK, Selbstständige Evangelisch- Lutherische Kirche), président de la Commission d’hymnologie (1978-1988), depuis 1984 directeur de la mission dans la SELK.


Le texte et la mélodie

 

        Le texte de ce chant est composé en V 7.6f, 7.7, 7f, coupe rare, sur une mélodie relativement difficile. J’ai placé ma traduction sur une coupe plus facile et plus connue, celle de « Wollt ihr wissen, was mein Preis », de Johann Christoph Schwedler (1672-1730).

        Le texte original comprend une reprise du mot « Freude – joie » à la fin de chaque strophe. Je n’ai pas maintenu cette répétition.

        La mélodie de ce chant est de Johann Balthasar Reimann, 1747 (Sammlung alter und neuer Melodien). (Nach Zahn (Nr. 1861) ist die Wiederholung der letzten Zeile schon im Original, wie bei Ihme, aber nicht mit der rhythmisierten Form, die ihr Ihme gibt - d’après Zahn, N° 1861, la répétition de la dernière ligne est déjà dans l’original, comme chez Ihme, mais pas avec la forme rythmique que Ihme lui donne. ).(selon Marc Hug, Das Kolmarer Gesangbuch - Le Livre de Cantiques de Colmar)

 

 

Chant 11

 

CHRIST, ROMPS-NOUS LE PAIN ALL24/10
        /        Brich uns, Herr, das Brot

          Mélodie : Brich uns, Herr, das Brot

 

 

1. Christ, romps-nous le pain,
    Comme aux deux disciples,
    Quand sur le chemin
    Notre peur redouble ;
    Dans nos vies pénètre,
    Fais-toi reconnaître,
    Divin Maître.

 

2. Là où deux ou trois
    En ton nom s’unissent
    Au pied de la croix
    De ton sacrifice,
    Prends, Seigneur, ta place,
    Règne, et que ta grâce
    Les embrasse.

 

3. Notre indignité
    Nous rend incapables
    D’avoir mérité
    Le pain de ta table.
    Mais tu nous invites,
    Ton offre est gratuite,
    Sans limite.

 

4. Verbe créateur,
    Vérité limpide,
    Conduis notre cœur,
    Jésus, notre guide,
    Dans ton alliance,
    Dans l’obéissance,
    La souffrance.

5. Vrai homme et vrai Dieu,
    Nous faisons mémoire
    Du salut joyeux
    Qui, par ta victoire,
    Nous donne la vi-e :
    La table servi-e
    Nous convi-e.

 

6. L’eau changée en vin
    Nous montra ta gloire.
    Change-nous enfin,
    Montre ta victoire
    Sur nos cœurs de pierre,
    Sur nos âmes fières,
    Solitaires.

 

7. Alpha, Oméga,
    Début, Fin du monde,
    Source de la foi,
    Vigne en fruits féconde,
    Jésus, sanctifi-e,
    Jésus, glorigi-e
    Notre vi-e.

 

8. Fils du Dieu vivant,
    Né du cœur du Père
    Avant tous les temps,
    Ouvre à ton mystère
    Les cœurs des fidèles
    Pour la vie nouvelle,
    Eternelle.
   

         Texte        Brich uns, Herr, das Brot
                          Rudolf Alexander Schröder 1878-1962
                          RA 289
                          fr. : Yves Kéler 1989
                          ABD 537, ALL 24/10

         Mélodie     Brich uns, Herr, das Brot
                          Christian Lahusen 1948
                          RA 289, ABD 537
                          fr. : Christ, romps-nous le pain
                                ALL 24/10

 

 

Chant 12

 

CINQ FOIS BLESSE, CHRIST M'A VERSE
                 Fünf Brünnlein sind,  Daraus mir rinnt

                  Mélodie : Ach Gott und Herr
                                O Roi des cieux, qui glorieux


 

1. Cinq fois blessé,   Christ m'a versé
    La paix, la joie, la vi-e,
    Consolation,   Bénédiction :
    Sa grâce est infini-e !

 

2. Ô puits sacré,   Ô Christ percé !
    Le sang de tes blessures
    Vient apaiser,   Vient effacer
    Toutes mes meurtrissures.

 

3. Agneau de Dieu,   Source de feu,
    Que ton amour m'enflamme !
    Allume en moi,   Ton feu de joie :
    Qu'il purifie mon âme !

 

4. Seigneur Jésus,   Si j'ai vécu
    Près de ta croix ma vi-e,
    Mourant en paix ,   Je te dirai :
    «Ton œuvre est accompli-e ! »

 

           Texte :         Fünf Brünnlein sind
                               Breslau 1644
                               RA 67
                               frs: Yves Kéler 1985

 

          Mélodie :        Ach Gott und Herr
                               Leipzig 1625, Thorn 1638
                               RA 393, EG 233
                               fr. : O Roi des cieux, qui glorieux
                                     LP 150
                                     Seigneur Jésus, qui es venu
                                     NCTC 213, ARC 490, ALL 34/30

 

 

3. CHANTS D’ACTION DE GRÂCES APRES LA COMMUNION

 

13. Le Cantique de Siméon

 

OUI, MAINTENANT, SEIGNEUR

Nunc dimittis

 

Cantique de Siméon Luc 2

 

Mélodie : Laisse-moi désormais

 

 

1. Oui, maintenant, Seigneur,

Ton humble serviteur,

Comblé par tes paroles,

Peut s’en aller en paix :

Il a vu désormais

Celui qui nous console.

 

2. En cet enfant j’ai vu

Ton merveilleux salut,

Né d’Israë89l, ta gloire,

Pour rassembler les tiens,

Et pour changer l’histoire.

 

 

Texte : Laisse-moi désormais.

            Valentin Conrat 1677,

            d’après Marot Clément 1543

            Or laisse, Créateur

            Loys Bourgeois 1551

            Révision : Yves Kéler 1985

            LP 89

            ARC178, ALL 14/05

 

Mélodie    Laisse-moi, désormais (Nunc dimittis)

                          Valentin Conrart 1677,

                          Or laisse, Créateur (Marot 1562)

                          LP 89,NCTC 156, ARC 178

                          Seigneur, tu me permets

                          ARC 178, ALL 14/05

 

 

 

14. GLOIRE ET LOUANGE AU DIEU SECOURABLE to
                        Gott sei gelobet und gebenedeiet 

                                    Martin Luther

                                           ou

          GLOIRE ET LOUANGE AU CHRIST ADMIRABLE

                                   Richard Paquier


 

1. Gloire et louange  Au Dieu secourable          
    Qui veut lui-même à sa table
    Nourrir nos âmes  De sa chair meurtrie,
    De son sang qui purifie.
    Kyrieleison
    O Christ, par le divin mystère   
    De ce sacrement salutaire,
    Par ton corps,  Par ton sang,
    Aide-nous dans nos tourments.

    Kyrieleison.

 

2. Ton corps, ô Maître,  A la mort se livre
    Pour qu'en toi nous puissions vivre.
    Bonté profonde  Que rien ne surpasse,
    Souvenir que rien n'efface !
    Kyrieleison.
    Seigneur, ton amour est immense :
    Ton sang expi-a notre offense.
    Dieu nous donne  En ton nom,
    Son salut et son pardon.
    Kyrieleison.

 

3. Dieu nous conduise  Et qu'il nous bénisse
    Aux sentiers de la justice.
    Qu'en sa présence  Nous vivions en frères
    En marchant à sa lumière.
    Kyrieleison.
    Ton Esprit, Seigneur, nous console,
    Qu'il maintienne, par ta Parole,
    Tout ton peuple à jamais
    Dans l'unité, dans la paix.
    Kyrieleison.

 

 

              Texte :          Gott sei gelobet und gebenedeiet
                                   1ère str: Medingen, vers 1350
                                   2e + 3e str: Martin Luther 1524
                                   RA 292, EG 214
                                   fr. : Richard Paquier , 1961
                                          Office divin de chaque jour, Taizé
                                          RAf 30

             Mélodie :      Gott sei gelobet und gebenedeiet
                                  Mayence vers 1390, Wittenberg 1524
                                  RA 292, EG 214
                                  fr. : RAf 30

 

                             Voir sur ce site,   rubrique " Etudes " : 
                                  "  Les chants de Martin Luther  "

 

 

Le texte

a. le texte de Luther

 

b. la traduction de Paquier

 

        Paquier a bien rendu ce texte difficile à traduire, en particulier à cause de la superposition du texte et de la musique, elle-même difficile. Il a respecté la théologie nicéenne et sacramentelle de Luther, ainsi que le climat mystique du chant.

 

        J'ai corrigé deux points :

 

1° : pour la compréhension du texte.

 

        L'ensemble du chant est une action de grâces après la Sainte Cène, adressée au Christ. Or à la première strophe, Luther dit bien : " Dieu soit loué et béni ", mais en il vise le Christ, qu'on appelle classiquement en allemand : " Herr Gott ", c'est-à-dire : " Seigneur Dieu ", en référence au Symbole de Nicée : Christ Seigneur et vrai Dieu. C'est évidemment le Christ qui nous donne sa chair à manger et son sang à boire, pas Dieu le Père. Luther emploie d'ailleurs l'expression " Herr Gott " au 4e vers, ce qui élimine tout doute.

        La difficulté est qu'en français cette expression n'existe pas, sauf dans le dicton populaire : " Donner le bon Dieu sans confession ", le bon Dieu étant le Christ dans l'hostie. Paquier a vu le problème et l'a résolu en écrivant " Gloire et louange louange " au " Dieu secourable ", et " à " Dieu : " le " Dieu secourable, c'est Jésus. Mais la moyenne des gens pense évidemment qu'il s'agit de Dieu le Père. Or au début de la deuxième partie de la strophe, Luther parle de " Herr ", en pensant toujours au Christ. Alors qu'en français, le mot " Seigneur " fait penser à Dieu le Père, duquel on pense qu'on a parlé précédemment.

        Pour clarifier le texte, on peut résoudre la difficulté de deux façons :

        a. on peut dire : " O Christ " au début de la deuxième partie. Ainsi, le texte est bien ramené au Christ, qui restera l'objet de toute la suite du chant.

        b. on peut remplacer tout de suite " Dieu secourable " par " Christ admirable "

        Je ne trancherai pas pour le premier vers, qui est l'incipit de Paquier, laissant l'utilisateur libre de changer le texte en utilisant la variante proposée. En revanche, au début de la première partie, je dirais clairement : "O Christ ", pour lever tout doute.

 

2° :  pour la bonne chute des accents :

 

        Ce texte est difficile à mettre sur la mélodie. A la troisième strophe, en inversant " Seigneur, ton Esprit " et en disant " Ton Esprit, Seigneur ", on tombe juste : les accents sont sur la 1ère,  la 3ème et sur la 5ème syllabe : il faut accentuer : Ton, -prit, et -gneur, et non pas :sei- .

 

 15.                               A CELUI QUI NOUS A SAUVES tt

 

                                                « CANTIQUE VI
                                        POUR LE JOUR DE PÂQUES »
                                   Sur le Chant du Ps. LXVIII  (Ps 68)
                                   « Que Dieu se montre seulement »
 
                                                        

                                      A celui qui nous a sauvés,
                                      Et dont le sang nous a lavés,
                                      L'honneur et la puissance !
                                      D'esclaves Christ nous a faits rois :
                                      Acceptons ses nouvelles lois,
                                      Rendons obéissance !
                                      Célébrons tous sa charité,
                                      Proclamons sa fidélité,
                                      Disons avec les anges :
                                      « Digne est l'Agneau de recevoir
                                      « Magnificence, honneur, pouvoir,
                                      « Gloire, hommage et louange. »
 
                                                   ( Amen.)
                                  
          ( sur la dernière note)
 

 

 

                    Texte :     Bénédict Pictet 1705.
                                   Révision : Yves Kéler 1980         

 

                    Mélodie :  Ps 68 Que Dieu se montre seulement,
                                   Genève 1551
                                   LP 29, RA f 21, NCTC68, ARC 68
                                       alld « Es sind doch selig alle, die »
                                       Matthias Greiter, 1525
                                       RA 191, EG 582
 

 

 16. JE TE BENIS, JESUS !  MA VIE EST PLEINE to
                           Adoro te devote, latens Deitas,
                                 St Thomas d'Aquin

         Mélodie : Dieu tout-puissant, ô Seigneur adorable Ps 8
                      = Mon coeur rempli des biens que Dieu m'envoie


 

1. Je te bénis, Jésus ! Ma vie est pleine
    De tant de dons qui viennent de ta Cène.
    Mon cœur t'attend et se soumet entier,
    Il s'ouvre à toi : viens-y pour l'habiter !

 

2. Lorsque j'entends prononcer tes paroles,
    J'apprends que par ces dons tu me consoles :
    Je vois ton corps, qui s'offre dans ce pain,
    Je vois ton sang, figuré dans ce vin.

 

3. Sur la croix ta divinité s'efface,
    Ici ton humanité n'a pas place.
    Tu viens à moi, Jésus, crucifié,
    Je te reçois en Christ ressuscité.

 

4. Je n'ai pas vu la plaie de ta poitrine,
    Comme Thomas, ni les trous des épines,
    Mais je te dis : " Mon Dieu et mon Seigneur,
    Accrois l'espoir et la foi dans mon cœur ! "

 

5. Jésus, que ta mort reste en ma mémoire,
    Par le pain rompu, par ton sang à boire.
    Donne à mon âme en paix le grand bonheur
    De t'accueillir, pour vivre en toi, Seigneur.

 

6. Saint Pélican, qui offres par tendresse
    Aux tiens ton sang et qui n'a pas de cesse
    Qu'ils soient nourris du don ta bonté,
    A ton autel pardonne mon péché !

 

7. Ici, je te vois comme à travers un voile :
    Laisse-moi voir, à ta table royale,
    Dans ton Royaume, ta face au grand jour
    Et là contempler ta gloire à toujours.    Amen.
                                                          (sur deux notes finales)

 

         Texte :         Adoro te devote, latens Deitas
                             St Thomas d'Aquin  (1225 Aquino, près de Naples, -
                                                          1274 Fossa Nova, Italie)
                             Sources latines et
                             chants eucharistiques catholiques romains
                             frs : Yves Kéler, 13.3.2006

         Mélodie :     Dieu tout puissant , ô Seigneur adorable
                             Ps 8 Loys Bourgeois 1542
                             LP 5/Ps8, NCTC 8, ARC 8, ALL 8
                             RA alld 255, EG 271
                             = Mon cœur rempli des biens que Dieu m'envoie
                             Magnificat, de Bénédict Pictet 1705
                             LP 88, RA f 17 rouge
                             J'exalte Dieu et chante d'allégresses
                             NCTC 154, ARC 171, ALL 14/01

 

         Commentaire commun à tous les chants de St Thomas d'Aquin
  
                                                     

Saint Thomas d'Aquin et ses chants

        St Tomas d'Aquin, 1225-1275, est un des plus grands théologiens de la chrétienté. Disciple d'Albert le grand, qui était un génie universel, Thomas devint un des grands professeurs de la Sorbonne de Paris. Il a écrit de nombreux livres, dont le plus connu est la Somme Théologique.

        En tant que dominicain, de l'Ordre des Prêcheurs né de la lutte contre les Albigeois, il fut aussi engagé dans la vie de l'Eglise et dans la piété de son temps. Cela l'a amené à composer des chants. En particulier pour la messe, qui sont devenus des classiques de la liturgie catholique romaine.

        Parmi ceux-ci, il faut citer :

 

   1.    Adoro te, latens Deitas            
                  Je t'adore, Déité (= nature divine) cachée
   2.    Factus cibus viatorum      
                  Devenu la nourriture des pèlerins
   3.    Lauda Sion, Redemptorem
                  Loue, Sion, le Redempteur
   4.    Pange, lingua, gloriosi corporis mysterium 
                  Chante, ô langue, le mystère du corps glorieux
   5.    Supernum Verbum prodiens a Patre
                  Verbe d'en haut venu du Père
   6.    Tantum ergo sacramentum     
                  Si grand est le sacrement
                             associé au Pange, lingua

 

        Sont traduits sur mon site www.chants-protestants.com , sous le nom suivant :

 

   1. Adoro te :       
                 Je te bénis, Jésus ! Ma vie est pleine     
   2. Pange, lingua     
                 Ma langue, chante Jésus-Christ  str 1-4
   6. Tantum sacramentum
                 Si grand donc est ce sacrement     str 5+6 du précédent
   5. Supernum Verbum  
                 Verbe éternel venu des cieux, dans ABD 539

       Ce dernier chant a été traduit en allemand par Rudolf Alexander Schroeder, en 1932-34, sous le nom de " Das Wort geht von dem Vater aus ", RA 291, EG 223.

    

 

17.             GARDE  EN  MEMOIRE  JESUS-CHRIST
                    Halt im Gedächtnis Jesum Christ

 

                                 Pierre Lutz

 

                Mélodie : Es ist gewisslich an der Zeit
                                Devant ta crèche tu me vois

 

1. Garde en mémoire Jésus-Christ,
    Le Fils,  qui sur la terre
    Du divin trône descendit,
    Pour devenir ton frère.
    Sachons bien que c'est par amour
    Qu'il a pris notre chair un jour :
    Louons-le pour sa grâce.

 

2. Garde en mémoire Jésus-Christ,
    Qui connut la souffrance,
    Et, sur la croix, comme un proscrit,
    Mourut pour notre offense.
    En triomphant là de la mort
    Il nous délivre d'un tel sort :
    Louons-le pour sa grâce.

 

3. Garde en mémoire Jésus-Christ,
    Qui, très tôt ce dimanche,
    Du tombeau vaincu resurgit
    Dans une robe blanche,
    Pour partager à tout jamais
    Avec nous sa vie et sa paix :
    Louons-le pour sa grâce.

 

4. Garde en mémoire Jésus-Christ,
    Remontant vers le Père,
    Pour envoyer son Saint-Esprit
    De force et de lumière ;
    Et préparer à tout croyant
    Dans son royaume un logement :
    Louons-le pour sa grâce.

 

5. Garde en mémoire Jésus-Christ
    Revenant comme juge,
    Mais aussi de tout cœur contrit,
    Comme le seul refuge.
    Si tu veux subsister alors,
    Deviens un membre de son Corps,
    Racheté par sa grâce.

6. Unis-nous tous, Jésus, à toi,
    Par une foi sincère,
    N'oubliant jamais, divin Roi,
    Ton œuvre salutaire,
    Pour y puiser mon réconfort,
    Dans la détresse et dans la mort,
    Avant de te rejoindre.

 

 

                             Texte:        Halt im Gedächtnis Jesum Christ
                                              Cyriakus Günther, avant 1704 ( 1650-1704)
                                               RA 293, EG 405
                                               fr.  : Pierre Lutz 1975 (*1926)

                            Mélodie :      Es ist gewisslich an der Zeit
                                              15e S., Wittenberg 1529,1533
                                              (Martin Luther 1529 ?)
                                              
RA 293, EG 405
                                               fr. : Devant ta crèche tu me vois
                                                      LP 100, NCTC 175, ARC 370

 

Le texte :

 

        Ce chant a une strophe finale fixe, alors que les strophes 1 à 5 sont mobiles et se chantent selon le temps liturgique concerné :

        1.  Avent-Noël
        2.  Carême-Passion
        3. Pâques
        4. Ascension-Pentecôte
        5. Trinité-Fin des temps.

        De fait, le plan des strophes suit Philippiens 2 : le Christ s'abaisse, jusqu'à la mort expiatoire de la croix, puis remonte vers Dieu et devient le Seigneur tout-Puissant. La 5e strophe vise expressément le jugement du Christ et sa miséricorde. La 6e strophe fait le rappel et ouvre sur l'éternité.

 

        Le chant peut s'employer de diverses manières :

 

        - avant la Cène : on chante deux strophes :
                   la mobile et la fixe, selon le temps

 

        - avant la Cène : on considère la 1ère strophe comme fixe
                   et introduisant aux suivantes. On chantera alors trois
                   strophes : 1ère, une mobile selon le temps, la dernière.

 

        - avant et après la Cène : on chante deux strophes avant la Cène :
                   la première et une selon le temps. Après la Cène, au
                   moment de l'action de grâces, on chante la dernière.
                   Celle-ci peut aussi faire office de chant de sortie,
                   si on n'a pas le temps de chanter à la fois pour l'action
                   de grâces et pour la sortie.

        - la dernière strophe peut s'employer seule, après l'action de
                    grâces, ou comme chant de sortie, alors qu'on aura
                    chanté un autre cantique pour l'entrée de la Sainte Cène.
  

La mélodie :

 

        " Es ist gewisslich an der Zeit " est la mélodie du "Dies irae" luthérien. Le texte original est anonyme, de 1565, et fut repris par Batholomäus Ringwaldt, en 1586. La mélodie est de Wittenberg 1529. EG 149 l'attribue à Luther 1529. Elle a joué un grand rôle dans la piété, car elle a gardé la thématique eschatologique du Dies irae, mais le côté sombre du chant est fortement atténué. La deuxième partie de la mélodie est sombre, et plonge au ré, la note la plus basse, mais la première est joyeuse et monte jusqu'au mi, ce qui mélange les traits lumineux et les traits obscurs. L'accent est mis à la fois sur le Christ Juge et sur la miséricorde.

 

 

        Cette mélodie donne au chant de Ste Cène un caractère eschatologique qui s'associe bien avec le mouvement de Philippiens 2 : le Christ s'abaisse, jusqu'à la mort expiatoire de la croix, puis remonte vers Dieu et devient le Seigneur tout-Puissant. Il faut à la fois craindre le Juge et s'en remettre à sa bonté. La Cène me permet de me remémorer l'œuvre de ce Christ, qui mourut pour m'épargner la condamnation.

 

 

 

 CANTIQUE DE SIMEON

1er Dim après NOËL

ENTERREMENT

 

 

18.       JE PARS EN PAIX, JE VAIS A DIEU

       ( Mit Fried und Freud fahr ich dahin )

 

 

                          Luc 2 / 25-32

 

                         Martin Luther

 

Mélodie : Mit Fried und Freud ich fahr dahin

 

1. Je pars en paix, je vais à Dieu,

    Car sa Parole

    S’est révélée devant mes yeux

    Et dévoile

    Ce que Dieu m’avait promis :

    « Bientôt mon Christ arrive ! »

 

2. Je vais en paix, par Jésus-Christ,

    Ton Fils Unique,

    Que tu m’as laissé voir ici,

    Pacifique,

    Mon recours face à la mort,

    Ma vie, mon espérance.

 

3. Aux hommes tu l’as présenté,

    Il est la grâce !

    Dans ton Royaume il fait entrer

    Ceux qui passent

    Par la porte des brebis,

    Que ta main tient ouverte.

 

4. Il est lumière, il est salut,

    Pour tous les peuples,

    Pour ceux qui ne l’ont pas connu,

    Pour les humbles,

    Lui, la gloire d’Israël,

    Sa perle et sa couronne.

 

 

 

            Texte :         Mit Fried und Freud ich fahr dahin

                                Martin Luther 1524

                                RA 45, EG 519

                                frs: Yves Kéler, 26.01.2006

 

            Mélodie:      Mit Fried und Freud ich fahr dahin

                                 Martin Luther 1524

                                 RA 45, EG 519

 

 

 

                               Voir sur ce site,   rubrique « Etudes » : 

                                  «  Les chants de Martin Luther  » 

 

 

 

 

 

 

 

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