LE NOUVEAU PLAN DE LECTURES BIBLIQUES POUR 2010


                     pour l'ECAAL et l'ERAL, dans le cdre de l'UEPAL

        L’édition du plan de lectures de 2010 se caractérise par l’introduction d’un nouveau plan de lectures qui rompt avec une tradition alsacienne séculaire. En effet, jusqu’à présent, le plan suivait l’Année de l’Eglise, avec les chants de Semaine (Wochenlieder), les lectures du dimanche et celles de la semaine qui suit, conformément au plan occidental latin de base.

 
Le plan de l’année de l’Eglise, dit « occidental latin »

 

        Dans ce plan, la semaine est traitée comme un tout. Cela permet au fidèle de prolonger une semaine durant la méditation, commencée le dimanche au culte par les trois lectures de base, le mot d’ordre (Wochenspruch), le texte de prédication et le sermon. Les mots de Wochenlied et Wochenspruch montrent que le dimanche et la semaine forment une unité. Les jours de la semaine, du dimanche inclus au samedi, il y a trois colonnes : du jour, du matin, du soir. Parfois la 3e colonne varie : lecture continue par exemple. Cela permet au pasteur et à la famille de choisir le texte du jour pour un enterrement, ou un mariage, ou pour un culte de semaine ou à la maison de retraite ou à l’hôpital, et de rester ainsi dans la communion avec le Christ et les frères et sœurs.

 

        Ce plan suit ce qu’on appelle l’Année de l’Eglise « des pays latins d’occident », tel qu’il s’est élaboré depuis l’Antiquité dans l’Empire romain en latin, et qu’il fut repris par les Luthériens et les Anglicans et continué jusqu’à nos jours dans le monde entier dans ces Eglises, et dans la nôtre en particulier en Alsace-Lorraine. Il est fondé sur l’histoire du salut. Il part au 1er dimanche de l’Avent, avec la Création du monde dans le Psaume 24 : « A Dieu la terre, c’est lui qui l’a faite », et il termine avec le dernier dimanche de l’année et la lecture de l’Apocalypse 21, la nouvelle Jérusalem. Un tel plan a une profonde valeur pédagogique, et conduit à une forte expression cultuelle et liturgique

 
Le plan des lectures continues

 
       Or, que voit-on en 2010 ? Les noms, les thèmes et les lectures des dimanches restent, mais la semaine n’a plus aucun rapport. Celle-ci est pourvue de trois colonnes de lectures continues. Ceci est un tout autre plan, qui n’a rien à voir avec le plan de l’Année de l’Eglise. De fait, on a placé dans notre plan un système créé par la Fédération Protestante de France pour lire « la Bible en six ans », selon des lectures continues. De plus, les lectures des dimanches sont celles de l’Eglise catholique. Ce système est un plan « technique » de lecture, qui a sa valeur en soi, mais qui est étranger au rythme de la vie et de la foi de l’Eglise durant l’année. Et il fait tout simplement disparaître cette vie de piété liée à la succession des fêtes et des dimanches vécue comme l’accompagnement de Dieu dans la vie de l’Eglise et des fidèles. 

 
Le plan calvinien

 
        Ce système de lectures continues provient des Eglises réformées, qui ignorent l’année de l’Eglise, que Calvin a supprimée, ne gardant que Pâques et la Pentecôte, Noël étant fêté au dimanche le plus proche. Ce plan est clairement fixé dans le Psautier de Genève de 1562. De ce fait, le lien entre l’année de l’Eglise et les lectures et la prédication était rompu. Calvin pratiquait la prédication de dimanche en dimanche en suivant un même livre biblique. Son plan des dimanches divisait les 52 dimanches de l’année en deux semestres de 25 dimanches, soit 50 dimanches. Plus les deux fêtes de Pâques et de Pentecôte, ce qui fait un total de 52.        

 

       Calvin a supprimé aussi le plan classique du culte et les répons liturgiques, ne gardant pour seuls chants que les 150 Psaumes, employés selon la succession de leurs numéros, sans tenir compte de leur contenu. Ils sont divisés pour cela en 300 unités de chant, réparties sur les 25 semaines. Ce système radicalement mathématique rompait avec toute la tradition liturgique des 15 siècles précédents. Avec surprise, vous le retrouvez dans la 3e colonne du plan de 2010, où les Psaumes se succèdent selon leurs numéros de & à 150, puis reprennent.

 
Deux constructions contradictoires 

        On a donc à faire à deux constructions contradictoires. D’une part, un plan cultuel lié à la piété de l’année, à l’histoire du salut et à son extension sur les temps de l’année et les semaines entières, telle qu’elle est vécue par le pasteur et les fidèles semaine après semaine et jour après jour. D’autre part, un plan technique et culturel visant à la lecture des 66 livres de la Bible en 6 ans. Les deux plans n’ont pas de rapport, et imposer le deuxième dans le cadre du premier détruit celui-ci.

 
        Mais cela conduit à une question de fond : que recherche-t-on ? A détruire un peu plus le culte et la piété de notre Eglise, déjà bien malades ? A nous aligner sur un système artificiel venu de l’extérieur, mais qui détruit plus qu’il ne construit.  A nous « intégrer » dans un cadre FPF « national », peu soucieux des Eglises locales d’une part et de l’Eglise universelle d’autre part ? A-t-on consulté les paroisses et les fidèles ? Beaucoup de réactions négatives sont apparues, dit-on, contre ce plan de 2010. Souhaitons que le plan de l’Année de l’Eglise, excellent et employé par de nombreuses Eglises dans le monde, soit rétabli en 2011.

 

                                                                         Yves Kéler , 22.4.2010.

 

 

 

 

Qui Suis-je?

 

Pasteur retraité de l'Eglise luthérienne de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine.

 

 

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KELER Yves

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