AVANT LE LEVER DU SOLEIL, TRES TOT

                        Wenn der Tag erwacht, eh die Sonne lacht

                               Fritz Beda-Löhner (Löhnrt-Beda)

 

                    Mélodie : Wenn der Tag erwacht, eh die Sonne lacht

 

1. Avant le lever du soleil, très tôt,

    Les colonnes marchent, vers leurs travaux,

    La route dans le matin morne.

    Noire est la forêt et rouge est le ciel.

    Au sac nous n’avons qu’un bout de pain sec,

    Et au cœur des angoisses sans borne.

 

Refrain :

     O Buchenwald, comment t’oublierais-je ?

    Tu es ma destinée.

    Qui te quitte alors seulement jauge

    Combien belle est la liberté !

    Quoique nous réserve l’avenir,

    Nous disons oui à la vie puissante,

    Car un jour vient le jour

    D’être libérés.

 

2. Notre sang est chaud et la fille est loin.

    Le vent souffle doux, et je l’aime bien.

    Mais me restera-t-elle fidèle ?

    Les pierres sont dures et fermes nos pas,

    Pic et bêche au bout de nos bras

    Et au cœur l’amour, au cœur l’amour.

     Refrain

 

3. La nuit est si courte et le jour si long,   

    Un chant de chez nous franchit l’horizon :

    On ne nous volera pas l’espérance !

    Tiens bon, camarade, ne perds pas l’envie

    Que tous portent de sauver leur vie.

    Garde au cœur la persévérance !

 Refrain

 

   

         Text         Wenn der Tag erwacht, eh die Sonne lacht

                         « Das Buchenwald Lied »

                         im KL Buchenwald (KZ) 1838

                         Fritz Böda-Lehner

                         Librettiste de Franz Lehar

                         + 4.12.1942 Auschwitz

 

                          dans Lieder aus den faschistischen

                                   Konzentrations-Lagern

                          Veröffentlichung der Deutschen Akademie

                          der Künste in Berlin, Sektion Musik,

                          Abteilung Arbeiterlied

                          Das Lied – Im Kampf geboren, Heft 7, Nr 23, S. 74

                          Zusammengestellt von Inge Lammel und Günter Hofmeyer

                          VEB Friedrich Hofmeister Leipzig 1962

                          fr. : Yves Kéler 10.12.2013 Bischwiller

   

         Mélodie    Das Buchenwald Lied

                         Hermann Leopoldi,

                         Cabarettiste de Vienne

 

 

Le texte

 

        La musique et le chant dan les camps de concentration forment une part importante de l’histoire des camps nazis. Les orchestres accompagnaient différents actes, comme les exécutions, ou servaient à la distraction des SS.

 

        Les chants étaient de deux natures : 1° des chants allemands populaires ou de marche appréciés pour leur romantisme, patriotisme ou sentimentalité, qui servaient surtout à la détente. 2° des « chants de camp », propres à chaque camp, qui étaient composés par les prisonniers musiciens et poètes, et qui relevaient l’identité propre de chaque camp. Ils étaient censés augmenter l’esprit de corps des prisonniers, qui y voyaient surtout une sinistre mascarade les obligeant à glorifier leur sort misérable. Ces chants étaient en particulier chantés aux appels fréquents et interminables. Les répétions étaient des supplices, et leur exécution  maladroite donnait lieu à des coups et à des punitions.

 

        On dit que le commandant de Buchenwald en 1938, Arthur Rödl, était mécontent que son camp n’ait pas encore de chant, comme la plupart des autres. Il faut savoir que les camps ont commencé d’exister en 1933, tel celui de Dachau, lequel eut son chant en 1938, « das Dachau Lied ». Mais le camp de Börgermoor (près de Papenberg im Emsland, en Frise orientale, à la frontière néerlandaise), avait son chant « Die Moorsoldaten –les soldats du marais » dès 1933. A Buchenwald, on se contentait de chanter « Steht ein Dörflein mitten im Walde », texte du poème intitulé « So einer war auch er! » de Arno Holz, qui servit longtemps pendant l’appel.

 

        En décembre 1938, Rödl fit composer le Chant par Fritz Beda-Löhner (ou Löhner-Beda), qui avait été un important librettiste de Franz Lehar (1970 Komaron, Hongrie –1948 Bad Ischl, Autriche), dont « La veuve joyeuse, Le pays du sourire. » La musique est de Hermann Leopoldi, cabarettiste à Vienne. On cacha que ces deux auteurs étaient juifs. Les deux autrichiens avaient été arrêtés en mars, dès le lendemain de l’Anschluss du 12 mars 1938, et firent partie du premier convoi de « Prominente – notables » vers Dachau, le 1er avril 1938. Löhner Beda fut transféré le 17 octobre 1942 à Auschwitz, où il fut battu à mort par un kapo, suite à l’avis des experts de IG-Farbe, qu’il ne travaillait pas bien.

 

        Il semble que Franz Lehart n’ait rien tenté pour le sauver. Après la guerre il a prétendu qu’il n’était pas au courant, ce qui est évidemment faux, puisque dans toutes les représentations ou éditions des opérettes, le nom de Löhner-Beda était supprimé.

 

        Le chant de Buchenwald devint le « chant officiel » du camp de 1938 à 1942. On l’abandonna à cette date parce que les prisonniers non-allemands devenaient progressivement majoritaires et, ne sachant pas suffisamment l’allemand, ne pouvaient le chanter.   

 

 

Texte original

 

Wenn der Tag erwacht, eh’ die Sonne lacht,
die Kolonnen ziehn zu des Tages Mühn
hinein in den grauenden Morgen.
Und der Wald ist schwarz und der Himmel rot,
und wir tragen im Brotsack ein Stückchen Brot
und im Herzen, im Herzen die Sorgen.

Kehrvers

O Buchenwald, ich kann dich nicht vergessen,
weil du mein Schicksal bist.
Wer dich verließ, der kann es erst ermessen,
wie wundervoll die Freiheit ist!
O Buchenwald, wir jammern nicht und klagen,
und was auch unser Schicksal sei,
wir wollen trotzdem ja zum Leben sagen,
denn einmal kommt der Tag: dann sind wir frei!

Und das Blut ist heiß und das Mädel fern,
und der Wind singt leis, und ich hab’ sie so gern,
wenn treu sie, ja, treu sie nur bliebe!
Und die Steine sind hart, aber fest unser Tritt,
und wir tragen die Picken und Spaten mit
und im Herzen, im Herzen die Liebe.

O Buchenwald, ich kann dich nicht vergessen …

Und die Nacht ist kurz, und der Tag ist so lang,
doch ein Lied erklingt, das die Heimat sang:
wir lassen den Mut uns nicht rauben.
Halte Schritt, Kamerad, und verlier nicht den Mut,
den wir tragen den Willen zum Leben im Blut
und im Herzen, im Herzen den Glauben.

O Buchenwald, ich kann dich nicht vergessen …

 

 

Qui Suis-je?

 

Pasteur retraité de l'Eglise luthérienne de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine.

 

 

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KELER Yves

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