« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

1er jour de Noël

La naissance de Jésus-Christ

Dimanche 25 décembre 2005

1 Jean 3, 1-6


( Série de Prédication IV (Predigtreihe IV) : nouvelles  épîtres )

Chère Assemblée,

Les lendemains de fêtes ne sont pas toujours faciles à négocier. Comment préserver la joie, encore une fois se réjouir, alors que le sommet de la fête est déjà derrière nous ?
N’est ce pas un peu la situation dans laquelle nous nous trouvons ce matin ?
Hier au soir, de nombreuses églises étaient trop petites pour contenir toute l’assemblée, ce matin nous retrouvons la communauté habituelle !

Certes, Noël est bien fêté le 25 décembre. Il n’empêche, pour la majorité d’entre nous, rien ne peut surpasser en émotion, en intensité, la veillée de Noël et l’Evangile de la naissance du Christ dans l’étable, l’enfant donné au monde, les anges, les bergers…

Alors devrions-nous ce matin, nous contenter d’un peu de ‘réchauffer’, quelques miettes sauvées de la fête de la veille ?

Non, car ce que nous entendons ce matin est d’un autre ordre que ce que nous avons vécu hier au soir. La veillée de Noël est pour une bonne part la fête des enfants, la fête des émotions, une bonne dose d’émerveillement et de nostalgie. Et cela mérite d’avoir sa place.

Mais ce matin, l’occasion nous est donnée de ré entendre ce message de Noël avec d’autres mots, de le re-formuler en d’autres termes. Ce qui nous permettra de le comprendre et de le vivre plus consciemment.

Notre texte de prédication, en tous les cas, nous y invite.
Que nous dit-il ?

D’abord, l’auteur nous invite à contempler ce dont lui ne semble pas se lasser. « Voyez ! » dit-il. Autrement dit : « Ouvrez grands vos yeux, votre cœur, votre intelligence et prenez toute la mesure de ce que je vais vous annoncer maintenant. C’est que vous êtes ENFANTS DE DIEU !

Vous avez bien entendu ! Vous êtes, - nous sommes, - enfants du Père céleste, son fils, sa fille bien aimés ».

Et comme si cela était tout, sauf évident, comme si nous avions mal compris ou de la peine à en saisir la portée, comme s’il y avait en chacun d’entre nous une réserve intérieure à lever à dépasser, Jean, le rédacteur de l’épître d’ajouter ; « Et nous le sommes réellement ».

L’auteur nous prend à parti. Il nous interpelle et nous demande : « Avez-vous déjà pris la pleine mesure de cette réalité, en tirez-vous toutes les conséquences pour vous-mêmes et pour votre vie ? »

C’est indéniable, il y a dans ces lignes une jubilation irrépressible, une joie profonde. C’est comme si l’auteur avait  de la peine à contenir son excitation. Car pour lui, ce qu’il nous annonce dans ces lignes est  vraiment, fondamentalement, de l’ordre de la Bonne Nouvelle.

Une bonne nouvelle qui, radicalement, fait toute chose nouvelle. Après laquelle, plus rien ne saurait être comme avant.
Et il veut que nous en ayons pleine conscience.

L’identité de chacun d’entre nous est faite de son passé, de ses racines, de son lien à ses parents, de son histoire.
Mais voilà que se rajoute encore un autre élément à cette identité, l’adoption par Dieu qui fait (de moi, de toi), de nous, son enfant.
En tant qu’enfant nous sommes indissolublement liés à nos parents. Nous leur devons la vie.
En tant qu’enfant de Dieu, nous sommes aussi liés au Père céleste. Nous lui appartenons.
Chacun, en tant que son enfant,  est profondément et très personnellement aimé du Père céleste.

Qu’est ce que cela a à faire avec Noël ? Et bien à Noël, avec la venue de Dieu dans notre monde, avec l’incarnation de Dieu dans notre chair tout commence.
A partir de Noël devient évident, à quel point Dieu lie son destin à celui des humains, jusqu’où va sa paternité, son engagement pour nous !

Notre texte de prédication ne reprend rien du récit de la nativité. Mais il tire les conséquences de la venue de Jésus dans notre monde.
Notre passage semble dire.
Puisque Christ est venu dans ce monde, puisque vous fêtez l’avènement du Christ, eh bien vivez maintenant comme si Christ était réellement venu, vivez maintenant au quotidien sa présence dans notre monde.

Oui, Jésus, l’expression la plus aboutie de l’amour de Dieu pour nous les hommes, est véritablement venu dans notre monde, dans nos vies, dans nos chairs. Il est descendu jusqu’à nous pour que le monde, par l’amour de Dieu soit réellement changé, pour que vous tous, qui que vous soyez, grâce à l’amour que Dieu déverse en vos cœurs, vous puissiez vraiment vivre de la vie nouvelle.
En tant que ses enfants, en tant que ses fils et filles.
Non, vous n’êtes plus seulement de pauvres humains, tiré de la terre et qui retourneront à la fin de votre vie à la terre et à la mort mais désormais vous avez aussi part à la vie de Dieu, votre Père.
N’ayez pas peur, mais placez votre confiance en ce Père qui n’est qu’amour.

Et voilà pourquoi, désormais Jean nous invite à vivre dans le temps de l’espérance.
L’espérance, dont il parle n’est pas seulement un sentiment, une consolation, c’est une force et une énergie. Cette espérance veut donner à nos vies une autre couleur, la couleur de Dieu.
Une analogie, un exemple. Vous avez sans doute déjà vu ces sportifs qui dans les stades d’athlétisme ou sur les routes du Tour de France, l’été, arborent des lunettes. Ce n’est pas seulement pour être à la mode. En général, leurs verres sont teintés et les teintes ont une indéniable influence sur la perception de l’entourage et sur le psychisme. Ainsi par temps gris, le sportif change les verres, il met des verres de couleur jaune. Voilà qui lui aide à mieux absorber les longues heures d’entraînement. Avec des verres teintés de jaunes, malgré la grisaille, il fait soleil.

Ainsi donc que l’espérance en Dieu illumine, colore notre vie. N’oublions pas, que malgré les épreuves, les soucis, les poids, notre vie n’est pas  réduite à cette seule réalité car pour qui vit de Dieu, il y a en lui un noyau de joie imprenable.
Cette joie, ce n’est pas nous qui la produisons, elle nous vient de plus loin. Elle se fonde en ce Dieu d’amour dont, malgré tout, contre tout, je suis l’enfant.

Finalement l’apôtre termine ce passage en évoquant un dernier aspect, la réalité du péché.

Et c’est bien qu’il en soit ainsi.
De la sorte, l’auteur nous rappelle que même à Noël, même lorsqu’on est rappelé à sa filiation divine et encouragé à faire de cette espérance sa respiration profonde, il n’empêche que le mal reste, lui aussi, de ce monde et que toujours, il leste de son poids nos vies.

Chacun de nous vit dans cette tension entre, d’une part, son aspiration à une vie bonne, pleine et harmonieuse, d’autre part, l’expérience de ses limites, de ses échecs, de ses défaites.

Ce qui est extraordinaire, c’est que Dieu lui-même inscrit cette tension au cœur de son Evangile. Ainsi, l’histoire de Noël. D’une part Noël, c’est le don de Dieu, le plus grand, le plus précieux qui soit. Mais paradoxalement, ce don nous vient sous la forme de ce petit bébé, couché dans la crèche, un pauvre, innocent, impuissant petit bébé, la chose la plus insignifiante qui soit.  

Cette tension traversera toute la vie du Christ et trouvera son point d’orgue, son achèvement dernier, dans l’homme de Nazareth cloué sur une croix, moqué, défaillant sous la souffrance mais qui en même temps est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde.
Combien chacun aimerait vivre une vie placée sous le signe de la perfection, une vie idéale. Nous savons bien qu’il n’en est rien. Nous avons, nous aussi, à accepter de vivre cette tension que le Christ lui-même a vécue. Vivre entre ce qui est déjà mais, qui pourtant, est toujours encore en devenir.

Déjà sauvé mais encore mortel. Déjà fils de Dieu mais encore fils de la terre. Déjà pur mais encore un malheureux pécheur qui souffre et fait souffrir.
Souvent, nous avons tellement de mal à accepter l’imperfection du monde, notre propre imperfection. Souvent nous nous en voulons tellement et nous sommes abattus. Si nous sommes si durs les uns avec les autres c’est parce que nous n’acceptons ni nos faiblesses ni les leurs.

La Bonne Nouvelle de Noël est là pour nous rappeler que c’est dans ce monde imparfait, dans cette réalité compliquée que le Christ, Jésus, est venu, pour la transformer. Non pas en la niant, mais en l’accueillant lui-même, en la traversant jusqu'à l’épreuve ultime de la croix.

Pour qu’au-delà de la croix advienne la résurrection et la vie nouvelle !
C’est ce chemin qu’il nous propose de marcher à sa suite.
En homme, en femme, qui tout en accueillant et en acceptant leur humanité, en même temps savent qu’ils sont déjà fils et filles de Dieu, ses biens aimés. Amen.

    Georges HUFSCHMITT, pasteur

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER, au Secrétariat
de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

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