« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

                      Luc 1, 67-79 

            1er Dimanche de l’Avent

           Dimanche 3 décembre 2006

                 Christian MATTER

 

EPAL - Service des lecteurs

 

Chers amis, il s'agit pour nous, dans un premier temps de nous frayer une voie d'accès au psaume de Zacharie. Il nous faudra donc le recevoir dans son contexte. (Lire en premier les versets 57 à 67)
Après la visite de Marie à Elisabeth, naissance et circoncision de Jean et premiers « couacs » !

Le nom était donné TRADITIONNELLEMENT par le père ou la mère au jour de la naissance¸alors que pour Jean, cela se passe le huitième jour, lors la circoncision. Souvenons-nous que chez les Hébreux, la naissance se passe en 2 temps : il y a d'abord naissance charnelle au sein de ce bas monde, puis, le huitième jour, la circoncision inscrite dans la chair est là pour rappeler les exigences du TOUT-AUTRE ; celles-ci confèrent un sens à l'existence terrestre de l'enfant.

Or qu'en est-il de Jean pour que Luc chamboule le « bon ordre » d'une tradition millénaire et « ronronnante ». Luc veut que ceci soit clair : dès le jour de sa naissance, Jean aura été élevé pour être mis à part pour Dieu. C'est ainsi que stress abstinence, privations en continu, seront son lot dès le départ !

Luc veut faire comprendre cela en faisant coïncider don du nom et circoncision. Autrement dit, le nom de Jean lui est donné en même temps que la circoncision. Luc met ainsi tout sens dessus dessous pour nous signaler l'avènement d'un être tout à fait particulier, investi d'une vocation unique au monde.

Quant au nom du bébé, c'était la coutume de donner le nom du grand-père de l'enfant plutôt que celui de son père. Eh bien ! Pour l'enfant en question, ce ne sera ni l'un ni l'autre : C'est d'ailleurs sans concertation préalable que la mère et le père, chacun de son côté, refusent le nom qu'on leur crie (Zacharie) et l'appellent JEAN. La signification de ce nom (choisi en réalité par Dieu et dévoilé au vieux couple par l'ange Gabriel) est « Dieu fait grâce, Dieu guérit ». Eh oui ! Ce nom est à lui seul le résumé du message que Jean, devenu entre-temps le Baptiste, proclamera : YOHANNAN = Dieu fait Grâce. Dieu exerce sa miséricorde ; il suffirait de s'en réjouir, d'en être remué au plus profond de son être dans la perspective d'être, un jour, délesté du poids de son péché ! C'est en vue de ce grand jour que Jean appelle ceux qui l'écoutent à la repentance. Ce faisant, il encourage chacun à adopter une attente active, c'est-à-dire à préparer en soi un accès pour la venue du Grand Médecin, du Sauveur qui aura le pouvoir de guérir les cœurs meurtris. Il faut prendre à cœur la prophétie de Jean-Baptiste et ne pas s'attarder à son look, qui fait de lui un « marginal ». Apprenons que dans ce bas monde, un croyant est toujours un marginal en puissance. Nul n'est besoin de se démarquer des autres sur les plans vestimentaire et alimentaire ; c'est bien plus la parole du croyant, son message de vie, un mode de comportement s'ajustant aux situations auxquelles il est confronté, qui devraient interpeller, voire remuer les cœurs des auditeurs et autres spectateurs. C'est ce que la Bible veut nous faire comprendre en décrivant le personnage de Jean, son langage, ses vêtements, sa nourriture. Chaque moment de la vie du Baptiste était là pour lui rappeler la dépendance complète de son être à Dieu. Il ne suffit pas d'arborer un « look pieux », encore faut-il que ce ne soit pas un simple badigeon, servant à masquer les nombreux défauts d'une façade. Un extérieur authentique se laisse modeler du dedans, de l'endroit même d'où l'âme reçoit consolation et guidance divines et s'en remet à Dieu.

Pour parvenir à ce stade de foi, il nous est précisé que Jean a été mis à part pour Dieu dès sa naissance. Cela n'est pas écrit pour nous décourager. Au contraire, c'est afin que nous soyons habités par une crainte salvatrice, destinée à nous réveiller de notre léthargie spirituelle : Oui, le temps est proche, mettez-vous à l'œuvre !

Eh oui ! Mais comment faire ? En acceptant de nous laisser « déranger » par son appel à se mettre en route sur le plan spirituel, Jean-Baptiste convie chacun de nous à « naître » à sa vocation de chrétiens et si nous nous référons à notre texte de prédication, le psaume de Zacharie, nous constatons qu'il y est beaucoup question de libération (versets 69,71,74,77,79 ) : (lire les passages)
Une lecture plus attentive de ce texte nous laisse quelque peu perplexes : en fait, notre sentiment d'avoir à faire à un flou artistique commence à s'estomper à partir du moment où nous distinguons un « team », une équipe de 2 personnages, à l'œuvre dans le processus de libération du peuple.

L'un des deux est appelé « force de salut dans la famille de David » et l'œuvre qu'il accomplira a été annoncée par « tous les prophètes d'autrefois ». Celle-ci consistera à « nous arracher aux mains des ennemis », « nous libérer des mains de ceux qui nous haïssent » et qui nous empêchent de rendre un culte à Dieu (référence au peuple en Egypte).

L'autre (nous savons que c'est Jean) est appelé « prophète du Très-haut »et son œuvre va consister à donner à son peuple « la connaissance du salut par le pardon des péchés ». Il est apparu à ceux qui se trouvaient dans les ténèbres.

Pourvu que nous puissions prendre conscience de l'emprise du péché sur nos vies, qui tend à faire obstacle à notre relation à Dieu en nous ôtant l'envie de lui rendre Grâce de concert avec les anges et de nous réjouir dans la puissance et l'abondance de notre Dieu. Mais commençons donc par nous tourner vers Jean et par prendre conscience du caractère incontournable de son message. Nous savons que celui-ci nous enjoint de préparer notre cœur à recevoir le salut dans sa plénitude.

 

Christian MATTER, pasteur

 
 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL. Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), jusqu'en 2009. A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MPRSBRONN-LES-BAINS (tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction. Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER, au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER (tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

 

 

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