« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

Quasimodo Geniti

1er Dimanche après Pâques

La nouvelle naissance

Dimanche 23 avril 2006

Jean 20/19-29 – Colossiens 2/12-15


(Série de Prédication IV (Predigtreihe IV) : nouvelles  épîtres )

Chers frères et sœurs en Christ,
Nous avons entendu le texte de l’Evangile de Jean
Imaginons-nous un instant parmi ces disciples réunis dans cette maison verrouillée.
Ils ont entendu la nouvelle de la résurrection du Christ annoncée par Marie de Magdala.

Mais rien n’y fait, ils ont peur, peur des rumeurs, peur pour leur propre existence. Ils se sentent abandonnés, en danger et ne savent  pas trop quoi penser ni que faire de cette nouvelle incroyable. Ils sont retranchés,  ils se mettent en sécurité à l’écart du monde.

Et soudain, le Ressuscité se tient devant eux : « la paix soit avec vous ».
Il fait sauter tous les verrous, les verrous de la mort, les verrous de leurs angoisses, les verrous de leurs portes.
Il les rejoint dans l’obscurité de leurs peurs, au milieu de cette petite assemblée qui a encore le regard tourné vers ce qui s’est passé, au lieu de se tourner vers l’avenir rempli d’espérance.

« La paix soit avec vous » … une salutation familière qui leur procure un étrange bien être… une salutation familière qui les remplit peu à peu de force et de courage.
C’est bien probable que la salutation soit ordinaire, mais la paix qui leur est offerte à travers cette salutation c’est la paix victorieuse du Ressuscité, la paix acquise par la victoire sur la croix.
Pour s’en persuader il leur suffit de regarder les stigmates du crucifié. Ils comprennent, ils reconnaissent, ils retrouvent enfin leur Maître et Seigneur.

Une parole ordinaire, un signe, voilà ce qui a permis à ces disciples la rencontre extraordinaire avec le Ressuscité.
Une parole et un signe, voilà ce qui a suffit à transformer leur vie.
Maintenant ils passent de l’isolement de leur maison à la lumière du monde.
Maintenant ils sont libérés des verrous de leurs peurs, ils sont envoyés vers leurs frères en humanité pour témoigner de ce qu’ils ont eux-mêmes vécu et reçu : la puissance du pardon.
Ils ne partiront pas seuls, il leur est donné le souffle de l’Esprit Saint, ils se savent désormais entre les mains du tout-puissant, du ressuscité.

C’est une nouvelle vie qui commence.
Il n’en a pas toujours été ainsi. Souvenez-vous de tout ce temps qu’ils ont passé avec Jésus et pourtant cela ne les a pas empêché de le trahir, de l’abandonner au moment crucial !
Malgré cela, c’est le Christ lui-même qui vient à leur rencontre pour les appeler.
A travers la rencontre du Ressuscité ils expérimentent dans leur vie la puissance de pardon du Christ et deviennent eux-mêmes des envoyés mandatés pour prolonger la mission du Christ dans le monde. C’est une nouvelle naissance qu’ils sont en train de vivre.

Ils sont, comme l’écrit Paul dans son Epître aux Colossiens 2, 12-13,
 …enterrés avec le Christ et aussi ressuscités avec lui parce qu’ils ont cru en la puissance de Dieu qui l’a ramené de la mort à la vie. Autrefois ils étaient spirituellement morts à cause de leurs péchés… mais maintenant Dieu les a fait revivre avec le Christ…

Ecoutons ensemble  Colossiens 2, 12-15

Et nous, ne sommes-nous pas comme ces premiers disciples ? Qu’est-ce qui nous retient ? Qu’est-ce qui nous paralyse ? Quelles sont nos angoisses ?  Chacun d’entre nous a son lot de souffrances qu’il traîne avec lui, qui l’étouffe et l’empêche de vivre librement.

Nous sommes ces disciples, à qui sont donnés des signes et des paroles pour  les mettre en route avec le Ressuscité.

Notre baptême est parole et signe de cette vie nouvelle offerte par le Christ.

Dans l’Epître aux Colossiens, Paul met en relation notre baptême avec la mort et la résurrection du Christ.
Par notre baptême nous participons à la mort et à la résurrection du Christ.
Par notre baptême notre vie est unie à celle du Christ et cette union nous fait participer à la résurrection du Christ.

Mais le baptême seul ne suffit pas, il nous faut croire, «  croire en la puissance de Dieu qui l’a ramené de la mort à la vie ». Il nous faut croire en la grâce toute-puissante qui nous a donné, à travers le Christ, une vie nouvelle basée sur la confiance en lui. Une vie nouvelle en Christ et par Christ.

Vivre en Christ, vivre pour lui et par lui, ce n’est plus vivre  pour soi, reclus sur soi-même, enfermé dans sa tour verrouillée, mais c’est une vie ouverte sur l’autre, sur mon prochain, ouverte à la mission de réconciliation, de paix et de pardon à laquelle chaque disciple est convié.

Cette vie nouvelle en Christ est entièrement déterminée par le pardon de Dieu qui nous est offert en Christ. Et ce pardon change totalement notre condition.
Le pardon de Dieu n’est pas simplement une parole c’est aussi un acte, un fait qui le fait entrer dans l’Histoire humaine : la croix.
Par la croix, Dieu  atteste au monde la réalité du pardon pour les humains.  Nos vies sont ainsi marquées, par le sceau de la grâce de Dieu.
Ce pardon a radicalement transformé notre relation à Dieu, nous sommes devenus des êtres libres, nous pouvons nous approcher de Dieu, nous pouvons lui parler, il est notre ami, notre fidèle allié.

En d’autres mots, la partie est gagnée.
Tout ce qui se dressait entre Dieu et nous a donc été mis en échec.
L’adversaire a été mis échec et mat.
Peut-être n’a-t-il pas encore saisi la situation, peut-être essaye-t-il encore de trouver la parade qui lui donnerait à nouveau l’avantage, mais c’est en vain car il a été fait échec et mat, la partie est terminée pour lui.
L’adversaire n’a pas été détruit mais il a été vaincu et soumis à l’autorité du Christ.

Lui aussi entre maintenant dans le cortège du Christ, en tant que prisonnier, trophée de guerre.
Quant à nous, nous participons également à cette marche glorieuse. Par notre baptême nous marchons à côté du Christ victorieux. Les puissances obscures sont derrière nous, soumises au Christ. Devant nous s’ouvre l’avenir que le Christ nous promet. Plus rien ne peut nous arriver à côté du Christ vainqueur.

Alors de quoi avons-nous encore peur ? Il n’y a plus de raison d’avoir peur !
Pensez à cette victoire glorieuse du Christ. Pensez à la puissance du pardon que le Christ vous offre.
Pensez surtout que le Ressuscité veut être à vos côtés, il vient à votre rencontre,  veut partager avec vous l’avenir qu’il vous donne.

« La paix soit avec vous »

Amen

        Bertrand CLAUSS, pasteur

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