« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


La fête de Pâques

Résurrection du Christ

Dimanche 16 avril 2006

1 Thess.4/13-14


(Série de Prédication IV (Predigtreihe IV) : nouvelles  épîtres )

Paul  fut le premier grand missionnaire (au sens de créateur de paroisse). C’est notamment lui qui a fondé la toute première paroisse structurée sur le sol européen, à savoir, la communauté devenue vite très active à Thessalonique… Oh! Pour être actif, çà ils l’étaient, ces chrétiens ! Je dirais même qu’ils en faisaient de trop, certains allant même jusqu’à refuser  de continuer à travailler et à nourrir leur famille pour s’adonner de tout leur être à la prière en continu.  En priant ainsi, le disciple encourait le risque de négliger le prochain, alors que celui-ci doit être au centre de la prière. C’est également pour cette raison que le chrétien ne doit pas accepter  d’être payé pour les temps  de  prières ou de visites, et ce, précisément, afin de ne pas créer de malentendu  (Paul sait de quoi il parle). La chose la plus importante à laquelle le disciple doive veiller,  c’est la qualité de sa prédication que les gens en-dehors de la communauté lisent au quotidien dans la manière dont il gère sa vie chrétienne.

En  fait, tout au long de ce chapitre 4 affleure l’embarras profond,   suscité par la prédication de Paul au sein des différents groupes d’auditeurs. Le thème récurrent en est l’annonce  du retour imminent de Jésus, qui viendra comme un voleur en un lieu et à une date non dévoilés !

Paul a vent de ce que sa prédication peut avoir suscité de malentendus après son départ de Thessalonique. La présente lettre aux Thessaloniciens est destinée à dissiper les malentendus concernant (entre autres) cette question. Le croyant ne peut  rien faire d’autre que d’attendre, certes, mais il s’agit d’attendre « activement » comme nous l’avons dit plus haut, c’est-à-dire de travailler à notre être, de manière à être prêts pour  le grand  Retour, qui se fera avec la force et la rapidité d’un éclair !

Ce thème crucial du retour du Christ a toujours été source de malentendus et de conflits parmi la chrétienté. C’est pourquoi, notre texte pose la question des morts prématurées en termes clairs : qu’en est-il  des croyants qui sont présentement déjà morts, ainsi que ceux qui mourront encore d’ici le Grand Retour ? En effet, les morts auront-ils eu cette possibilité de s’amender, de s’améliorer ? Paul répond à 2 niveaux :

1) Il s’adresse d’abord à ceux, parmi les vivants, qui vivent de l’espérance, cette panacée qui permet de vaincre  la tristesse quant au sort  qui attend leurs proches déjà décédés, ainsi que tous ceux qui mourront  encore entre-temps, jusqu’à ce fameux retour….

2) Voilà ce que Paul annonce quant aux morts : de même que le Retour ne prendra pas par surprise ceux des vivants qui seront restés spirituellement  éveillés jusqu‘au bout, de même ceux qui « se sont endormis et traversent la mort  à la suite de Jésus, Dieu les conduira  lui-même, avec Jésus.

Jésus est mort et il s’est relevé / il a été relevé (des morts).  C’est ainsi que ceux qui décèdent en Christ, continuent, au moment de la mort, à éprouver sa guidance de plus en plus nettement. Dieu continue de les conduire avec Jésus. Ceux pour qui Dieu aura été un rocher, un refuge durant leur passage sur terre, continueront d’éprouver,  d’une manière ou d’une autre la puissance du Christ au sein même des ténèbres de la mort.

Illustrons ce que nous venons de dire

 Durant les mois et les années de la traversée du désert, le peuple de Dieu avançait en suivant, durant la journée, une colonne de fumée et dès qu’il n’y avait plus de lumière et que la nuit tombait,  voilà que la colonne de fumée devenait une colonne de feu pour toute la durée de la nuit.

Dieu a un éventail infini de possibilités pour manifester sa présence  aux côtés de l’homme, durant sa vie. C’est ainsi que nous ne pouvons pas nous faire une idée exacte de la façon dont Dieu se  fait reconnaître aux morts. L’essentiel est que nous parvenions  à nous agripper à la Parole de la Bible, qui nous assure de la présence divine également dans l’au-delà !

A ce stade de la réflexion me viennent certains versets du psaume 23  à l’esprit: « Même si je traverse la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains  aucun mal. Ta houlette et ton  bâton me rassurent. » La houlette, bâton à l’extrémité duquel on fixait une paire de magnifiques cornes de bélier représentait  la « visibilité » de Dieu et l’orientation pour les brebis.   

Jésus-Christ est, en effet,  mort et ressuscité. C’est pourquoi Jésus-Christ, élevé à la droite de Dieu se meut sur les deux plans, à savoir, celui de la vie terrestre et celui d’un au-delà de la vie terrestre, dont nous ne pouvons nous faire aucune représentation. Et de fait, ce qui nous fait peur, c’est que nous vivons  sur une existence,  ayant d’une part un début, qui ne laisse pas entrevoir si on existait déjà avant et, d’autre part, une fin, qui ne laisse rien entrevoir quant à l’au-delà de ce bas monde, si toutefois au-delà il y a. Voilà la façon dont réagit l‘homme qui n‘a pas encore été évangélisé.

Le penchant  de l‘homme  le pousse à vouloir se  forger des certitudes, et à vouloir tout savoir longtemps à l‘avance, quitte à oublier la dimension du présent que Dieu nous donne comme seul champ d‘action et comme seul objet de préoccupation. Nous connaissons tous le verset suivant : «A chaque jour suffit sa peine ».

Le message de la Bible, du début à la fin, est une invitation à avancer en  nous laissant guider par la parole de Jésus. Cependant il faut se rendre compte d’une chose : Il n’est pas possible de cheminer à la suite de Jésus, sans avoir au préalable déposé le poids de notre péché (nos tergiversations incessantes) à ses pieds, sinon cela fait trop lourd !
Aussi longtemps que nous sommes sur terre le mot d’ordre, pour nous, c’est d’avancer, de traverser, et ce, à l’instar du peuple  des Hébreux, dont le nom même signifie « ceux qui traversent ». C‘est en appelant à une traversée ininterrompue de l’espace et du temps que la Bible, au fil du texte, en vient à un moment donné, à nous inviter à   «  revêtir » Jésus et sa Parole. Pourtant, il arrive que, marchant à la suite de Jésus, nous soyons subitement appelés à nous comporter  à l‘instar de Moïse qui, intrigué par la scène du buisson ardent, accepte de dévier de son chemin. Et, Ô surprise ! Voici que la voix de Dieu se fait entendre à lui dans ce lieu à l’écart. Donc pas du tout là où Moïse aurait été  en droit de l’attendre !

. Mourir en Christ, faire « un » avec lui, c’est apprendre à s’en remettre à lui, c’est accepter de plus en plus facilement que Dieu travaille à notre être et à nous laisser dépouiller du vieil homme. Une autre image me vient à l’esprit, à savoir, celle  du   terreau idéal,  spécialement amendé  pour recevoir la semence de sa Parole.  

Il a été dit un jour que la Parole s’est faite chair pour nous afin que notre chair devienne à son tour Parole pour notre prochain. Autrement dit, c’est d’être ainsi enracinés dans la Parole, que les croyants, croissant spirituellement,  deviennent   «visibilité » de Dieu les uns pour les autres mais aussi pour le monde et notre temps.

Voilà un programme qui remplit toute une vie….Quant à  « la visibilité »  de Dieu dans l’au-delà, nous  ne serons jamais assez matures pour la saisir aussi longtemps que nous serons de ce monde. Chaque chose en son temps! Commençons par être fidèles dans les petites choses !

        Christian MATTER, pasteur

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