« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

Jubilate

3e dimanche après Pâques

 « La nouvelle création »

Dimanche 13 avril 2008

Actes 17 / 22-34

Série VI (Reihe VI)  : liste complémentaire II :

 

Plan de la prédication :
·    Dieu, un inconnu lointain, incompréhensible ?
·    Dieu s’est approché de nous en Jésus-Christ.
·    Comment être de la race de Dieu ?
·    Devenir une nouvelle création, avoir part à la résurrection.

L’apôtre Paul est au cours de son deuxième voyage missionnaire. Arrivé en Europe, dans la péninsule grecque, Paul fonde des communautés chrétiennes à Philippe, à Thessalonique et à Bérée. Le voici à présent de passage à Athènes, la petite capitale de la Grèce. Comment va-t-il s’adresser aux Athéniens de l’Aréopage, habitués à dialoguer et à discuter avec des penseurs de tous bords ? L’apôtre va essayer d’adapter son message à la culture religieuse de cette ville. Il cherche une accroche et la présence d’un autel à « un dieu inconnu » , lui permettra d’amorcer son dialogue avec les citadins.

Ecoutons Actes 17 / 22-34

Comme ils nous ressemblent ces Athéniens que l’apôtre Paul est allé visiter ! Ce sont des personnes évoluées, fières de leur culture et de leur civilisation, mais paradoxalement superstitieuses et idolâtres. Si Paul sillonnait aujourd’hui les rues de nos villes et de nos villages, il serait peut-être irrité devant nos cultes d’idoles, nos temples dédiés au Dieu Mammon (nos centres commerciaux), nos stars, idoles fortunées, notre idéal et notre but dans la vie : avoir toujours plus, gagner plus et accéder à un plus grand confort matériel. Comment ferait Paul pour accrocher et articuler son message à notre religiosité du XXI° siècle ? Trouverait-il chez nous comme dans la petite ville d’Athènes, « un autel au dieu inconnu » ? En effet, les Grecs avaient coutume de dédier un culte « aux dieux inconnus » de peur que dans l’aréopage des nombreuses déités, ils puissent en oublier quelques-unes ou les ignorer. De nos jours, beaucoup de nos contemporains cherchent un sens à leur vie et se fabriquent des dieux à leur convenance, ils se tournent vers les horoscopes, les sectes occultes, ils se fabriquent des religions patchworks recomposées à partir d’éléments religieux piqués à droite et à gauche mais le Dieu vivant, le Dieu de Jésus-Christ, demeure pour beaucoup un Dieu inconnu. Ils attendent de Dieu, des biens, des faveurs, du mieux-être, ils ne voient en lui que le dispensateur de bienfaits. Ils se plaignent car leur attente est souvent déçue, Dieu ne leur accorde pas ce qu’ils pensent mériter, le malheur fond sur les justes comme sur les injustes, alors Dieu est souvent en procès, accusé par les humains d’injustice et de cruauté envers ses créatures.
Le discours de Paul demeure très actuel. Il rappelle que Dieu, créateur du ciel et de la terre n’habite pas dans des temples faits de main d’homme. Dieu nous dépasse et n’a pas besoin de nos faveurs, sa sagesse est bien au-dessus de notre compréhension et de nos raisonnements. Dieu a créé les être humains pour peupler la terre et il a placé dans leur cœur, une soif vers la source de toute vie, c’est pourquoi les hommes cherchent Dieu en tâtonnant. Ce Dieu unique si difficile à connaître et à comprendre n’est pas resté loin des humains, il s’est approché lui-même de nous et Paul d’affirmer : « Il n’est pas loin de chacun d’entre-nous » (v,27). Ici, Paul, le rabbin ne va pas mentionner le premier testament mais il va faire référence à des philosophes et des poètes grecs pour annoncer le Dieu de Jésus-Christ. Les penseurs grecs cherchent la source de la vie au plus profond de l’être et Paul de déclarer : c’est Dieu lui-même en qui nous avons « la vie, le mouvement et l’être » (v,28) et fait ainsi allusion au poète Epimédine. Puis il évoque un autre poète, Aratos qui écrit : « nous sommes tous de la race de Dieu ». S’appuyant sur ces deux penseurs, Paul rejette les représentations inertes et grossières des dieux de métal et de pierre. En effet seul Dieu crée et donne la vie et « nous sommes tous de sa race » , Dieu fait partie de notre humanité, il est de notre race (allusion à la Genèse : « il a créé l’homme à son image » ) et surtout il s’est lui-même fait homme en Jésus-Christ pour s’approcher de nous, partager notre existence et se révéler à nous. « Dieu n’est pas loin de chacun d’entre-nous » c’est la bonne nouvelle annoncée par Paul, un Dieu vivant, qui nous aime et qui nous est proche.

Il est temps alors de nous approcher à notre tour et le premier pas sur ce chemin, c’est la repentance. Nous sommes de la race de Dieu, uniquement si nous nous reconnaissons pécheurs et incapables par nous-mêmes d’être semblables à Dieu. Si nous sommes de sa race, c’est que Dieu nous a adoptés et que nous sommes devenus ses enfants, grâce à Jésus-Christ. Celui-ci, après avoir connu la mort a été ressuscité, ainsi les forces du mal, de la destruction et de la violence n’ont pas eu le dernier mot. Jésus a été lui-même victime du mal et de la mort, mais sa résurrection nous ouvre les portes de l’espérance et de la vie. Il nous libère de notre enfermement et de notre condition de pécheurs, il nous transforme et nous ouvre à une nouvelle naissance, une nouvelle création.

Nous pourrions nous arrêter là mais décidément ces Athéniens nous ressemblent. Ils se moquent de l’apôtre car chez eux, l’idée de résurrection ne passe pas. Ou bien l’homme possède une âme immortelle ou bien, il s’anéantit avec la mort. Souvent, à l’heure actuelle, nous n’osons plus parler de résurrection : ou bien nous parlons de vie après la mort, d’immortalité, de réincarnation, ou bien nous nous taisons. Paul, au contraire, nous invite à vivre d’une espérance inouïe : Dieu est capable de faire une nouvelle création à partir de notre monde imparfait, il est capable de nous donner une vie nouvelle dès maintenant et de nous ressusciter même à travers notre mort. Serons-nous comme la majorité des Athéniens, des moqueurs qui disent à Paul : « nous t’entendrons là-dessus une autre fois ! » ou bien serons-nous comme ces quelques convertis qui ont été touchés (Denys l’aréopagite, Damaris et autres) ?

Rappelons-nous le mot d’ordre de la semaine :
 « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature, le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là » (2 Cor,5 /17), à nous de la saisir !
Amen

Françoise GEHENN,
Pasteur aumônier à l’hôpital de Strasbourg Hautepierre

Cantiques proposés dans ARC :

Psaume 24/1,3,4 ; 253/1-3 ; 525/1,3,4 ; 532/1-4 ; 538/1-4 ; 540/1-3 ; 622/1-4.
    

¼ Service des Lecteurs – SL – 16 -  13.04.2008 – Françoise GEHENN

 

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