« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

Dernier dimanche de l’année liturgique

La cité éternelle

Dimanche 26 novembre 2006

Esaïe 65/20-25


( Série de Prédication IV (Predigtreihe IV) : nouvelles  épîtres )

Frères et sœurs en Jésus –Christ,

Dans la chapelle Saint Jean, attenante à la mairie de Hoenheim, se trouve "La fresque de la réconciliation", peinte par Pavel CANDA, il y a une trentaine d'années. Elle représente la conclusion de la prophétie messianique d'Esaïe 11 et de la citation de celle-ci à la fin de notre texte. Y est promise la réconciliation entre des animaux antagonistes, entre des herbivores et leurs prédateurs dont ils sont, en temps normal, la proie. Autour de la nouvelle Jérusalem cohabiteront paisiblement loup et agneau, panthère et chevreau, lionceau et veau, ours et vache, lion et bœuf, voire vipère et nourrisson.

Dans les trois parties du livre d'Esaïe, ces animaux réconciliés symbolisèrent les douze tribus d'Israël. Aujourd'hui, ils peuvent symboliser des peuples en guerre, des quartiers de ville voisins en conflit, des générations en opposition, des conjoints en rupture, des collègues en concurrence acharnée, des classes sociales séparées par un fossé d'injustices.

Apocalypse 21, l'épître de ce Dimanche de l'éternité où la mémoire des défunts est évoquée et qui est souvent lue aux cultes d'enterrement, énumère pour la cité éternelle, la nouvelle Jérusalem, les mêmes avantages que dans la vision prophétique de notre texte. A une différence de taille près: ce qui dans le livre de l'apocalypse est promis pour l'au-delà, l'est, dans le livre d'Esaïe, en vue d'un bouleversement historique, ici-bas. Serait-il encore possible de réaliser, à moyen ou à long terme, les objectifs de réconciliation, de non-violence, de justice sociale, de jouissance de biens partagés, tels que Dieu les rêvent pour l'histoire future de l'humanité, dans une formule de "nouvelle génération" et de nouvelle création ?

Pour le Nouveau Testament, c'est tout aussi possible que pour l'Ancien. "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ" (2 Corinthiens 5,17-18).

Dans la communion de foi avec le Ressuscité, la barrière due au péché originel n'existe plus, ni d'impossibilité relationnelle, ni de séparation traumatique. "Ni l'angoisse, ni l'épée, ni la souffrance, ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir ne peuvent nous séparer de son amour révélé en Jésus Christ" (Romains 8/35-39).

La réconciliation peut être recherchée, la cruauté peut être surmontée, les larmes peuvent être séchées et le mal peut être éradiqué. C'est la volonté d'amour de Dieu; c'est le sens des souffrances assumées par Jésus ainsi que de celles des victimes sanglantes et innocentes des conflits armés; c'est la compensation créative des deuils douloureux que nous avons à subir.

Les objectifs qui sont proposés à nos actions concrètes par les textes apocalyptiques de ce dimanche sont les suivants:

- du travail libre pour tous, sans recourir à une quelconque forme d'esclavage ou         d'exploitation (v.22).
-    la jouissance du patrimoine familial ou national (v.21-22)
-    une justice faite d'équilibrage pour compenser les inégalités de chance (v.25)
-    la lutte acharnée contre la maladie et le dépérissement pour retarder l'échéance de la mort (v.20)
-    la paix durable qui permet alors l'oubli des souffrances du passé avec son cortège d'exactions, de tueries de civils, de viols et d’autres atrocités (v.17,19 et 20).
-    Des relations pacifiées avec l'environnement (v.25)
-    La joie en Dieu (v.18-19).

    Deux préalables semblent nécessaires pour que ces utopies deviennent des possibilités. Il reste au concert des nations un titanesque effort historique à accomplir pour que Jérusalem devienne la cité de la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens, entre musulmans, juifs et chrétiens, entre l'Iran, la Syrie, la Turquie et le Liban, entre tous les pays du croissant fertile. Ou bien l'évolution du Moyen Orient aboutira à un conflit atomique qui fera tout sauter et qui renverra nos espérances à une cité éternelle, la Jérusalem apocalyptique, dans l'au-delà de l'immanent. Ou bien les négociations et les compromis l'emporteront et la cohabitation des Palestiniens et des Israéliens servira de modèle pour les antagonistes des cinq continents.

    L'autre préalable nécessaire au dépassement des haines, de la cruauté et de l'opposition entre la pulsion de mort et la pulsion de vie est que Dieu, lui-même, s'en mêle une fois de plus et intervienne selon toutes ces promesses prophétiques dont un échantillon nous a été rappelé aujourd'hui. Si l'invocation de l'auteur de notre texte: "Ah, Eternel, si tu déchirais les cieux et si tu descendais" (chapitre 63, verset 19), est à nouveau exaucée, alors les fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ne seront plus défendus, mais rassasieront les artisans de paix, les membres du Conseil de Sécurité, du Conseil de l'Europe…et ceux d'un hypothétique "Conseil du Moyen Orient".
    Que s'accomplisse la prophétie d'Esaïe, fils d'Amots au chapitre 2: "L'Eternel sera l'arbitre des nations. Ils forgeront de leurs glaives des faucilles. Une nation ne tirera plus l'épée contre l'autre, et l'on n'apprendra plus la guerre". Amen.

    
                    Georges Bronnenkant, pasteur

Cantiques:

Arc en Ciel: 185, 303, 319, 534, 622, 640
    

 

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