« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


 PARTISANS JUIFS DE POLOGNE 

CHANTS DES PARTISANS 1939-45

   B1. NE DIS JAMAIS QUE C’EST TON DERNIER CHEMIN
 Zog nit keynmol az du gayst dem letzten veg (yiddisch)
     Sag nie einmal, dass du gehst den letzten Weg


1. Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin,
Quand le ciel de plomb cache le bleu matin !
Car elle viendra, l’heure tant attendue
Où nos pas crieront ces mots : « Nous voici parvenus ! »

2. Le soleil du matin luira à midi,
La nuit disparaîtra avec les ennemis.
Même si le soleil s’attarde à l’horizon,
De porte en porte courra notre chanson.

3. Ce chant n’est pas écrit au plomb, mais au sang :
Nul oiseau libre ne l’a sifflé, ce chant,
Mais un peuple entre des pans de murs croulants
A chanté, pistolet à la main, ce chant !

4. Des verts pays de palmes a ceux de neige blancs,
Nous venons avec nos peines, nos tourments.
Où a giclé une goutte de notre sang,
Giclera notre force, monteront nos serments.

5. Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin,
Quand le ciel de plomb cache le bleu matin !
Car elle viendra, l’heure tant attendue
Où nos pas crieront ces mots : « Nous voici parvenus ! »



Texte  :  Zog nit keynmol az du gayst dem letzten veg (yiddisch)
             Sag nie einmal, dass du gehst den letzten Weg
             Chant des partisans juifs de Pologne ou Russie 1939-45
             Auteur non signalé
             fr. : Yves Kéler, 20.02.2014 Bischwiller

Mélodie : Zog nit keynmol az du gayst dem letzten Weg
             Compositeur non signalé.


Le texte

Le texte de ce chant a été composé par des partisans juifs, soit de la Pologne, soit plutôt de la Russie, où les partisans juifs étaient plus représentés. Le yiddisch était parlé dans les deux pays. Je n’ai pas pu vérifier l’origine géographique du chant. Il faudrait aussi rechercher de quelle région provient le yiddisch employé.

Le pistolet Nagant

Un mot dit « russe », selon une édition du texte, figure dans l’original, à la strophe 4 : « naganes – pistolet » ( ou fusil à répétition, pour un modèle) de l’armée rouge. L’arme s’appelle en fait « nagant » en russe, du nom de son concepteur.

Dans le texte yiddisch, le mot a perdu le « t » d’origine, remplacé par une fin « –anes », qu’on trouve dans d’autres mots yiddischs. Cette façon familière, un peu péjorative, de s’approprier un mot par une finale en « -es » se rencontre aussi en alsacien et en lorrain. (Exemple : bleijeles, pour bleijele, policier, mot à mot petit bleu, à cause de l’uniforme. Ou bien : Schnurres, moustache, pour Schnurbart) Cette finale est celle du neutre, qui remplace le masculin ou le féminin, et donne au mot une tonalité familière. En fait le nom est français ou flamand, et provient des frères Nagant, premiers producteurs, à Liège. Le pistolet est daté de 1895, le fusil de 1891-1930.

Citation d’Internet, article « Extrême précision » :

Les frères Nagant ont fondé la « Fabrique d’armes Émile et Léon Nagan »t en 1859 à Liège en Belgique et ont travaillé sous licence pour la US Remington Compagny, pour l’armée belge et ont exporté carabines et revolvers dans plusieurs contrées). Ce premier brevet est complété par un deuxième brevet du 17 juin 1895 apportant quelques petits perfectionnements. Ainsi naît le futur Nagant 1985 à … sept coups. (fin de citation)

Citation de WIKIPEDIA, article « Nagant »

Le Nagant 1895 est d'abord fabriqué en Belgique de 1895 à 1913, par la société Nagant (le mot est français ou flamand d’origine). Les Arsenaux russes le produisent de 1900 à 1917 en simple puis en double action. La fabrication reprendra entre1921 et 1933 et enfin de 1941 à 1945 en URSS. Durant les années 1920, il fut livré au NKVD une version à canon et crosse raccourcie et une autre à modérateur de son. En 1930, la Fabryka Broni Radom rachète les machines-outils de Nagant pour fournir le Nagant Ng 30 à la jeune Armée polonaise. Les différences entre les modèles belges, polonais, russes et soviétiques résident dans le bois de la crosse et la forme du guidon. Environ 2 millions de Nagants russes furent ainsi produits pendant 50 ans.(fin de citation)

Le fait que ce pistolet a été fabriqué en Pologne et en URSS empêche de situer exactement le lieu d’origine du chant. Mais l’emploi apparemment plus important et plus emblématique en URSS pourrait favoriser l’origine russe.

Circonstances du chant

Quelles sont les circonstances de la composition et de l‘emploi de ce chant ? Je n’ai pas pu les déterminer.


Texte original yiddisch

L’original est en caractères hébraïques, le texte ci-dessous
est une transcription en caractères latins.

1. Zog nit keynmol az du gayst dem letzten veg,
Ven himlen blayene farshtelen bloye teg,
Vayl kumen vet noch undzer oysgebenkte schuh!
Es vet a poyk tun undzer trot – mir sayen do.

2. Es vet di morgenzun bagilden undz dem haynt;
Und der nechten vet fahrshvinden mitn faynt,
Nor oyb farzamen vet di zun in dem ka-yor.
Vi a parol zol geyn dos leed fun door tzu door.

3. Geshriben iz dos leed mit blut undnit mit bly;
S’iz nit keyn leedl fun a foygel oyf der fry.
Dos hut a Volk tzvishen falendi-ke vent,
Dos leed gezungen mit naganes in di hent.

4. Fun grinem palmenland biz land vun vaysen shney,
Mir kumen un mit undzer payn, mit undzer vey,
un voo gefalen iz a shpritz fun undzer blut,
Spritzen vet dort undzer gvure*, under mut.
* gvure : vom hebräischen „geburah“, Stärke

5. Zog nit keynmol az du gayst dem letzten veg,
Ven himlen blayene farshtelen bloye teg,
Vayl kumen vet noch undzer oysgebenkte schuh!
Es vet a poyk tun undzer trot – mir sayen do.


Transcription en allemand

1. Sag nie einmal, dass du gehst den letzten Weg,
Wenn bleige Himmel verstellen den blauen Tag.
Weil kommen wird unsre erbangte Stund:
Es wird ein Krach tun unser Tritt : Wir sind da!

2. Es wird die Morgensonn erleuchten unser Heut’
Und die Nacht wird verschwinden mit dem Feind.
Noch ob* versäumen wird die Sonn am Horizont,
Wie ’ne Parole soll gehen das Lied von Tür zu Tür.
* Noch ob : wenn auch

3. Geschrieben ist das Lied mit Blut, nicht mit Blei;
’S ist kein Lied von einem Vogel im Frei’n.
Es hat ein Volk zwischen fallenden Wänd
Das Lied gesungen mit Pistole in der Hand.

4. Von grünem Palmenland bis Land von weissem Schnee
Wir kommen an mit unsre Pein, mit unserm Weh;
Und wo gefallen ein Spritzt von unserm Blut,
Spritzen wird dort unsre Kraft , unser Mut.

5. Sag nie einmal, dass du gehst den letzten Weg,
Wenn bleige Himmel verstellen den blauen Tag.
Weil kommen wird unsre erbangte Stund:
Es wird ein Krach tun unser Tritt : Wir sind da!


Transcription du texte en allemand : Yves Kéler 20.2.2014
en conservant la syntaxe du yiddisch, analogue à celle de
l’alsacien ou du lorrain, langues faisant partie du
Mittelniederdeutsch (bas allemand moyen), remontant 16e S.

 

 

 

 

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