« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

LA RESISTANCE AU NAZISME , Bertold Brecht

 

                                                 A10.  O ALLEMAGNE, PÂLE MÈRE
                                                 O Deutschland, bleich eMutter

                                                             Bertold Brecht

                                           Mélodie : O Deutschland, bleiche Mutter

 

 

Que d’autres parlent de leur honte,

Je parle de la mienne.

 

1. Ô Allemagne, mère pâle,

    Que tu es éclaboussée

    Parmi les peuples

    Parmi les lépreuses on te voit !

2. De tes fils le plus pauvre 

    A été abattu.

    Quabd il a ey très faim

    Tes autres fils

    Ont levé la main sur lui.

    Cela ft un scandale.

 

3. Avec la main ainsi levée,

    Levée contre leur frère,

    Ils tournent maintenant autour de toi

    Et te rient au visage.

    Cela se sait

 

4. Dans ta maison

est hurlé ce qui est mensonge,

 Mais la vérité

Doit se taire,

N’est-ce pas ?

 

5. Pourquoi te louent partout les oppresseurs,

    Mais t’accusent les opprimés ?

     Ceux qu’on exploite

    Te montrent du doigt, mais

    Les exploiteurs louent le système

    Qui fut pensé dans ta maison !

 

6. Et cependant, tous te voient

    Cacher le bord de ta robe sanglant

    Du sang de tous

    Tes meilleurs fils.

   

7 A entendre les discours qui sortent de ta  

                    maison, on rit,

    Mais qui te voit saisit son couteau

comme à la vue d’une brigande.

 

8. Ô Allemagne, pâle mère,

Comme tes fils t’ont défigurée,

Que tu sois assise au milieu des peuples, 

Sujette de  moquerie ou de terreur

 

Mögen andere von ihrer Schande sprechen,
ich spreche von der meinen.

 

1. O Deutschland, bleiche Mutter!
Wie sitzest du besudelt
Unter den Völkern.
Unter den Befleckten
Fällst du auf.




2. Von deinen Söhnen der ärmste
Liegt erschlagen.
Als sein Hunger groß war
Haben deine anderen Söhne
Die Hand gegen ihn erhoben.
Das ist ruchbar geworden.








3. Mit ihren so erhobenen Händen
Erhoben gegen ihren Bruder
Gehen sie jetzt frech vor dir herum
Und lachen in dein Gesicht.
Das weiß man.







4. In deinem Hause
Wird laut gebrüllt, was Lüge ist
Aber die Wahrheit
Muß schweigen.
Ist es so?

 

 


5. Warum preisen dich ringsum die Unterdrücker, aber
Die Unterdrückten beschuldigen dich?
Die Ausgebeuteten
Zeigen mit Fingern auf dich, aber
Die Ausbeuter loben das System
Das in deinem Hause ersonnen wurde!

 

 

 

6. Und dabei sehen dich alle
Den Zipfel deines Rockes verbergen, der blutig ist.
Vom Blut deines
Besten Sohnes.

 



7. Hörend die Reden, die aus deinem Hause dringen, lacht man.
Aber wer dich sieht, der greift nach dem Messer
Wie beim Anblick einer Räuberin.

 

 


8. O Deutschland, bleiche Mutter!
Wie haben deine Söhne dich zugerichtet
Daß du unter den Völkern sitzest
Ein Gespött oder eine Furcht!

 

         Texte        O Deutschland, bleich Mutter

                          Bertold Brecht 1933

                          fr. : Yves Kéler15.122016,  Bischwiller

          Mélodie    O Deutschland, bleich Mutter

                         

Le texte

Ce chant antinazi rappelle la lamentation sur Jérusalem dans le Livre des Lamentations de Jérémie 1/1 : «  Eh quoi ! Elle est assise solitaire, cette ville si peuplée ! Elle ressemble à une veuve ! Grande entre les nations, souveraine parmi les états, elle est réduite à  la servitude ! Elle pleure durant la nuit, et ses joues sont couvertes de larmes. » Cette lecture sur Jérusalem détruite est celle du Vendredi saint après-midi, après la mort du Christ, et elle décrit la ville morte promise à la destruction pour avoir tué son Sauveur. Brecht connaissait-il cette tradition ? Aucun commentateur ne le dit, mais cela peut être un souvenir de son enfance.

        Le chant date de 1933, l’année où Brecht quitta l’Allemagne et décrit sa patrie comme avilie par le national-socialisme. L’incipit du chant a servi de titre à un film de 1979, qui décrit la vie d’un couple aimant déchiré par la guerre. Uns statue de Fritz Cremer porte aussi ce nom, installée dans l’ancien camp de concentration de Mauthausen, en Autriche. Une copie de1965-66 est placée dans le parc de la Cathédrale protestante de Berlin, le Berliner Dom, sur l’Ile des Musées.

Une autre copie se trouve à Magdebourg au cimetière, comme monument des victimes du nazisme.

 



 

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