« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

GUERRES DE LIBERATION (1813) (évocation ultérieure 1870)

         QUI PASSE SI TARD DANS L’ORAGE SI BAS
         Wer reitet so spät in der stürmischen Nacht

                     (Blücher et les héros de 1813)

                            Karl von Gerock 1870

1. Qui passe si tard dans l’orage si bas
    Devant le fond agité du ciel ?
    Des armées d’esprits envoyés au combat,
    Sur un décor de nuages immortels !
    Ce sont des escadrons d’âmes, en sombres rangs,
    Traversant les airs, chevauchant et suivant
    Leur maréchal sur son cheval blanc.

2. Ce sont des braves de l’époque passée,
    Sortis des caveaux, de la brume,
    Que la trompette a du sol arrachés,
    Qui se rendent au combat posthume.
    Ils chevauchent les nues, au lunaire écrin,
    Par dessus les monts, pour aller jusqu’au Rhin.
    Ils tiennent l’épée dans leur paume.

3. Celui qui les mène est Blücher à cheval ;
    Au vent son manteau large flotte.
    Et Gneisenau le suit, le général,
    Pour qu’acte et pensée soient côte à côte.
    Et le sombre York et Kleist, si dur et tranchant,
    Et Schill et les autres – il y en a tant ! -
    Qui passent à cheval, en hâte.

4. Et l’autre là-bas, sur l’étalon tigré
    A un fils des Wurtenberg (1) ressemble.
    Comme un Nestor des rois, il a échangé
    Sa couronne contre une tombe.
    Le voilà de nouveau, aussi rose et si beau
    Que quand il rejeta à Montereau
    Les bataillons de Bonaparte !
      
5. Et j’en vois un, monté sur un cheval clair,
    Une monture agile et leste.
    Sur son cœur il serre l’épouse de fer, (2)
    Juvénile, il fait de grands gestes.
    Sois bienvenu, Körner, mon chantre héros !
    As-tu quitté Wöbbelin (3), ses roseaux ?
    Bienvenu avec l’épée et la lyre !

6. Ainsi les esprits parviennent au Rhin,
    Cavalant sur leurs grands nuages,
    - Le fleuve roule au fond du ravin
    De Lorelei ses fortes vagues, (4) -
    Pour voir si les fils ont la même valeur
    Que leurs pères, et qu’aucun chroniqueur
    Ne déforme leurs exploits par ruse !

7. Bienvenue, votre aide dans le saint combat,
    Héros des anciennes campagnes !
    Flottez dans la poudre qui monte aux éclats
    Des obus,(5) en plaine, en montagne !
    Affolez l’ennemi de crainte et d’horreur,
    Fortifiez les amis dans le bruit et la peur,
    Et portez vers ciel ceux qui meurent !

         Texte        Auswahl Deutscher Gedichte für höhere
                          Schulen, Theodor Echtermeyer, 34. Auflage
                          1903 (1. 1836), 978 Seiten
                          Halle, Verlag des Waisenhauses, page 506
                          fr. : Yves Kéler, 21.11.2010

1  Wilhelm von Wurtenberg, (fils de Friedrich, roi de Wurtenberg  de 1803 à 1816 ), roi en 1816, est mort en 1864. Il a combattu Napoléon en 1813. Le poème est de 1870, du temps de la guerre franco-allemande de cette année.
2 . Allusion au poème de Körner, Die eiserne Braut,  l’épouse de fer, dans lequel il décrit son dialogue avec son épée, qu’il compare à une épouse.
3 . Village du Mecklenburg, où est enterré Theodor Körner
4 . Allusion au poème de Heinrich Heine, Die Lorelei, célébrant la nymphe du rocher du même nom, dans une gorge resserrée du Rhin. La nymphe, par son chant, détourne l’attention des marins, qui sont chassés par les rapides contre les rochers et s’abîment.
5 . En 1870, l’obus en ogive et tournant par les canons rayés existait en Allemagne sur le canon Krupp.

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