« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

GUERRES DE LIBERATION (1813)


 BLÜCHER, SUR LE CHAMP, AU COMBAT
 Als Blücher auf dem Feld der Schlacht

               Blücher, en 5 poèmes

                     (1813 – 1819)
         5 poèmes de Friedrich Rückert

                           I

1. Blücher, sur le champ, au combat,
    Fort puissamment discute.
    Et le Seigneur Dieu, de son bras,
    Préside la dispute.
    Les Anglais pour cela,
    Selon coutume et droit,
    Le firent Docteur en droit !

2. Docteur au rang de chevalier :
    L’épée était ta plume,
    La guerre était ton art premier,
    Le combat ta tribune.
    Tu poses devant l’ennemi
    La force, argument infini :
    Tu es docteur en droit !

3. Continue, Blücher, le procès
    Qu’avec lui tu engages.
    Par le canon, avec succès,
    Achève ton ouvrage.
    Enseigne le droit allemand
    A ces Français, en les battant
    Blücher, grand docteur en droit !
   
   
                          II
   
   
1. Quand Blücher, le vieux, et Wellington
    En vainqueurs se rencontrèrent,
    Les deux se connaissaient déjà
    Par leurs succès de guerre.
    Blücher à Wellington parla :
    « Jeune héros, par l’âge,
    Mais vieux par la ruse et l’éclat,
    Comme moi au gris pelage ! »

2. A Blücher Welligton répond :
    “Héros aux vertus fortes,
    Gris, certes, sont tes cheveux blonds,
    Grand le cœur qui te porte ! »
    Alors le jeune homme et le vieux
    Tendent leurs mains, les serrent,
    Se demandant si sous les cieux
    Deux autres font la paire.
   

                          III
   

1. Quand Blücher en voiture
    A travers Londres va,
    Une foule en délire
    Se presse sur ses pas.

2. Pour l’honorer à l’aise
    Tous lui pressent le bras,
    Tout un chacun lui baise
    La main de haut en bas.

3. Ils montent et descendent
    Et passent sur sa main,
    Le dos et les phalanges,
    Et sur le gant, sans fin.

4. Alors, dit le vieux reître,
    Si sans cesse il en vient,
    Va-t-en savoir, peut-être
    Que j’y perdrai la main !

5. D’ici qu’on me la brise
    A force de l’user :
    Dans un cas de surprise,
    Pourrai-je en disposer ?

6. Alors il mit en place,
    Toute en cuir, une main,
    Pour qu’on vienne et s’y casse
    Les dents sur peau de daim.

7. Tous voient que se balance
    Au carrosse une main,
    L’embrassent tous en transe
    Et n’y voient rien enfin.

8. Pourtant quelqu’un remarque
    Que bien molle est la main,
    Un plum-pudding de marque,
    Moins dure qu’un boudin !

9. « Goddam », à l’assistance,
    « Comment put cette main
    Tenir un sabre en France,
    Gagner la guerre enfin ? »
   
   
                          IV
   
   
1. Arrivent, par la flamme
    Du Feldmarschall prussien
    Attirées, bien des dames,
    Qui le trouvent très bien.

2. Au maréchal demandent
    Quelque un de ses cheveux,
    Pour le mettre à leur bande,
    Au cou, là c’est le mieux.
   
3. Alors il se découvre
    Le chef de son chapeau,
    Et montre que ses boucles
    Sont allées à vau-l’eau.

4. « Pardon, mes belles dames,
    Pour mes cheveux tout blancs.
    Mais d’autres belles âmes
    Sont passées bien avant,

5. Qui me chipaient mes boucles,
    Pour elles se battaient,
    Les baisaient de leur bouche :
    Tout blond alors j’étais !
   
6. Mais les années de guerre
    Me les ont enlevées.
    Je garde les dernières,
    Si l’on veut m’honorer,

7. Chez moi, en Allemagne,
    D’un cercle de lauriers :
    Que sur ma tête ils tiennent,
    Au lieu de s’envoler ! »
   
   
                           V
   

(Blücher mourut à 77 ans, le 12 septembre 1819)
   
1. « Mon Dieu, je vais au rendez-vous
    Du vieux héros de gloire
    Que j’ai suivi des yeux partout,
    Dans toutes mes victoires.

2. J’ai vu sa vitesse d’éclair
    Dans toute s ses batailles ;
    Pour moi, maintenant tout est clair :
    Il est là, il faut que j’aille.

3. Je m’étais dit : il n’est pas là,
    Il est encor sur terre.
    Il est monté depuis le bas,
    D’un bond : il faut le faire !

4. Il a franchi, droit devant lui,
    Tranchée, fascine et fosse .
    Il a sauté la tombe et fui,
    Pour prendre ici sa place ! »

5. Le vieux Fritz, installé au ciel,
    Voit Blücher et se lève.
    Il marche à lui, il semble heureux :
    Non, ce n’est pas un rêve.

6. Mais Blücher passe devant lui,
    En selle sur sa bête,
    Salue de son épée pointue,
    Sans détourner la tête.

7. Il passe devant le vieux roi
    A cheval, se dirige
    Au pas, vers le trône, tout droit,
    De la reine Louise.

8. Il offre son premier salut
    A Louise, sa reine,
    Plie devant elle le genou,
    Gracieuse souveraine.

9. Puis il lui fait tout le récit
    Des vœux que lui adressent
    Le roi de Prusse, son mari,
    Et ses enfants, qui restent.

10. Avec douceur le remercie
      La reine. Et Blücher va
      Vers le grand Fritz, d’un pas précis,
      Le grand ancêtre de son roi.
   
   
         Texte : 5 poèmes sur Blücher
                     de Friedrich Rückert
                     I.    Als Blücher auf dem Feld der Schlacht
                     II.   Als Blücher, der Held, und Wellington
                     III. Als Blücher durch die Strassen
                     IV. Da kamen, von dem Namen
                     V.  « Bei Gott, ich mich zum Empfang
                             dans Theodor Echtermeyer
                             Auswahl deutscher Gedichte
                             für höhere Schulen

                             Halle 1903, Seite 320
                             Fr: Yves Kéler, 17.7.2010
                                                       Draguignan
 

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