« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

POEMES DIVERS

     C’ETAIT LE GRAND GEANT GOLIATH
           War einst ein Riese Goliath

               Matthias Claudius  1778

1. C’était le grand géant Goliath,
    Un homme dangereux !
    Des tresses sous un grand chapeau,
    Des plombs dans les cheveux,
    Et un habit de « drap d’argent »,
    Et tout le reste à l’avenant.

2. Sous sa moustache il ricanait
    Et il grinçait des dents,
    Et de nature il ressemblait
    Au Diable ou à Satan.
    Sa lance était, vous me croyez,
    L’ensouple d’un métier !

3. Ses os étaient ceux de chevaux
    Et orgueilleux son front,
    Etroit, pour un petit cerveau.
    Et, fort en gueule, à parler prompt,
    Donnant des tapes dans le dos
    En paradant, faisait le beau.

4. Il vint ainsi et tous les jours
    Insulter Israël :
    « Qui est un homme ici accourt
    Sous le regard du ciel !
    Qu’il vienne, ce fichu vaurien,
    Que je l’écrase comme un chien !

5. Arrive en habits de berger
    Un jeune maigre et fin.
    Il n’avait qu’un bâton léger
    Et une fronde en main.
    Il dit : « Tu n’es qu’un prétentieux :
    Je viens au nom de Dieu ! »

6. Et là il envoie un caillou
    Qui le frappe en plein front.
    Le grand dadet pousse un grand « Hou ! »
    Et tombe de son long.
    David lui tranche alors le cou
    D’un seul et d’un grand coup.

                  Moralité

7. Ne te fie pas à ton chapeau,
    Tes plombs, ta grande épée!
    La gueule non plus rien ne vaut,
    Goliath l’a démontré :
    David, mon gars, te montrera
    Comment tu te battras.
   
   

         Texte        War einst ein Rieses Goliath
                          Matthias Claudius 1776

           dans       Auswahl Deutscher Gedichte im Anschluss an
                          die  Geschichte der deutschen National Literatur
                          von Professor Dr. Hermann Kluge,
                          12. verbesserte und vermehrte Auflage
                          mit zahlreichen Porträts in Holzschnitt
                          Altenburg, Verlag Oskar Bonde, 1908, page 55
                          fr. : Yves Kéler,  .2012

CLAUDIUS, Matthias, né le 15 août 1740 à Rheinfelsd, Holstein. En 1776 commissaire de l’Oberland à Darmstadt, poste qu’il abandonna après une année pour retourner à Wandsbeck, où après 1788 il occupa la fonction de premier réviseur à la banque de Holstein à Altona. Il mourut à Hambourg le 21 janvier 1815.


Texte original

1. War einst ein Riese Goliath,
    Gar ein gefährlich Mann.
    Er hatte Tressen an dem Hut
    Mit einem Kluncker dran,
    Und einen Rock aus drap d’argent
    Und alles so nach advenant.

2. An seinem Schnurrbart sah man nur
    Mit Gräsen und mit Graus,
    Und dabei sah er aus Natur
    Pur wie der – aus.  (Teufel ?) *
    Sein Sarras war, man glaubt es kaum, **
    So gross schier wie ein Weberbaum.

3. Er hatte Knochen wie ein Gaul
    Und eine freche Stirn
    Und ein entsetzlich grosses Maul
    Und nur ein kleines Hirn;
    Gab jedem einen Rippenstoss
    Und stunkerte und prahlte gross.

4. So kam er alle Tage her
    Und sprach Israel Hohn:
    „Wer ist ein Mann? Wer wagt’s mit mir?
    Sei Vater oder Sohn,
    Er komme her, der Lumpenhund,
    Ich box’n nieder auf den Grund!“

5. Da kam in seinem Schaefferrock
    Ein Jüngling, zart und fein;
    Er hatte nichts als einen Stock,
    Als Schleuder und den Stein;
    Und sprach: “Du hast viel Stolz und Wehr,
    Ich komm im Namen Gottes her,“

6. Und damit schleudert er auf ihn
    Und traf die Stirne gar:
    Da fiel der grosse Esel hin,
    So lang und dick er war;
    Und David haut in guter Ruh
    Ihm nun den Kopf noch ab dazu.

7. Trau nicht auf deinen Tressenhut,
    Noch auf den Kluncker dran!
    Ein grosses Maul es auch nicht tut,
    Das lern’ vom langen Mann;
    Und von dem Kleinen lehre wohl,
    Wie man mit Ehren fechten soll.
   
   
    * Il y a une lacune dans le texte, marquée d’un tiret. Claudius ne voulait-il pas écrire « Teufel », une hypothèse possible, ou un autre mot particulier ? Et pourquoi ?
   
    ** Sarras : d’origine polonaise : sabre à forte lame, cimeterre. Claudius dit que le sabre de Goliath était grand comme une ensouple de tisserand, « Weberbaum », alors que la Bible parle de la lance, ce qui est évidemment juste. Pourquoi Claudius, qui connaissait bien le texte biblique, a-t-il commis cette erreur technique ? Car pour la prosodie il n’y avait pas grande difficulté : il aurait pu écrire « Die Lanze war », ou « Sein’ Lanze war. » Ou bien le mot Sarras s’employait-il dans le sens de lance ? Il est possible que Claudius ait simplement voulu employer un mot exotique, puisque la scène se passe en Orient.
   
   

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