« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

POESIE NATIONALE ALLEMANDE

PRUSSE : REGNE DE FREDERIC II, LE GRAND

LE GRAND ROI, QUI VOULAIT DECOUVRIR
      Der grosse König wollte gern sehn

 
            Zieten, général des hussards

          Friedrich von Sallet, (1812-1843)

1. Le grand roi, qui voulait découvrir                   9
    Ce que ses généraux savent,                         8f
    Leur fit ainsi par lettre parvenir                     10
    Le vœu que tous lui écrivent                           8f
    Ce que chacun d’entre eux entreprendrait,   10
    Si l’ennemi un beau jour l’attaquait.              10

2. Le vieux Zieten, général des hussards,
    Regarde, étonné, la lettre :
    « Le roi me prendrait-il pour un pendard ?
    Crie-t-il, je ne suis pas maître
    D’école, mais un hussard, sacrebleu !
    Pas étudiant ou écrivain fumeux ! »

3. Il mit sur une feuille de papier,
    Dans le plein milieu, une tache.
    A droite en haut, à gauche en bas, reliées
    A la tache, comme quatre flèches,
    Chacune ayant une tache à un bout,
    Puis envoya à son vieux Rex le tout.

4. Celui-ci secoue la tête, songeur ;
    A la revue dit à Zieten :
    « Seriez-vous fou ? Que doit donc le lecteur
    Comprendre au jeu de piste ? »
    Zieten répond : « C’est bientôt expliqué,
    Si votre majesté veut m’écouter. »

5. « La grosse tache là au milieu, c’est moi,
    L’ennemi, c’est l’un des quatre.
    Qu’il vienne d‘arrière, d’avant ou des bois,
    De gauche ou droite qu’il m’attaque,
    Alors je m’avance sur l’un des traits
    Et d’un grand coup lui rabats le caquet ! »

6. Alors le roi rit du plus grand éclat,
    Et il pensa en lui-même :
    « Zieten est bien plus fin qu’on ne le croit,
    Son croquis, mieux qu’un théorème !
    Voilà bien le meilleur des cavaliers,
    Qui bat l’ennemi à peine arrivé ! »

Texte      Der grosse König wollte gern sehn
               Friedrich von Sallet, 1812-1843
               fr. : Yves Kéler, 22.7.2010 Draguignan

dans        Auswahl Deutscher Gedichte für höhere Schulen,
               Theodor Echtermeyer, 34. Auflage 1903 (1. 1836),
               978 Seiten, Halle, Verlag des Waisenhauses, page 121


Friedrich von Sallet,
né le 20 avril 1812 à Neisse en Silésie, entra comme officier au service de la Prusse, prit la retraite en 1838 et exerça des fonctions civiles à Breslau. Il mourut à Reichau près de Nimptsch, le 28 janvier 1843.

Texte original
   
1. Der grosse König wollte gern sehn,   
    Was seine Gen’rale wüssten;
    Da liess er an alle Briefe ergehn,
    Dass sie ihm gleich schreiben müssten
    Was jeder von ihnen zu tun gedenkt,
    Wenn der Feind ihn so oder so bedrängt.

2. Der Vater Zieten, der alte Husar,
    Besah verwundert den Zettel.
    „Der König hält mich zum Narren wohl gar !“
    So flucht er, „was will mir der Bettel?
    Husar, das bin ich, potz Element!
    Kein Schreiber oder verpfuschter Student!“

3. Da macht er auf einen Bogen Papier
    Einen grossen Klecks in der Mitten,
    Rechts, oben, links, unten, dann Linien vier,
    Die all’ in dem Kleckse sich schnitten,
    Und jede endete auch in ’nem Klecks.
    So schickt er den Bogen dem alten Rex.

4. Der schüttelt den Kopf gedankenvoll,
    Fragt bei der Revue dann den Alten:
    „Zum Schwerenot, Zieten, ist er toll?
    Was soll ich vom Wische da halten?“
    Den Bart streicht sich Zieten: “Das ist bald erklärt,
    Wenn Eu’r Majestät mir Gehör gewährt.

5. Der grosse Klecks in der Mitte bin ich,
    Der Feind einer dort von den vieren,
    Der kann nun von vorn oder hinten auf mich,
    Von rechts oder links auch marschieren.
    Dann rück’ ich auf einem der Striche vor
    Und hau’ ihn, wo ich ihn treffe, aufs Ohr.“

6. Da hat der König laut aufgelacht
    Und bei sich selber gemeinet:
    „Der Zieten ist klüger, als ich gedacht,
    Sein Geschmier sagt mehr, als es scheinet.
    Das ist mir der beste Reitersmann,
    Der den Feind schlägt, wo er auch rücket an.“
   
        
   
Le texte

   
Hans Joachim von Zieten

        Général de la cavalerie prussienne, né à Wustrau, près de Ruppin, le 24 mai 1699, décédé à Berlin le 27 janvier 1786, il servit de 1714 à 1724 dans un régiment d’infanterie. En 1730 à la compagnie des hussards de la garde, il devint « Rittmeister », capitaine de cavalerie.. Ici commence sa carrière de soldat couronnée de succès. En 1741, il devient colonel et commandant des hussards de la garde, portés à un régiment, puis en 1744 général de brigade. Il mena le 20 mai 1745 le célèbre « Zietenritt - la chevauchée de Zieten », à travers les lignes autrichiennes en Haute -Silésie, pour opérer la jonction avec le markgrave Charles. En 1756 il fut nommé général de division. Dans la guerre de sept ans, il paracheva sa réputation de meneur de cavaliers, simple et clairvoyant,.sur le champ de bataille de Liegnitz, Le 15 août 1760, il fut nommé général de la cavalerie. Il décida de la victoire à Torgau, le 3 novembre 1760, en prenant d’assaut les hauteurs de Süpitz. Le roi conserva sa confiance au héros jusqu’à la fin. Dans le peuple, le « vieux Zieten - der alte Zieten » était considéré comme le plus fêté des généraux de Frédéric le grand. Une statue de bronze, d’après le modèle en pied de Schadow (1794), se trouve sur le Wilhelmsplatz de Berlin (1862).  (Der Grosse Brockhaus, 1935, volume 20, page 628).

        Le poème de Sallet rend bien l’image de ce militaire efficace, intelligent et plein d’humour, que tous appréciaient. La proximité de Frédéric II, qui était considéré comme un génie militaire,  avec ses soldats est également bien rendue. Napoléon, qui le tenait en haute estime, se rendit sur sa tombe et y médita un long temps.

 

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