« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

11e dimanche après la Trinité

Dimanche 3 août 2008

 « Pharisiens et collecteurs d’impôts »

2 Samuel 12 / 1-10 ; 13-15a

(Série de Prédication VI (Predigtreihe VI) : liste complémentaire II)

Plan :

·    La convoitise et l’action meurtrière du roi David
·    L’intervention du prophète Nathan
·    Le repentir de David
·    Vivre du pardon et de la grâce divines

Lire le texte 2 Samuel 12/1-10 ; 13-15a en introduction

Le crime presque parfait ! Celui qui passe inaperçu, celui qui ne sera jamais puni ! Quoi de plus glorieux pour Urie le Hittite, le soldat exemplaire, de mourir au combat en repoussant les envahisseurs ? Ici, dans ce passage, la félonie du roi David atteint des sommets. David avait désiré Bath-Schéba, la femme d’Urie, en la voyant se baigner. Il avait couché avec elle et elle était « tombée » enceinte. David avait bien essayé de donner une permission exceptionnelle au guerrier Urie afin de lui faire assumer la grossesse de Bath-Schéba mais celui-ci refusa d’aller vers sa femme et dormit, selon la règle en usage, avec ses soldats. Alors David fomenta un plan machiavélique. Il décida de faire tuer Urie au combat en demandant au chef Joab de placer Urie sur le front et de l’abandonner au moment de l’assaut des ennemis. Bath-Schéba pleura la mort de son mari et quand le deuil fut passé, David la prit pour femme avec lui au palais. Ni vu, ni connu, personne à part Joab n’était au courant ! L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais c’était sans compter avec l’intervention divine.
Comment David a-t-il pu oublier à ce point, Dieu et ses commandements : « Tu ne tuera point… tu ne convoiteras point la femme de ton prochain » ? C’est Dieu qui l’a choisi et qui l’a oint comme roi, c’est Dieu qui l’a protégé face aux agressions du roi Saül et c’est Dieu qui l’a accompagné et lui a donné la victoire sur la plupart des troupes ennemies. David est devenu un grand roi, le plus grand qu’Israël n’ait jamais connu, il a créé une nation en réunifiant Juda et Israël et il a conquis la ville de Jérusalem et en a fait une grande capitale. Son pouvoir est reconnu et incontestable, sa toute-puissance peut désormais s’exercer sans limite sur tous ses sujets. David pourrait dire comme le pharisien de l’Evangile du jour (Luc 18/9-14) : « Mon Dieu, je te rends grâce car je ne suis pas comme le reste des hommes ! » Mais le pouvoir est monté à la tête de ce roi modèle, ancêtre de Jésus, il est devenu adultère et meurtrier sans avoir conscience de sa faute. En effet, pour un roi puissant tout est permis !

Nathan le prophète est envoyé par Dieu pour confondre David et son péché. Nathan est un sage dont nous pouvons admirer la finesse de sa psychologie. S’il s’était présenté en accusateur face à David, il y a fort à parier que celui-ci l’aurait mis à la porte ou en prison. Nathan raconte à David une parabole qui a priori semble une histoire vraie. Nathan, par son histoire, remue en David des souvenirs chargés d’émotion. David n’était-il pas un berger qui aimait ses brebis, David n’a-t-il pas aussi connu la pauvreté du guérillero face au riche et puissant Saül ? David s’identifie au pauvre et sa colère s’enflamme envers le riche sans scrupule et sans cœur : « cet homme mérite la mort ! » et Nathan de rétorquer immédiatement : « cet homme, c’est toi ! » Quelle prise de conscience pour David, c’est lui le riche sans scrupule et sans cœur, c’est lui le riche qui a péché contre Dieu, c’est lui le riche qui a brisé la vie de son prochain. David s’effondre, il tombe à genoux et comme le péager, il supplie Dieu et prie : « aie pitié de moi car je suis un pécheur ! » (Luc18/13).

Le merveilleux psaume 51, attribué à David lors de ces circonstances, témoigne profondément de cette prise de conscience, de ce repentir et de ce retournement. David s’adresse à Dieu et demande le pardon selon « la grande miséricorde » divine. Il sait que Dieu ne dédaigne pas un « esprit brisé » (v,17). David ne demande pas seulement à être « lavé de son péché » , il prie Dieu de lui ouvrir un nouveau chemin : « O Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé, ne me rejette pas loin de ta face… » (v,12-13). David s’humilie, il ne ressent plus aucun sujet de fierté pour ce qu’il est, néanmoins il souhaite ne pas rester enfermé dans son mal, il sait que Dieu peut écrire avec lui une nouvelle page : « purifie-moi et je serai pur » (v,7). Il croit fermement que Dieu peut lui redonner « la joie de son salut » (v,14). Ainsi David va prier pendant une semaine jusqu’à la mort annoncée de son fils conçu avec Bath-Schéba.

Au-delà de cette histoire du roi David, ce texte nous renvoie à nos propres manquements, nos fautes, nos erreurs et nos péchés. La culpabilité qui a si mauvaise presse de nos jours, peut nous enfermer dans le mal et faire de nous des personnes dépressives, tristes et paralysées. Mais ce qui est remarquable dans notre passage biblique, c’est que David ne reste pas « englué » dans son péché, il se reconnaît pécheur mais c’est pour implorer le pardon de Dieu, retrouver une vie de foi et vivre une nouvelle naissance. La conscience de sa fragilité humaine va le rapprocher de Dieu et il va éprouver l’importance purificatrice de la grâce divine. Cette bonne nouvelle s’accomplira pleinement par la venue de Jésus-Christ : « Dieu nous a donné la vie avec le Christ, c’est par grâce que vous êtes sauvés » écrit l’apôtre Paul dans Ephésiens 2/5. Mais que serait cette grâce sans la repentance, la conscience que nous sommes incapables par nous-mêmes de faire le bien ? Seule cette humilité peut nous permettre d’accueillir le pardon de Dieu comme un cadeau. « C’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, vous n’y êtes pour rien, c’est un don de Dieu » (Eph,2/8). L’important n’est pas de se frapper la poitrine, mais de réaliser que nous avons besoin de Dieu pour vivre. Alors une source de vie jaillira pour nous renouveler au quotidien et nous donner la joie du salut. Amen.

Françoise GEHENN
Pasteur aumônier à l’Hôpital de Strasbourg Hautepierre.


Cantiques proposés :

ARC Psaumes : 6/1+3+5 ; 51/1-3 ; Cantiques : 405/1-3 ; 415/1-3 ; 417/1-3 ; 430/1+2.

¼ - Service des Lecteurs – SL – 33 – 03,08,2008 – Françoise GEHENN

 

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER,
au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

 

 

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