« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


9e dimanche après la Trinité

Dimanche 20 juillet 2008

Gérants des biens de Dieu.

1 Pierre 4,7-11

(Série de Prédication VI (Predigtreihe VI) : liste complémentaire II)

I –

S’il fallait donner un titre à cette première Epître de Pierre, nous pourrions la nommer : « exhortation vigoureuse pour des chrétiens qui s’attendent à vivre des temps difficiles ».
Nous sommes vers la fin du premier siècle, dans la deuxième génération de croyants. Les « trente glorieuses » de l’histoire chrétienne sont passées. L’épopée glorieuse de la naissance de l’Eglise et la rapide expansion missionnaire personnifiée par les grands voyages des apôtres ont pris fin. Les grands débats et la réflexion florissante pour élaborer les affirmations fondamentales de l’Evangile, comme les thèmes de la croix et la résurrection de Jésus, la justification par la foi, l’universalité du salut, sont apaisés. A l’enthousiasme du temps des pionniers a succédé le risque de la routine pour des communautés repliées sur elles-mêmes, la menace des divisions. Après la phase conquérante où l’Evangile a essaimé à travers le monde connu de l’époque, voici venu le temps où la foi chrétienne, autrefois méprisée ou ignorée, va être sérieusement attaquée et ses adhérents calomniés, critiqués, persécutés.

En introduction, nous avons proposé de nommer cette lettre : « exhortation vigoureuse pour des chrétiens qui s’attendent à vivre des temps difficiles ». Il s’agit de ranimer le zèle des communautés et leur attachement à l’espérance chrétienne. Il s’agit aussi de les armer de courage face aux menaces et de voir clair à propos des infiltrations d’idées païennes falsifiant la foi.

Une lecture en diagonale de toute l’Epître donne une vive impression d’actualité : bien des questions et des préoccupations traitées par l’apôtre ne nous sont pas si étrangères que cela. Nous, nous avons derrière nous une grande époque d’enthousiasme, de zèle et d’espérance suscitée par l’élan œcuménique initié par Vatican II. Une fois de plus tout avait semblé possible. Mais aujourd’hui l’élan œcuménique s’est affaibli et les Eglises connaissent bien des turbulences, et en bien des lieux mêmes se voient rétrécir petit à petit. Et bien des mouvements prometteurs nourrissant l’espérance d’une nouvelle épopée chrétienne ont surgi, germé et fleuri, puis se sont fanés. Sans oublier, l’étiolement des fruits des « trente glorieuses économiques » qui nous avaient laissé entrevoir un monde plus heureux.
Comme ces chrétiens d’Asie Mineure à qui l’apôtre adresse cette vigoureuse exhortation, nous voici au début de temps difficiles. Recevons alors cette Epître comme une « exhortation vigoureuse » pour nous, ici et maintenant. , une exhortation qui vise à remettre en chantier les fondamentaux de la prédication chrétienne, c’est-à-dire centrer la communauté sur Jésus-Christ et affermir (aujourd’hui nous disons plus aisément « former ») les croyants pour être témoins de l’Evangile.

II

« La fin de toutes choses est proche » : voilà le fil rouge du passage proposé à notre édification de ce jour. La fin de toutes choses est proche : suffirait-il alors de serrer les dents et courber le dos en attendant que la tempête soit passée, comme si elle n’était que passagère et incapable d’ébranler les choses en profondeur ? Le déluge du temps de Noé, tout comme la mort de Jésus sur la croix, deux tempêtes évoquées dans l’Epître, montrent à l’évidence que ce sont là des événements qui ont bouleversé le monde des hommes et l’histoire des croyants de fond en comble. Que la fin de toutes choses soit proche est un message d’espérance qui nous dit que toute chose, si grande, si puissante, si menaçante qu’elle puisse être, est en fin de compte limitée et n’a pas de pouvoir ultime. Toute chose se trouve sous la seigneurie du Christ, comme nous l’a rappelé il y a quelques semaines la fête de l’Ascension. Tout pouvoir, toute puissance, toute force est limitée et ne pourra jamais triompher de façon ultime sur la création de Dieu. C’est à lui que restera toujours le dernier mot. Ce dernier mot dont les chrétiens ont pour vocation d’être témoins, c’est celui de l’amour et de paix.
-    
Croire cela, espérer en cela, désirer construire sa vie sur cela, nous confronte à des e
xigences, des conséquences et des cohérences. Dans le texte du jour, l’apôtre nous en détaille trois.
D’abord, avoir et garder l’esprit éveillé, c’est-à-dire faire preuve de sagesse, de sobriété, de simplicité. Se donner aussi la peine de chercher à discerner ce qui se passe, à acquérir une vision saine et claire des choses. Se donner la peine de faire sans cesse et à nouveau une relecture critique du monde dans lequel nous vivons et des événements que nous traversons, afin de ne pas les laisser nous subjuguer, nous déprimer ou nous égarer.

Ensuite la prière : « prier comme il faut » ! Pour apprendre à prier « comme il faut » , les offres ne manquent pas ! Mille et une pratiques, démarches, écoles sont à portée de main… Mais n’oublions pas de faire le travail de discernement préalable pour ne pas rester à la forme, à la surface de la prière. L’essentiel est que la prière soit centrée sur Dieu, qu’elle nous enracine en lui.

L’esprit clair qui nous donne de discerner les enjeux des choses et la prière qui nous enracine en Dieu nous amènent à la troisième exigence formulée par l’apôtre : l’exhortation à un amour mutuel ardent, à travers lequel Dieu aura le dernier mot, le mot de l’amour. Ici l’apôtre en évoque des formes concrètes, comme l’hospitalité, et la bienveillance.

III

- Croire en la seigneurie du Christ de Dieu, croire que toute chose est limitée et que la fin de toute chose est proche, cela nous renvoie à l’intuition fondamentale de la Bible, à l’intuition des récits fondateurs de la Genèse : le monde appartient à Dieu et nous n’en sommes que les gérants, génération après génération. Des gérants appelés à en faire un usage respectueux, par respect pour Dieu et par respect des autres avec qui nous avons vocation à partager.

Que cette conviction de foi nous soutienne, nous éclaire et nous fortifie, en ces temps difficiles et chaotiques qui nous secouent. Qu’à travers nous, par nous et avec nous, Dieu ait le dernier mot : amour et avenir ! AMEN.

Marc WEISS, Pasteur et aumônier d’hôpital
Strasbourg-Robertsau.


Propositions de chants.

ARC 617 - ARC 622 - ARC 621 - ARC 611 --
        
¼ - Service des Lecteurs – SL – 31 – 20.07.2008 Marc WEISS

 

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER,
au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

 

 

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