« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


8ème Dimanche après la Trinité

Dimanche 13 Juillet 2008

Les fruits de l’Esprit

Romains 6,19-23

(Série de Prédication VI (Predigtreihe VI) : liste complémentaire II)

Chers amis,

L’apôtre Paul sait par expérience que, par notre rencontre avec Jésus-Christ notre vie se divise en un « avant » et un « après ». L’ « avant » de l’apôtre était fait d’ignorance et d’incrédulité, d’erreur et de violence conforme à l’air du temps ; en un mot : d’injustice, qu’il appelle « soumission à l’esclavage du péché ». Et un tel esclavage ne peut aboutir qu’à l’éloignement définitif de Dieu. C’est à dire : à la mort. L’ « après » de l’apôtre se caractérise, lui aussi, par une soumission, mais par la soumission totale et exclusive à Dieu qui s’est manifesté en Jésus-Christ crucifié et ressuscité des morts. Et cette soumission-là est chemin de vie et de vie éternelle.

Par une comparaison un peu abusive (pour laquelle Paul s’excuse d’ailleurs) il appelle le chrétien soumis à Dieu, l’ « esclave de Dieu » ou l’ « esclave de la justice ». Mais, cette expression, aussi exagérée qu’elle soit, nous explique cependant clairement la pensée de l’apôtre : tout croyant qui se respecte mettra au service de Dieu et de sa justice, au moins autant de zèle et de passion qu’il en mettait avant, à pratiquer l’injustice, quand il était esclave du péché.

Et l’apôtre Paul sait de quoi il parle. Avant sa rencontre avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, il persécutait farouchement et violemment les adeptes de Jésus de Nazareth. Il a même été complice du meurtre d’Etienne, le premier martyr chrétien. Par son zèle à défendre la tradition religieuse juive il pensait servir Dieu, alors qu’en réalité il combattait la vérité, se rendait coupable d’injustice et de péché, et s’éloignait toujours plus de Dieu.

Après sa rencontre avec le Ressuscité il se rend compte de sa situation réelle, de son opposition à Dieu et de son inimitié, malgré tout son zèle et toute sa piété. Et son passé de violence et d’injustice, il le dénonce maintenant et le condamne comme le comportement du pire pécheur et du pire blasphémateur. Mais désormais il annoncera l’ évangile de Jésus-Christ ; et cela, avec plus de zèle et de conviction, qu’il n’en avait montré jusque-là à le combattre. C’est là, le fruit de l’Esprit nouveau qui l’anime au service de la justice, et au service de son nouveau Maître, Jésus-Christ, ressuscité des morts et vivant pour l’éternité. Mais, c’est aussi par cette rencontre avec le Ressuscité que Paul apprend, qu’il est un pécheur pardonné. Et cela tout simplement parce que Jésus-Christ lui fait la grâce de l’appeler à son service, tel qu’il est, sans qu’il l’ait mérité par quoi que ce soit.

C’est là le mystère de l’engagement de l’apôtre Paul « corps et âme » au service de Jésus-Christ. Car, depuis qu’il sait que Jésus-Christ est ressuscité des morts et, qu’il est vivant pour l’éternité, il ne peut plus concevoir autre chose pour un chrétien digne de ce nom, qu’un engagement total, qu’un engagement corps et âme au service du Maître et de sa juste cause. Aussi nous engage-t-il, comme les lecteurs de Rome auxquels il écrit : « Comme des esclaves mettez vos membres au service de ce qui est juste, cela vous conduira à la sanctification ». Le résultat de cet engagement n’est plus l’éloignement de Dieu et la mort ; mais une vie qui plaît à Dieu et qui se vivra en sa présence pour toujours.

Un vieux proverbe dit à peu près ceci : « Tes paroles parlent ; mais tes actes crient ». Il en est de même de notre engagement chrétien. Pour notre témoignage au service du Christ notre comportement de chaque jour et tous nos actes ont beaucoup plus de poids que n’importe quelle prise de position, ou n’importe quel témoignage oral. Cela signifie évidemment qu’un chrétien engagé participe au culte de la communauté, qu’il s’imprègne de la Parole de Dieu, qu’il prie, qu’il chante, qu’il confesse sa foi. Cela fait certes partie du témoignage de notre engagement. Mais, ce n’est qu’un aspect du témoignage. Et pas le plus important. Un autre aspect beaucoup plus essentiel est le témoignage dans la vie de chaque jour. C’est de prendre en tous points et en tous lieux fait et cause pour ce qui est juste. C’est d’être toujours disposés et disponibles pour faire le bien. C’est de vivre et d’agir quotidiennement comme Dieu aime qu’on le fasse. C’est par la pratique conséquente dans la vie de chaque jour que notre engagement au service de Jésus-Christ devient visible et que notre foi chrétienne devient crédible.

Pour l’apôtre Paul ce comportement quotidien conséquent est encore plus important que nous ne pensons. Pour lui il ne s’agit pas seulement d’un engagement moral dû à notre nom de chrétien ; mais d’une nécessité vitale pour nous et notre prochain. Car, tout retour à des errements du passé est une concession à l’ancien esclavage du péché et porte en lui le germe de la mort. Et cela signifie que rien de ce que nous disons ou faisons n’est indifférent. Toute parole et tout acte sert ou bien la justice et le bien, et mène à la vie. Ou bien, actes et paroles flirtent avec l’injustice et le péché et contiennent des germes de mort.
Cela peut sembler trop radical, ou même absolument exagéré. Mais prenons, par exemple, la circulation routière qui connaît toujours des problèmes, surtout durant ces mois de vacances. Quelles conséquences dramatiques peuvent avoir là une infime infraction au code de la route ou un peu de « laissez-aller » dans l’entretien de la voiture ! Combien de « malheureux concours de circonstances » ayant entraîné un accident, sont, en réalité, de « malheureux concours de petits péchés mignons » , comme l’excès de vitesse, l’alcool ou le téléphone au volant ! …

Oui, quel est mon comportement dans tous les domaines de la vie de tous les jours ? C’est dans ces responsabilités que se révèle le sérieux de mon engagement à l’égard du Maître que je suis censé servir. C’est là que Dieu et mes prochains sont en droit d’attendre les fruits de mon éducation, ou les fruits de l’Esprit de Jésus-Christ, dont je me réclame en tant que chrétien. Ce n’est pas ici, sur les bancs de l’église que se vit l’essentiel de la vie chrétienne. Ici on nous rappelle seulement de temps en temps, que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, comme Jésus le dit dans l’Evangile de ce jour. Mais, c’est à la sortie de l’église que la terre et le monde attendent que nous remplissions le rôle ou la mission que le Maître nous confie : sur la route, dans la famille, sur le lieu du travail, sur le lieu des vacances. Partout où la création et toutes ses créatures attendent avec impatience la révélation des fils de Dieu, comme Paul le dit un peu plus loin dans l’épître aux Romains.

Mais, c’est aussi là, que nous découvrons toujours à nouveau, que tout seul nous sommes vite épuisés, à force de donner du fruit et d’être sel et lumière. Et nous nous retrouverons avec joie, ici, à l’église, entre frères et sœurs attachés à la même tâche. Car, avec eux nous nous ressourcerons auprès de Jésus-Christ qui nous rappelle toujours : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Si quelqu’un reste attaché à moi comme je suis attaché à lui, il donne beaucoup de fruit. Car, sans moi, vous ne pouvez rien faire ». C’est ainsi qu’il nous donnera aussi toujours à nouveau la force d’aimer. Et tout ce qui se fait par amour est grand ; même si le monde le dénigre. Car, ce sera toujours une réplique de l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ. Et l’amour est toujours source de vie… Et source de vie éternelle. Amen.

Proposition de cantiques :      ARC        NCTC
                    25        25
                    507        216
                    514
                    537  
 ¼ - Service des Lecteurs – SL – 30 – 13.07.2008 – Martin DEUTSCH

 

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER,
au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

 

 

 

 

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