« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

14e dimanche après la Trinité - 1 Thessaloniciens 5,14 – 24
EPAL - Service Lecteurs - Jean ARBOGAST

 
                                      14e dimanche après la Trinité

                                           Dimanche 24 août 2008

                                  «Le Samaritain reconnaissant»
            

                                         1 Thessaloniciens 5,14 – 24

Dans la vie des familles il existe des moments où les membres sont amenés à se séparer pour des durées plus ou moins longues  : les enfants quittent la maison pour participer à une colonie de vacances, pour prendre une chambre en ville, ou encore pour fonder leur propre famille, le père ou la mère peuvent être amenés à quitter momentanément le domicile pour des raisons de santé ou pour des raisons professionnelles, le grand-père ou la grand-mère, après mûres réflexions, élisent domicile dans une maison de retraite… . Toutes ces séparations ne se font pas sans appréhensions et sans tensions. Que de choses à penser, de bons choix à réaliser et d’inquiétudes à surmonter. Cela fait partie de la trame de notre vie.

Le texte que nous allons entendre tout à l’heure, nous convaincra facilement qu’il en était déjà ainsi du temps de l’apôtre Paul.
Dans sa lettre aux Thessaloniciens, nous apprenons qu’il a quitté la cité de Thessalonique pour se rendre à Athènes, centre incontesté de la vie culturelle grecque. La séparation ne fut pas facile à vivre. D’autant plus que Paul savait très bien qu’il aurait encore eu beaucoup de choses à poursuivre à Thessalonique.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il demande à un de ses fidèles compagnons, Timothée, de se rendre à Thessalonique pour continuer le travail d’édification de la communauté chrétienne locale.
C’est pendant que Timothée se rend à Thessalonique que Paul reçoit un appel de ses amis de Corinthe pour qu’il revienne auprès d’eux et les fasse grandir dans la foi.

Tout cela l’apôtre Paul l’explique dans sa lettre aux amis de Thessalonique afin qu’ils soient clairement informés de sa situation, des demandes multiples qui lui sont adressées, ainsi que des raisons qui guident ses choix. Paul agit ainsi, afin que ses amis de Thessalonique ne se considèrent pas comme abandonnés, mais puissent continuer d’être en communion de foi avec lui et soutenir son œuvre dans la prière.

Enfin vers la fin de sa lettre, l’apôtre transmet aux Thessaloniciens un certain nombre de brèves recommandations.
Ce ne sont pas des pensées théologiques particulièrement originales, mais plutôt quelques conseils simples et forts qui lui tiennent à cœur et qui lui paraissent fondamentaux pour garder le bon cap dans l’épreuve.

Nous écoutons les recommandations que l’apôtre Paul envoie aux Thessaloniciens  : (1 Thessaloniciens 5,14 – 24  )

Tout au long de sa lettre, l’apôtre Paul a rappelé à ses amis qu’ils sont aimés de Dieu. Voilà la chose fondamentale dont il faut se souvenir en toute circonstance. Dieu les a appelés. Il les a accueillis dans le «cercle des saints», c’est-à-dire le cercle de ceux qui se savent aimés de Dieu… et qui en retour Le respectent, ainsi que ceux qu’ils côtoient en cours de route. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’ils seraient déjà arrivés au bout de leur chemin, ou qu’ils auraient atteint le but ultime. Loin de là.Aussi l’apôtre ne manque-t-il pas de leur rappeler qu’ils vivent toujours encore dans un monde qui continue d’être secoué par toutes sortes de maux.
Raison de plus de respecter et d’épauler ceux qui dans la communauté prennent des responsabilités pour permettre à la vie communautaire de se développer, de ne pas répondre au mal par le mal et de ne pas s’engager par manque de discernement dans la spirale infernale de la vengeance, de veiller sur les plus faibles, pour qu’ils puissent se sentir accueillis, se fortifier et développer les charismes qui deviendront source de bénédiction pour d’autres, d’accompagner ceux qui –suite aux imprévus de la vie – sont scandalisés au point de ne plus être en mesure de croire et encore moins de rendre grâce  !

Visiblement l’apôtre Paul juge utile de rappeler ces principes en réponse à des échos qui lui sont parvenus au sujet de ce qui se vit dans la communauté de Thessalonique.

En relisant quinze siècles plus tard ce passage, Martin Luther notera avec humour que les conseils de l’apôtre ne valent pas seulement pour les Thessaloniciens qui ont vécu au temps de Paul, mais pour tout chrétien qui vit et partage sa foi en paroles et en actes avec d’autres. D’où ce commentaire du réformateur  : «Les élus du Seigneur doivent se tourner tous les jours vers Dieu pour lui confesser humblement leurs péchés dans un esprit de vérité, afin d’obtenir l’assurance de sa grâce». Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront poursuivre leur chemin, libérés de ce qui pèse sur eux, les condamne voire les anéantit.

À la fin de sa lettre, l’apôtre Paul donne trois orientations précises à qui veut s’engager à la suite de Jésus-Christ sur le chemin de la foi  : soyez toujours dans la joie, priez sans cesse, rendez grâce en toute circonstance.

«Soyez toujours dans la joie»
Est-ce possible ? Vous le savez bien, la joie ne se commande pas. Il y a des circonstances où nous n’avons aucune envie de rire. L’indignation, voire la colère, peuvent être des signes de bonne santé face à des injustices criantes ou des complicités indignes. Paul sait cela. Il a lui-même connu et traversé bien des situations difficiles où tout avait été calculé et mis en scène pour le déstabiliser, le casser et le faire abjurer. Aussi n’attend-il pas de nous que nous portions des masques pour faire bonne figure et simuler la joie. Par contre, il attend de nous qu’en toute circonstance nous nous tournions vers Dieu pour lui confesser le mal qui nous use, et accueillir sa parole libératrice. La joie dont il est question ici n’est donc pas une joie artificielle, mais bel et bien le fruit de la grâce de Dieu accueillie avec foi en toute simplicité. Or cette foi a un fondement. Elle s’enracine dans tout ce que Jésus est venu vivre et partager parmi nous pour le salut du monde. C’est une joie profonde qui, malgré et par-delà les passages difficiles de nos vies, se nourrit de ce qui a déjà été accompli pour nous par Dieu en Jésus-Christ. C’est une joie pascale.

«Priez sans cesse»
Que faut-il entendre par là ? Pas forcément, comme certains l’ont pensé, qu’il faut prier sans cesse et ne plus faire que cela. Mais plutôt comme une invitation à prendre régulièrement le temps de se placer devant Dieu tels que nous sommes avec nos succès et nos échecs, nos jubilations et nos amertumes, nos désillusions et nos espérances. Prier, c’est parler à Dieu  ; mais c’est aussi garder devant lui le silence pour qu’il puisse nous parler et éclairer nos pensées, nos réflexions et nos choix. Là où nous procédons ainsi, – seul dans notre chambre, à deux ou trois réunis en son nom, ou à plusieurs dans la communauté rassemblée – nous faisons l’expérience que toute notre vie peut se déployer devant Dieu non seulement en paroles mais aussi en actes.
Nourris par la prière, nourris par la méditation de la Parole de Dieu, nourris par le partage fraternel, nos actions elles-mêmes deviennent «prières en actes», actes à la gloire de Dieu.

«Rendez grâce en toute circonstance»

L’apôtre Paul ne dit pas «Rendez grâce pour tout». Il sait bien qu’en ce monde il y a de l’inacceptable qu’il ne convient pas de glorifier, si nous voulons rester fidèles à la volonté de Dieu. Reste qu’en toute circonstance nous pouvons nous tourner vers Dieu pour l’invoquer, le louer ou l’honorer, tout simplement parce que nous savons qu’il nous accompagne sur tous nos chemins. Et même à l’heure de l’épreuve, quand la peur nous gagne ou que la chute nous entraîne vers le fond, il ne nous abandonne pas. Par Jésus le Christ, notre Seigneur, nous savons que nous pouvons vivre de la grâce de Dieu en tout lieu et en toute circonstance.
Là où cette foi demeure enracinée en nous, nous sommes sur le bon chemin et en bonne compagnie. La promesse qui anime la vie de l’apôtre peut aussi se réaliser pour nous. Dieu nous accordera sa paix. Il gardera notre corps, notre esprit, et notre âme. Tout cela, afin que, par sa grâce, nous puissions nous présenter devant lui au jour du Seigneur. D’ici là, bonne route. « À lui seul soient honneur et gloire pour les siècles des siècles ». Amen

Jean ARBOGAST, pasteur retraité

Réjouis-toi, peuple fidèle (Alléluia 33)
Chantons de joie vers le Seigneur (Alléluia 41-06)
Grand Dieu, nous te louons (Alléluia 41-04)
Sur le chemin où tu appelles (Alléluia 62-72)

 


PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL. Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), jusqu'en 2009. A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MPRSBRONN-LES-BAINS (tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction. Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER, au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER (tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

 

 

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