« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

FETE DES RECOLTES 
4 octobre 2009
                                                                                                1
Luc 12/ (13-14) 15-21

A. 1  La parabole nous montre un véritable chef d’entreprise.
A l’époque déjà, il existait de grandes entreprises :
dans l’industrie métallurgique par exemple, dans le commerce et la navigation,
de même dans l’agriculture.
Avec des dirigeants qui avaient une mentalité d’hommes d’affaires,
de grands producteurs, de banquiers, comme de nos jours.
Des gens qui comptaient, investissaient, négociaient, prévoyaient, organisaient,
réussissaient ou échouaient.
Jésus ne prononce d’ailleurs aucun jugement contre ces professionnels.

2.  Cela nous montre, puisque ici il s’agit d’agriculture, que dans ce domaine aussi,
l’organisation est une affaire ancienne.
Et qu’il na jamais existé une agriculture qui ne doive pas organiser le travail,
prévoir la production, gérer les finances et le personnel.
D’autant plus qu’il y a plusieurs sortes d’agriculture : 

-  une agriculture de subsistance, nécessaire à la vie.
-  une agriculture d’excédents : confitures, chocolat, café, thé,
      pour le plaisir et le luxe, mais pas essentielle à la vie.
-  une agriculture industrielle, destinée à la menuiserie : 
      le bois, ou à la chimie : le maïs, ou à l’élevage : le soja, etc…
-  une agriculture de loisirs et de décor, avec des fleurs et des arbres,
      qui crée des jardins, des parcs, des plantes d’intérieur. 

3.  Mais chaque forme de cette agriculture est une partie d’un tout,
et fait partie de notre vie, et nous concerne,
que nous soyons paysans ou non.
Et les continuelles manifestations des paysans nous le rappellent :
sans eux, nous ne pourrions pas vivre,
ou avoir quelque excédent et luxe, ou des parcs.   

 

                                                                                                2

       De ce fait, l’agriculture est une science, une technique, un
travail précis, une comptabilité des matières et des finances,
et dans notre monde, et de tout temps, un problème politique,
avec des ministères de l’agriculture, une politique agricole commune, la PAC.
C’est pourquoi la parabole de Jésus nous concerne tous.

B. 1.  Jésus dit : quelque chose ne colle pas chez cet homme :
       il est un excellent paysan et homme d’affaires,
mais il a perdu son sens de l’humanité, il a oublié les autres, i
l ne parle que de lui et avec lui : « Je dirai à mon âme !», et :
« que vais-je faire ? », moi. Je, moi, j’arracherai mes, greniers, à moi », etc…
Moi je, moi je, et encore moi je.  

       L’erreur dans son plan est qu’il ne parle plus avec les autres,
sa famille, ses collaborateurs, ses collègues, ni avec Dieu.
Et c’est là que cela nous concerne, que nous soyons paysans ou non :

2.  Dieu dit : « tu es fou, mon ami !  Pour qui tout cela ? »
Jésus nous dit : celui qui travaille pour lui seul est fou !
Car il rompt sa relation 1° avec le sol et la terre, source de sa prospérité, i
l rompt le lien 2° avec les hommes, destinataires de son travail,
il rompt les liens 3° avec Dieu, Créateur et Juge du monde !

C. 1.  la relation avec le sol et le moyen de production :
       Notre homme croit qu’il peut faire ce qu’il veut avec sa terre,
ses bâtiments et son entreprise,  et les organiser selon ses désirs.
Nous savons aujourd’hui qu’ainsi on détruit les sols,
on exploite le personnel et on détruit inutilement des bâtiments.
On finit par ruiner l’économie elle-même.

       Personne ne peut dire : « Que vais-je, moi, faire, subjectivement ? »
Il faut dire : « Qu’est-ce qui doit être fait, objectivement, avec le sol,
avec les bêtes, avec la production, avec les gens, et avec Dieu, source de tout ? »
Car rien de tout cela ne nous appartient, tout est à Dieu,
« la terre et ce qui l’habite », comme disent les Psaumes.

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2.  la relation avec les hommes :
       Le but de toute production est la vie, la vie des hommes et des animaux,
la vie de la communauté, la vie des autres. C’est pour cela que Jésus dit,
deux versets plus loin que notre parabole :
« La vie est plus que la nourriture. »
La nourriture est un moyen de vivre et faire vivre,
elle n’est pas un but pour soi, à partir duquel je pourrais spéculer. 

       Or c’est ce que fait notre homme : il entasse, il compte et comptabilise,
pour lui, la nourriture. Il spécule, comme dit à l’instant.
C’est ce type de calcul qui nous a conduit à la crise actuelle :
penser à tout, sauf à la destination des choses et de l’argent,
penser à soi et pas aux autres. Rassurez-vous, cela continuera :
les hommes sont tellement bêtes qu’ils n’apprendront jamais ces choses.
Sauf à écouter le Christ.

       Que dit le Christ ?  La solidarité et la générosité sont la seule solution.
Cela n’est donc pas nouveau, puisque Jésus l’a dit il y a 2000 ans.
Stocker est utile, à condition qu’on redistribue,
et là stocker devient même nécessaire.
Mais garder pour soi seul est faux et mauvais : les marchandises pourrissent e
t la nourriture n’arrive pas chez les gens.
Finalement, tout ce qui se produit obéit à la même loi :
si la production ne sert pas au bien des autres,
elle perd son sens et est détournée à d’autres usages :
enrichissement abusif des uns, exploitation et appauvrissement des autres.

3. la relation avec Dieu :
       Dieu est le Créateur, il est éternel,
et tout ce que l’homme produit ne le maintient qu’un temps.
Car l’homme doit mourir et la création ne lui appartient pas.
Quelqu’un a dit : « la nourriture donne la vie, mais elle est aussi « mourriture ».
Elle mène inexorablement l’homme mortel à la mort,
elle ne lui donne qu’un sursis : nourriture, mourriture, pourriture !

 

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       Personne ne peut rallonger sa vie : si donc tu n’es pas riche pour Dieu,
si tu ne stockes pas ton trésor dans le ciel, tu es un fou,
qui as oublié que Dieu ne te ratera pas à la fin, quoi que tu fasses  !

D. 1.  Réfléchir aux Récoltes, au travail des paysans,
aux problèmes de la nourriture dans ce monde,

c’est réfléchir sur soi-même, sur sa place dans le monde, 
et sur son destin devant Dieu.

       Les choses vont donc plus loin que le simple remerciement à Dieu
pour les récoltes de l’année en cours.
« Danken und denken » dit-on en allemand,
car les deux mots ont la même racine. « Remercier et penser ».
Penser à l’origine des choses, à l’évolution de la vie, à l’avenir de ce monde,
des champs, des animaux, des hommes en fin de compte.
Et à notre propre avenir, sur la terre puis dans les cieux. 

2.  Remercie Dieu pour ta récolte,
et pense qu’un jour tu seras sa récolte pour son Royaume.
Et demande-toi : serai-je trouvé digne d’être moissonné pour le Royaume de Dieu ?
      

 

Cantiques possibles:

NCTC, ARC, ALL : Ps 65
ARC 317 = ALL 46/09
ARC 631 = ALL 42/08
ABD, Alléluia, bénissez Dieu: 
550, 551, 553, 566, 567, 569, 592 

 

 

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