« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

FETE DE LA REFORMATION 2009  

             25 octobre 2009

Matthieu 5 / 1-12  les Béatitudes

A. La fête de la Réforme a beaucoup d’importance pour 
     nous :

1.  Elle rappelle la fameuse parole de Luther : « Ecclesia semper reformanda – L’Eglise doit sans cesse être réformée »
.

        Nous vivons dans une Eglise qui commet toujours à nouveau des erreurs, dans la prédication de l’Evangile, dans son action auprès des gens, dans son témoignage dans le monde. Bien sûr, nous faisons ce que nous pouvons, « par la grâce de Dieu qui agit en nous », comme dit Saint-Paul, et nous pouvons être fiers d’être ce que nous sommes et de ce que nous avons fait. Néanmoins, il faut garder cette humilité de savoir que toute œuvre humaine est entachée d’erreur, et qu’il faut réformer. Le principe de fond de la Réforme est que Dieu a raison, mais que l’homme se trompe.

2. La fête de la Réformation nous rappelle que nous sommes une Eglise de martyrs :      
        Dès le début, les Réformateurs et leurs disciples ont été persécutés, souvent mis à mort, et le martyrologe protestant contient des dizaines de milliers de morts brûlés, décapités, noyés, pendus, et des centaines de milliers de fugitifs, de prisonniers, de forçats et de galériens. On a du mal à imaginer ce que des générations de protestants ont souffert dans toute l’Europe. Après la Révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV en 1685, le protestantisme est entré dans la clandestinité en France. En Alsace, après l’annexion du pays en 1648 et celle de Strasbourg en 1681, les protestants furent persécutés ici, moins violemment certes, mais le simultanéum fut imposé par l’armée dans de nombreux villes et villages. Il existe encore 40 églises simultanées dans le pays.

        Reprenons la formule des Juifs après la 2ème Guerre Mondiale : « Ne haïssez pas, mais n’oubliez pas ! »
 

 

3.  La fête de la Réformation, par sa lecture d’évangile, nous rappelle que nous devons sans cesse prêcher l’amour de Dieu.

        Dans l’Apocalypse, au chapitre 14/6-7, il est question d’un « évangile éternel » proclamé par un ange, depuis le milieu du ciel, « à tout peuple, toute race, toute langue, toute nation. » Et cet évangile dit : « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ».  Evangile signifie « Bonne nouvelle ». Cet évangile éternel, cette bonne nouvelle éternelle, c’est que Dieu juge le monde, mais sauve les pécheurs. Craignez-le et vous serez sauvés de ce jugement.
        De fait, cet évangile du jugement est une proclamation de la grâce, et la conversion au vrai Dieu est une œuvre de réforme de votre vie. Réformez votre vie, revenez à Dieu et vous serez sauvés. C’est le message de l’amour de Dieu proclamé par les prophètes de l’Ancien Testament, par Jésus et par ses apôtres, et aussi par les Réformateurs.

B.  C’est pour cette raison que l’évangile de la Réformation est les Béatitudes de Jésus, données au début du Sermon sur la montagne, dans Matthieu 5.
       
1.     Jésus dit : Heureux ceux qui souffrent dans ce  monde, car à eux est le Royaume : eux auront raison à la fin. Cela se voit dès maintenant, quand on observe le monde, cela se verra un jour, quand le royaume de Dieu paraîtra.

2.      Qui sont tous ces gens ?

1.  les pauvres dans l’Esprit, qui ont peu pour vivre et peu de possibilités culturelles, scolaires, sociales. Ils ressentent leur faiblesse et leurs carences.
2.  ceux qui pleurent : beaucoup de gens souffrent, à côté de ceux qui ne veulent rien voir ni savoir. Ce sont des gens dans le deuil, des malades et des infirmes, des gens sans travail, des blessés de la vie.
3.ceux qui sont doux : qui n’agissent pas avec violence, mais dont la bonté profonde fait changer les cœurs. Ces gens-là, que

j’ai parfois rencontrés m’ont toujours impressionné par leur calme, leur liberté intérieure, leur absence de peur des autres. Les doux finissent par avoir raison, plus qu’on ne le croit !
4.  ceux qui ont faim et soif de justice. La simple justice qui permet de vivre : avoir à manger, à se vêtir, être soigné, hébergé, être libre, avoir du temps pour soi. On a du mal à imaginer ce que sont ces choses quand on n’en est pas privé.
5.  les miséricordieux : ce sont ces gens qui sont capables de pardonner ou d’excuser, au lieu de vouloir sa venger ou d’accuser. Etre miséricordieux et pouvoir pardonner n’est pas facile : il y faut un véritable apprentissage.
6.  ceux qui ont le cœur pur : ce sont ceux dont le cœur est « honnête et bon », comme le dit Jésus, qui sont corrects et bons avec les autres, sans complication, des gens normaux tout simplement !
7.  ceux qui procurent la paix : ce sont des génies ! Une forme terrifiante de la bêtise est la méchanceté, qui ne produit que des malheurs. Les gens qui procurent le bonheur sont les plus grands et les plus intelligents, et Jésus les déclare heureux.

3.     Tous ces gens, dit Jésus, sont heureux, ou le seront.

Car aucun temps n’est donné dans le discours de Jésus. Ils sont heureux parce : 1. ils font confiance à Dieu
                         2. ils aiment comme Dieu
                         3. ils croient que la vérité et l’amour ont et auront le dernier mot, sur terre et dans le ciel, parce que Dieu est vérité et amour.

C. Cela nous ramène à la fête de la Réforme et à son
     message : il faut réformer.

       
1.   Il faut réformer l’Eglise, mais si on ne réforme pas les cœurs, on reste en chemin. Les structures ou les activités de l’Eglise ne peuvent pas changer si les chrétiens ne changent pas. D’autre part, si les structures de l’Eglise et ses actes empêchent les fidèles de se réformer, la réforme de l’Eglise est

également impossible. Il faut les deux mouvements : réformer les fidèles et réformer les structures de l’Eglise. 

2.   Il faut prêcher l’évangile, cet « évangile éternel » de l’ange : changez vos cœurs, craignez Dieu, car son jugement vient, et vous devez en réchapper. La grâce de Dieu est tous les jours nouvelle, elle vous appelle à convertir vos cœurs et à devenir conformes à la  volonté de Dieu.

3.   Il faut donc d’abord prêcher la grâce, ce qui signifie en même temps prêcher la repentance, sinon Dieu lui-même ne peut pas changer son plan, qui est de punir le mal et le méchant. C’est la première parole prêchée par le Christ : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche. »

        On le voit, la Réforme est un vaste chantier, qui concerne l’homme, le chrétien, l’Eglise, le Christ et à la fin Dieu lui-même. Dieu a montré qu’il a réformé sa manière de voir les humains, en leur faisant grâce s ‘ils se repentent. A nous de montrer que nous nous réformons en nous repentant et en acceptant cette grâce. Et en acceptant que Jésus-Christ nous sauve, et lui seul. 

4.   Rappelons-nous que des milliers de gens ont souffert pour cette prédication-là, et que nous sommes une Eglise de martyrs. Rappelons-nous que l’Eglise doit toujours être réformée et que c’est parfois fatiguant. Rappelons-nous que nous devons toujours réformer nos vies pour qu’elles soient agréables à Dieu et aux hommes. Et fêtons ainsi la Réforme dans nos paroisses.               

                                                  Amen.               (Yves Kéler)

Cantiques :

Ein feste Burg / C’est un rempart : n’employez pas la forme de Alléluia 2005,, dont le texte est détruit
Es ist das Heil uns kommen her RA 176, EG 342
Que Dieu se montre seulement, Ps 65
Si Dieu pour nous s’engage NCTC 289, ARC 622, ALL 47.07

 

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