« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


FETE DE LA REFORMATION

 Dimanche 30 octobre 2005

 Matthieu 10, 26b-33


( Série de Prédication III (Predigtreihe III) : nouveaux évangiles )

 

Chers amis,

Que ce passage est dur à entendre ! Je ne sais si ce que je vais vous dire maintenant va vous encourager à poursuivre avec moi, la réflexion sur ce texte : ce passage qui, dans un premier temps, ouvre sur de bien sombres perspectives est à comprendre comme un enseignement destiné au cercle RESTREINT des douze, qui vont être appelés, le moment venu, à prendre le relais de Jésus dans l’annonce par la Parole.

 

Il ne serait jamais exigé quoi que ce soit de leur part, que Jésus n’eut déjà accompli . Pour avoir ainsi une idée de ce qui les attend, qu’ils observent donc, dans un premier temps, leur Maître à l’œuvre dans la diffusion du message, avec « les signes qui accompagnent » et qui attestent de l’authenticité du message !

 

 

Les disciples feront également l’amère découverte qu’il n’existe aucune preuve absolue.

C’est ainsi que les nombreux miracles, qui seront salués par toutes les foules comme tels, sont interprétés par les adversaires de Jésus comme des manifestations de Béélzébul.

 

Il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé.

Il faut savoir que les ténèbres les plus épaisses, cachées derrière une façade attirante, constituent le lieu privilégié à partir duquel le malin attire ses victimes potentielles pour en faire des adversaires du Dieu vivant (cf. la tentation de Jésus lui-même).

Pensez aussi à toutes ces situations qui précèdent l’arrestation de Jésus-Christ, où un complot est fomenté en secret contre lui et où les chefs religieux cherchent par tous les moyens à lui mettre secrètement (à cause des foules) le grappin dessus ! Ils n’ont pas conscience d’être manipulés (secrètement) par le mal. Ils pensent, au contraire, de cette manière servir Dieu.

Mais que se passe-t-il lorsque l’une ou l’autre victime se « réveille » et, prenant conscience d’être soumis à la puissance du mal, appelle le chat « un chat » ? Voyons la suite.

 

Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour.

Voyez ce qui arrive à Judas, le traître, qui, du fond des ténèbres qui l’entourent parvient quand même à révéler au grand jour les agissements du prince de ce monde. Dieu est seul Dieu, lui qui fait entendre sa parole à l’homme aussi bien depuis le cœur des ténèbres que du plus haut des cieux. C’est ainsi que Judas rapporte le prix de sa trahison ouvertement au grand prêtre en jetant les 30 deniers en plein milieu du temple. Le mal et sa cachette sont dénoncés ! Cet épisode annonce déjà, en réalité, « le début de la fin du malin ». Le mal va être obligé de cesser de « manipuler par derrière », sans se montrer ! Il va maintenant devoir se jeter dans la bataille, dévoilant ainsi son caractère hideux.

 

Ce qui vous est dit à l’oreille prêchez-le sur les toits.

S’il est vrai que beaucoup de religions au monde reconnaissent à leurs dieux ou divinités d’être aussi bien à l’aise en haut dans les cieux que tout en bas dans les ténèbres, il n’y a que la foi chrétienne pour annoncer que Dieu est Amour pour toutes ses créatures. C’est pour cela qu’il est venu vivre parmi les humains en la personne de son Fils ; de fait, Dieu, se mettant AU NIVEAU de l’homme peut aussi s’adresser à l’oreille de celui-ci pour le consoler ou le réprimander, l’encourager et le conseiller. Depuis que Christ a été élevé, il vit au cœur de chacun d’entre nous et nous témoignons de sa présence en ayant les uns pour les autres, les sentiments qui étaient en Jésus-Christ. C’est pourquoi, quand Dieu s’adresse à moi à mon niveau, il le fait souvent par l’un ou l’autre de mes sœurs et frères au nom du Christ, et je dois y donner suite (le prêcher sur les toits).

 

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. Face à Christ, plus le Prince de ce monde était traqué, et plus l’ampleur de sa haine augmentait : la foule criait « à mort » ; un meurtre, appelé de leurs vœux par tous… La résurrection marque la mort de la mort : dans la mesure où il ne s’agit pas d’un évènement objectivement descriptible, l’être humain, qui se sent interpellé, progresse peu à peu hors de sa condition pécheresse et revêt petit à petit, le nouvel homme sur lequel la mort n’a plus de pouvoir.

 

Craignez celui qui a le pouvoir de tuer l’âme et le corps.

Revenons pour cela à Judas. Une écrasante majorité affirmera que le malin l’aura tué corps et âme… ou plutôt âme et corps, dans la mesure où son acte de trahison laisse penser que son âme, il l’avait vendue pour 30 deniers. Et d’ailleurs il s’est donné la mort… chez Judas, donc le mal aurait « fait un carton » ! Eh bien, ce serait un manque d’objectivité que d’oublier son repentir et son acte tant substantiel que symbolique de jeter les deniers à terre au milieu du temple. Même si Judas reste encore prisonnier du malin, par le biais du sentiment de culpabilité (il s’est suicidé au lieu de se tourner vers Dieu et vers sa capacité à pardonner et à restaurer une vie brisée). Prions pour nous-mêmes et les autres afin que le jour de notre départ de ce monde, il puisse être constaté que notre éloignement de Dieu aura commencé par s’amenuiser. Habités par une saine angoisse qu’il puisse en être autrement, nous pouvons nous tourner avec confiance vers Dieu et choisir ainsi « la bonne part ». C’est tout cela, la justification par la foi. Amen.

 

 

                        Christian MATTER, pasteur

 
 

 

 

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