« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

2009. 03 : 3e dimanche après la Trinité

3e dimanche après la Trinité

Dimanche 28 juin 2009

Le message de réconciliation : « S’il en manque un/e ; la fête est gâchée ! »

Luc 15, 1-7 (8-10)

Avertissement au lecteur :

Le contexte de ce passage est déterminant pour le style de prédication que vous choisirez. Les trois paraboles qui suivent ne prennent leur sens que si on est bien conscient qu’elles sont une violente mise en cause de ceux qui reprochent à Jésus de faire bon accueil aux pécheurs et surtout — o scandale — de manger et de faire la fête avec eux. Afin de leur conserver leur caractère provocateur, je propose de restituer cette parabole par une autre, légèrement actualisée, mais qui me semble respecter la visée du texte. Vous pouvez également en utiliser des éléments et les agencer selon le modèle d’une prédication plus classique ! Cela va s’en dire que vous êtes tout à fait libres de changer des termes qui vous semblent déplacés… Toute ressemblance avec des personnages existants serait d’ailleurs purement fortuite !

Chers sœurs et frères en Christ, écoutez cette parabole :

« Monsieur vrai berger est un homme comblé. La crise n’a eu que peu d’impact sur son chiffre d’affaires. Il n’a jamais possédé autant de chèvres, moutons, vaches, ânes, poules, brebis, bref ; une basse-cour haute en couleurs ! Des brunes ; des blondes, pensez donc ! Des frisées ; des percées, des tatouées, des tachetées, des rasées… Mais chaque fois qu’il y allait le soir pour faire ses comptes et les ramener à l’enclos, il y en avait une autre qui manquait. Avant le coucher du soleil, elle levait le nez pour humer l’air du grand large et s’échapper par le trou de la palissade pour aller gambader, tête baissée, dans la montagne. Et pourquoi ? Je vous le demande ! N’avait-elle pas tout pour être heureuse ? Et souvent monsieur vrai berger a de quoi être déprimé : “Je ne sais plus quoi inventer comme publicité, je n’arrive pas à toutes les retenir. J’ai pourtant tout essayé pour les faire consommer ici dans les verts pâturages. Mais il y a toujours au moins un, de ces stupides animaux, qui croient que l’herbe est plus verte et tendre ailleurs…”

Et pourtant, vrai berger les aime tout simplement. Il s’intéresse vraiment à leurs problèmes. Il les écoute très souvent et ne les bourre pas de tranquillisants. Auprès de lui, elles ne se sentent plus comme de simples numéros, des bêtes justes bonnes à être engraissées, tondues, puis menées à l’abattoir ! Il faut dire qu’il sait bien comment s’y prendre avec ses bêtes écervelées. D’habitude elles sont sages, calmes, dociles, obéissantes... Elles ne sortent presque jamais de leur pré bien carré. Il pourrait presque les laisser seules sans berger-setter ni berger allemand ! Mais à l’heure où il vous parle, vrai berger est soucieux, car il ne sait pas où s’est perdue sa biquette. De quoi le rendre chèvre !

Il l’avait pourtant bien installée dans un petit pré d’évangile. Elle avait tout pour trouver un sens à sa vie : les repas allégés, le grand air, un enclos de luxe, la piscine, les loisirs, la télé avec les chaînes câblées… La totale quoi ! Le fun garanti ! Bon, une fois qu’elle s’était gavée, elle commençait à s’ennuyer et à regarder la montagne avec envie. Alors elle a rongé son frein et elle est partie en claquant la porte.

Rappelons — le, elle n’était pas à plaindre. Vrai berger leur donnait à chacune de son temps pour lui parler, la comprendre, l’accompagner discrètement… Leur bien-être passait toujours avant son propre emploi du temps. Les autres bergers ne comprenaient pas cela, pour eux ce ne sont que des animaux qui ont besoin qu’on leur dise quoi faire et qui suivent bêtement la brebis mère du troupeau ! Ils ne trouvaient pas cela très professionnel de laisser le gros du troupeau à s’autogérer sans aucune caméra de surveillance ! Il faut être fou ou inconscient de risquer sa vie, et celle de son capital, pour rechercher un mouton noir qui n’en fait qu’à sa tête !

Alors qu’il suffirait de laisser cette coquine se perdre dans la montagne ! De toute façon ça n’est pas rentable ce genre d’entreprise insensée ! C’est de l’amour gaspillé ; quand elles sont parties, elles sont parties ! Et puis, le loup l’a peut-être déjà dévorée. De toute façon, une de perdue, 99 de retrouvées… C’est la loi du marché !
Néanmoins pour vrai berger, jamais le loup n’a croqué une seule de ses brebis parce que pour elles, il s’est décarcassé ! Il n’arrêtera pas de remuer ciel et terre pour la retrouver et n’hésitera pas à claquer ses maigres économies ou à ruiner sa santé, pourvu qu’en fin de compte, il l’ait retrouvée !

Pendant qu’il battait la campagne pour la rechercher activement, Biquette s’éclatait un max dans la montagne ! Autour d’elle tout était nouveau, découverte, calme et paradis artificiels… Tout était si stupéfiant et elle en était l’héroïne… Bien vite les marchands de rêve se pressaient çà et là autour d’elle afin de la convertir à leur propre religion… Elle ne put résister longtemps, elle non plus, à l’envie d’y goûter et de consommer à crédit… Elle rencontra une bande de jeunes loups aux dents longues très sympas ; une vrai meute ! Ensemble, ils atteignaient les sommets de l’extase, ils goûtaient à tout sans entraves… Et la Biquette se piquait au jeu… Mais ça ne dura que le temps d’un pétard… Et soudain la Biquette se retrouva seule dans la nuit, abandonnée et meurtrie, emmitouflée dans son cafard. Devant elle le vide, le manque, le désespoir… Si seulement elle pouvait changer de direction, si seulement elle pouvait opérer un véritable demi-tour et retourner vers vrai berger ? Si seulement quelqu’un pouvait venir pour la sortir du trou !

Vrai berger s’est démené pour la chercher même si beaucoup pensent qu’elle ne l’a pas vraiment méritée ! Et sa joie est à la hauteur de sa quête ! C’est qu’elle lui a donné du fil à retordre sa biquette, mais quand il l’a retrouvée, au lieu de “l’engueuler”, il n’a pensé qu’à la fêter ! Et Dieu sait que ce n’est pas vraiment poétique et que ça ne sent pas la rose une biquette sale, éreintée, craintive, qui se laisse aller sur vos épaules de tout son poids pendant que l’on se farcit tout le chemin du retour !

Et pourtant vrai berger n’a pas l’air vraiment fâché et serait plutôt d’humeur à “s’éclater”. Peut-être sait-il qu’il ne sert à rien d’enfermer ses bêtes dans le confort et d’essayer de leur épargner les tracas de la vie. Les règles et les lois sont nécessaires à la cohérence du troupeau, mais elles ne pourront jamais les guérir des bobos intérieurs lorsqu’elles ressentent un vide spirituel et sont attirées par le large. Il ne leur en veut pas et respecte leur école buissonnière si elles font l’effort de changer une fois le grand large exploré ! » (Petite pause)

Il en va de même pour nous qui, comme vrai berger, chaque fois que nous avons fait la fête pour le mouton retrouvé ou l’enfant qui revient, chaque fois que nous avons pardonné, rencontré, réconcilié, visité, recherché, parcouru du chemin… Y-a de la joie ! Chaque fois que nous avons fouillé la montagne ou balayé et retourné la maison à la recherche de quelqu’un/quelque chose qui s’était perdu, qui a menacé de sombrer physiquement ou moralement et que nous n’avons pas craint d’aller dans des endroits mal famés ; il y a de la joie ! Et c’est la fête sur terre et dans les cieux parce que nous avons été à l’image de Dieu ! Finalement, nous serons sauvés ensemble ou pas ! Nous ferons la fête ensemble, mais pas chacun pour soi !

Frédéric Gangloff

Cantiques conseillés :

Arc 457, 1-2 ; Arc 526, 1-3 ; Arc 529, 1-3 ; Arc 532, 1-4 ; Arc 534, 1-4.

Il existe aussi un Chœur parlé intitulé « La Brebis perdue » de Marion Combes.
Cette parabole s’est inspirée de « l’appel de la forêt » de Sketch Up & Compagnie.

¼ - Service des Lecteur – SL – 28 – 28.06.2009 – Frédéric GANGLOFF

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER,
au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

 

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