« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


5e dimanche après la Rrinité

8 juillet 2007

L’appel qui sauve


Luc 14,25-33

(Série de Prédication V (Predigtreihe V) : liste complémentaire I)

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Lorsque nous parlons de notre Seigneur Jésus-Christ, nous avons certainement devant nos yeux des images les plus diverses : Jésus qui prend les enfants dans ses bras, les embrasse et les bénit, ou Jésus qui nourrit la foule en multipliant les pains et les poissons, ou Jésus invité au noces de Cana, ou Jésus qui lave les pieds à ses disciples…

Des images rassurantes, réconfortantes !
Des images débordantes de tendresse, de paix et d’amour !
L’évangile qui est proposé à notre réflexion aujourd’hui donne une image toute différente de Jésus ; une image qui nous interpelle, nous bouleverse et nous met certainement mal à l’aise.
Il est dur, Jésus, quand il parle ainsi ; mais ses paroles ont le mérite d’être claires : être disciple de Jésus, vivre avec lui, ce n’est pas facile. Cela implique des renoncements, des choix et des efforts. Suivre Jésus, ce n’est pas passer quelques moments agréables avec lui quand tout va bien ou quand nous souhaitons sa présence à l’occasion de quelques-unes de nos fêtes !

Vivre avec Jésus, c’est une décision à prendre en toute lucidité parce qu’elle engage toute notre personne. Jésus cite en exemple celui qui veut construire une tour ou une maison. Ceux qui ont fait cette expérience savent ce que cela coûte en démarches, en calculs, en argent et certainement aussi en nuits blanches !

L’exemple de Jésus ne nous choque peut-être pas, cette réflexion est tout à fait normale. Qui se lancerait dans une construction sans plan de financement ? Qui prendrait une décision sans peser le pour et le contre ? Vraiment, Jésus s’y connaît !

Mais il n’insiste pas seulement sur la décision à prendre, il demande bien plus. Celui qui veut le suivre doit aussi se fixer des priorités.
Et là, Jésus devient dur, très dur.
Il dit : celui qui vient à moi doit me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, toute sa famille et même à sa propre personne. Mais a-t-il encore du cœur, ce Jésus ?

Qui peut tout quitter ?
Qui est prêt à aimer moins ses proches ou même les haïr comme le suggèrent certains textes ?
Le quatrième commandement a-t-il perdu tout son sens : tu honoreras ton père et ta mère ?
Et que pensent tous ces couples qui se sont promis fidélité jusqu’à ce que « la mort les sépare » ? Celui qui recommande toujours à nouveau d’aimer son prochain, qui parle même d’aimer son ennemi change radicalement de discours.

Celui qui, un chapitre plus loin, se réjouit de la tendresse d’un père qui retrouve son fils perdu, prêche ici la séparation et la rupture. Comment faut-il comprendre ces paroles de Jésus ? Peut-être en se référant à une autre parole que Jésus prononce dans le sermon sur la montagne, où il dit : « Nul ne peut servir deux maîtres, car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » Il ne s’agit pas de haïr dans son sens émotionnel et brutal, mais de renoncer à l’un pour donner tout à l’autre.

Nous nous souvenons certainement aussi de l’explication que Martin Luther donne dans son catéchisme au premier commandement ; il écrit : « Nous devons craindre et aimer Dieu par-dessus toute chose et mettre en lui seul notre confiance. »

Par-dessus toute chose : rien et personne ne doit compromettre notre décision de nous engager pour Christ. Par-dessus toute chose, il y a Dieu.
Donner la priorité à Dieu dans notre vie, c’est le véritable engagement que cherche Jésus, comme il l’a fait lui-même, à l’âge de 12 ans, alors que ses parents le cherchaient partout et le trouvaient au temple, il leur dit : « Ne savez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon père ? »

Une réponse qui a surpris sa mère qui lui demandait : »mon enfant pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? »
Pourquoi ? Pas parce qu’il n’aimait pas ses parents, mais parce qu’il y avait quelque chose par-dessus ce lien familial, ou plutôt quelqu’un – il y a eu Dieu !
C’est dans ce sens que Jésus nous impose ces sévères conditions pour vraiment le suivre.
Et finalement il illustre cette exigence par une image : « quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. »

Une légende nous parle d’un homme qui a pris ces paroles de Jésus à la lettre. Il s’est fabriqué une grande croix en bois et l’a portée sur ses épaules. Il s’est mis en route pour chercher le royaume où habite Dieu. Il a commencé son chemin en chantant, dans la certitude d’atteindre le but. Mais peu à peu son enthousiasme fut freiné par la fatigue. La croix sur ses épaules lui semblait de plus en plus lourde et le chemin de plus en plus long. Traversant une forêt, il profita de l’ombre des arbres pour s’y reposer. Et là, son regard fut tout à coup attiré par une hache qu’un bûcheron avait probablement oubliée. Immédiatement il la saisit et coupa un bout de la croix. Il continua son chemin. Son fardeau était effectivement plus léger. Quelques jours plus tard il vit devant lui le Royaume de Dieu dans toute sa gloire. Son cœur bondit de joie. Encore un petit effort et il sera arrivé ! mais en approchant du but, il vit qu’un dernier obstacle resta à franchir : un profond ravin le sépara de la cité céleste. Maintenant il comprit pourquoi il fallait porter sa croix. Il suffisait de la poser par-dessus le ravin, elle fera office de pont. Mais quelle ne fut pas sa surprise – ou disons plutôt la déception du pèlerin : la croix n’était pas assez longue pour couvrir le ravin. Il manquait tout juste le bout de bois coupé un peu plus tôt ! Le passage glorieux devint impossible.

Le chemin que nous impose Jésus est exigeant. Il n’est pas facile, mais il a un but. Jésus nous a précédés sur ce chemin qui était rude parce qu’il y a peiné sous le poids de nos fardeaux. Il a gravi lui-même les sentiers rocailleux jusqu’à sa croix à Golgotha.
Jésus nous avertit aujourd’hui que ce chemin sera difficile. Mais le suivre, c’est découvrir qu’à chaque tournant des forces nouvelles seront données à tous ceux qui se mettent en route. Amen.

Marlise GRIESBACHER

CANTIQUES

NCTC        240    1-3            ARC        247    1-3
        302    1-3                    427    1-3
        279    1-4                    616    1-4
        228    3

¼ - Service des Lecteurs – SL – 29 - 08.07.07 - Marlise GRIESBACHER

 

PREDICATIONS DU SERVICE DES LECTEURS DE L'UEPAL

Ces prédications sont fournies par le Service des Lecteurs de l'UEPAL.

Ce service a été dirigé par le pasteur Georges HUFFSCHMITT de Wingen-sur-Moder
puis 67290 VOLKSBERG (tél O3.88.01.55.41, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),
jusqu'en 2009.

A partir de cette année 2010, Mme Esther LENZ, de 67360 MORSBRONN-LES-BAINS
(tél: 03.88.90.07.02, courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) reprend la direction.

Le Secrétariat est assuré par Madame Suzanne LOEFFLER,
au Secrétariat de la Paroisse de 67340 INGWILLER
(tél: 03.88.89.41.54, courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

   

 

 

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