« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


19e après la Trinité

Dimanche 10 octobre 2010

Guérison du corps et de l’âme

Éphésiens 4, 22-32

Chers frères et sœurs !

Dès le début de ce texte, l’apôtre en appelle à des traditions connues et courantes dans l’Église ; des traditions importantes, lorsqu’il écrit : « vous avez appris à connaître Christ, vous avez entendu parler de lui, vous avez été instruits en lui ». Sans doute y a-t-il eu dès le début dans les communautés chrétiennes une catéchèse, une instruction des chrétiens avant leur baptême, comme on peut le déduire de l’ordre missionnaire de Matthieu 28 « allez dans le monde entier, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé ».

Voici, dès les débuts de l’Église une évidence que nous avons conservée jusqu‘à nos jours et dont nous avons un besoin vital. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons transmettre le contenu de notre foi à la génération qui suit la nôtre. Il n’y a pas que la connaissance de la vie paroissiale et du culte qui fasse partie de la foi, mais il y faut avant tout une connaissance des bases, des fondements et des principes fondateurs de notre foi. En font partie : les 10 commandements, les béatitudes, le Notre Père, la confession de foi, des psaumes, des cantiques des textes et des histoires de la bible. Sans une telle connaissance, il me semble impossible de transmettre notre foi à nos enfants et petits-enfants. Dans notre texte apparaissent clairement le souci et les efforts pour donner des indications et des conseils pour la pratique. On trouve de vrais catalogues dans lesquels l’auteur reprend des thèmes éthiques de son temps, mais aussi ce que Paul a dit et écrit par ailleurs, c’est important, surtout le message de la lettre aux Colossiens sur laquelle notre épitre s’appuie .

Son principal souci est d’appeler, d’exhorter, d’encourager ses lecteurs à mener une vie conforme à leur condition de chrétiens baptisés. Dans notre texte une image le décrit « revêtir l’homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté que produit la Vérité ». Cet homme nouveau, cette nature nouvelle, ce n’est pas nous qui pouvons la créer, elle est créée par Dieu et selon Dieu, elle nous est donnée en Jésus – Christ, nous pouvons l’accepter et nous devons nous en revêtir.  Beaucoup de textes bibliques, dont ceux de Paul, parlent de cette vie nouvelle qui découle du baptême et qui se fonde sur lui.

Mais la vie des baptisés est- elle, dans la pratique, devenue tellement différente de l’ancienne vie, si nous la mesurons à l’aune de notre propre exemple ? Les exhortations de notre texte montrent clairement que nous devons toujours à nouveau retourner à la source de la grâce de notre baptême, donc à Jésus – Christ en qui la grâce de Dieu est venue à nous les humains et en qui Dieu a posé le fondement de notre foi et de notre vie. C’est à partir de cette grâce baptismale qu’il s’agit d’organiser notre vie en pleine responsabilité devant Dieu. Les exhortations nombreuses doivent nous y aider : rejetez le mensonge, parlez avec vérité : autrement dit, passez vos paroles par les trois tamis : est–ce vrai, est–ce bon, est-ce utile d’en parler ; la vérité n’exclut nullement la charité, au contraire. Ne laissez pas le soleil se coucher sur votre colère. À ce propos, une histoire racontée par les Pères de l’Église : Dans un couvent i y avait un moine qui se mettait souvent en colère et qui se dit que s’il n’avait personne à accuser, il se mettrait moins en colère ; il alla s’isoler et vécut dans une grotte. Un jour qu’il avait rempli sa cruche, il arriva qu’il en renversât de l’eau ; et cela lui arriva 3 fois de suite, furieux, il jeta la cruche à terre et elle se brisa en mille morceaux. Revenu à lui, il comprit que l’esprit de colère l’avait une fois de plus saisi et qu’il avait besoin de l’aide de Dieu pour lui résister ; il décida donc de rentrer au couvent et de reprendre sa place parmi ses frères.

  Que celui qui a volé ne vole plus, mais qu’il travaille et qu’il aide son prochain avec le fruit de son labeur. Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole malsaine afin de ne pas gêner le prochain ni être une charge pour la communauté. C’est donc une éthique centrée sur la communauté, la communion fraternelle avec les frères et sœurs dans la foi, sur nos frères et sœurs en humanité. Il faut toujours les avoir présents à l’esprit afin que la communion ne soit pas troublée ni détruite, mais au contraire, qu’elle soit construite, édifiée et consolidée par nos paroles et nos actes. Certes, nous avons tous appris à nous conduire correctement en société et à être chez nous dans nos paroisses, mais ici, il s’agit d’une forme de communauté qui vit en petits groupes bien plus que nous le faisons ou même que nous le voudrions. Ces exhortations nous concernent et nous touchent. Si on nous parlait de cette façon, nous serions touchés comme la fois où j’ai eu l’agréable surprise au cours d’une discussion intensive, mais un peu légère d’entendre un participant dire qu’il souhaiterait qu’on parle mieux des autres et surtout des absents. C’est dans de telles situations concrètes que nous sommes, du fait de notre attitude chrétienne, mis au défi ou à l’épreuve de montrer notre profil et d’annoncer la couleur, de ne pas faire comme tout le monde !

Pour moi, la fin de notre texte est devenue très importante ; au moyen d’instructions simples, mais qu’on peut facilement comprendre de travers et moraliser, il indique clairement une position qui va au fond des choses et qui peut nous donner une base solide pour notre vie de chrétiens baptisés : « suivez donc l’exemple, soyez les imitateurs de Dieu comme des enfants bien aimés et vivez ou marchez dans l’Amour comme le Christ nous a aimés ».

Notre texte veut nous montrer à quoi une vie chrétienne fondée sur le baptême pourrait ressembler si nous le voulons bien. Du coup les indications, conseils et exhortations deviennent importants. Le but et l’origine d’une telle vie en communion sont l’Amour que nous recevons de Dieu et qui a sa source en Jésus- Christ, c’est vers cet Amour que nous sommes dirigés, et cet Amour est le point de départ de toute réflexion sur notre vie de chrétiens. Toutes les questions qui nous préoccupent dans tous les domaines de notre vie doivent toujours être mises en perspective et en relation avec l’Amour de Dieu pour nous et pour tous les humains. Nous pouvons donc vivre comme des personnes que Dieu aime. L’Amour de Dieu nous libère pour faire ce qui est juste dans notre vie, afin que nous ayons déjà les prémices de la vie éternelle ici et maintenant, c’est pourquoi nous pouvons faire nôtre cette prière : Seigneur, réveille ton Église et commence par moi, Seigneur édifie ton Église et commence par moi, Seigneur, répands la paix sur terre et commence par moi, Seigneur apporte ton Amour et ta vérité à tous les humains et commence par moi ,guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi et je serai sauvé ! AMEN.

E. BAUER, pasteur à PRINTZHEIM

Cantiques proposés :

ARC 405, 407, 416, 417, 420 !

¼ - Service des Lecteurs – SL – 43 – 10.10.2010 – Émile Bauer

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