« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


21e dimanche après la Trinité 

Dimanche 24 octobre 2010

L’armure spirituelle

Éphésiens 6/10-17 :

Frères et soeurs en Jésus-Christ,

A.    C’est une habitude juive d’employer beaucoup d’images, et des images connues des gens. Jésus a prononcé 65 paraboles, et ses apôtres, dont St Paul ici, ont employé beaucoup d’images ou de petites histoires.

1.    Parmi ces images, celles de l’environnement dans l’Empire romain. La puissance de celui-ci était fondée sur l’administration, l’armée, le grand capitalisme, ainsi que sur les jeux du cirque, l’exploitation des peuples et l’esclavage. St Paul se réfère à tous ces aspects de la vie de ses contemporains. Ici il emploie l’image de l’équipement du soldat romain, que ses lecteurs de la ville d’Éphèse connaissent bien. Éphèse était une grande ville d’Asie mineure, aujourd’hui Efes en Turquie, avec un grand port, de grands bâtiments publics et de magnifiques temples. Le temple de la Diane d’Éphèse était célèbre, et St Paul avait été victime d’une émeute des orfèvres, qui lui reprochaient de nuire à leur commerce de statuettes de la déesse. Car la ville, capitale de la province d’Asie, avait aussi des casernes et une grande garnison.

2.    Paul dit à ses paroissiens : regardez l’équipement des soldats que vous voyez, et prenez exemple sur lui, pour vous équiper dans la foi. Nous allons faire la même chose, et étudier ensemble cet armement, pour voir de quoi notre foi doit être pourvue.

B.    Il y deux sortes d’armes : les armes défensives, et les armes offensives, celles qui servent à se protéger, celles qui servent à attaquer. Quelle leçon Paul en tire-t-il ?

1.    Quelles sont les armes de défense ?

a.    La ceinture : elle est haute et protège le ventre, ce qu’on
appelle les parties molles du corps : estomac, intestin. Cette ceinture est la vérité. On parle souvent du « ventre mou des choses », c’est-à-dire de ces raisonnements et affirmations flous, pas très clairs, dont beaucoup de gens se contentent. Ici nous est dit en premier que la vérité est essentielle, et qu’elle seule nous défend contre cet acquiescement veule du monde et de son état.
La ceinture protège aussi contre les coups bas, ces coups qui passent sous le bouclier protecteur et auxquels on ne s’attend pas. On se croit en sécurité, et un tel coup vous atteint. La vérité et sa connaissance vous permettront de parer à ces attaques.

b.    La cuirasse : comme son nom l’indique, elle était d’abord en cuir, couverte de plaques métalliques, puis complètement en métal. La poitrine est le centre de l’homme, avec le cœur et les poumons. Pour les anciens, c’était aussi le centre de l’intelligence, de la volonté et des sentiments : avoir le cœur ferme, avoir bon cœur sont des expressions qui remontent à cela. 
La cuirasse est celle de la justice : la justice, c’est la vérité de Dieu. C’est lui qui rend juste ou injuste, qui dit que je suis pardonné de mon péché ou non. Comme la vérité protège les pensées molles de notre âme, la justice protège la vie spirituelle et la puissance de notre âme, la force de notre caractère.

c.     Le bouclier :
celui-là défend le tout. Paul dit qu’il protège des « flèches enflammées du malin ». La flèche enflammée était une arme très dangereuse, originaire de l’Asie : elle perce l’homme, sinon elle enflamme son bouclier, qui était en bois recouvert de cuir. Elle est un des ancêtres de l’artillerie, et lancée en grande quantité, elle faisait de lourds ravages dans les rangs des soldats.
Ce bouclier, c’est la foi. La confiance en Dieu, fondée sur l’œuvre de salut de Dieu lui-même, protège tout : le corps, le cœur, l’âme. Elle permet de tenir tête au Diable et au mal, et aux attaques les plus féroces : maladie, échecs, calomnies, coups du sort.

d.    Le casque : il est appelé « casque du salut ». Il protège la tête, qui est le centre de commandement. Si ce centre est placé sous le salut du Christ, il est bien protégé et peut remplir correctement sa fonction.

2.    Et les armes offensives, les armes d’attaque ? Il y en a deux
:

a.     l’épée de la parole
: l’arme d’attaque du chrétien est la Parole de Dieu, du Christ et du Saint-Esprit. La Parole est la vérité, sortie de la bouche de Dieu. L’amour s’y ajoute, pour former un moyen d’attaque à la fois fort et non violent.

b.     l’autre, c’est la chaussure : elle représente le zèle, car la chaussure permet de courir par dessus les obstacles. Les champs de bataille de l’époque étaient jonchés d’armes tombées, de flèches, tous objets coupants qui peuvent blesser les pieds. Il faut donc pouvoir courir par-dessus tout cela pour atteindre le but. 

C.    Mais tout cela, pour quoi faire ?

1.    pour se défendre contre le mal  
2.    pour attaquer le mal
3.    sans se tromper d’adversaire

1.     le mal est insidieux, il vient de partout et cherche à nous envahir : ventre mou de l’ignorance, des préjugés, des idées fausses, qui demandent notre consentement. Méchanceté du cœur, égoïsme, dureté. Coups violents et imprévus. Attaque à la tête, selon le principe de toute guerre : éliminer les chefs et le commandement.
Là contre, le chrétien n’est jamais assez fort.

2.    Mais le mal doit être attaqué : par principe. Car Dieu a un programme pour ce monde, qui est de le sauver du mal, du péché et de la mort. Et ce programme nous concerne. D’abord à cause de notre propre salut. « Sauvez-vous de cette race pécheresse », disait Jésus. Mais aussi à cause du salut des autres. Les apôtres, et nous leurs successeurs, doivent « aller dans le monde, enseigner les hommes à garder ce que le Christ nous a enseigné et à en faire des disciples. » Les chrétiens ont donc une mission dans le monde : annoncer la Parole de Dieu, se défendre du mal et l’attaquer, pour amener les hommes au salut.

3.    Seulement, il ne faut pas se tromper d’adversaire : Paul le dit clairement : « Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, c’est-à-dire les hommes, les êtres humains, mais contre les dominations, les autorités, les princes du monde des ténèbres, les esprits méchants. »

Les forces du mal sont derrière les hommes et en eux. Ce n’est pas en attaquant les hommes qu’on atteint le mal. Ça, c’est la méthode des terroristes, islamistes ou autres : ils croient qu’en assassinant les gens on fait avancer le bien. C’est le contraire qu’ils produisent. L’attaque du mal chez les chrétiens doit toujours être liée à l’amour des personnes.

D.    C’est la conclusion du discours :

1.    Rechercher ce qui est vrai et bon, qui vient de Dieu, et le faire savoir, par les armes appropriées : la vérité de l’Évangile, la connaissance de l’œuvre de Dieu et du Christ.

2.    Se défendre du mal avec les armes appropriées : la vérité, la foi, la justice ;

3.    Attaquer le mal, mais pas les personnes :
distinguer les deux n’est pas toujours facile, mais c’est nécessaire. La tâche est colossale, mais pas impossible, puisque le Christ nous en charge à travers son apôtre. 
                                                                                                                                 Amen.


Chants :

Ps 101 Je viens chanter l’amour et la justice
C’est un rempart que notre Dieu, NCTC 238, ARC 543, pas ALL, dénaturé
Ps 68   Que Dieu se montre seulement
Tu me veux à ton service NCTC 302, ARC 427, ALL 44.07

1/4  Service des Lecteurs – SL – 45 – 24.10.2010 – Yves KELER

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