« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


2e dimanche près la Trinité

Dimanche 3 juillet 2011

L’invitation

Matthieu 22, 1 - 14


Prédication

Étrange mariage que celui décrit dans notre parabole : l’époux est là, l’épouse aussi, du moins on le présume, car le texte l’ignore. Le veau gras est tué, littéralement égorgé, comme dans la parabole du fils prodigue, les bœufs sont rôtis, les viandes sont à point, le personnel mobilisé. Le repas est prêt.

Tout est prêt. L’amour a fait les premiers pas. Les invitations aux noces ont été distribuées. Les noces : ce mot revient 7 fois dans notre parabole. Même si cette symbolique ne nous est pas familière, c'est en ces termes que la Bible parle du projet de Dieu avec l'humanité. Un roi célébrait les noces de son fils. Un roi qui est père, ou si vous préférez, un père qui est roi.

D'entrée de jeu, nous sommes prévenus, on nous parle du Royaume des cieux : cette seule expression nous suggère donc qu'il est question de l'alliance entre Dieu et l'humanité, alliance qui s'accomplit en Jésus-Christ ; lui-même dans les évangiles se présente comme l'époux.

Les noces, couronnement de l’amour entre deux êtres, point de départ d’une nouvelle vie… Cela vaut bien une fête ! Tout est prêt. En fait, rien n’est prêt ! Il manque les invités à la noce. Il n’y a personne autour de la table. Les élus, les convives de droit à cause de leur rang, de leur fortune, de leur culture, de leur pouvoir, ont tellement pris l’habitude qu’on vienne à eux, ils ont tant de certitudes qu’ils ne peuvent même plus sortir d’eux-mêmes et que cet appel à la fête ne les atteint plus. Ils en oublient de venir au rendez-vous. Leurs priorités sont ailleurs. Ils font la sourde oreille.

Toute invitation demande une réponse. Si on répond oui, il s’agit de se libérer, de se préparer : on ne va pas à la noce comme on va aux champs. Être invité c’est être choisi, attendu, désiré, reconnu… Il s’agit bien de la fête de l’amour !

Dieu ne se décourage pas… Allez donc dans les principales rues et invitez au repas tous ceux que vous pourrez trouver. D’habitude, ce sont les invités qui vont à la fête, ici c’est la fête qui va aux invités. Le banquet est signe d’amitié et la porte est ouverte à tous. Personne ne peut dire: Moi je ne suis pas digne. Toutes les barrières tombent. Si les proches, la famille, les choisis ne viennent pas, tant pis, l’invitation est répercutée à tous les inconnus au hasard des chemins, les étrangers, les mal fichus, les mauvais comme les bons…

Car ils sont l’Église, nous dit l’Évangile. Les mauvais et les bons. Nous mettons d’office les bons parmi les invités à la table du Seigneur, et n’avons pas l’habitude de ranger les mauvais et les bons du même côté.

Et surtout, nous disons plutôt les bons et les mauvais plutôt que de placer les mauvais en premier. Matthieu inverse l’ordre habituel. Et ce n’est pas anodin. Il rajoute les bons aux mauvais. J’ignore si vous êtes bons, mais je sais qu’il m’arrive souvent d’être mauvaise. Et si la parabole parlait de moi, si elle parlait de nous ?

De la fête à laquelle nous sommes toutes et tous conviés, nous, les bien-aimés de Dieu ? Prenons-nous le temps d’accepter l’invitation ou nous dérobons-nous et la refusons-nous ?

Tous, nous sommes invités à la fête de l’amour. L’amour fait toujours des folies. Dieu n’oublie personne.

Son invitation s’adresse à ceux qui sont en chemin vers lui comme à ceux qui lui ont tourné le dos comme à ceux qui n’osent plus se regarder dans la glace tellement ils ont honte d’eux-mêmes. Il n’y a de privilège ni de race ni de naissance ni de moralité. Seul compte celui qui appelle.

Et voilà la salle remplie ! Méchants et bons se retrouvent assis à la table aux dimensions du cœur de Dieu. Tous se réjouissent de faire la fête ! Et nous imaginons aisément la joie de ceux qui n’ont rien mérité et qui découvrent que tout leur est offert.

L'invitation de Dieu est large et généreuse mais elle comporte aussi ses exigences. Pour faire la noce, il faut un habit de noces. Une tenue vestimentaire adaptée, un habit de joie et de bonheur. Vous me direz : mais comment trouveront-ils un nœud papillon et une fleur à mettre à la boutonnière, ces gens venus de partout, ces pauvres et ces éclopés ? Il faut savoir qu’à l’époque en Israël, celui qui invitait à un mariage préparait des habits de fête pour tout le monde et les remettait aux invités quand ils arrivaient. Il pourvoyait à tout : il suffit d’accepter le cadeau et d’apporter la joie. Le Seigneur pense au reste.

L’habit ne fait pas le moine, certes, mais un vêtement adéquat est de mise quand on se rend à la fête de l’amour. Il y a un minimum de toilette intérieure à faire pour être au diapason de l’alliance, pour nous réjouir au festin de l’amour de Dieu. Quel est ce vêtement à revêtir pour participer au banquet offert par Dieu ? Ce n’est sûrement pas le manteau des pharisiens, ni la cuirasse de la bonne conscience… Ce n’est pas non plus la robe de baptême, ni l’habit religieux. Se rendre à l’invitation de Dieu suppose que l’on s’habille le coeur, qu’on adhère au don qui est offert. Nul n’est digne, mais Dieu vient nous revêtir de sa dignité.

Il y en a pourtant un qui se retrouve exclu : c’est celui qui n’accepte pas ce que Dieu lui offre et qui n’admet pas avoir besoin d’être revêtu de pardon et de justice. L’homme chassé de la salle de noce, c’est celui qui est incapable d’entrer en dialogue avec l’Autre venu à sa rencontre.

Il eut la bouche muselée, nous dit le texte. Il lui suffisait pourtant de dire au roi : Seigneur, mais c’est toi qui m’as invité. Hélas, tes serviteurs n’avaient plus d’habit pour moi. Me voilà quand même. Mais il refuse de se reconnaître dépendant.

L’apôtre Paul nous fait une belle suggestion de vêtement de fête : Comme des élus de Dieu, mes bien-aimés, revêtez le vêtement d’amour et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Et il ajoute : Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. Ainsi, répondre à l’invitation c’est s’accorder au Christ lui-même, vivre de son amour et dans son amour.

Car le festin offert par Dieu, c’est le Christ lui-même. Il nous offre sa parole et son pain pour que nous nous en nourrissions. Nous sommes tous invités. Heureux sommes-nous d’être conviés au festin de sa grâce. Tout est prêt, venons !

Édith Wild

Cantiques

C’est toi Seigneur qui nous unis : Arc 208
Toi qui es lumière : Arc 318
O Jésus, tu nous appelles : Arc 528
Allez-vous en sur les places : Arc 540

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