« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

          Dimanche 23 juin 2013
    Quatrième dimanche après la Trinité
               
             Jean 8, 1-11
      La communauté des pécheurs


PASSIONNES DE L’AUTRE
(Jean 8/1-11)

Aujourd’hui, j’aimerais faire de vous, chers sœurs et frères, des passionnés, oui des passionnés de l’Autre, avec un « a » majuscule, des passionnés de Dieu ; mais aussi de l’autre avec un « a » minuscule, des passionnés des humains, au travers d’une rencontre ! Celle qui nous est racontée dans le texte de ce jour.
Approchons-nous : Qui est au centre de cette rencontre ? Qui prend toute la place pour les chefs de la loi ? Le péché, le faux-pas, la faute… en flagrant délit…Il n’y a qu’elle qui compte, elle a pris la première place, elle a pris toute la place. Ils ne voient qu’elle : la FAUTE

N’en est-il pas souvent de même dans nos rencontres, nos conversations et les rumeurs que nous colportons ? Au centre : ce que l’autre a mal fait, a mal dit…nous pointons du doigt la paille qui est dans l’œil de notre frère. Nous en sommes parfois passionnés, mais est-ce cela aimer ?

Observons Jésus :
Les chefs de la loi attendent de lui une parole. Une parole de JUGEMENT pour cette femme prise en flagrant délit ;  une parole qui la CONDAMNE, la condamne à MORT, par lapidation : mourir sous les jets de pierres, lancées par les autres. Oui, la faute entraîne la mort comme nous le rappellent de nombreuses bibliques comme celle de l’apôtre Paul, par exemple : « Le salaire du péché c’est la mort » (Romains 6/23)

Que fait Jésus ? Il se TAIT ! Le SILENCE est sa réponse. Jésus se baisse avec le poids de ce qui se vit autour de lui et prend un long temps de silence pour déposer son fardeau devant Dieu et se laisser guider par lui.
Une vraie bénédiction, ce moment de silence ! Ce temps où le bouillonnement intérieur peut s’apaiser pour donner naissance à des paroles qui ne détruisent pas l’autre mais lui permettent de se REMETTRE DEBOUT.
Combien de souffrances, de déchirures, dans nos relations humaines, pourraient être évitées si nous prenions un temps de silence pour déposer et nous laisser guider par l’Esprit de Dieu !

Jésus relève la tête pour s’adresser à ceux qui ont vu la faute, pour PARLER A LEUR CONSCIENCE. Il les invite à détourner leur regard de cette femme coupable, pour le poser sur leur propre vie : « Que celui qui est sans péchés, lui jette la première pierre »
Pas de long discours, pas de paroles inutiles, Jésus ne dit rien de plus, il baisse à nouveau la tête, et les laisse seuls avec eux-mêmes, avec leur histoire de vie toute personnelle, avec leur conscience. Il leur offre le temps de la réflexion, le temps pour S’EXAMINER SOI-MËME !

Quelle bénédiction. En les invitant à poser un regard sur leur propre vie, Jésus leur offre un nouveau regard sur cette femme qu’ils condamnaient.
Il n’en reste AUCUN pour jeter la première pierre, car comme le rappelle Dieu lui-même par la bouche de l’apôtre Paul : « Il n’y en a aucun qui soit juste devant Dieu, aucun qui fasse le bien, pas même un seul » (Romains 3/10)
PERSONNE ne l’a condamnée, pas même Jésus. Jésus lui offre une nouvelle chance, un nouveau départ, CAR JESUS A HORREUR DU PECHE, MAIS IL AIME LE PECHEUR ;
Son amour du pécheur, que nous sommes tous, l’a conduit très loin, jusqu’à la mort sur la croix. Cette mort sur la croix a brisé, une fois pour toutes, toutes les pierres qui nous condamnaient. Ainsi nous pouvons proclamer avec l’apôtre Paul : « Le salaire du péché c’est la mort mais le don gratuit de Dieu c’est la vie éternelle en Jésus-Christ, notre Seigneur. »

Cadeau de la passion de Dieu pour tout homme, pour toi et moi.
C’est pourquoi, lorsqu’aujourd’hui ou demain, nous serons appelés à prononcer un jugement, ne nous précipitons pas, prenons le temps de nous taire, le temps de nous laisser interpeller et guider, afin qu’au-delà du péché, de la faute commise, nous puissions reconnaître une sœur, un frère, qui nous ressemble et que nous sommes invités à aimer.

Monique GISSELBRECHT

Quelques cantiques :

ARC 225/1-3 « Viens en cette heure, ô tendre Père »
ARC 409/1-3 « Venez au Sauveur qui vous aime
E.G. 618/1-4 « Vergiss nicht zu danken »
R.A.320/1+2+4 „Jesus nimmt die Sünder an“

PRIERE

Seigneur, que se lève sur la dureté de notre coeur, la douceur de ton visage.
Que se lève sur la folie de notre orgueil, l’humilité de ton cœur.
Que se lève sur la tristesse de nos fautes, la joie de ton pardon
Que se lève sur le sommeil de notre mort, la clarté de ton éternité
Que se lève sur notre esclavage, la liberté des enfants de Dieu.
Que se lève sur notre angoisse, la paix de ton amour
Seigneur, nous te le demandons : que s’accomplisse, partout dans le monde, ta promesse.
Nous avons confiance en toi, tu nous exauces au-delà de ce que nous attendons
Dans le nom de Jésus-Christ, notre Sauveur, qui nous a appris à te dire :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé
Et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal,
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Aux siècles des siècles, amen

Monique Gisselbrecht, Reichshoffen

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