3e DIMANCHE APRES L’EPIPHANIE
SEIGNEUR, SI TU LE VEUX
So du, HERR Jesu, willst
Mélodie : O Gott, du frommer Gott
I ou II
Heermann Johann
Exercitium Pietatis 1644
Matthieu 8/5-13, Guérison du fils du centenier, évangile du jour
.
1. SEIGNEUR, si tu le veux,
Tu peux changer ma peine
Et m’accorder des cieux
Ton aide souveraine.
Et puisque tu le peux,
Fais ce qu’aucun ne fait.
SEIGNEUR, si tu le veux,
La mal sera défait.
.
2. Je ne mérite pas
Que sous mon toit tu entres,
Pour recevoir de toi
De l’aide en mon attente.
Ta grâce est grande, ô Christ :
De grâce viens à moi,
Prends place en mon esprit,
Tu es, SEIGNEUR, chez toi.
.
Texte allemand
1. So du, HERR Jesu, willst,
Kannst du mein Leid bald wenden,
Und mir vom Himmel her
Gewünschte Hilfe senden.
Wenn du denn kannst, so hilf,
Denn niemand helfen kann:
Wann du nicht hilfst, o Gott,
So ist’s um mich getan.
2. Ich bin nicht wert, HERR Christ,
Dass du bei mir einkehrest,
Und deine Hilf und Trost
Nach Wunsche mir gewährest.
Doch deine Gnad ist gross.
Aus Gnaden komm zu mir:
Ich will für solche Treu
Dir danken für und für.
.
Texte So du, HERR Jesu, willst
Johann Heermann 1644
Exercitium pietatis 1644, p. 12
Dominica III post Epiphaniam,
3e Dimanche après l’Epiphanie
fr. : Yves Kéler, 29.9.14 Bischwiller
Mélodie O Gott, du frommer Gott II
Regensburg (Ratisbonne)1675,
Meinigen 1693, 1854
RA 384, EKG 383, EG
fr. : Je suivrai Jésus-Christ
LP 253, ALL 44/10
O Gott, du frommer Gott I
Braunschweig 1648
RA deest, EKG 383, EG 495
fr. : Je veux répondre, ô Dieu
LP 246
Le texte
Le texte commence par une prière au Christ qui peut aider, reprenant la prière du centenier, « priant Jésus », v. 8/5, laquelle forme la 1ère strophe. La deuxième strophe est formée à partir de la réponse du centenier au v. 8. Comme d’habitude, la première moitié de la strophe rappelle l’évènement du salut, la deuxième son application à ma foi. Au vers 7 de la 1ère strophe,, Heermann done au Christ le titre de Dieu, ce qu’il fait peu. Il insiste beaucoup sur l’aide, et emploie les mots « Hilfe – helfen – Aide, aider » 4 fois dans la 1ère et 1 fois dans la seconde strophe, au total 5 fois.
HERR
Heermann écrit HERR avec 4 majuscules. Ce titre écrit ainsi transcrit le tétragramme IHVH, Iahvé, qui désigne Dieu dans l’A.T. Il applique ce titre au Christ, puisque avec le Père et avec l’Esprit, il est de nature divine et Seigneur : « Dieu, né de Dieu, Dieu, Lumière né de la lumière », selon Nicée-Constantinople. Luther a déjà agit ainsi dans son « Ein feste Burg ist unser Gott – C’est un rempart que notre Dieu », où il appelle Jésus « der Herr Zebaoth – le Seigneur des armées », qui traduit l’hébreu « Iahvé Sabaoth – Iahvé des armées. » Dans sa Bible de 1534, Luther transcrit toujours l’équivalent de Iahvé par HERR, avec les 4 majuscules, d’après les substituts Kyrios – Dominus du grec et du latin. Heermann montre ici qu’il est un luthérien affirmé.
En revanche, Jesus ou Christ ne sont jamais en majuscules. De même les « Er –lui » ou « Du –Tu. » Le nom propre de Jésus, ou le titre propre du Christ = le Messie, n’expriment pas sa divinité. Seul son titre de SEIGNEUR – HERR le fait.
Cette graphie de HERR se trouve méthodiquement dans l’ensemble de l’Exercitium Pietatis.
Répétition de certains mots clés
Heermann répète volontiers certains mots dans ses chants. Tantôt le mot apparaît 2 fois dans la même strophe, tantôt il est répété de la 1ère à la 2e strophe. Voir plus haut.