TU LAVES, CHRIST SEIGNEUR
Du wäschst, HERR Jesu Christ
Mélodie : O Gott, du frommer Gott I ou II
Heermann Johann
Exercitium Pietatis 1644
Jean 13/17, Lavement des pieds
Evangile de la fête
.
1. Tu laves, Christ SEIGNEUR,
Les pieds de tes disciples,
Pour qu’un chacun pécheur
Voie ton aimant exemple.
Fais que je voie toujours
Ce qu’ont fait là tes mains,
Et donne mon amour
A chaque homme et prochain.
.
2. Celui, SEIGNEUR Jésus,
Que ta bonté ne lave,
N’aura pas part non plus
A toi, reste un esclave.
Oh! viens, oui, viens, Sauveur,
Et lave-moi du mal,
Et fais qu’un grand pécheur
Parvienne dans ton ciel.
.
Texte allemand
1. Du wäschst, HERR Jesu Christ,
Den Jüngern ihre Füsse,
Auf dass ein jeder Mensch
Von deiner Liebe wisse.
Verleih, dass ich allzeit
Schau dein Exempel an,
Und allen solche Lieb
Erweise, wie ich kann.
.
2. Wen du, HERR Jesu Christ,
Nicht wäschest ab von Sünden,
Der wird kein Teil an dir
In deinem Reiche finden.
O komm, mein Heiland, komm,
Den Sündenkot wasch ab,
Dass ich mein Teil an dir
In deinem Reich auch hab
.
Texte Du wäschst, HERR Jesu Christ
Johann Heermann 1644
Exercitium pietatis 1644, p.
Die viridium, Jeudi saint
fr. : Yves Kéler, 18.9.2014 Gréoux
Mélodie O Gott, du frommer Gott II
Regensburg (Ratisbonne)1675,
Meinigen 1693, 1854
RA 384, EKG 383, EG
fr. : Je suivrai Jésus-Christ
LP 253, ALL 44/10
O Gott, du frommer Gott I
Braunschweig 1648
RA deest, EKG 383, EG 495
fr. : Je veux répondre, ô Dieu
LP 246
Le texte
Le chant se divise en 4 quatrains 1. Le lavement des pieds par Jésus; 2. L’exemple qu’il me donne à suivre; 3. La menace sur celui qui ne veut pas se laisser laver; 4. La prière de participer au Royaume. L’invocation « O komm, mein Heiland, komm – Oh ! viens, mon Sauveur, viens » est certainement une allusion au dimanche des Rameaux et à l’entrée de Jésus à Jérusalem, chantée par des cantiques dans lesquels ce genre d’invocation est courant.
HERR
Heermann écrit HERR avec 4 majuscules. Ce titre écrit ainsi transcrit le tétragramme IHVH, Iahvé, qui désigne Dieu dans l’A.T. Il applique ce titre au Christ, puisque avec le Père et avec l’Esprit, il est de nature divine et Seigneur : « Dieu, né de Dieu, Dieu, Lumière né de la lumière », selon Nicée-Constantinople. Luther a déjà agit ainsi dans son « Ein feste Burg ist unser Gott – C’est un rempart que notre Dieu », où il appelle Jésus « der Herr Zebaoth – le Seigneur des armées », qui traduit l’hébreu « Iahvé Sabaoth – Iahvé des armées. » Dans sa Bible de 1534, Luther transcrit toujours l’équivalent de Iahvé par HERR, avec les 4 majuscules, d’après les substituts Kyrios – Dominus du grec et du latin. Heermann montre ici qu’il est un luthérien affirmé.
En revanche, Jesus ou Christ ne sont jamais en majuscules. De même les « Er –lui » ou « Du –Tu. » Le nom propre de Jésus, ou le titre propre du Christ = le Messie, n’expriment pas sa divinité. Seul son titre de SEIGNEUR – HERR le fait.
Cette graphie de HERR se trouve méthodiquement dans l’ensemble de l’Exercitium Pietatis.
Répétition de certains mots-clés
Heermann répète volontiers certains mots dans ses chants. Tantôt le mot apparaît 2 fois dans la même strophe, tantôt il est répété de la 1ère à la 2e strophe.
Cinq mots sont répétés ici : 1. « Wäschst – tu laves », Dans la 1ère et la 2e strophe. 2 et 3. « Liebe – Amour », répété dans la 1ère strophe, « Teil – Part », répété dans la 2e. 4. « In deinem Reich – Dans ton Royaume », répété dans la 2e strophe; 5. la titulature « HERR Jesu Christ », en tête de chaque strophe. On voit par là que la poésie de Heermann, tout en restant simple et claire et facile à comprendre, est aussi savante et indique un travail précis dans la composition.