MEDITONS ET LOUONS L’HUMILITE PROFONDE (rév) Passion, Vendredi saint, Enterrement to

PASSION
VENDREDI SAINT
ENTERREMENT

            MEDITONS ET LOUONS L’HUMILITE PROFONDE to
             Révision de LP 134 Contemplons en ce jour

1. Méditons et louons  l’humilité profonde
    De Jésus, notre Roi,  le Rédempteur du monde.
    Il s’incarne ici-bas  pour nous, pauvres pécheurs,
    Il meurt sur une croix  entre deux malfaiteurs.

2. Nous entrons par sa mort  dans la vie éternelle,
    Par son abaissement  dans la gloire immortelle.
    Il nous rend par ses maux  la justice à jamais,
    Et sa croix nous obtient  le salut et la paix.

3. Qui donc condamnera, quand Jésus pour nous plaide ?
    Quand devant notre Dieu, pour nous il intercède.
    Qui pourrait nous priver de notre éternité ?
    Pour nous Jésus est mort, il est ressuscité.

4. Je veux t’aimer toujours, ô Fils de Dieu qui m’aimes.
    Pour toi, divin Jésus, je renonce à moi-même.
    Quand je te vois souffrir et succomber pour moi,
    Je n’ai d’autre désir  que de vivre pour toi.

                Texte :          Contemplons dans ce jour
                                     Bénédict Pictet, 1705
                                     LP 134
                                     Rév : Yves Kéler, 6.12.2005

                Mélodie :     LP 134 Contemplons en ce jour
                                     Rec. De Wurtenberg 1844
                                     proposée :  O Gott, du frommer Gott
                                                         Regensburg 1675, Meiningen 1693
                                                         RA 384, EG 495
                                                frs : Je suivrai Jésus-Christ
                                                       LP 253
                                                       = Je te suivrai, Jésus
                                                       ALLéluia 44/10

Le texte

     Ce texte de Bénédict Pictet fait partie du groupe de cantiques pour le Nouveau Testament, que cet auteur a composés, et édités en grande partie en 1705, pour compléter le Psautier. En effet, les Réformés ne chantant que les 150 Psaumes, il leur manquait des chants en rapport avec les grands évènements de la vie du Christ, lors des grandes fêtes chrétiennes. C’est pourquoi Pictet a intitulé son livre  »  Chansons sacrées pour les solennités chrétiennes « . Il a profité du mouvement de réforme du Psautier de Marot-Bèze, vieilli, et remplacé par le texte de Valentin Conrart, pour faire ajouter au Psautier ses compositions de chants néo-testamentaires. Bénédict Pictet, qui était président de cette commission de réforme, réussit à réaliser ce double projet : Réformer le psautier et le compléter.

         » Contemplons en ce jour  » est un texte destiné à méditer la mort du Christ. Le texte est général et simple, plus fonctionnel que décoratif : il a un ton plus catéchétique que proclamatif. Son texte s’appuie sur Philippiens 2 et Romains 8/34. Ce texte montre l’insistance sur la mort sacrificielle du Christ et sur son intercession, trait caractéristique de la théologie réformée de ce temps, et jusqu’au début du 20e Siècle. Le chant se plaçait probablement après ou avant la prédication.  

        De ce fait, le style de ce chant est plutôt statique : L’incipit :  » contemplons en ce jour « , vise la  » contemplation de la croix « , thème particulier du Vendredi saint. Cela limite l’emploi du chant à un seul jour. J’ai pensé qu’il fallait lui donner du mouvement et le sortir de son strict espace de temps. On pourra employer le chant plus largement dans le cours de l’année de l’Eglise. Le mot  » contemplons  » est statique. C’est pourquoi je propose de le remplacer par  » Méditons « , qui garde la contemplation, et de remplacer  » en ce jour  » par  » et louons « . Cela affirme le mouvement qui va de la méditation de la pensée à la louange active. J’ai remplacé le  »  il s’abaisse « , terme courant qu’on retrouve à la strophe 2 :  » son abaissement « , par  » il s’incarne « , plus actif. De même, à la strophe 2, j’ai remplacé le statique  » nous avons  » par l’actif  » nous entrons « . A la strophe 3, j’ai remplacé le 2ème  » pour nous « , statique, par « notre « . A la strophe 4, en adressant le premier vers, qui est à la troisième personne, au Christ, en invoquant celui-ci à la deuxième personne, on le rattache aux trois suivants, qui sont déjà à la deuxième personne. On obtient ainsi une strophe complète à la deuxième personne, qui forme une conclusion au chant. 

La mélodie

     Je n’ai pas trouvé sur quelle mélodie Pictet faisait chanter son texte, car sa coupe : VIII 6.6f, 6.7f / 6.6, 6.6 ne correspond à aucune coupe du Psautier. Or d’ordinaire, les textes de Pictet sont chantés sur les mélodies des Psaumes, les seules dont disposaient les Réformés. Ce chant avait-il une autre mélodie ? Il faudrait vérifier ce point.

        La mélodie proposée dans LP 134 est une mélodie du Recueil du Wurtenberg, de 1844, qui est affectée par les Recueils Réformés de 1859 et 1895 à ce chant. Elle paraît peu adaptée. Je propose qu’on prenne  » O Gott, du frommer Gott « , mélodie anonyme du livre de cantiques de Meinigen 1666. Elle est méditative et suffisament animée pour mettre ce texte en valeur. Je propose cette mélodie, car elle s’adapte aussi très bien au chant de César Malan :  » Hosanna ! béni soit « * , qui a la même coupe métrique.

L’emploi du chant

    On pourra employer le chant plus largement dans la Semaine sainte, ou lors d’un culte dont la prédication rappellera la mort du Christ. Ou encore pour un enterrement dans le temps de la Passion, en particulier celui de la Passion proprement dite, qui va du dimanche Judica au Samedi saint.

*  voir ce chant sur ce site