QUE SONNENT LES TROMPETTES ? HUSSARDS, LEVEZ-VOUS !
Was blasen die Trompeten ? Husaren, heraus !
Le chant du Feldmarschall (Blücher)
Ernst Moritz Arndt 1813
1. Que sonnent les trompettes ? Hussards, levez-vous !
Le Feldmarschall passe, là-devant, tout à coup,
Chevauche joyeux un splendide cheval,
En main l’épée d’or et de brillant métal.
2. Voyez si se tournent vers lui les regards !
Ses cheveux tout blancs dans le vent sont épars.
Son âge fleurit, comme vieillit un vin :
Il reste maître du terrain à la fin.
3. Il a été l’homme, quand tout s’effondrait,
Qui avec courage dressa son épée,
Jurant par le fer, en colère et ardent,
De montrer aux Welsches son art d’Allemand !
4. Il tint sa promesse. Quand sonna le glas,
En preste jeune homme en selle il sauta.
Il fit le ménage, jetant loin dehors
D’un balai de fer les Français et leurs corps.
5. Sur les prés, près de Lützen, il frappe si fort
Que tant de Français perdent l’âme et le Nord,
Des milliers se sauvent, rapides lapins,
Dix mille s’endorment, sans voir le matin.
6. Aux rives du Katzbach, il montre aux Français
Comment, sans-culotte, on arrive à nager
Jusqu’à la Baltique et s’y faire manger
Par une baleine au ventre affamé !
7. A Wartburg, sur l’Elbe, sa poigne écrasa
Les Français, que nulle tranchée ne sauva !
Ils durent filer vite, apeurés tels des loirs,
Poussés par les « Hussa ! » des cavaliers noirs.
8. A Leipzig, terrain plat, grandiose combat,
Il ôte aux Français, par d’énormes dégâts,
Le goût de se battre à pied, à cheval.
C’est là que Blücher fut nommé Feldmarschall.
9. Que sonnent les trompettes ! Hussards, levez-vous !
Le Feldmarschall marche vers le rendez-vous,
Allant jusqu’au Rhin, criant : « Passez le Rhin ! »
Puis : « Entrez en France ! », son arme à la main !
Texte Was blasen die Trompeten ? Husaren, heraus !
Das Lied von Feldmarschall (Blücher)
Ernst Moritz Arndt, 1813 ( 1769-1860)
fr. : Yves Kéler 7.7.2010, Draguignan
dans Auswahl Deutscher Gedichte
für höhere Schulen
Theodor Echtermeyer
34. Auflage 1903 (1. 1836), 978 Seiten
Halle, Verlag des Waisenhauses
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dans Auswahl Deutscher Gedichte, im Anschluss an die
Geschichte der deutschen National Literatur
von Professor Dr. Hermann Kluge
12. , verbesserte und vermehrte Auflage
mit zahlreichen Porträts in Holzschnitt
Altenburg, Verlag Oskar Bonde, 1908
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